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LUDOVIC POUILLART : "JE LEUR AI DIT QU'ON ALLAIT GAGNER LA NM1, ILS M'ONT PRIS POUR UN BARJOT"

Ludovic Pouillart
Crédit photo : Gérard Héloïse

Pas totalement remis de ses émotions après une très très longue soirée dimanche soir, Ludovic Pouillart, le coach de Gries-Oberhoffen, revient sur une saison exceptionnelle en tout point. Son équipe découvrira la Pro B en septembre prochain.

Incroyable ! Gries-Oberhoffen est en Pro B après une saison exceptionnelle en tout point. Ludovic Pouillart, le coach, doit presque se pincer pour y croire. Dimanche, le BCGO a été au bout de son rêve fou en battant Sorgues (84-74), saisissant ainsi sa première balle de match. À la Forest Arena, la soirée a été très très longue. Pour le coach Pouillart, elle a débuté en tribune ! "Ça devait être le thème de la journée pour la fédé car nous étions beaucoup de coachs à être suspendus. Stéphane Dao l'était aussi, sourit-il. C'est la première fois que ça m’arrivait mais ça va, on s’en sort bien. Un match comme cela, c’est de toute façon dans les mains des joueurs. T’as beau préparer tout ce que tu veux, s'ils ont le trouillomètre à 0, rien ne rentrera."

"Les gars étaient faits pour jouer ensemble"

Sur les coups de 18 h 40 et après un dernier quart-temps plus maîtrisé, ce petit village de 2 800 habitant au Nord de Strasbourg, basculait bien en Pro B au nez et à la barbe de Saint-Vallier, grandissime favori en début de saison. "J'entends dire que Saint-Vallier ou Saint-Quentin ont fait une mauvaise saison mais ils sont à sept défaites, c'est peu. Dans le championnat de l'an dernier, Saint-Vallier serait premier." Mais voilà qu'une équipe d'irréductibles Alsaciens est sortie du bois, surprenant tout son monde, ne laissant filer que trois match, pour le moment, en championnat. "C'est quasiment le coup parfait. Le club m’a donné l’enveloppe avec laquelle je pouvais travailler très tôt et j'ai pu aller chercher des joueurs que je voulais vraiment voir sur le terrain. J’ai pris deux trois risques, des coups de poker mais je n'avais pas le choix. Avec le recul aujourd’hui, je me dit que les gars étaient faits pour jouer ensemble. Quand je récupère Demond Watt, son agent me disait que peu de monde le voulait après sa blessure. Les deux espagnols (Forcada et Zengotitabengoa), des clubs de NM2 les refusaient car ils n'étaient pas assez physique, pas assez ceci… Et aujourd’hui, ils ont déjà deux-trois contrats sur la table. Romain Hillotte venait de NM3... Dans le vestiaire, dimanche, Simon (Cretaux) et Ludo (Négrobar) se disaient même : en un an on franchit deux divisions. Ils étaient descendus en NM2 avec Vitré et Rennes et là, ils montent Pro B."

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Le meneur espagnol Xavi Forcada a été le fer de lance de cette saison à Gries. (© - Christine Van Roy).

Des saisons comme cela, on en vit rarement deux dans une vie de sportif professionnel. La mayonnaise a pris rapidement en début de saison et le BCGO est passé d'un candidat pour les playoffs à un candidat pour le titre. Pas le même championnat. Partis avec un effectif de huit joueurs et deux jeunes, dont Roman Mackowiak "qui a franchi de grosses grosses étapes", les Verts ont été relativement épargnés par les blessures et sû faire le dos rond quand c'est arrivé. "On a tout de même eu un moment avec deux-trois petites blessures de courte durée. Le seul qu’on a pu remplacer c’est Asier (Zengotitabengoa), car il a été arrêté six semaines. Mais pour Tadas Rinkunas, qui est arrivé en joker, ce n'était pas forcément un cadeau. Il était super content d'être là mais avait plus à perdre qu'à gagner dans un groupe qui tournait hyper bien. Si j’avais eu un garçon dans le groupe capable de donner 12-15 minutes, je n'aurais pas pris de joker. Le groupe était très fort". Une préparation physique de début de saison très dure, l'une des marques de fabrique de Ludovic Pouillart, est peut-être l'une des explications de la forme des Alsaciens sur la saison entière. Le fait d'avoir un collectif d'exception aussi. "Ça a dû être compliqué, pour les autres coachs, de nous scouter. Le jeu proposé était très sympa. L’année dernière, on peinait à arriver à 75 points. Là, on doit être la 1re ou 2e attaque et pareil en défense alors qu’on nous prédisait l’enfer. J’ai pris un pied énorme à installer ce basket. Les joueurs ont répondu à 100% par rapport au jeu."

"Il y a trois ans, le club sortait de vingt-deux ans de Nationale 2"

Pour Ludovic Pouillart, le premier déclic a été la victoire à Souffelweyersheim en Coupe de France avant même le début du championnat. Puis celle à Chartres, l'un des favoris de la saison aux yeux de l'ancien coach de Cergy-Pontoise, lors de la première journée. "On avait fait une prépa moyenne en termes de résultats. C’était pour moi une phase de travail avec un thème à chaque match. Mais pour les joueurs, ils étaient sept nouveaux, il leur fallait de la confiance et on sentait un peu d’inquiétude. Après les deux premiers matchs officiels, ils ont compris ce que le coach attendait d'eux. Puis on a enchaîné, enchaîné..." Rapidement, Gries s'est détaché en tête avec Saint-Vallier pour une véritable lutte. "L'autre déclic a été la première défaite à Rueil, un mardi soir, puis à Saint-Vallier, deux matchs après. J'étais en colère à Saint-Vallier car on avait perdu une deuxième fois de la même façon. Dans le vestiaire, j'ai dit à mes joueurs : "Vous allez voir, on va gagner la Nationale 1, j'en suis sûr et certains. Ils m'ont regardé et pris pour un barjot". Dès le lundi à l'entraînement, j'ai vu une dynamique. Ils étaient regonflés à bloc et on a démarré la série de 17 victoires de suite."

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Après la défaite à Saint-Vallier, Gries a entamé une série de 17 victoires de suite. (© - Gérard Héloïse).

La magnifique série qui leur a permis de s'envoler vers le titre s'interrompra sur le parquet de Saint-Quentin le 23 mars dernier (73-57). La troisième défaite de la saison et dernière en date. "Saint-Quentin a été très bon et nous, nous n'étions peut-être pas prêt. On sortait du match de Saint-Vallier, qui a été une grande guerre. Ça avait grillé tout le monde, aussi bien physiquement que moralement. On n'était pas prêt." Ce n'est bien évidemment pas cela qui restera dans les mémoires. Cette saison en Nationale 1, le BCGO aura déjoué les pronostics comme rarement. "Il y a trois ans, le club sortait de 22 ans de Nationale 2. On sent une fierté parmi les gens, glisse Ludovic Pouillart. Ce n'était pas prévu dans l’objectif de départ. On est parti avec 720 000€ pour l'ensemble du club et j’avais dit : ce serait bien de toucher les playoffs pour grandir. Et plus la saison avançait, plus les dirigeants me regardaient et me disaient : comment on va faire Ludo, qu’est-ce qu’il se passe ? L’avantage, c’est qu’on est en avril, c'est tôt. Il faudrait doubler le budget et on sera parmi les petits de Pro B."

"Garder un maximum de joueurs : c'est tout ce que je demande"

La Pro B justement, c'est seulement dans cinq mois mais c'est aussi demain. Au-delà des petits détails à régler, comme les paniers de la salle à changer, il y aura un effectif à construire. Ludovic Pouillart sait que son téléphone va sonner après cette grande saison. "Aujourd’hui (lundi), je n'ai pas eu de coup de fil d’agent. J’ai bien profité de ma journée. Mais ça ne va pas tarder, je le sais, sourit-il. Après une saison comme cela, les joueurs ne vont pas rester anonymes. Mais la première satisfaction d’un entraîneur, c’est de faire progresser les joueurs. Et le seul baromètre de ce progrès, ce sont les demandes à la fin de saison qu’ils n’avaient pas avant." Malgré tout, le Nordiste aimerait ne pas se faire prendre tous ses joueurs comme l'été dernier. Pour sa première saison en Nationale 1, Gries avait en effet réalisé une phase retour d'exception début 2017 après de grands changements dans l'effectif à mi-parcours. "Je m’étais fait trucider à droite à gauche car j'avais changé beaucoup de joueurs. Mais c’était pour stabiliser le club en NM1." Résultat, Gregg Thondique avait rejoint Caen, Ahmed Doumbia avait atterri à Blois et Ovidijus Varanauskas à Rouen. "J’aimerais qu’on me donne l’opportunité d'en garder un maximum. C’est tout ce que je demande. Il y a une vraie âme dans le groupe. Ovidijus voulait rester par exemple l’an dernier mais nous n'avons pas pu nous aligner. "

Un très gros été s'annonce dans les tous les cas pour les dirigeants et le coach Pouillart. L'objectif, ensuite, ne sera rien d'autre que le maintien dans l'antichambre de la Jeep ÉLITE. "Il ne faudra pas se tromper sur les joueurs majeurs et j'espère trouver de bons jeunes qui puissent jouer en Pro B. Je disais aux dirigeants que la Pro B, c'est comme si vous jouiez Saint-Vallier, Saint-Quentin ou Chartres à tous les matchs. Donc il faut de l'effectif et être prêt à aller au combat. Cette saison, si on avait joué 34 fois Saint-Vallier, on aurait fini derrière."

24 avril 2018 à 07:35
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DONOVAN GOUGEON
19 ans et déjà en retraite sportive. Shootait dans le corner comme dans son fauteuil mais une reprise en D5 est imminente. La Bretagne ça le gagne.
Donovan Gougeon
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Résultats
Classement
34ème journée
15 mai
Monaco
83
-
77
Bourg-en-Bresse
Boulazac
96
-
86
Chalon-sur-Saône
Châlons-Reims
102
-
94
Pau-Lacq-Orthez
Cholet
81
-
80
Le Mans
Gravelines-Dunkerque
79
-
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Hyères-Toulon
Le Portel
77
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Lyon-Villeurbanne
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