NM1

SPEAKER À HUIS CLOS : L'ADAPTATION DE PIERRE SALZMANN ALIAS « LE SPEAKER FOU »

Pierre Salzman
Crédit photo : Infinity Nine Média Alexia Leduc

Le confinement, on le sait, touche différents acteurs du basket français et international. Et à la télévision, vous avez peut-être pu le remarquer, les speakers continuent leur activité, et ce malgré les rencontres à huis clos. Entretien avec Pierre Salzmann.

Habitué à faire vivre de manière intense les rencontres de basketball au public, les speakers continuent d'exercer... sans public. Connu pour exercer cette fonction à Caen (NM1), Mondeville (LF2) à l'Astroballe pour les matches de l'ASVEL en EuroLeague, Pierre Salzmann est revenu pour nous sur cette période particulière. Son humour, ses objectifs, son appel avec Tony Parker et donc l'animation particulière de rencontres à huis clos, retour sur cette période spéciale avec cette voix du basket français, made in Normandie - en Basse-Normandie, il va nous en vouloir sinon...

Tu peux nous rappeler dans quels clubs tu "speakes" ? 
Je speake à temps plein à l’USO Mondeville en LF2 et au Caen Basket Calvados en NM1 depuis maintenant cinq, six ans. J’anime également les matches d’EuroLeague de l'ASVEL masculin et féminin, même si cette année, avec le format des filles, ce n’est pas sûr que je speake en EuroLeague féminine. Je fais également le CB Ifs en NF1 en alternance avec un autre speaker, et je fais aussi d’autres clubs comme Douvres, Angers ou même parfois mon club, Caen Nord, selon mes disponibilités. 

Pour entrer un peu plus en détail dans cette activité, on parle souvent de la préparation des joueurs, des entraineurs ou même des arbitres, mais toi, comment te prépares-tu pour tes matches ? 
En amont des matchs j’essaye de prendre soin de ma gorge. Tisanes, pastilles pour la gorge, vocalises et… il y a aussi du rhum mais je ne sais pas si je peux le dire (rires). J'écris ma feuille de préparation sur ma tablette avec les joueurs, les numéros, les coachs et les officiels. Ensuite, je me mets en tenue : costume et nœud de papillon aux couleurs du club. J’arrive dans la salle deux heures avant l’entre-deux du début de rencontre, je dis bonjour à tout le monde, j’installe le matériel, je teste le son et je stresse un bon coup ! Je stresse à chaque fois mais c’est du bon stress. Dès que la présentation des joueurs commence, le stress s’en va. Mais quand il y a ce moment de stress au début de la rencontre, ça veut dire que le match va bien se passer ! 

Pendant cette période sans public, tu continues à speaker ?
Pour l’instant non. Je devais animer le match d’EuroLeague de l’ASVEL contre l’Olympiakos, mais le match a été reporté pour cause de COVID. Le prochain rendez-vous, ce sera mardi prochain contre le Panathinaïkos (entretien réalisé fin novembre). Pour Mondeville et le CBC, mon rôle va varier un peu. Les deux clubs vont retransmettre leurs matchs sur Facebook en direct, et je vais passer du rôle de speaker à celui de commentateur, pendant la période à huit clos. 

Pour la rencontre de mardi face au Pana, tu y penses ? Comment vois-tu le fait de speaker devant personne ? 
C’est sûr que ça va être quelques choses de bizarre. C’est pour ça que j’ai appelé Vincent Royer, speaker du Mans et de l’équipe de France pour lui demander comment il avait fait, car il avait déjà speaker des matchs à huis clos au Mans. Il m’a partagé son ressenti et je sais qu’il faudra que je m’adapte. Malheureusement, je ne pourrais pas faire autant d’envolées lyriques que je le fais habituellement (rires) ! C’est important pour les joueurs je pense. Il faudra peut-être que je prenne des nouveaux sons, que je continue à jouer sur l’humour pour les deux-trois personnes et le staff qui sont là. Il faudra que j’amène les joueurs à être dans un format de match sans en faire trop non plus. 

Pourquoi, pendant cette période, c’est important de continuer à faire cette activité ? 
Déjà c’est important pour moi car c’est un métier que j’adore. Clairement, pour ma santé mentale c’est très très important (rires) ! Maintenant, plus on avance, plus le speaker devient un élément très important dans une rencontre. L’organisation, les dirigeants et les joueurs s’en rendent compte. Si déjà dans un match sans public tu retires la musique, le speaker et les annonces, ça devient très triste. Il ne faut pas oublier que le basket c’est aussi un show et un spectacle. Comme les pom-pom girls ou les mascottes, le speaker est là pour faire passer un bon moment aux gens comme aux joueurs. 

Tu as pu speaker sur de grands matchs et grands évènements (EuroLeague, Coupe de France à Bercy), comme l’ASVEL est venu te chercher, toi qui étais principalement basé en Normandie ? 
C’était en 2018. Il y avait un match amical entre Mondeville et Lyon ASVEL féminin à Pont-L’Évêque. Pont-L’Évêque c’est un très grand fief du basket et un très bon club formateur, où Marine Johannès et Nicolas Batum ont été formés. Donc Batum a demandé à Tony Parker de venir et il a accepté. Le match se passe bien et à la fin du match, il y a un gars en costard qui me tend un téléphone portable et qui me dit « tenez, est-ce que vous pouvez mettre vos coordonnées, c’est pour Tony Parker ». Je n’y croyais pas ! Je tape le numéro et je vérifie bien que c’est les dix bons chiffres (rires) ! Quelques mois plus tard, le téléphone sonne, c’est un numéro bizarre mais je vois l’indicatif San Antonio, Texas, États-Unis... Je me dis que ce n’est pas possible. Et je décroche et il me dit « Salut Pierre, c’est Tony Parker ». Il n’avait même pas besoin de me le dire je l’avais reconnu. Il me dit « Je ne te dérange pas ? ». Me déranger ? Je pense qu’il y aurait pu avoir un mec qui était en train de faire un malaise à côté de moi, il se serait débrouillé (rires) ! J’ai réussi à garder un ton à peu près calme au téléphone mais j’ai revisité mon appartement tellement je ne pouvais pas tenir en place. J’étais comme un enfant. À la fin de notre appel, je lui ai dit que j’étais fan de lui et que j’étais comme une gamine de quatorze ans à un concert de Justin Bieber.  

Pour être speaker, il faut avoir sa propre personnalité, c’est quoi la « signature Salzmann » ?
Il faut trouver son truc. Vincent Royer, Jamil Rouissi et Alain Dessene font partie des meilleurs speakers de France et ils ne speakent pas du tout pareil tous les trois. C’est ça qui font leur réussite. Pour ma part, j’ai une voix assez puissante et assez grave, j’essaye de faire un show un peu à l’américaine et le côté humour et folie. Je fais en sorte que les gens rigolent. On m’a surnommé « le Speaker Fou » ! Le côté humour et fou, c’est ça la « Signature Salzmann »

On a des objectifs quand on est speaker ? C’est quoi les tiens ? 
Oui clairement ! Moi les objectifs c’est un peu les mêmes que les joueurs ou les arbitres. C’est d’aller au plus haut-niveau possible, progresser tout le temps, et donc mon objectif c’est Paris 2024. C’est mon objectif majeur que j’ai en tête. Faire les Jeux olympiques 2024 à Paris et speaker la finale France-Etats-Unis chez les garçons et chez les filles. Le Speaker Fou porte bonheur. Cassage de chevilles de Johannes chez les filles et tir au buzzer de Killian Hayes chez les garçons, je le dis en exclusivité pour vous, vous pouvez enregistrer (rires).  

 

 

 

 

 

 

 

 

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13 décembre 2020 à 16:02
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