NM1

DE LA NM3 À LA NM1 EN 15 MOIS, L’EVEIL RECY SAINT-MARTIN BASKET FAIT TOUT POUR Y ARRIVER

ERSM
Crédit photo : ERSM

En NM3 en 2016/17, l’Eveil Recy Saint-Martin Basket espère découvrir la NM1 à la rentrée. Une belle histoire pour ce club implanté sur deux petites communes de la banlieue châlonnaise.

La saison prochaine, la ville de Gries (2 800 habitants) aura une équipe évoluant en Pro B (deuxième division) dans sa commune. Plus fort encore, les communes rurales de Recy (moins de 1 100 habitants) et Saint-Martin-sur-le-Pré  (environ 800 habitants) seront représentés en Nationale 1 (troisième division). Créé en 1941, l’Eveil Recy Saint-Martin Basket (ERSM) vient en effet de vivre deux saisons d'une réussite incroyable.

Lors de la saison 2016/17, l'équipe première a été la seule invaincue des 144 équipes de Nationale 3, ce qui lui a permis de monter en Nationale 2. Mais l'histoire ne s'est pas arrêtée là...

"La saison 2017/18 devait être celle du maintien en NM2. Mais nos guerriers ont réussi l’exploit de terminer deuxièmes et sont éligibles à la montée en NM1. C’est un défi incroyable et historique, du jamais-vu pour notre club, une réussite sportive qui devrait fédérer le plus grand nombre de partenaires publics et privés", nous explique Amélie Arnould, chargée de communication du club.

"Eligible" seulement car, comme Feurs, le club doit augmenter son budget pour être en mesure d'être accepté en Nationale 1.

"Le défi aujourd’hui est de réunir les fonds nécessaires (dans un temps très court) pour subvenir aux nouvelles charges (déplacements, engagement, etc.) et démontrer aux instances fédérales que nous sommes capables de nous adapter aux exigences du haut niveau avec un budget restreint. De nouveaux partenaires et donateurs ont déjà choisi de nous faire confiance et de nous accompagner dans cette aventure.  Le budget actuel du club est de 275 000€. Il faudra le doubler pour accéder à la NM1."

Pour cela, le club se structure.

"Les deux communes de 1 000 habitants nous suivent de près, explique le coach Grégoire Pastres. Le Département de la Marne et la Région Grand Est (40 000€ de subventions chacun) qui ont mis en place une politique sportive incitatrice nous apportent une grosse bouffée d’oxygène. On est pas mal sur le partenariat au regard de notre budget actuel qui reste très éloigné des budgets « moyens » de NM2 (275 000€ pour tout le club). Nous allons nous professionnaliser avec l’embauche d’un commercial et d’un stagiaire qui vont aller démarcher de futurs partenaires. Nous avons également mis en place une cagnotte solidaire (disponible ici)."

L'ancien club d'Eric Bartecheky

Si Grégoire Pastres entraîne l'équipe 1, il est aussi l'une des forces vives de l'association de manière plus générale. Car le club, avant ce parcours pour son équipe phare, a déjà une riche histoire. Il nous explique comment il est devenu une institution du basketball marnais.

"Recy et Saint Martin sont des fiefs de basket, avec un développement impulsé par quelques familles dont certains enfants ont évolué jusqu'en équipe de France et en championnat professionnel. Tout s'est amplifié avec la création en 1998 à Recy d'un équipement de qualité qui a permis de donner un souffle nouveau au club, attirer de nouveaux licenciés et des spectateurs en quantité. Sous l'impulsion de Dominique Devos (ex Espé, en Pro A) alors joueur de l'équipe fanion et dirigeant, je suis revenu dans le club de mon village dans un premier temps comme coach. J’ai fait venir des copains qui avaient terminé leur cursus espoirs pour monter une équipe de qualité. On s'est progressivement pris au jeu et le club a du embaucher deux salariés pour l'encadrement des jeunes. Nous sommes montés en NM3, sous l’impulsion des « potes d’enfance » : Yannick Robert (ex assistant Pro B), puis en NM2 avec Eric Bartecheky (Le Mans). Nous sommes aujourd’hui le troisième club champenois en termes de licenciés (245 licenciés, avec une augmentation de 45% sur les quatre dernières années), 60/70 bénévoles organisent les différentes commissions qui font vivre le club. Il y a un engagement associatif plein et très actif."

Quant au public, il est complémentaire avec celui du CCRB, club issu des fusions du Reims Basket Club et de l'ESPE Châlons, le voison.

"C’est un public « mixte » de connaisseurs du bassin chalonnais qui enchaînent entre le CCRB et nous. L’ambiance y est différente, la salle plus petite mais pleine et bruyante chaque samedi. Les Rémois commencent à venir voir ce qui se déroule dans ce « petit » club sympa." 

L'équipe a retrouvé la NM2 en 2017 et vivra, si tout se passe bien, sa première expérience en NM1 la saison prochaine. Sans un budget démentiel pour la NM2 (quand des clubs comme Angers et Tours tournait autour du million), l'ERSM a donc réalisé un véritable exploit.

"J'ai repris le groupe il y 4 ans et nous avons connu une progression sportive exponentielle, poursuit Grégoire Pastres. J'ai eu la chance de pouvoir recruter de bons joueurs de basket, de bons mecs investis, humbles et travailleurs. La mayonnaise a bien pris, l'état d'esprit est là et nous n'avons connu que huit défaites sur les deux dernières années. Même si je sais qu’il n’aimerait pas que j’en parle, l’arrivée de Julien Sauret à la mène a été détonateur. C’est le patron qui a toujours manqué à la mène. Il a pris les clés de l’équipe et forme avec Calvin Jubenot l’axe 1-5 qui malmène depuis deux saisons les différents adversaires. Être invaincu et meilleure défense de toute la NM3 en 2016/17 est un résultat dont je suis fier mais ça a été une saison assez usante psychologiquement car la pression était chaque match sur nous. Cette année, on est resté sur les mêmes bases et on a joué un basket fluide, propre, sans prétentions car les gars savent qu'individuellement, ce serait compliqué de faire la différence. On a donc dû trouver les solutions collectivement et se partager le ballon. En tant que challenger, ça a été plus simple de mettre la pression sur nos adversaires et la montée est aussi due à la nouvelle règlementation (les deux premiers de chaque poule de NM2 sont montés cette année, NDLR) dont on profite."

"On mérite et on se doit d’aller en NM1"

La NM1 nécessite d'avoir une bonne partie de joueurs 100% professionnels. Ce qui ne pourra pas encore être le cas à Recy Saint-Martin, même si des aménagements sont prévus pour les joueurs ayant un autre emploi.

"Nous aurons plusieurs contrats de joueurs professionnels qui seront pris en charge sur du temps plein et d’autres qui continueront leur activité professionnelle et dont l’emploi du temps sportif sera aménagé. On ne va pas tout révolutionner et je suis partisan du « s’entrainer mieux ». On aura par contre une grosse période de préparation pour mettre notre fond de jeu en place où les entrainements seront biquotidiens."

Quant au coach Grégoire Pastres, son dira peut-être quelque chose en tant que joueur, aux puristes du basketball français. Ce local a connu très jeune le haut-niveau.

"Je suis originaire de Recy (5 km de Châlons-en-Champagne), benjamin d’une famille de 5 garçons et une fille. Damien a joué en pro à l’ASVEL, JDA, Cholet) et Sylvain à Reims. Je suis cadre de la fonction publique dans une collectivité, en charge du service des sports, de la jeunesse et du tourisme. Des problèmes cardio m’ont contraint à stopper à 21 ans un début de carrière qui m’avait permis de connaître à 16 ans et demi, le plaisir de jouer en Pro A puis ensuite régulièrement en Pro B. J’avais poursuivi les études pour rester sur Châlons en décrochant deux bacs (C et D). Après une demi-année de médecine, je suis entré en STAPS, j’y ai passé mon BE. J’ai été employé comme éducateur au club et j’en ai profité pour passer le concours de catégorie A de la fonction public. J’ai rejoué de la prénat à la NM2 sous les ordres de Yannick Robert et Eric Bartecheky. J’ai souhaité en NM3, reprendre les rênes d’une équipe que je n’ai jamais quittée depuis 20 ans. J’ai toujours été fidèle et ambitieux pour le club mais j’arrive à un tournant de ma vie et le club à un tournant de la sienne. La passion du basket et ma situation professionnelle ont parfois du mal à coexister et j’ai toujours joué jusque-là, la sécurité. La suite de mon programme va principalement dépendre du fait qu’on soit en NM1 ou non car aujourd’hui, rien n’est acté par la fédération qui peut décider sur des critères extra-sportifs de nous refuser la montée. Je n’ose pas le penser alors que nos bilans financiers et plus particulièrement cette année sont flatteurs. Les finances sont saines, le club se structure et même si la voilure ne sera pas grande en NM1, on mérite et on se doit d’y aller pour défendre nos chances et vivre une situation hors du commun. On nous avait déjà prédit un maintien difficile cette année et on fait le doublé NM2/NM1 sur deux ans… incroyable."

Reste à savoir désormais si la Fédération française de basketball (FFBB) acceptera l'ERSM en Nationale 1 pour la saison 2018/19.

07 juin 2018 à 16:07
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Tout ça pour mettre une balle dans un cercle.
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