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ITW SAMMY GIRMA (LE-PUY-EN-VELAY) : "C'EST LA PREMIÈRE FOIS QUE JE VIS PAREILLE SITUATION"

Sammy Girma
Crédit photo : ASMB Le Puy

Sammy Girma n'a pas seulement un talent certain côté basket, c'est également une tête bien remplie! A 27 ans, le joueur du Puy en Velay nous parle de sa situation actuelle et de son avenir.

Ancien joueur de Boulazac ou Challans, Sammy Girma a continué à évoluer en Nationale 2 depuis quelques années tout en prolongeant ses études supérieures. Désormais au Puy-en-Velay, club pensionnaire de la poule D de Nationale 2, il répond à nos questions.

Sammy, tu as beaucoup bougé dans les basketball français et même étranger. Peux-tu nous rappeler ton parcours ?

Pour me présenter brièvement donc, Sammy Girma, 2,03 m, 94kg, j’évolue sur le poste 2-3 et je suis au Puy-en-Velay cette année. Suite à ma reprise d’étude, je suis étudiant également, actuellement en master 1, qui m’amènera à évoluer vers les métiers de la finance, plus précisément de l’ingénierie financière/corporate finance.

J’ai donc commencé le basket à 8 ans à Lyon, j’ai évolué dans la région et ensuite intégré le centre de formation de l’ASVEL.

Je suis ensuite allé du côté de Clermont Ferrand afin d’évoluer en Espoirs et de commencer à découvrir le monde professionnel en pouvant m’entrainer avec les pros. Malheureusement cette année-là le club est descendu en Pro B, je suis donc parti aux Etats-Unis, en Arizona, et j’ai également fait un passage à la CBA academy de Gran Canaria (Espagne).

L’année suivante j’ai pu poser mes valises à Boulazac qui évoluait en Pro B, et c’était donc le début de ma carrière professionnelle. J’ai ensuite joué deux ans à Challans en N1. A la suite de ce contrat j’ai repris au Havre en Pro A, ce qui était une vraie chance pour moi. La présaison s’est très bien passée mais je n’ai pas eu l’opportunité de poursuivre toute la saison là-bas. S’en est suivie une saison difficile mentalement ou j’attendais un contrat et une pige. Aujourd’hui je suis capable de dire que c’était un mal pour un bien car c’est ce passage de ma vie qui m’a poussé à taper à certaines portes et au final avoir la chance de reprendre mes études à certaines conditions. Le deal était de trouver un contrat en N1 ou en N2 mais à proximité de l’école, qui est à Lyon, afin que je puisse y être présent physiquement deux jours par semaine.

C’est comme cela que j’ai commencé à jouer en N2 au Puy en Velay, puis à Cergy, pour enfin revenir au Puy.

Tu es le leader offensif de ton équipe du Puy-en-Velay avec 13,4 points par match mais seulement vingtième au général de la poule D. Penses-tu qu'avec un rendement offensif plus élevé ton équipe serait mieux classée?

Eh bien je pense que nous devrions faire l’analyse inverse du coup.

En effet, j’ai toujours été dans les leaders offensifs de la poule dans laquelle j’évoluais en N2 et notamment parce que mon équipe se portait plutôt bien. Nous avions un collectif établi dans lequel chacun avait trouvé sa place. Un collectif qui marche facilite, pour moi, les performances individuelles. C’est un peu à l’image de notre saison, il y a encore quelques matchs j’étais surement à 15 points de moyenne, néanmoins depuis quelques matchs nous avons du mal à dépasser 55 points avec les difficultés que nous connaissons. Les stats sont tributaires de cette difficulté à marquer des points collectivement.

Je pense que collectivement nous devons faire beaucoup mieux et les statistiques de chacun reviendront à la normale car il faut bien en être conscient qu'aujourd’hui l’important et de sauver un club d’une descente au niveau inférieur. Cela dépasse toute prétention individuelle, mais effectivement, dans cet objectif-là, je me dois de ne passer à travers aucun match. Ceci implique bien sûr mon rendement offensif. Si nous marquons plus de points, je reviendrai surement dans des chiffres qui me sont un peu plus familiers.

Après avoir connu les playoffs avec Le Puy il y a trois saisons et une excellente saison dernière dans le haut de tableau, comment analyses-tu les mauvais résultats de cette saison?

C’est la première fois que je vis pareille situation. Je me rends compte qu’une saison réussie tiens à la fois à beaucoup de choses, mais également à peu de choses. Comme tu la dis, l’année dernière on joue notre place en playoffs sur l’avant-dernière journée contre Aubenas, et cette année nous luttons pour ne pas descendre.

L’analyse que je peux en faire aujourd’hui est que cela est dû à plusieurs facteurs. Tout d’abord, c’est une toute nouvelle équipe. Nous avons perdu à l’intersaison quatre joueurs qui étaient des joueurs majeurs du groupe. C’est toujours difficile à remplacer et il est surtout difficile de créer une alchimie par la suite, ce n’est vraiment pas une science exacte. Ensuite, il y a le fait qu’un de nos intérieurs ne s’est malheureusement pas rétabli d’une blessure au genou contracté la saison précédente. Le club n’a pas pu le remplacer, ce qui fait que l’équipe s’en est tout de suite retrouvé déséquilibrée. Il a fallu tout de suite chercher à compenser ce « manque ». Enfin, je pense que nous ne sommes pas une équipe en confiance aujourd’hui et c’est difficile de casser cette spirale.

Vous connaissez une période compliquée en terme de résultats mais aussi au niveau blessures. L'affaire semble mal engagée vu de l'extérieur pour le maintien de ton équipe. Que pourrais tu nous dire qui permettrait de nous laisser penser le contraire?

Comme nous venons de l’évoquer, le terme "spirale" prend ici tout son sens. Et il faut l’avouer celle-ci est tout sauf vertueuse. Mais je sais aussi qu’un rien peut briser une spirale négative. Ce que je peux vous dire c’est que cette semaine tout le monde est de retour de blessure donc c’est maintenant à nous d’essayer de retrouver une certaine sérénité dans le travail afin d’entamer une marche en avant plus que nécessaire

Plus personnellement, tu as repris des études à l'IDRAC Business School de Lyon. Comment gères-tu tes journées avec les déplacements au Puy pour les entrainements ?

J’ai eu cette opportunité de reprendre mes études tout en continuant à jouer. Comme j’ai pu l’évoquer, le deal avec l’école était de jouer en N1 ou N2 afin de pouvoir dégager un minimum de temps et trouver un rythme qui fonctionne. C’est donc l’IDRAC Lyon qui m’a permis d’obtenir mon Bachelor l’année dernière et j’y effectue mon Master 1 cette année. Cela m’a surtout ouvert les portes d’une école à laquelle je n’osais même pas penser il y a trois ans. J’intègre l’année prochaine l’EM Lyon Business School, qui avec HEC Paris et l'ESCP Europe, fait partie du top 3 français.

Je passe le début de semaine à Lyon, afin d’être physiquement en cours, et je rentre au Puy pour l’entrainement du mardi soir ou du mercredi soir. Nicolas Gregoire au Puy et Ludovic Pouillard à Cergy ont toujours été très conciliants avec moi à ce niveau-là, du moment que cela n’affecte pas mes performances le samedi. En somme je rate les entrainements du matin ainsi qu’un entrainement le soir. Le reste de la semaine, je rattrape mes cours de chez moi, et poursuis ma semaine d’entrainement comme mes coéquipiers.

Tu as l'expérience du haut niveau avec un passage à Boulazac en Pro B et Challans en N1. A 27 ans, souhaites tu retrouver le monde professionnel ou les études que tu as entreprises vont t'emmener vers d'autres projets?

Je te mentirais si je te disais qu’aujourd’hui le haut niveau ne me manque pas. J’aimerais y rejouer surtout que je suis dans l’âge ou l’on est censé jouer son meilleur basket.

Beaucoup de choses du haut niveau me manquent, mais elles sont incompatibles avec mes études aujourd’hui, surtout avec mon admission à l’EM Lyon. Une fois mon cycle master terminé, dans 18 mois, je ne me ferme aucune porte. La vie est faite d’opportunités qu’il faut simplement savoir saisir. Ce qui est fait pour moi viendra à moi. Quoi qu’il arrive, je continuerai à jouer au basket car c’est avant tout une passion.  

Après 15 journées disputées, quelle est ton analyse sur les équipes de la poule D, son niveau cette saison et sur le classement actuel de la poule ?

La poule D est bien différente de la Poule A dans laquelle nous avons joué l’année dernière. Je la trouve très dense et il est avéré qu’aucune hiérarchie n’est respectée au fil des week-ends. Le niveau est très bon et il n’y a pas réellement de petit match. Les équipes en haut du classement méritent totalement leur place car elles sont allées chercher chaque match. Cette deuxième phase du championnat réserve de belles surprises je pense, rien n’est joué, en haut comme en bas.

Prochain match de l'ASMB Le-Puy-en-Velay 43 Auvergne ce samedi chez le leader Aubenas. 

09 février 2017 à 12:53
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