NM2

TANGUY RAMASSAMY, LE GUADELOUPÉEN DEVENU LANDAIS

Crédit photo : Site Dax Gamarde

Tanguy Ramassamy est arrivé dans les Landes il y a deux ans. Le pivot Guadeloupéen est un joueur majeur de l'équipe de Dax Gamarde, 3ème du championnat de NM2. BeBasket raconte l'histoire de ce joueur si attachant, qui a laissé et qui continue de laisser un bon souvenir partout où il  passe. 

Ce samedi 31 mars, dans les Arènes de Pomarez, les Taureaux ont laissé place à la balle orange. Devant 1 000 personnes, Dax Gamarde et Hagetmau donnent tout ce qu’ils ont pour avoir le droit de disputer la finale de la Coupe des Landes. La compétition reine d’un département où le basket a une place importante dans les mœurs de ses habitants. Tout basketteur landais rêve de la remporter et de devenir l’icône de tout un peuple pendant quelques heures. Du haut de ses 2,06 m Tanguy Ramassamy a un CV et un palmarès long comme ses bras. Mais, l’ancien joueur de l’Élan Béarnais savoure la qualification de son équipe pour la finale. Arrivé à Dax la saison dernière, le pivot Guadeloupéen a survolé la rencontre. Depuis, le début de la saison, il est un cadre de cette équipe de Dax de loin la meilleure du département. Il s’est donné le droit de remporter ce trophée pour la seconde fois en deux ans. Une équipe qui n’a plus rien à prouver, mais qui cherche constamment à montrer à travers ses victoires qu’elle reste ce qui se fait de mieux.  « Ici dans les Landes, tout le monde vit pour cette compétition. Nous sommes en Nationale 2, nous jouons le haut de tableau, mais dès que la Coupe des Landes arrive, on sent une autre motivation. Nous sommes l’équipe à battre, tout le monde veut faire tomber le champion, que tu joues contre une équipe de département ou de Nationale 3, tu sens que le rêve de chacun est de faire tomber Dax. On oublie vite la différence de niveau. Tout le monde veut la Coupe des Landes et pour la gagner ils savent qu’il faudra nous battre. C’est comme ça. Mais on reste fort, on veut gagner, rien laisser aux autres, mais on sait très bien que l’on nous donnera rien. Le basket, c’est comme dans la vie, pour être le meilleur il faut se battre. Pour nous, gagner la Coupe des Landes, c’est une obligation. Donc on sait que ce sera la guerre ! »

Le soldat Ramassamy

Combattant de l’extrême sur le terrain, Ramassamy s’est très rapidement approprié les valeurs landaises. Passé lui aussi par l’Élan Béarnais, Jérôme Mansanné possède le plus beau palmarès du basket landais. Multiple vainqueur de la coupe des Landes et capitaine de l’équipe, il a vu dès sa première rencontre avec son pivot qu’il deviendrait un joueur important du projet dacquois. « La première fois que j’ai vu Tanguy, j’ai d’abord été impressionné par son physique. Puis rapidement, je me suis rendu compte que c’était une personne très agréable mais très timide hors des parquets. Par contre, dès qu’il enfile le maillot tu sais que tu peux partir à la guerre avec lui. Il dégage une telle force sur le terrain que tu as l’impression que quand il est à tes côtés plus rien ne peut t’arriver. Il n’aime pas se mettre en avant, il ne va pas beaucoup parler, mais c’est un vrai régal. On se comprend très rapidement, un regard et on sait qu’il faut que l’on augmente notre intensité. Il marche beaucoup à l’affect et quand il a confiance en ses mecs, quand il aime ses coéquipiers alors il est prêt à déplacer des montagnes. C’est un coéquipier et une personne en or avec un cœur énorme. Il progresse tous les jours, offensivement il est de plus en plus important pour nous. Avec Tanguy sur le terrain, nous sommes très forts, nos adversaires le savent. » 

Ce cœur, c’est ce qui fait la force du natif de Pointe à Pitre. Pourtant, le basket n’était pas sa priorité quand il était tout jeune. Amoureux de la nature, il passait son temps libre à se balader avec son cousin dans les bois de Guadeloupe. Amoureux de sport, il n’avait qu’un seul rêve : devenir footballeur professionnel. « Petit j’étais Tom Sawyer. Avec mon cousin, on était dans les bois du matin jusqu’au soir. On ne rentrait même pas pour manger. On partait à l’école le matin puis on faisait en sorte de partir dans les bois, s’évader. Je n’avais pas de rêve défini sinon celui de devenir footballeur, comme tous les enfants d’ailleurs. Je pensais qu’au foot, je rêvais de soulever la coupe du monde, la coupe de France, même la coupe du quartier. Il y avait le Brésil qui marchait sur tout le monde, je me sentais brésilien. Je jouais tout le temps au foot. Mon oncle était entraineur dans un petit club donc tous les jeunes de la famille sommes passés par là ». 

Il ne deviendra pas footballeur professionnel et c’est grâce au basket qu’il va avoir la chance de découvrir la Métropole. Un sport qui ne l’attirait pas plus que ça jeune, mais qui va vite devenir sa passion. « A 14 ans, j’ai commencé le basket. Mon oncle a créé un club de basket dans ma ville. Il a vu que j’étais plutôt grand, donc il m’a poussé à signer là-bas. Mais je ne voulais pas, je ne voyais que par le foot, hors de question de venir jouer au basket. Mais le souci c’est qu’à 14 ans, je faisais du 49 donc je n’avais plus de crampons (rires). Aucun moyen d’en trouver à ma taille, donc je suis parti au basket. Mon oncle m’a payé ma première paire de baskets. Mais, si j’avais eu une paire de crampons en 49, jamais je me serais mis au basket, comme quoi cela ne tient pas à grand-chose».

La rencontre avec Thierry Trouillet

Outre l’épisode des crampons, une rencontre a changé l’avenir de Tanguy. En 2007, Thierry Trouillet composait le staff du centre de formation avec Denis Mettay et Paco Laulhé. Star NBA, Mickael Pietrus organise depuis 2 ans un camp de détection sur son île natale. Présent sur place, Trouillet a eu un coup de cœur pour le grand Tanguy. Aujourd’hui coach de l’Élan Béarnais Pau Nord Est, Trouillet se souvient encore de la première fois où il a croisé celui qui deviendra champion de France avec lui quelques années plus tard. « Au milieu de 115 gamins dans une salle, un gros nounours qui ne savait pas trop jouer, mais était hyper enthousiaste. Je suis allé le voir et je lui ai demandé de venir avec moi dehors. Sur un panier, je lui ai montré des moves d’intérieur pour voir comment il réagissait. Une véritable éponge. Tu sentais que l’information était très vite absorbée. Le soir je prends mon téléphone et j’appelle Paco et Denis. Je leur dit que j’ai trouvé un pivot et que j’ai un coup de cœur. Superbe gamin, une boule de 2,00 m, je ne veux pas rentrer sans lui. Ils m’ont dit si tu le sens alors fonce ! »

Un souvenir ancré dans l’esprit de Tanguy qui se souvient encore de ce camp, qui a changé sa vie. « Grâce à mon oncle, j’ai entendu parler de ce camp. Juste avant de partir en vacances, il est venu voir mes parents pour leur dire que je devais aller participer à ce camp, c’était une chance pour moi d’aller en Métropole. Personnellement, je savais que je ne jouais pas très bien, mais j’ai quand même tenté ma chance, c’était l’occasion pour moi de continuer à progresser. C’est là que j’ai rencontré Thierry. Il a aimé mon profil, il m’a demandé si cela m’intéressait de rentrer avec lui. Moi j’étais ok, mais il fallait qu’il arrive à convaincre mes parents. Mais j’avais confiance en lui »

« En effet, Tanguy avait montré de belles choses pendant ce camp, rajoute Thierry Trouillet. C’était à moi de tout faire pour convaincre ses parents. J’ai donc demandé à ses parents de venir le soir au gymnase et je suis allé droit au but. Je leur ai dit tout simplement que je voulais rentrer avec leur enfant en France. Les parents pas du tout au courant de ce qu’était un centre de formation, jamais ils ne s’étaient imaginés que leur enfant pouvait intégrer une structure pro, vivre du basket. Je leur ai donné une plaquette du centre de formation, je leur ai indiqué que je rentrais en Métropole dans deux jours donc ils avaient 48 heures pour réfléchir à l’idée que Tanguy quitte son île et nous rejoigne à Pau en septembre. 2 ans après, il remportait le titre de champion d’Europe avec les U20 ! ».

En 18 mois, il devient champion d’Europe U20

Une rencontre qui a permis à Tanguy de devenir basketteur professionnel, mais qui restera aussi gravée dans l’esprit de Thierry Trouillet. Encore Aujourd’hui, 11 ans après leur premier échange on peut sentir une certaine émotion dans sa voix quand il s’exprime au sujet de son ancien protégé. « Je pourrais parler des heures au sujet de Tanguy, c’est l’une de mes plus belles rencontres. Une grosse réussite car quand on voit le produit brut que l’on a trouvé en Guadeloupe et ce qu’il est devenu en moins de 18 mois c’est rare. Il sort du niveau département et 18 mois plus tard il est champion d’Europe U20. C’est magnifique. Un gamin attachant avec des valeurs. Il a toujours répondu présent, on a gagné ensemble le titre de champion de France NM3, le Trophée Coupe de France à Bercy. Un joueur qui n’a jamais cessé de progresser. On a gardé une vraie complicité. Je me souviens encore, j’étais dans le couloir du Palais des Sports de Pau, il venait de sortir du bureau de Didier Gadou et de Didier Dobbels avec son premier contrat pro en main. Et il tenait à me le dire en 1er. Quelques heures plus tard, je recevais un mail de son père, de deux pages en me remerciant et en me disant que Dieu m’avait mis sur le chemin de son fils. Une vraie lettre de remerciements, qui m’a énormément touché. En plus d’avoir fait de Tanguy un joueur prêt pour rentrer dans le monde pro, j’avais aussi réussi à combler toute sa famille. Je ne l’oublierai jamais. »

Le froid, son premier souvenir en France

Septembre 2007, Tanguy arrive en Métropole. Une arrivée qu’il n’est pas prêt d’oublier. « Tout d’abord, j’ai atterri à Paris pour changer d’avion pour Pau. Il faisait froid. Pourtant je suis arrivé en août, mais j’avais froid. Je me suis dit, ''ce n’est pas la Guadeloupe ici''. Puis je suis arrivé à Pau, et là le choc. J’avais jamais vu une salle pareille. C’était énorme, des infrastructures extraordinaires. Ma seule année de basket, je l’ai fait dans une petite salle chez moi, même parfois on s’entrainait à l’extérieur. Et là je suis à Pau, dans le meilleur centre de formation de France, avec les meilleurs formateurs dans une salle qui est encore aujourd’hui la plus belle salle de basket. Tu arrives dans ça, tu te dis mais c’est un truc de fou. J’arrive en dernière année cadet (U18), avec des joueurs hors normes. Physiquement, c’est compliqué, je passe à deux entrainements par jour, alors que dans mon club en Guadeloupe je ne m’entrainais que deux fois par semaine. Donc au bout de deux mois, j’ai eu un souci à mon genou. Mais j’étais là pour une seule raison, progresser, travailler pour devenir le meilleur. Rapidement, j’ai appris que je pouvais jouer en équipe de France jeune. J’avais la chance de jouer avec de grands joueurs, qui avaient déjà participé à ce genre de compétition. Donc j’ai posé des questions. Porter le maillot bleu était un vrai défi. Alors bien sûr que tout le monde rigolait, me pensait fou parce je débutais finalement, mais j’aime faire mentir les gens. Je suis allé chercher cette sélection. En 6 mois je suis passé d’un joueur qui apprenait à mettre des lay-ups à un tournoi à Mannheim avec l’équipe de France U18. J’ai toujours été combatif, je ne me laisse jamais faire, tout ce que je veux, je peux l’avoir, mais il faut juste que je travaille. J’ai travaillé avec Thierry, Denis, Paco, des entraînements pas faciles. Sur une chaise, tout ce que je déteste encore aujourd’hui. Mais c’était le seul moyen pour moi d’y arriver. Puis je gagne cette médaille d’or à l'Euro U20, c’est énorme. »  

Champion d’Europe U20, vainqueur du Trophée du Coupe de France, champion de France NM3, Champion de Pro B, Ramassamy a gagné énormément de trophées sous le maillot Vert et Blanc. Aux côtés de Didier Dobbels, coach du groupe professionnel à cette époque, mais aussi au contact de Thierry Trouillet, il enrichit son palmarès. « Dès que j’ai poussé la porte du Palais des sports de Pau, je savais que si je me donnais à fond j’allais soulever des trophées. La génération 88-89-90 était l’une des plus belles de l’histoire du club. Pau a toujours gagné, et continuera à gagner en jeune. Avec Thierry et Pau Nord Est on a réussi à monter en Nationale 2, à aller à Bercy, on était une très grosse équipe. J’ai eu la chance de franchir le palier Pro B avec le club, le coach me faisait confiance, on a été champion de France, c’était fabuleux. »

« Je me voyais finir ma carrière à l’Elan… »

Pourtant, le jour où il a quitté sa famille, jamais il ne pensait qu’il obtiendrait autant de titres dans le Sud-Ouest de la France. Partir loin de chez lui a été une étape difficile, mais il était déterminé à rendre fier sa famille. Son seul but : tout donner pour ne pas avoir de regrets. « Jamais je ne pensais réussir aussi bien dans le basket, mais j’avais confiance en moi. Je me suis dit tout simplement, si tu n’y arrives pas, tu rentreras chez toi, sur ton île. Par contre, si tu donnes ce que tu as, alors tu vas y arriver, et tu pourras être fier. J’ai toujours été un peu solitaire, aventurier, mais avec une envie de réussir. Donc je me suis donné à fond et ça a payé. Jamais quand je suis monté dans l’avion je me suis dit, ''Tanguy tu vas rafler autant de titres'', si je l’avais su quand j’ai eu la chance de partir à L’Élan, j’aurais signé de suite, c’est une certitude. Quand je suis dans le bureau, avec Didier Gadou et Didier Dobbels et qu’ils m’annoncent que je vais signer un contrat avec l’Élan, j’ai une pensée pour mes parents, pour tous les gens qui ont cru en moi. J’ai travaillé, je suis parti de chez moi et aujourd’hui je suis pro à Pau. Ca restera un jour important de ma vie. » 

Malheureusement, son histoire avec le club vert et blanc va se terminer suite à  la descente en Pro B du club à la fin de la saison 2011/12 . Lui, Palois d’adoption qui donnait tout ce qu’il avait pour rendre heureux les supporters de l’Élan Béarnais, voyait son histoire avec son club de cœur se terminer. Tanguy est prié par Claude Bergeaud, nommé coach principal à la suite de l’intérim de Paco Laulhé, de quitter le club. Son temps de jeu serait réduit, et pour sa progression il était mieux pour lui de partir. Un départ qui sera douloureux, comme quelqu’un qui doit quitter une famille pour laquelle il avait envie de continuer à tout donner. Aujourd’hui encore, il pense que l’histoire entre lui et l’Élan Béarnais aurait pu continuer. « Quand Claude est arrivé, il m’a signifié qu’il ne comptait plus sur moi. Je le savais depuis le mois d’avril, qu’on me laissait partir, car le club voulait remonter et je ne rentrais plus dans les plans. Mais le problème, c’est que Pau ne trouvait pas de joueurs pour me remplacer. Il ne me lâchait pas, donc les propositions diminuaient. Je suis donc revenu à Pau, au premier entrainement je me blesse. La situation était difficile et à la suite d’une querelle avec Didier Gadou, j’arrive à partir à Fos-sur-Mer, mais c’est au mois d’octobre. La saison avait déjà repris. Franchement je pensais que je n’allais jamais partir de Pau. Je voulais rester au club, j’aimais ce club, ce maillot. Je pensais être le projet de ce club, je voulais aider le club à retrouver la gloire. Mais Didier Gadou en a décidé autrement, c’est le monde du basket qui est comme ça. » 

Des pépins physiques qui ont stoppé sa progression

Pendant toutes ses années paloises, Ramassamy a connu plusieurs blessures. Sans aucun doute un frein à sa progression au sein de l’Élan Béarnais mais aussi dans le monde professionnel. Des douleurs physiques mais aussi mentales qui l’ont poursuivi un long moment. Il en a souffert, mais comme dit l'adage, ce qui ne tue pas rend plus fort. « J’étais performant en jeune, on a tiré sur la machine, j’avais des problèmes aux genoux. Je continuais à grandir mais comme j’étais jeune malheureusement personne ne m’a dit d’arrêter. J’aurais aimé que le staff médical me dise ''Tanguy faut que tu arrêtes''. Mais cela ne s’est pas passé comme prévu. C’est comme ça, je n’aurais peut-être pas remporté autant de titres si je m’étais arrêter. Mais après chaque blessure, je suis revenu plus fort. Je suis parti à Fos-sur-Mer, je suis revenu plus fort, j’ai eu des propositions pour voir plus haut, mais cela ne s’est pas fait. Mais mentalement, je n’ai jamais lâché et c’est ma plus grande fierté. J’aurais voulu jouer longtemps en Pro A, comme certaines personnes me le prédisaient. Mais malgré tout, je suis très fier de ce que j’ai réalisé, même si à la sortie je n’avais plus la même envie qu’auparavant. » 


Trois saisons en Provence avec le FOPB
(photo : Sébastien Grasset)

Même son de cloche chez Thierry Trouillet qui sans hésitation pense que sans ses blessures, Tanguy aurait été un très bon remplaçant en Pro A. « Sans ses blessures, c’est un back up de Pro A sans problème. Il a des traceurs importants pour le haut niveau. Il a une très grosse mobilité et une très grosse verticalité. Il a un truc qui est fondamental pour le haut niveau c’est que l’engagement chez lui est naturel. C’est un Georgi Joseph, pas besoin du coach pour qu’il soit motivé, c’est lui qui motive ses coéquipiers par sa détermination et son envie sur un parquet. »  

Un détour par le... rugby

Malgré son mental d’acier, sa déception du côté de Pau et ses blessures à répétion ont atteint son moral. Un monde professionnel qu’il ne comprend plus trop et des interrogations au sujet de son avenir dans le milieu de la balle orange, l’ont poussé à tenter  sa chance dans un autre sport. En juillet 2015, à la surprise générale, il annonce qu’il signe avec l’US Bressane, le club de rugby de Bourg-en-Bresse, qui évolue en Fédérale 1 (troisième division). Lui, le basketteur de 2,06 m, souhaitait se donner une chance de réussir dans le monde de l’ovalie. « Ma vision sur le monde pro et le basket avait changé. J’en avais marre de voir des Américains venir dans notre championnat, prendre notre place, alors que nous Français nous étions capables de faire aussi bien. Je me suis battu chaque année, mais rien n’a changé. J’ai toujours eu un impact physique, j’ai des amis dans le monde du rugby et j’ai tenté. Toujours avec le même leitmotiv qui est de ne pas avoir de regrets. Je devais m’adapter à un nouveau sport, donc ce n’était pas facile. Mais j’ai aimé cette aventure rugby. Aujourd’hui encore, j’ai gardé beaucoup d’amis, et parfois, j’y pense, si je n’étais pas aussi bien à Dax, j’aurais pris une double licence, parce que j’aime ce sport, et j’ai des clubs qui me proposent des projets dans le rugby. Mais mon sport, c’est le basket. »

 

L'échange téléphonique avec Romain Hillotte

Après six mois sur le rectangle vert de Marcel Verchère, il retrouve les parquets du côté de Saint-Vallier. A la lutte pour monter en Pro B, Saint-Vallier décide d’écarter l’Américain Kyle Cain et de proposer à Tanguy de terminer la saison avec eux. Après de bonnes performances pendant la saison régulière permettant à Saint Vallier de participer au final four, il est cloué au banc par le staff. Nouvelle incompréhension pour celui qui souhaitait retrouver la Pro B avec le club drômois. Cet épisode est celui de trop pour Tanguy qui ne se reconnait plus dans le monde professionnel. Au même moment, Romain Hillotte son ami depuis le centre de Formation de Pau, prend aussi une décision importante au sujet de sa carrière. Les deux hommes prennent le temps de s’appeler et de discuter… « Saint-Vallier me prend pour gagner le final four, j’ai la confiance de tout le monde jusqu’à la finale ou je ne joue pas. Je suis déçu déjà de ne pas avoir pu aider l’équipe à gagner, mais je me rends compte aussi que rien n’a changé dans ce monde pro. On te prend, on te dit qu’on compte sur toi, mais le jour J on ne te fait pas jouer. Puis derrière, on me fait comprendre que le club souhaite continuer avec moi, mais on te met un Américain dans les pattes, un gars qui n’est pas beaucoup plus fort que toi. Pourquoi vais-je encore me prendre la tête avec ça ? Je fais un break avec le rugby, je reviens, je bosse dur et au final c’est la même chose. Je prends mon téléphone, j’appelle Romain Hillotte , on discute. Bizarrement, il ressent les mêmes choses que moi, il me dit qu’il veut rentrer dans les Landes chez lui, à Mont-de-Marsan. Il me propose le projet, je me suis dis ''pourquoi pas''. En France je ne me vois vivre que dans le Sud-Ouest. C’était donc une opportunité pour moi de revenir là où tout a commencé. J’ai commencé à parler avec Mont-de-Marsan, puis avec le bouche à oreille, Monsieur Lamaignère le président de Dax Gamarde et Denis m’ont contacté. J’ai parlé avec eux et je suis arrivé à Dax. »

Au même titre que Thierry Trouillet, Denis Mettay connait Tanguy depuis ses débuts. Il l’a vu arriver à Pau, souffrir aux entrainements pour devenir le joueur et l’homme accompli qu’il est aujourd’hui. Quand l’ancien coach de Saint-Brieuc a su que son ancien protégé souhaitait revenir dans les Landes il n’a pas hésité une seule seconde à le contacter. « C’était une super nouvelle pour nous. Tanguy je le connait depuis longtemps, des liens se sont créés entre nous deux, donc c’était un réel plaisir pour moi de le retrouver à Dax. Je savais qu’il fallait qu’il adapte son jeu, car la NM2 c’est différent de la Pro B ou de la NM1, mais il a su très rapidement s’adapter. C’était une occasion en or. Aujourd’hui je pense que tout le monde au club est content de son arrivée. »

Revenu dans les Landes il y a 2 ans pour se rapprocher de ses filles restées dans le Sud-Ouest. Mettay incarne le Dax Gamarde. A court terme, l’ambition de ce club est de monter en Nationale 1. La présence dans son effectif de joueurs comme Gauthier Darrigand ou Tanguy Ramassamy permet aux Dacquois d’être ambitieux. « J’ai fait venir Tanguy aussi pour ça. Au-delà de son impact sur le terrain, c’est une personne qui sait s’intégrer dans un projet assez rapidement. Il est acteur au niveau des jeunes car il est assistant coach en U15 et qu’il a besoin de transmettre. Il aime les relations amicales, c’est quelqu’un de vrai, qui au-delà de sa domination sur le terrain, permet au club de grandir dans beaucoup d’aspects. Et c’est pour ça qu’il est une pierre angulaire du projet que nous essayons de mettre en place ici. »

Au coeur du projet dacquois 

Petit à petit, le projet dacquois prend forme, Jérôme Mansanné a connu le projet à ses débuts, et pense également, que la présence de Tanguy et ce qu’il incarne doit aider son club à franchir ce palier. « Pour être honnête, je suis allé voir Tanguy il y a quelques semaines pour lui dire que j’approchais de la fin et que j’allais bientôt arrêter et que je serais heureux de le voir reprendre le flambeau. Car j’ai l’impression qu’il a trouvé une situation, un club qui lui correspond. Il aime le Sud-Ouest, c’est tranquille surtout pour un Gwada (rires). J’ai l’impression qu’il a eu du mal à trouver une stabilité mais aujourd’hui il est heureux. Et quand tu es heureux dans la vie, tu es très souvent heureux et performant sur un parquet. Et je pense qu’il a toutes les valeurs pour représenter le projet. En plus d’être un bon joueur, c’est un super mec. Il ne sort pas de nulle part, il a un C.V., un charisme. Il faut juste qu’il parle un peu plus dans le vestiaire, mais il m’a dit qu’il n’était pas comme ça. C’est dommage, mais c’est comme ça. Il y a des capitaines qui sont plus vocaux, d’autres qui sont plus dans les actes comme l’est Tanguy. Parce quand il vous dit, allez c’est parti suivez-moi, je peux vous garantir que la route est toute tracée ».

L’appel de Mettay lui a permis de retrouver le Sud-Ouest. Dax se situe à 1 heure de Pau, où Tanguy a encore des amis. C’est l’occasion pour lui de jouer dans les Landes, là où le basket est roi. Très rapidement, il a réussi à s’intégrer dans ce club ambitieux. Le côté familial, la bonne ambiance dans les salles, lui permet de s’amuser semaine après semaine. Son but : laisser Gamarde en haut de l’affiche, lui l’assoiffé de titres veut continuer à gagner dans les Landes. « Je suis Guadeloupéen, fier de l’être, mais quand on me demande d’où je viens, je réponds du Sud-Ouest. Depuis 10 ans je suis ici, j’ai grandi à Pau, appris à jouer au basket à Pau et appris à gagner à Pau. Au centre de formation, j’étais proche des Lesca (Florian et Remi), Romain Hillotte. Ils me parlaient souvent des Landes, parfois même ils me proposaient de venir avec eux voir des matchs. Je suis tombé amoureux de l’ambiance. Tout le village est dans la salle pour supporter son équipe. J’aime ça moi. Rémi par exemple est fan de Gaujacq. Et pendant les finales, il part faire l’Ultra. C’est énorme non ? Le gars est pro, joue en Pro A, mais il n’oublie pas d’où il vient. C’est les Landes. J’ai toujours gardé l’idée de venir jouer ici, et jouer la Coupe des Landes. Même, en Pro B, j’ai rarement vu une ambiance comme ici. Je ne suis pas Landais, mais j’aime gagner. Quand tu l'as gagnée  et que tu vois comment les gens te respectent, alors tu as tout intérêt à continuer à être heureux. Alors nous en plus on domine, donc tout le monde rêve de nous faire tomber. Je suis content d’être dans une équipe qui gagne. J’ai toujours aimé gagner des titres, je suis dans le sport pour ça. On peut déranger parce qu'on gagne beaucoup, mais c’est comme ça. Il y a eu la domination d’Hagetmau, puis celle du Stade Montois et maintenant c’est Gamarde. J’adore cette ambiance. J’aime les gars avec qui je joue. Un mec comme Jérôme (Mansanné), c’est un dinosaure. Il a tout connu dans les Landes. Partout où tu vas, il connait la salle, il sait comment se comporte le public, il connait tous les joueurs. Si tu n’es pas un Landais et que tu as besoin de savoir quelque chose, il sera là pour te guider, pour t’aider à te sentir à l’aise sur le terrain et en dehors. C’est un leader, un meneur d’hommes, ce n’est pas pour rien qu’il a gagné autant de titres. Moi je n’ai pas besoin que l’on me motive, j’aime être dans ma bulle, j’aime partir à la guerre, mais c’est vrai que quand tu as Jérôme en chef de meute, alors tu as tous les ingrédients pour réaliser de grandes choses. »

Actuellement 3e de la poule B de Nationale 2, Dax Gamarde se déplace sur le parquet de Cognac ce samedi. Une victoire et les Landais reviendraient à hauteur de leurs adversaires du jour à la 2e place et garderaient un espoir de monter en NM1. Mais Tanguy est lucide, il sait bien qu’une montée cela se prépare et que rien ne sera facile pour son club à l’étage supérieur. 

« Cette saison est satisfaisante mais on n'a pas un effectif de 10 joueurs. Nous sommes 8 avec deux jeunes.  On joue bien, mais une équipe comme La Rochelle, s’entraine 2 fois par jour par exemple. Nous c’est 3 fois par semaine. On voit la différence. Le club grandit petit à petit, mais c’est quand même difficile niveau budget. Car on ne va pas se mentir pour exister en N1, il faut de l’argent. C’est simple pour aller chercher le plus haut niveau dans les Landes, il te faut avoir les meilleurs  joueurs, c’est pareil en N2, pour aller chercher la N1, il te faut les meilleurs joueurs. On a une superbe équipe, mais avec plus de moyens on pourrait être encore plus forts. Il nous reste une chance de jouer les playoffs. Cela passe par une victoire à Cognac. » 

Être un exemple pour les générations futures

A 28 ans, Tanguy Ramassamy semble avoir trouvé un endroit où il se sent bien. Un endroit où il est aimé pour ses qualités de basketteur, mais aussi pour sa gentillesse  et son dévouement pour le maillot. Même s’il ne ferme pas à la porte au monde professionnel, l’envie n’est plus la même. La relation qu’il a avec le staff et ses coéquipiers lui permet d’être heureux, chose qu’il a toujours recherché. 

« Sans prétention, je pense que je peux aller plus haut, mais je me sens bien ici. Un poste 5 vient à maturité à 27-30 ans. Niveau basket, je suis très bien. Pour jouer plus haut, il faut avoir envie. Il faut être certain de trouver une relation de confiance avec un entraineur. Aujourd’hui je l’ai, et c’est une bonne chose. Je veux être coach sportif, je veux arriver à avoir mes diplômes. En même temps, je suis assistant avec les U15 de Dax, nous sommes à deux matchs du Final Four. Ma priorité est de continuer à apprendre à coacher, être assistant me permet d’apporter mon expérience à tous les jeunes. » 

Son histoire peut être un exemple pour beaucoup de jeunes Landais, mais aussi des jeunes Guadeloupéens. Il souhaite tout simplement donner envie à tous les jeunes de vivre leur rêve. « Je veux aider tous les jeunes. J’aime transmettre. Un exemple ? Je ne sais pas. Notre île est petite, mais beaucoup de joueurs ont eu la chance de venir en Métropole et pas que dans le basket. Moi j’ai eu des blessures, mais des gens m’ont guidé, et je veux rendre la pareille. Si je peux accompagner les jeunes à aller chercher le haut niveau, alors je serai très heureux. »  


Ramassamy est aussi champion d'Europe militaire !

07 avril 2018 à 12:10
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Bercé par les Chicago Bulls... de Dennis Rodman, mes journées seraient si tristes sans ce fichu ballon orange.
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