PRO B

BRUNO CINGALA-MATA, L’ANNÉE DE L’ÉCLOSION

B CingalaMata
Crédit photo : BCGO

Formé à Cholet, passé par Fos, Tours ou encore le Danemark, Bruno Cingala-Mata réalisait à ce jour une très bonne saison sous les couleurs alsaciennes.

Pas à pas, marche après marche, Bruno Cingala-Mata a gravi les échelons pour enfin étaler tout son talent en Pro B. A 27 ans, il réalise peut-être la meilleure saison de sa carrière à Gries-Oberhoffen. De sa Guadeloupe natale au Danemark en passant par Cholet, il espère que son nouveau rôle en Alsace lui ouvre les portes de la Jeep ELITE, et ce dans un avenir proche.

Durant sa jeunesse, le basket ne faisait pourtant pas partie intégrante de la vie sportive de Bruno. Après avoir pratiqué le foot, la natation ou même le judo, il effectuait ses premiers dribbles avec la balle orange à quatorze ans : « A cet âge, j’étais déjà grand et très mobile pour ma taille. C’est ainsi que j’ai été repéré ». Rien ne le prédestinait pourtant à ce moment-là de se lancer professionnellement dans cette voie : « J’apprenais beaucoup à cette époque mais mon niveau n’était pas encore très bon. Jusqu’au jour où mon entraîneur de l’époque, Jean-Marie Couchy, m’a fait réaliser que j’avais les capacités pour intégrer un centre de formation. C’est lui qui m’a transmis cette passion pour le basket et cette éthique de travail sur laquelle je me base encore aujourd’hui ».

Féru de travail et ambitieux, il traversait rapidement l’Atlantique pour rejoindre le centre de formation de Cholet lors de la saison 2010/11. Une première saison où il prenait part à huit rencontres (1,9 point et 10 minutes de moyenne) avant deux exercices suivants où l’intérieur a été bien plus en vue : 8 points et 5,8 rebonds puis 8,8 points et 6,5 rebonds.  Le tout ponctué par une première apparition en Jeep ELITE. Pourtant, la suite de sa jeune et prometteuse carrière n’allait pas s’inscrire dans les Mauges : « Après mes années Espoirs à Cholet, je n’entrais pas dans les plans du coach de l’époque. Je me suis alors beaucoup entretenu avec mes formateurs (Sylvain Delorme et Jean-François Martin) et j’ai pris la décision de poursuivre ma carrière en Pro B ».

De Fos à Tours, en passant par le Danemark

Entré dès lors de pleins pieds dans le monde professionnel, son aventure à Fos durait deux ans. Un passage qui a marqué Bruno, de par ses rencontres tout d’abord, notamment avec Mamadou Dia, mais aussi au niveau du jeu : « Mes deux saisons à Fos m’ont endurci et appris la dureté du monde professionnel. J’évoluais tantôt à l’intérieur, tantôt à l’aile et cela m’a beaucoup apporté dans mon jeu ». Malgré cinquante apparitions au total en Pro B sous les couleurs provençales, l’aventure s’arrêtait à la fin de la saison 2015 et cet événement allait marquer un premier virage pour Bruno. Sans réelle opportunité dans l’Hexagone, il s’exilait au Danemark, à Copenhague : « Après Fos, je ne voulais pas aller jouer en Nationale 1. Je souhaitais vraiment rester en Pro B mais je n’avais pas de proposition. Mon agent m’a alors proposé d’évoluer à l’étranger, arguant que c’était équivalent d’évoluer en France. L’opportunité danoise s’est alors présentée et j’ai profité de l’expérience de plusieurs joueurs de Pro B qui ont joué là-bas pour me faire une idée. Un choix que je ne regrette absolument pas aujourd’hui, même si mon retour en France après a été compliqué ».

Suite à un essai concluant de deux semaines à Stevnsgade, Bruno paraphait son contrat et signait au final une première saison professionnelle pleine (19 rencontres disputées pour 10,6 points de moyenne et 7,8 rebonds). Las, son retour en France ne se passait pas comme il l’espérait, malgré des performances remarquées au Danemark et un championnat national qui battait toujours son plein : « Cette situation a été particulièrement difficile à vivre. A compter de mon retour au mois d’avril, je me suis retrouvé sans club. Je ne comprenais pas pourquoi aucune opportunité ne se présentait et je pensais même à arrêter. Puis, on m’a proposé le projet de l’UTBM ».

Avec le recul nécessaire, Bruno acceptait finalement de rejoindre Tours, la Nationale 2 et le projet présenté par Pierre Tavano : « A Tours, il se construisait quelque chose d’ambitieux. Pierre Tavano m’a proposé d’en faire partie et en plus d’avoir des responsabilités importantes au sein de l’équipe. Je savais qu’avec lui, j’allais progresser. Je souhaitais également reprendre du plaisir et avoir l’opportunité de construire une belle histoire. J’ai beaucoup pensé à Mamadou Dia que j’ai connu à Fos et qui a gravi absolument tous les échelons jusqu’à la Jeep ELITE avec son club, c’était un peu mon modèle à ce moment-là ». Le bon choix.

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Bruno a également connu les sélections nationales de jeunes, comme ici en U18 lors d'un match face à l'Allemagne (Crédit photo : Olivier Fusy)

Après une saison 2016/17 de rodage en Nationale 2, Bruno démarrait son ascension express vers la Pro B. Lors de son deuxième exercice au quatrième échelon français, il décrochait un ticket pour la Nationale 1 avec la formation tourangelle. Une année plus tard et avec des statistiques toujours intéressantes (11,7 points à plus de 60% de réussite aux tirs et 6,9 rebonds pour 15,8 d’évaluation moyenne), il éveillait l’intérêt de formations plus huppées, en Pro B.

Gries, son « mini-Cholet »

Sans réellement le savoir, son passage en Touraine lui conférait ses premiers contacts avec d’anciens Griesois. Tout logiquement, c’est vers eux que Bruno s’est tourné pour en savoir plus sur la formation coachée par Ludovic Pouillart, au moment des premières discussions entre les deux partis : « A Tours, je jouais avec Glenn Duro et Ahmed Doumbia, deux anciens du BCGO, ce qui m’a permis de m’en faire une idée assez réaliste. On m’avait déjà prévenu qu’on travaillait beaucoup à Gries (rires). Mais surtout, on m’a décrit un club familial et structuré ».

Son côté travailleur colle d’ailleurs bien avec la philosophie prônée par le coach Pouillart : « En plus de la philosophie de jeu rapide demandée par notre entraîneur, j’apprécie qu’il valorise le travail des gens. Notre effectif est très polyvalent et le coach exploite bien cette qualité de l’effectif », avant d’ajouter un autre argument qui s’est confirmé après ses premières semaines dans le nord de l’Alsace : « Gries respire le basket. Toutes proportions gardées, cela me rappelle beaucoup Cholet où ce sport est très important pour la ville ».

Intérieur de métier, Ludovic Pouillart a pourtant comme objectif d’utiliser Bruno à l’aile, un poste où il est capable d’apporter et de briller de par ses capacités athlétiques, sa présence au rebond ou son impact en attaque. Mais retrouver des réflexes à un poste où l’on évolue plus depuis quelques années nécessite un certain temps d’adaptation. Pour accélérer et bonifier ce processus, Bruno peut compter sur Julien Zoa, assistant de Ludovic Pouillart, avec qui il ne compte plus les heures de travail : « Julien est un vrai atout pour le club. C’est un acharné du travail, un vrai passionné de basket et surtout quelqu’un de très pointilleux. Depuis le début, nous partageons les mêmes objectifs. Notre travail paye aujourd’hui et cela se voit sur les terrains où je me sens beaucoup mieux. Je savais que j’étais capable d’y arriver et notre manière de travailler ensemble m’a permis de me développer. A ce jour, je peux utiliser mes qualités à l’aile et à l’intérieur et c’est vraiment grâce à lui ».

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Crédit photo : BCGO)

Demi-finaliste des playoffs l’an dernier, Gries reste pourtant un « petit » dans cette Pro B avec pour principal objectif le maintien. Dans sa salle souvent surchauffée, la saison avait pourtant bien démarré. Le BCGO enchaînait les succès dans sa « Forest Arena » (6 succès lors des 7 premières réceptions) mais ne trouvait pas de solutions à l’extérieur, du moins durant les sept premiers déplacements, tous conclus sur des défaites. Une situation que Bruno, tout comme son staff, peine à expliquer : « Je ne peux vraiment expliquer ces deux séries totalement différentes, si ce n’est au niveau du mental ou dans notre manière d’aborder les matchs. Et dès que nous avons trouvé les clés à l’extérieur avec nos succès à Nantes et Evreux, on se fait battre chez nous par Poitiers et Saint-Quentin ».

Au final, ces séries resteront peut-être anecdotiques suivant les décisions prises par les instances quant à la suite à donner à cette saison. A ce jour et comme dans tous les clubs de Jeep ELITE aux divisions inférieures, les entraînements collectifs sont suspendus. A défaut d’évoluer avec ses coéquipiers, Bruno continue de vivre quotidiennement au rythme du basket et aborde cette « trêve » avec un vrai recul : « Je me maintiens en forme et je reste professionnel. J’en profite aussi pour regarder des matchs (les siens notamment) et analyser ma saison. Et puis, j’ai déjà connu des longues périodes sans club, sans jouer. J’aborde donc cette période avec plus de recul. Au final, on nous demande de rester chez nous, ce n’est pas le plus compliqué à réaliser, surtout si c’est pour protéger notre santé et celle des autres. Ce qui est bien le plus important après tout ».

La santé, c’est bien ce que l’on peut souhaiter à tout le monde dans ces moments compliqués. Toutefois, le basket allant logiquement reprendre ses droits dans le futur, Bruno sait également que sa bonne saison avec les verts (9,2 points et 7,2 rebonds pour 12,9 d’évaluation en 23 minutes de moyenne) pourrait lui ouvrir d’autres portes. Vers la Jeep ELITE ou une formation de Pro B plus huppée ? La question reste ouverte mais l’objectif est bien ancré dans la tête de Bruno : « Cela fait trois ans de suite que je monte d’un échelon et c’est mon envie de poursuivre dans cette voie. Maintenant, je continue de travailler pour y arriver mais oui, j’ai clairement l’objectif d’aller voir encore plus haut l’année prochaine ».

29 mars 2020 à 16:58
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