PRO B

ITW CHARLY PONTENS : "A QUIMPER, JE PENSE QUE J’AI FRANCHI LE CAP À MOITIÉ"

Charly Pontens Quimper 201920 Sébastien Grasset
Crédit photo : Sébastien Grasset

Retourné dans sa région bordelaise natale pour se confiner en famille, Charly Pontens s’est livré sur les réussites et échecs de son parcours, ainsi que la belle saison qu’il a accompli avec l’UJAP Quimper cette saison.

Depuis quelques années le nom de Charly Pontens est étroitement lié avec le championnat de Pro B. Artisan des titres de Hyères-Toulon et Blois, les choses n’ont pour autant pas toujours été faciles pour le meneur français. Retour sur sa jeune carrière.

Charly Pontens (1,90 m, 24 ans) a réalisé un parcours des plus classique. Fils et frère de basketteur, il a commencé à pratiquer ce même sport dans le club des JSA Bordeaux alors qu’il n’avait que 6 ans. Il y est resté jusqu’à la fin de ses années benjamins (U13) avant de rejoindre le Pôle Espoir de Mont-de-Marsan et évoluer en parallèle en U15 France à Saint-Médard-en-Jalles en première année minime (U14) et à Mont-de-Marsan en deuxième année (U17). Déjà plus mature que les autres sur le poste 1, Charly est naturellement entré au Centre Fédéral, en 2010, où il a connu trois belles années : « L'INSEP, c’est un putain de souvenir c’était top humainement. »

Après avoir connu la crème de la formation basket en France et s’être confronté à plus fort et plus physique que lui, il a décidé de vivre sa première expérience professionnelle en Pro B, du côté de Boulogne-Sur-Mer. Une première année réussie puisque mise à part le fait que son temps de jeu ait été limité ((10/12 minutes par match), Charly et ses coéquipiers ont été sacrés champions de France de Pro B : « Cette année-là j’ai découvert la Pro B, et j’ai pu jouer avec des joueurs d’expérience comme Stephen Brun avec qui je garde encore contact. » Il a ensuite pris le chemin du Var pour rejoindre Hyères-Toulon, où il a davantage connu de responsabilités dans un effectif tout aussi talentueux : « Au HTV, j'arrivais dans une équipe qui à la base n’était pas taillée pour jouer les premiers rôles et au final avec ce groupe assez jeune on a réalisé une superbe saison. J’étais le back-up (remplaçant) d’Axel Julien et quand j’y pense, cette saison ce n'était que des bons souvenirs sportivement et humainement. »

Pour autant, après une saison réussie et aboutie dans le club sudiste, les dirigeants ne lui ont pas donné de nouvelles en fin d'exercice concernant une éventuelle prolongation. Et aucun autre staff ne lui a proposé un projet attractif : « A la fin de saison 2014/15, je n’ai pas eu d’offre de prolongation de la part du club, j’étais surpris. Je me suis retrouvé donc sans équipe avec pour seules propositions celles d’Orléans et Monaco qui me proposaient de jouer avec leur équipe espoir tout en faisant le banc des pros. Mais j’ai refusé parce que faire le banc des pros ça ne veut strictement rien dire, et je venais de passer deux saisons en Pro B avec un temps de jeu régulier donc je ne me voyais pas de nouveau jouer en jeune. » Charly a donc décidé de débuter sa préparation estivale avec l’équipe des JSA Bordeaux, avant que le club du GET Vosges ne l’appelle pour pallier l'absence de l’un de ses joueurs, sur blessure : « L’entraîneur des JSA Regis Racine m’a accueilli aux entrainements, et c’est quelques semaines plus tard que le GET Vosges m’a appellé pour me demander de remplacer leur meneur qui s’était blessé au dos. Au début, je ne devais rester que pendant deux mois le temps d’une pige, mais au final le club m’a reconduit une première fois puis une deuxième et en fait j’ai effectué toute mon année à Epinal. Cette année-là, j’avais plus de responsabilités et je me suis vraiment éclaté, l’équipe était top, encore une fois des bons souvenirs. » Une année avec de belles performances qui n’ont pas manqué de taper dans l’œil du nouveau promu de Pro B, l’ADA Blois. Après une saison en NM1, Charly a retrouvé l’antichambre de la Jeep ELITE et participé à la belle épopée du club de Loir-et-Cher. Trois ans qui lui ont donné une toute autre dimension même si tout ne fut pas parfait pour lui.

Blois, entre victoires et difficultés à confirmer

Une valse à deux temps serait la bonne métaphore pour décrire le passage du natif de Bruges à Blois. Pour autant, avec du recul, c’est essentiellement du positif qui en ressort. Après avoir pu côtoyer la Pro B lors de ses premières années professionnelles, Charly est revenu dans ce championnat avec cette fois-ci plus de bagages à son actif, lui permettant ainsi d’espérer plus de responsabilités. Mais la première saison n'a pas répondu à ses attentes : « Au début j’étais surtout content de retrouver la Pro B, après c’est clair que j’aurais voulu directement contribuer sur le début de saison et confirmer ce que j’avais fait en NM1. Mais quand je suis arrivé, la première saison était un peu difficile même si pour un promu c’était plutôt bien ce qu’on faisait. » Ce n’est que lors de la deuxième saison que la magie blésoise a opéré. L’équipe a réalisé une saison de haute volée et Charly est arrivé à tirer son épingle du jeu dans ce jeune effectif talentueux : « La deuxième saison, ça matchait entre guerriers et talent, donc on gagnait et on a fini champion de Pro B. C’était assez dingue parce que personne ne nous attendait là. Malheureusement, on s'est vu refuser la montée pour manque de structure (le centre de formation n'a pas été homologué à temps, NDLR). C’était difficile à avaler car ce sont des choses que tu ne contrôles pas et on te refuse ce que tu as gagné sur le terrain. Après si on était monté en Pro A, le club ne m’aurait pas gardé. Sur le plan personnel, la première partie de saison était catastrophique mais ensuite j’ai eu un déclic et je me suis vraiment éclaté, c’était ouf. »  L’accession du club dans l’élite du basket français n’étant pas possible, Charly a rempilé pour une troisième et dernière année à Blois. Cette année a été plus compliquée que la précédente, avec une difficulté pour confirmer : « La mayonnaise n’a pas prise et je ne serais pas expliquer pourquoi. L’effectif n’était plus vraiment le même et puis les équipes nous attendaient vraiment cette fois-ci. C’était une année difficile, mais on a quand même accédé aux playoffs avant de perdre au premier tour contre Rouen. »

Sur le plan individuel, le meneur tricolore regrette de ne pas avoir plus prouvé de quoi il était capable : « Je pense qu’il y avait des hauts et des bas. Sur la dernière saison, j’avais souvent l’habitude de commencer dans le cinq, on alternait beaucoup avec Thomas Cornely. Mais j’aurais aimé passer un cap et je ne l’ai pas fait. En fait, sur la dernière saison j’aurais aimé avoir de plus grosses lignes de statistiques et prendre peut-être un peu plus mes responsabilités. » Meneur organisateur et doté d’un grand QI basket, Charly joue souvent pour l’équipe et son style de jeu peut paraitre moins ‘’ flashy’’ que d'autres meneurs. Son apport sur le terrain ne se résume pas seulement à ses statistiques, au contraire c’est le genre de joueur régulateur d’un collectif. Cependant, ce genre de profil ne tape pas forcément dans l’œil des recruteurs et des clubs, et ça Charly le regrette : « Il y a des choses qu’on ne voit pas sur un terrain et les présidents/clubs ne le comprennent pas. Je suis complètement d’accord pour dire qu’il faut des Américains pour scorer mais il faut aussi des hommes à tout faire. Si je prends l’exemple de mec comme Jean-Baptiste Maille ou de Clément Cavallo avec qui j’ai joué, ce genre de joueur c’est du pain béni. Il t’apporte un peu de tout, rend fou les adversaires et rassemble l’équipe.  Moi si je dois bâtir une équipe, je favorise d’abord les gros contrats pour ce genre de joueur. »

Après trois belles saisons avec l’ADA Blois, Charly a néanmoins pu retrouver un projet et est même resté sur le chemin du succès puisqu’avec Quimper il a réalisé une belle saison tant sur le plan collectif qu’individuel.

« A Quimper il y avait le bon équilibre entre le côté sportif et humain. »

En arrivant à Quimper, Charly a tout recommencé à zéro dans une équipe qui n’avait pas l’objectif de jouer les premières places du championnat. Cependant, comme à Blois, la belle histoire s'est répétée et il se s'est de nouveau retrouvé dans un effectif talentueux avec qui il a réalisé une superbe saison (deuxième du championnat au moment de l'arrêt de la saison) : « A Quimper, il y avait le bon équilibre entre le côté sportif et humain. C’était vraiment cool d’être entrainé par un coach aussi jeune (Laurent Foirest), car il comprend les situations différemment vu qu’il les a vécus. Humainement on avait un super groupe et une superbe entente, avec des amis d’enfances comme Lucas Dussoulier. Je ne te parle pas du basket car rien qu’en regardant les résultats on peut voir que c’était bien, mais humainement c’était top. J’aime quand j’ai un feeling avec le coach. Je suis vraiment content de l’environnement dans lequel s’est passée cette saison… il y avait un bon faire vivre. »

Mais outre les résultats collectifs nettement au-dessus des attentes, Charly est pour la première fois arrivé à s’imposer comme le meneur titulaire d’une équipe en Pro B : « Avec du recul cette année à Quimper c’était encore une fois une année particulière (rires). On avait un groupe jeune et avec quelques papas pour amener de l’expérience. Ça me fait penser à ma saison au HTV. Le meneur bulgare (Stanimir Marinov) qui devait être titulaire est arrivé blessé au dos, donc sur les 2/3 premiers match j’étais le seul meneur et j’ai su profiter de son absence pour montrer de quoi j’étais capable. Le meneur n’est jamais revenu et c’est Torey Thomas qui est arrivé à sa place. A Blois, j’étais son back-up mais vu que j’avais réalisé de bonnes performances et qu’on enchaînait les victoires, Laurent Foirest m’a laissé le rôle de titulaire. Il y avait un bon équilibre donc il ne s’est pas posé la question de changer une équipe qui gagne. Et puis quand on s’était appelé avant ma venue, il m’avait expliqué que si j’avais le niveau je jouerais à la place de l’étranger, donc il a tenu parole. » Celui qui tournait cette saison à 4,9 points, 1,5 rebond et 3,5 passes décisives en 22 minutes par match a l’air de davantage s’épanouir dans ses nouvelles responsabilités car, au-delà de ses statistiques en hausse, c’est surtout son impact dans une équipe qui gagne qui est à retenir. Toutefois, en tant que compétiteur, il estime qu’il aurait pu faire encore davantage et ainsi franchir ce cap qu’il attend depuis un moment : «  A Quimper, je pense que j’ai franchi le cap à moitié. Je suis content de mon impact dans une équipe comme celle-ci mais si j’arrive à mettre 2/3 points de plus de moyenne ça serait encore mieux. Après, oui, si je fais ça et qu’on se retrouve 18e, c’est sûr que ce n’est pas bon. Il faut trouver le bon équilibre, mais dans l’idéal il faut que je mette plus de tir et que je sois plus agressif. »

Cependant, la belle saison n'a pas permis à l'UJAP de gravir les échelons puisqu'aucune formation de Pro B ne sera amenée à évoluer en Jeep ELITE la saison prochaine, suite au vote de la saison blanche lors de l'assemblée générale de la LNB le 27 mai dernier. « Je ne peux pas donner mon avis parce que je suis un des acteurs, disait-il avant l'AG, au moment de l'entretien. Et je ne pense pas que ça soit une bonne chose que chacun donne son avis sur la question. Chacun prêche sa paroisse, et c’est normal, mais ça en devient absurde. C’est à la LNB de prendre une décision et qu’il l’assume ensuite. Dans tous les cas il n’y aura pas de bonne solution, donc qu’ils agissent. » avant d’ajouter : « Après si je peux me permettre l’argument comme quoi Nantes aurait la capacité de monter n’était absolument pas recevable. Si on dit que Blois monte, les deuxième sur la liste était Quimper, car en parlant de Blois on parlait du classement. La seule légitimité de Nantes en gagnant la Leaders Cup était de participer aux playoffs, c’est tout. »

Un avenir à multiples facettes

A 25 ans, Charly Pontens n'aura pas l'occasion de goûter à la Jeep ELITE pour la première fois de sa carrière : « Dans tous les cas j'était sous à Quimper l’année prochaine. Si on était monté, en Jeep ELITE j'aurais été hyper curieux de voir ce qu’il passe plus haut. Ce qui est sûr c’est que mon rôle ne serait plus le même, et le club aurait sans doute du recruter d’autres joueurs à mon poste. Mais en restant en Pro B, je suis très content aussi. J’aurai l’occasion de confirmer. »

Outre ce cursus en club, Charly Pontens a connu bien d'autres expériences, en sélection. Et notamment en équipe de France jeune. Toutefois, même si porter le maillot tricolore a toujours été une fierté pour lui, ses campagnes avec les Bleuets ne sont pas ses meilleurs souvenirs dans le basket : « J’étais super content de représenter mon pays mais je ne vais pas te mentir ce n’est pas là où j’ai pris le plus de plaisir dans le basket. C’est sympa pour l’expérience humaine mais sportivement... bof. La façon dont on te demande de jouer n’est pas toujours super je trouve. Après il n’y a pas que du négatif, je garde un très bon souvenir de ma campagne en U17, mais sinon ce n’étaient pas mes meilleurs moments basket. »

En 3x3 en revanche, il a pris son pied. Dans cette discipline, le Bordelais a pu connaitre un tout autre univers avec d’autres valeurs dans lesquelles il s’est directement retrouvé : « J’ai commencé en 2012, en U18, c’était le premier championnat du monde à Madrid. J’ai connu la Coupe du monde en France à Nantes aussi. Il y avait beaucoup de monde, c’est un super souvenir. Et j’ai fait dernièrement en 2019 la Coupe d’Europe en Hongrie. Le 3x3, c’est très familial avec une autre approche du basket, j’adore. »

Un homme studieux

Une vie donc bien chargée dans le basket mais pas que. Discret sur cet aspect-là de sa vie, Charly est pourtant toujours un étudiant à l’heure actuelle. En plus de son métier de basketteur professionnel qui lui prend énormément de temps, le meneur de l’UJAP passe également en parallèle un diplôme de management avec une école à Grenoble. Le but n’est pas nécessairement de préparer sa reconversion et son après-carrière, mais simplement de ne pas avoir de regret une fois que cette dernière sera terminée : « Je suis en troisième année pour valider mon bachelor à distance de l’école de commerce de Grenoble (GEM). Je ne pense pas à ma reconversion mais je ne veux simplement pas arriver en fin de carrière et subir un métier qu’on va m’imposer, donc j’anticipe comme je peux. Au quotidien, ce n’est pas toujours facile de suivre un rythme et de travailler quelques heures après l’entrainement. Je suis dans le même cas que Jacques Alingue avec qui j’ai joué au HTV. On est dans la même promo donc on s’encourage et on se soutient. C’est un gros plus d’avoir un mec dans la même situation que toi quand on n’a pas forcément envie de travailler. »

Cette année, pour valider sa troisième année, Charly devait effectuer un stage en entreprise, et c’est donc tout naturellement que le directeur sportif de l'UJAP, Hamid Mesbah, a proposé à son nouveau joueur de le réaliser dans l’entre de son nouveau club. Pendant que certains rentrent chez eux pour se reposer, lui travaille en coulisse. En tant qu’apprenti manager, Charly est convié à réaliser plusieurs missions, mais qui ne doivent pas empiéter sur son rôle principal dans le club, celui de joueur : « Au niveau des aménagements, je ne pouvais pas espérer mieux et en plus de ça il y a du travail donc c’est cool. J’avais plusieurs missions comme par exemple organiser la délocalisation d’un match à l’Arena de Brest. Parfois, ça peut être un peu bizarre comme rôle. Je me rappelle une fois où j’avais dû expliquer un nouveau projet aux supporters, partenaires et joueurs. Parler devant tes coéquipiers c’est étrange, certains n’étaient même pas au courant que je faisais ça (rires). Juste le plus important c’est que ça n’empiète pas sur le basket, et c’est le cas donc tout va bien. »

Joueur davantage porté sur le collectif, Charly Pontens a su ces dernières années prouver qu’il était un élément bien installé dans le haut de tableau de la Pro B en faisant partie intégrante de grandes équipes de ce championnat. A encore 24 ans, ce joueur possède une riche expérience et il n'est pas audacieux de dire que Charly Pontens goûtera un jour à la Jeep ELITE. Mais surtout qu'il continuera à garnir son armoire à trophées.

Charly Pontens est devenu une figure du 3x3 en France (photo : FIBA)

05 juin 2020 à 20:00
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