JEEP ÉLITE

ITW JEAN-MARC PANSA : "FAIRE ENCORE UNE OU DEUX SAISONS EN PRO B"

JeanMarc Pansa Antibes 201920 Sébastien Grasset
Crédit photo : Sébastien Grasset

Après avoir tenté de percer chez les professionnelles à Nanterre 92, Jean-Marc Pansa a tenté l'aventure à Antibes, en Pro B, sur la deuxième partie de saison 2019/20. Entretien avec ce jeune pivot à suivre.

Jean-Marc Pansa (2,08 m, 22 ans) fait vibrer les parquets français depuis quelques années maintenant. Pourtant dans son enfance, c’était un tout autre sport qui animait les journées du jeune Guyanais. Né à Kourou, ville où se trouve la base spatiale de l'agence spatiale européenne, en Guyane Jean-Marc a commencé sur le tard à jouer au basket.

Avant cela, il se dépensait sur les terrains de football en tant que gardien de but, et ce jusqu’à ses 14 ans. Mais à partir de son adolescence, après avoir énormément grandi, ses parents le poussent à jouer au basket : « Quand j’étais plus jeune je n’aimais pas du tout le basket. Mais quand j’ai commencé à avoir 13-14 ans j’ai grandi d’un coup donc mes parents voulaient que j'en fasse. Mais je ne voulais toujours pas donc je touchais à plein d’autres sports. » C’est alors qu’à la sortie d’un de ses entraînements à la piscine que Jean-Marc a rencontré un de ses amis qui pratiquait du basket. A ce moment-là, son ami lui a proposé de faire un un contre un et lui a expliqué que s’il perdait il devrait venir avec lui à un de ses entraînements. Jean-Marc, en tant que compétiteur, a accepté et défié son ami. Et c'est là que la magie a opéré : « Pendant le un contre un, je ne voulais pas le montrer mais je m’amusais et ça me plaisait. Et puis comme si ce n’était pas suffisant, le coach de l’équipe de basket de mon ami est passé au même moment et il m’a dit que si je voulais je pouvais passer à l’entraînement. A la suite du match j’ai perdu et j’ai donc dû honorer le pari d’aller à l’entraînement. »

Une belle histoire puisque la semaine d’après, Jean-Marc a rejoint l’équipe pour faire des entraînements et y a pris goût : « Très rapidement j’ai aimé et le club m’a créé une licence, j’ai donc pu participer à mon premier match. » Grand pour son âge et progressant très vite, le jeune Guyanais s'est fait repérer par le club de Cholet alors qu’il participait au camp du joueur NBA Kévin Séraphin : « Lors de ce camp, Sylvain Delorme m’a observé et il m’a dit qu’il aimerait en voir davantage. A ce moment là, il ne pouvait pas me prendre au centre de formation donc il m’a dit qu’il continuerait de me suivre et il m’a proposé de revenir l’été pour participer à un nouveau camp pour voir si j’avais progressé. » Lors de ce camp la folle aventure de Jean-Marc a continué puisqu’après seulement quelques jours d’entraînement, le club de Nanterre est venu le voir pour lui proposer d’intégrer le centre de formation : « Tout est allé vite, c’était le premier voyage hors de Guyane pour moi, et sur place, au milieu de la semaine, le responsable du centre de formation de Nanterre est venu me proposer d’intégrer son centre de formation à la suite d’un désistement de joueurs. Je n’ai pas attendu le verdict de fin de semaine de Cholet, j’ai appelé mes parents et à la fin de semaine j’étais un joueur de la JSF. » C’est donc après seulement un an de basket dans les jambes, que Jean-Marc, âgé de 17 ans, s’est envolé pour la région parisienne afin de rejoindre le club de Nanterre.

Nanterre sa deuxième maison

 A Nanterre, Jean-Marc a évolué en jeune avant d'y faire ses premiers pas en professionnel. Pour autant, ses débuts ont été plus que poussifs. Arrivé en dernière année cadet, le club ne savait pas encore s’il allait le garder pour jouer en espoir : « En première année cadet, c’était compliqué j’avais très peu de basket, et je tournais à même pas 1 point de moyenne. Le club m’a fait comprendre qu’au retour des vacances d’été il n’était pas sûr de me garder. Donc je suis rentré en Guyane et je me suis entrainé tout l’été et quand je suis revenu, ils avaient vu mes progrès et ils ont donc décidé de me garder. » En première année espoir c’est rebelotte, Jean-Marc avait du mal mais il a de nouveau progressé pendant les vacances d’été. Ce n’est qu’en deuxième année espoir qu’il a confirmé les attentes placées en lui : « Cette année-là je voulais confirmer, mais au début de saison je me mettais trop la pression. En voyant ça, Pascal Donnadieu m’a fait quand même confiance et m’a intégré aux entrainements des professionnels. J’ai eu comme un déclic et sur la deuxième partie de saison j’ai explosé avec les espoirs. »

L’année qui suit, détenteur d’un contrat stagiaire, Jean-Marc a commencé à se dévoiler auprès du grand public. Toujours dans le groupe des espoirs, il est parvenu à se montrer avec les professionnels et n'était plus qu'un simple partenaire d’entrainement. Cette année-là, le pivot titulaire Alade Aminu s'est blesé aux cervicales, permettant au jeune Français de grappiller ses premières minutes avec les pros. Là aussi, l'histoire était bien faite : « Pour mon premier match, en novembre 2017, mon père est venu me voir jouer pour la première fois depuis mon arrivée. J’étais un peu stressé, mais tout s’est bien passé puisque j’ai surement réalisé mon meilleur match à Nanterre depuis tout ce temps. J’ai été actif des deux côtés du terrain et j’ai pas mal joué. Et c’est de là où a commencé ma carrière. Après ça, j’ai commencé à avoir du temps de jeu avec les pros, d’autant plus que je ne jouais plus qu’avec eux. » Jean-Marc a su saisir la chance au bon moment, et ainsi signer son premier contrat professionnel d’une durée de trois ans avec son club formateur, la JSF Nanterre : « Cette année-là j’ai beaucoup appris aux côtés de gars comme Jo Passave-Ducteil ou encore Lahaou Konaté. Ils avaient un rôle de grand frère pour moi. » Mais la saison d’aprè,s le jeune pivot avait l’ambition de confirmer dans les Hauts-de-Seine. Toutefois, à cause d’un recrutement délicat, il s’est n'a pas eu le temps de jeu espéré.

En marque de régularité

Prêt à en découdre sur les parquets, le natif de Kourou s’est vu stopper en plein envol : « C’est un mélange de plusieurs choses. Il y avait un peu moins de confiance du coach peut être, mais aussi à cause du recrutement. Attention, en aucun cas je ne critique ce qui a été fait, mais le recrutement  m’a barré un peu le chemin. Je devais être dans la rotation sur le poste 5, mais avec l’arrivée de Demetrius Treadwell qui s’est en fait décalé sur le poste 5, ça m’a pénalisé. Et l’année d’après rebelotte avec l’arrivée de Taylor Smith qui devait jouer sur le poste 4 mais qui a en fait joué 5. Donc avec Youssou Ndoye et Smith je me retrouvais à nouveau pénalisé. » Avant de rebondir : « Avant l’arrivée de Ndoye, je jouais 20 minutes, mais une fois que l’équipe s’est mise en place j’étais derrière dans la rotation. Donc j’ai continué de bosser, avec Philipe Da Silva notamment, et j’ai attendu mon moment. » Son moment ne venant toujours pas, la possibilité d’un prêt dans une équipe de Pro B s’est alors présentée à Jean-Marc. C’est pourquoi, en janvier dernier, il a quitté le club du 92 pour rejoindre les Sharks d’Antibes : « J’ai essayé d’étudier les meilleures offres au niveau du basket. Je crois qu'il y avait Evreux et Lille qui étaient intéressés mais j’ai choisi Antibes pour son ambition et le challenge qu’ils me proposaient. » Toutefois, on peut regretter la venue tardive de ce dernier, puisque cela faisait plusieurs mois que le joueur se trouvait dans cette situation : « Je suis d’accord avec Pascal Donnadieu quand il a dit que mon prêt était venu trop tard dans ma jeune carrière, mais j’avais déjà demandé un prêt en fin de saison de l’année dernière. A ce moment-là, le  club m’avait proposé un nouveau projet dans lequel j’aurais une place plus importante dans l’équipe, cependant cela ne s’est pas passé comme prévu. » Trop tardif certes, mais suffisant à Jean-Marc pour montrer de quoi il était capable sur cette fin de saison. Encore une fois, alors qu’il était en train de rebondir dans le club sudiste, la pandémie du coronavirus est venue le couper dans son envol.

« J’ai retrouvé des sensations »

Dans cette structure antiboise, Jean-Marc s’est directement senti à l’aise et a repris confiance en lui. Sur cette deuxième partie de saison, il a montré de bien belles choses sur les deux côtés du terrain, et pour lui cette première réussite provient d’une bonne adaptation dans l’équipe : « Je me sentais bien dans l’équipe, il y a eu un petit temps d’adaptation mais après ça, c’était super. Mon arrivée leur a fait du bien, permettant à (Fernando) Raposo de se reposer, mais ça m’a fait du bien à moi aussi. » Malgré cette fin de saison qui vient à nouveau le couper dans son élan, le jeune poste 5 ne garde que le positif : « Je suis déçu, forcément, puisque sur les trois/quatre derniers match je commençais vraiment à monter en niveau. Mais je suis content et avec du recul je trouve que c’est positif car j’ai retrouvé des sensations et j’ai pu mettre en pratique tout ce que j’avais appris à Nanterre… donc c’est positif et encourageant. » Avec une fin prématurée et seulement huit matchs joués en Pro B, Jean-Marc est dans le flou et ne sait pas encore qu’elle sera la suite pour lui, même s’il a un avis sur la question.

Un avenir en suspens par manque de visibilité

La chanson se répète mais c’est pourtant réel. Les joueurs sont à un moment de leur carrière où se pencher sur l’avenir est une question épineuse au vu de la situation actuelle qui ne leur laisse que très peu de visibilité. Jean-Marc, lui, après avoir prouvé de quoi il était capable en Pro B (4,5 points à 53,3% de réussite aux tirs, 3,6 rebonds et 1 contre pour 6,4 d'évaluation en 15 minutes sur 8 matchs de saison régulière), se pose actuellement la question de savoir ce qui serait le plus bénéfique pour lui : « Mon contrat avec Nanterre expire le 31 juin prochain, donc je suis actuellement en discussion avec Nanterre. Je suis dans le flou, ce que je veux surtout c’est avoir des minutes de temps de jeu. Pour ça, à l’heure actuelle, je pense que la meilleure décision serait de faire encore une ou deux saisons en Pro B. Après si Nanterre ou un autre club de Jeep ELITE ont un meilleur rôle pour moi… pourquoi pas. »

Cet avenir flou ne veut pas dire pour autant que le pivot va s’arrêter de travailler sur son jeu et son corps. Au contraire, comme beaucoup de joueurs interviewés récemment, le confinement est la période parfaite pour améliorer les lacunes basket de ces joueurs : « Pendant le confinement je travaille beaucoup. J’ai mis en place un régime car j’étais arrivé à Antibes avec quelques Kilos en trop, donc là depuis le début du confinement j’ai perdu 3 kilos. Ensuite je bosse sur mes appuis et ma condition physique tout en touchant le ballon pour ne pas perdre le touché. » Néanmoins, confinement ou pas, le Guyanais devra continuer ses efforts une fois que la vie basket reprendra : « Si je veux continuer à faire de bonnes performances il faut que je bosse sur plusieurs aspects de mon jeu. Je dois me pencher sur mon jeu de post-up, être encore plus fiable sur mon tir à mis distance et aussi sur ma défense, même si je ne me débrouille pas trop mal à ce niveau-là. » En quête de régularité dans un effectif professionnel, Jean-Marc Pansa semble avoir trouvé la recette qui lui a échappé depuis quelques mois. Une fois lancé, c’est sans aucun doute que ce jeune pivot français viendra arracher les paniers LNB.

08 mai 2020 à 16:30
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