PRO B

ITW KARIM ATAMNA : "J’AI DÉJÀ VÉCU 20 ANS DU BASKET, JE SUIS UN PRIVILÉGIÉ. CE N’EST PAS L’USINE"

Karim Atamna AixMaurienne
Crédit photo : François Pietrzak

Non reconduit par Aix-Maurienne, son club formateur, Karim Atamna (39 ans) n’a pour autant pas mis un terme à sa carrière. L’ailier franco-algérien est revenu pour nous sur son parcours, les opportunités qu’il a su saisir mais aussi les risques auxquels il a dû faire face pour connaître une telle longévité.

Entouré d’une famille de footballeurs, Karim Atamna s’est logiquement tourné vers le ballon rond jusqu’à tard, repoussant ses débuts sur les playgrounds à l’âge de 15 ans. Attiré par l’ambiance rap du milieu des années 90, le jeune franco-algérien s’essaye au 3x3 : "C’était la mode du 3x3 streetball. Ce n’était pas organisé comme aujourd’hui, c’était des tournois de rue avec les potes. Et puis ça m’a plu cette ambiance de camaraderie". Celui qui se décrit désormais comme étant de "l’ancienne génération", qui s’inspirait de Barkley, Ewing ou encore Pippen, avoue sans hésiter : "Le classique pour les gars de notre âge, c’est Jordan. Je pense que le débat n’est même pas ouvert, c’est le meilleur. J’ai découvert le basket avec lui. C’est celui qui m’a fait rêver, qui m’a donné envie". Confinement récent oblige, le presque quarantenaire s’est plongé dans le documentaire The Last Dance : "Sa suprématie est encore plus avérée".

Fasciné par Jordan, le jeune Haut-Savoyard décide donc d’arrêter le football, qu’il pratiquait en club, afin de se lancer dans le basket dans sa ville, à Cluses : "J’ai fait la détection pour intégrer le centre de formation de Maurienne. J’ai été pris en dernière année de U18 et j’ai fait trois saisons en comptant le centre de formation puisqu’à l’époque, il y avait encore les Espoirs Pro B". À peine entré au club de Maurienne que Karim Atamna se voit offrir l’opportunité de se frotter aux meilleurs de sa catégorie, ce qui ne lui fait aucunement peur malgré ses débuts tardifs dans ce sport : "Je me suis lancé corps et âme dans ce projet et puis au final, j’ai fait de bonnes saisons. Car j’avais un manque au niveau des fondamentaux et du positionnement par exemple mais j’ai prouvé que même avec du retard et sans réel talent de basketteur, j’aimé ça et j’étais déterminé à y arriver". 

"J’ai déjà vécu 20 ans du basket, je suis un privilégié. Ce n’est pas l’usine, ce n’est pas le boulot le plus compliqué du monde"

Loin du couteau-suisse sniper qu’il est devenu avec le temps, le Haut-Savoyard évoluait à l’intérieur. "J’étais un petit poste 4, c’était le petit bouboule qui est vaillant et costaud", caricature-t-il avant de se remémorer qu’il s’est "rapidement rendu compte qu’[il] n’avai[t] pas beaucoup à envier aux mecs qui avaient commencé le basket plus tôt" que lui. Alors stagiaire, s’entraînant avec les pros, Karim Atamna a saisit sa chance : "Ça a mûri dans ma tête. J’ai vu que cette passion, je pouvais en vivre et c’est quelque chose de béni. J’ai déjà vécu 20 ans du basket, je suis un privilégié. Ce n’est pas l’usine, ce n’est pas le boulot le plus compliqué du monde".

Revenant sur son expérience avec les Espoirs, Karim Atamna conclut sur un véritable point d’orgue : "On a fait une très belle année en 2000 lors de laquelle on a remporté le titre le champion Espoirs Pro B". Outre cette récompense, le jeune joueur a gagné bien plus qu’un titre. Au sein d’un groupe de joueurs locaux où régnait une véritable camaraderie, le natif de Cluses a compris, cette année-là, "que le basket pouvait se gagner différemment que sur des qualités individuelles". Alors entouré d’Aurélien Toto N’kote et Guillaume Cordelle, Karim Atamna raconte qu’ils étaient "trois intérieurs qui ne dépassait pas 1,95m" et qui jouaient à cette époque face à des équipes extrêmement athlétiques. "Au final, sur une saison, on a joué un basket léché et c’était juste exceptionnel. Et puis, je pense que la joie d’aboutir sur un titre est la même en départemental ou en NBA. C’est l’accomplissement."

Une dernière saison en Espoirs ? "Je trouvais que j’avais fait le tour"

Alors titulaire d’un baccalauréat, Karim Atamna a pris la décision d’arrêter ses études et "de se lancer à 100% dans le basket". Tout juste champion avec les Espoirs d’Aix-Maurienne, il lui restait malgré cela une année à disputer dans cette catégorie. Mais le Haut-Savoyard n’en comprenait pas l’intérêt et voulait découvrir quelque chose de nouveau : "Je trouvais que j’avais fait le tour donc je me suis dit qu’il fallait que j’aille voir quelque chose d’autre". Aix-Maurienne ne lui ayant pas proposé d’intégrer l’équipe professionnelle à plein temps, Karim Atamna relativise, conscient de ne pas avoir le niveau pour y prétendre. Est alors arrivée une proposition inattendue, sur laquelle il n’a pas hésité une seule seconde : "J’ai eu l’opportunité d’aller à Cambrai (qui évoluait en Nationale 2 Masculine). Moi, le Savoyard, je ne savais même pas où c’était mais j’ai dis que j’y allais".

Karim Atamna quitte alors sa Haute-Savoie natale, direction les Hauts-de-France. Direction aussi sa première expérience, compliquée sur le moment et exceptionnelle avec du recul : "J’ai découvert les difficultés de vivre loin, seul etc. C’était une première fois très enrichissante mais compliquée car je ne jouais pas du tout". Et pour cause, son coach de l’époque jugeait inutile de faire rentrer les joueurs de banc même si le cinq majeur n’était pas à la hauteur : "Il verrouillait complètement les rotations, c’était la catastrophe". Étant quelqu’un d’extrêmement positif, il ne retient que les bonnes choses de cette période dans le Nord : "J’ai découvert un autre style de basket. Le Nord-Pas-de-Calais, c’est une terre de basket avec des clubs de basket tous les 10 kilomètres. Chaque match est un derby. Et puis j’ai appris à jouer contre des vétérans qui n’hésitent pas rentrer dans le lard". Sans oublier les rencontres, notamment avec Ludovic Pouillart (actuel coach de Gries) et Joachim Ekanga-Ehawa (Aix-Maurienne) : "Ce sont des histoires qui sont belles. J’ai mis les deux pieds dans le monde professionnel, dans le sens où j’étais rémunéré". 

Ayant pris ce virage sans hésiter, Karim Atamna va rapidement prendre conscience du risque qu’il a pris. Dernier match avec Cambrai, face au Nanterre de Pascal Donnadieu, Karim Atamna se blesse : "À deux minutes des vacances, je me fais une luxation de la cheville. Je sais que je vais passer mon été à faire de la rééducation. Je commence à comprendre et à penser que tout peut s’arrêter à tout moment. Ça m’a fait réfléchir".

La Nationale, révélation sportive et scolaire

À l’été 2002 et après deux saisons à Cambrai, Karim Atamna signe à Liévin. Et pourtant, son transfert du Nord vers le Pas-de-Calais n’avait rien de prémédité puisqu’au départ, le Franco-Algérien n’avait signé qu’un an afin de remplacer un poste 5 de 2,05m super athlétique. Plein d’autodérision, il se rappelle : "Ils ont finalement vu débarquer Karim Atamna, 1,94m, qui ne touche pas le cercle". Toujours avec une envie débordante, il s’est adapté. En parallèle et pour rassurer sa peur que sa carrière s’arrête du jour au lendemain, Karim Atamna a eu l’opportunité de reprendre ses études grâce à son nouveau club : "Quand j’ai signé, ils m’ont proposé de reprendre mes études et j’ai intégré STAPS là-bas. Je sortais d’une blessure donc je me suis dit : on sait jamais". Malgré la difficulté de retourner en cours les premiers jours, il se rend compte que c’est une bonne chose d’avoir un double-projet. Trois ans plus tard et une licence en poche, le diplômé se dit "fier et reconnaissant envers les personnes qui m’ont conseillé à ce moment là". Désireux de transmettre ce qu’on lui a transmis à cette époque-là : "En Nationale 2, c’est quelque chose que je conseille à tout le monde. Il y a quelques entraînements, souvent le soir, mais les horaires sont aménagés. C’est faisable".

Niveau sportif, le Franco-Algérien reste cinq saisons au Liévin Basket 62. En 2003/04, il dit avoir évolué dans une "équipe surdimensionnée pour la N2", aux côtés de Michel Jean-Baptiste Adolphe mais aussi de Kelvin Robinson, "un Américain qui jouait à Bondy, premier de N1 qui a eu des problèmes financiers". Finalement, "ça n’a pas manqué, on a perdu qu’un seul match et on est monté". Karim Atamna découvre la Nationale 1, compétition dans laquelle il va immédiatement s’acclimater, jusqu’à s’affirmer comme un joueur majeur de la compétition. Lors de ses deux dernières saisons à Liévin, il a compilé 9,3 points, 4,7 rebonds et 3,2 passes décisives pour 15 d’évaluation en 29 minutes de moyenne puis 11,4 points, 4,8 rebonds et 4 passes décisives en 15,5 d’évaluation en 31 minutes. Le tout avec une moyenne de 53,2% de réussite aux tirs et 41,5% à 3-points. Une adresse absolument pas innée, lui le poste 4 d’origine. 

"C’était une nécessité pour moi de changer de rôle et de m’adapter au fil de sa carrière", explique-t-il. Dans un club qu’il connaît bien désormais et avec le même coach, la transition vers le poste d’ailier s’est révélée plus simple que prévue : "J’étais un minimum polyvalent donc ça a pris. J’ai réussi à m’adapter, même si au niveau du shoot ce n’était pas du tout ça. J’en prenais très peu. C’était une vraie faiblesse". Là-encore, le Clusien avait beau se battre, cela ne suffit pas : "Pour exister dans l’aile dans le basket moderne, il faut savoir shooter". Impossible pour lui de compter le nombre de tirs qu’il a pris pour s’entraîner et pour progresser mais il a fait énormément d’efforts pour y arriver et ça a fini par payer. En bref, Liévin, "c’était le club parfait pour continuer à évoluer".

À l’international : "C’est un super privilège d’avoir une double culture"

Conscient de ne pas avoir le niveau requis pour intégrer l’Équipe de France, il a pu saisir l’opportunité lui permettant de jouer au plus haut niveau international en enfilant le maillot de la sélection algérienne: "C’est un super privilège d’avoir une double culture. La France, c’est mon pays et je l’aime. L’Algérie, c’est le pays d’origine de mes parents, là où j’ai ma famille et mes racines". Si l’occasion s’était présentée à lui dans le but de jouer pour la France, l’ailier avoue qu’il aurait inévitablement hésité : "Si j’étais méga fort et que j’avais eu à choisir, j’aurais hésité mais j’ai eu la chance d’avoir cette double nationalité". Karim Atamna pense à son fils de 12 ans qui va intégrer les pôles : "Lui aussi va devoir choisir mais ils ont changé les règles FIBA, c’est à dire que s’il fait un choix maintenant, il peut changer une fois senior". Un changement qui réjouit le natif de Cluses car, à l’époque, cette règle avait fait défaut à un autre franco-algérien : "Notre pionnier Ali Bouziane, qui est coach des Espoirs à Chalon sur Saône, avait fait partie des sélections jeunes en équipe de France et il n’a pas pu participer aux compétitions internationales avec l’Algérie une fois professionnel".

Il va donc découvrir la sélection en 2005 : "C’était une expérience incroyable de ressentir cette fierté de porter le drapeau national et de le représenter". Rapidement, il a eu l’occasion de disputer des compétitions face aux meilleures sélections du monde : "On a affronté des sélections comme l’Italie, la Turquie où la Grèce. Je débarquais de Nationale 1, je rêvais à peine de Pro B et je jouais contre des gars d’EuroLeague, voire de NBA comme Marc Gasol". Autant dire qu’il était comme un gosse grâce à cette expérience qui lui a également permis de voyager et de découvrir tout un tas de pays et de cultures différentes. Outre ses débuts, les meilleurs souvenirs de Karim Atamna en sélection sont lors de la Coupe Arabe des Nations, toujours en 2005 : "J’ai découvert un autre basket, et puis on a été champions". Concernant l’évènement le plus frustrant, l’ancien international se rappelle d’un championnat d’Afrique où ils avaient terminé à "la place du con alors que les trois premiers allaient aux championnats du monde au Japon". Mais ce ne sont finalement que des bons souvenirs : "La fierté de représenter mon peuple sera toujours présente. À mon niveau, j’ai rendu fier ma famille et des gens que je ne connait même pas et ça c’est grâce au sport et c’est génial. Ça fait partie de la vie, de l’éducation et des valeurs".

La découverte de la Pro B : "Je ne me suis pas vraiment reconnu"

À la fin de la saison 2006/07, Karim Atamna reste dans le Pas-de-Calais et signe au Portel. Avec les Stellistes, il a connu une nouvelle promotion, parfaitement inattendue cette fois-ci : "L’année était super et on est monté en Pro B". Celui qui ne quitte plus le nord de la France va gravir un nouvel échelon dans sa carrière mais malheureusement, cette expérience ne va pas se passer au mieux. Ambiance étrange, saison difficile et blessure, l’ailier ne parvient pas à trouver sa place : "J’ai compris que ce n’était pas la même ambiance. En Nationale 1, c’est ambiance club et famille et en Pro B, c’était que du business. Je ne me suis pas vraiment reconnu, la saison était éprouvante". En comparaison avec ses meilleures années de N1, il n’a disputé que 19 rencontres avec 16 minutes de moyenne, soit un temps de jeu réduit de moitié. Cela se ressent sur son apport, ne s’élevant plus qu’à 5,2 points et 2,5 rebonds pour 7,1 d’évaluation. 

Par conséquent, il a décidé de faire son retour au sein de la division inférieure afin de se sentir lui-même et se retrouver après une saison loin de ses baskets. Il a été approché par Reims, un choix qui lui a paru évident : "Je me suis senti désiré et le projet me correspondait. Je venais d’être papa en plus donc je pensais à ma famille etc". Une évidence donc, qui s’est transformé en un enrichissement sur tous les plans : "Il y avait un ensemble avec des personnes qui sont devenues super importantes pour moi comme Rida El Amrani et puis je me suis éclaté dans un jeu qui me correspondait". L’ailier y a conclut sa meilleure saison individuelle en carrière avec une moyenne de 12,3 points, 5 rebonds et 3,8 passes décisives pour 16,8 d’évaluation en 2008/09. Sous les ordres de Laurent Gaudré, Karim Atamna s’est retrouvé : "Il a réussi à me redonner confiance en moi". Et l’ailier a vraiment été marqué par ce coach : "Quand je suis arrivé, il avait un objectif et il a su mener son groupe. J’avais l’impression qu’il avait tout préparé. Ce n’était pas le plus grand tacticien mais au niveau de la gestion de l’équipe et de nous avoir mené là où il le souhaitait, à la fin des 2 années, j’ai dit chapeau". Cet environnement lui a finalement été bénéfique et lui a permis de se relancer, jusqu’à lui redonner l’envie de se frotter à la Pro B.

Ce deuxième passage dans l’antichambre du basket français va être comme une découverte pour le joueur et ce, grâce en partie à Rémi Giuitta : "Il était jeune joueur quand je suis arrivé à Aix-Maurienne. On s’était déjà cotoyé mais je ne m’étais jamais dit que j’allais le revoir en tant que coach". Plusieurs années après leur première rencontre, l’Algérien d’origine allait évoluer sous les ordres du désormais coach de Fos. Club du sud de la France aux ambitions encore nouvelles, Fos-sur-mer accueille Karim Atamna au sortir de ses belles années reimoises : "J’arrivais à 30 ans, l’âge où on dit que tu es au mieux de ta forme. Le fait d’arriver dans un club ambitieux a compté". Outre le côté sportif, le cadre de vie a eu une importance colossale dans le choix du Haut-Savoyard : "Le sud, on ne va pas se le cacher, ça fait réfléchir quand tu as deux enfants. C’était une bonne opportunité en famille et on y est resté quatre ans". Quatre belles années durant lesquelles il s’est épanoui en deuxième division et où son apport, moindre certes, était des plus complets tout de même. Quatre saisons où il a pu voir l’évolution de Rémi Giuitta, jeune coach : "Il était amoureux du club, de la ville et du projet. Et puis, il y a eu l’importance du rapport humain, c’est devenu un ami".

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© Sébastien Grasset

Quand Karim Atamna a touché du doigt le plus haut niveau

Antibes. 2014/15. Karim Atamna n’aura connu qu’une seule saison aux Sharks. Mais quelle saison, achevée sur un doublé Leaders Cup Pro B et vainqueur des playoffs d’accession dans l’élite du basket français. Malgré cela, le Franco-Algérien se rappelle d’une saison frustrante. Joueur orienté vers le collectif et vers un basket parfaitement huilé, il s’est retrouvé au sein d’une hiérarchie instaurée par la présence de forts joueurs étrangers : "J’ai découvert des joueurs dominants comme Tim Blue et Will Salomon. C’était la première année où je jouais avec un meneur américain et où il y avait une hiérarchie. C’était frustrant. Je n’arrivais pas à me retrouver dans ce jeu". Auteurs de performances au rabais individuellement (3,7 points, 3,7 rebonds et 2,3 passes décisives pour 7,1 d’évaluation), le père de famille ne garde que les côtés positifs : "Il y avait une équipe incroyables avec Timothé Luwawu-Cabarrot, Fred Bourdillon ou encore Mamoutou Diarra. C’était le top du gars avec qui j’ai joué. Il gèrait tout, un vrai capitaine, et c’est ce genre de choses qui font que tu peux gagner au haut niveau". Et effectivement, vainqueur de la première édition de la Leaders Cup Pro B, leur qualification en playoffs était assurée. À ce moment, plus personne ne pouvait arrêter les Sharks : "Julien Espinosa a parfaitement géré la fin de saison. Il a dit aux anciens qu’il voulait qu’on soit en forme tous les jours, pendant que les jeunes travaillaient". Encore un entraîneur qui aura marqué au fer rouge la mémoire et la carrière de l’ailier : "C’était un jeune loup, passionné, qui transpire autant que toi à l’entraînement et qui vit à fond le projet. C’était intense !". Arrivé au mois de mai, à l’entame des playoffs, Karim Atamna raconte simplement : "On avait beaucoup travaillé et on était sûr de l’emporter. On était à bloc. On a fini l’année avec un super doublé".

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© Sébastien Grasset

De quoi enrichir son palmarès mais aussi apporter une pointe d’inhabituel dans son parcours. Car, fait d’autant plus rare, Antibes est le seul club de la carrière de Karim Atamna où l’ailier ne sera resté qu’une seule saison. Extrême fidélité ou simple coïncidence, il raconte : "Si je suis bien dans un club, il y a un peu de fidélité qui entre en compte mais sinon, ce ne sont que des histoires de coïncidences et d’opportunités. Je n’allais pas changer d’équipe à la moindre occasion pour 200 euros de plus". Et concernant son "court" passage à l’Azur Arena d’Antibes, celui qui est considéré comme un vétéran l’explique par le fait qu’il venait de fêter ses 35 printemps : "Je suis arrivé à un âge où Antibes ne pouvait pas me garder". Sorti vainqueur des playoffs d’accession, Karim Atamna n’a jamais été aussi proche d’atteindre la Pro A / Jeep Élite, un sentiment qu’il ne connaîtra certainement jamais, du moins pas avec l’étiquette de joueur : "J’ai fais partie d’une aventure où je suis monté à ce plus haut niveau. Si ce n’est pas arrivé, c’est que ça ne devait pas arriver. Je ne vais pas employer le mot regret mais ça laisse un goût amer dans la bouche. J’aurais bien voulu savoir ce que ça pouvait donner mais ça ne restera qu’un fantasme. Ce n’est pas ça qui va faire que je ne serais pas fier de ma carrière. C’est juste dommage". 

Retour au club formateur : "Redescendre en Nationale 1, c’était un peu compliqué"

Loin d’être une volonté, son retour à Aix-Maurienne n’était absolument pas prévu. Après des playoffs achevés tardivement, Karim Atamna s’est retrouvé sans contrat et bon nombre des opportunités qui s’offraient à lui s’étaient finalement effondrées à cause de cela. Une situation que déplore l’ancien internationale algérien : "Je n’ai pas eu vraiment le choix. Je n’avais pas de contrat avec Antibes et je me suis retrouvé sur un marché fermé où il n’y a que très peu de place". Même rejoindre sa Haute-Savoie natale n’a pas été chose facile : "Ça s’est fait à la dernière seconde. C’était une opportunité tardive". Sans oublier qu’il a dû faire face à une chute vertigineuse : "Je sortais de la saison à Antibes donc j’avoue qu’approcher la Pro A et redescendre en Nationale 1, c’était un peu compliqué. C’est mon côté compétiteur qui parle". Quitte à évoluer à ce niveau, il a pris la décision de revenir au club de ses débuts : "J’avais d’autres propositions en N1 mais je me suis dit que j’avais une belle région et que je savais où je mettais les pieds en revenant ici. Je ne suis pas de ceux qui se disent qu’ils finiront leur carrière dans leur club formateur".

Champion Espoirs Pro B, Karim Atamna est revenu en tant que professionnel. Il a retrouvé des visages qui lui étaient familiers au coeur d’un projet et d’un challenge qui paraissaient immenses : "Le club venait d’être relégué après de nombreuses années en Pro B et on sait que les clubs qui remontent immédiatement sont rares". Alors que le club s’attendait sans doute à dominer le championnat, tout ne s’est pas vraiment passé comme prévu et les secousses furent nombreuses : "Il y a eu énormément de changement dans l’effectif, c’était une année éprouvante". Malgré cela, Karim Atamna et les siens sont parvenus à accrocher une place en playoffs, l’ailier compilant pas moins de 11,9 points, 5,8 rebonds et 3,6 passes décisives pour 16,3 d’évaluation. Là-encore, des changements sont venus perturber l’équilibre déjà frêle du groupe : "Ils ont écarté François Sence et on s’est retrouvé sous les ordres de Sébastien Bozon. On est parvenu à remonter malgré tout. On faisait partie des favoris, on s’est écroulé et on a réussit à s’imposer et à remonter en Pro B. C’était un vrai soulagement parce qu’il n’y avait aucune stabilité".

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© François Pietrzak

De retour en deuxième division, rien n’a réellement changé. Les trois années qui suivent cette remontée ont été tout aussi compliquées, pour les mêmes raisons : "Bozon s’est fait remercier, Fabien Romeyer pareil. En tant que joueur tu pâtis de cette situation pesante". Pour expliquer cela, l’ailier se base sur l’instabilité du monde du basket et du sport en général : "D’une année sur l’autre, il n’y a pas de vérités. Le basket, ce n’est pas une science, il y a toujours des choses à prendre en compte". Dans la tempête, le seul bateau qui ne s’est pas complètement échoué se nommait Atamna. Avec une moyenne de 8,3 points pour 11,5 d’évaluation entre 2016 et 2019, il est parvenu à poursuivre ses efforts individuels et a confirmé son statut de joueur important de l’équipe mais aussi de la division et ce, malgré qu’il approche de la quarantaine. La saison passée, à 39 ans, le vétéran jouait encore 23 minutes de moyenne : "Depuis que j’ai 30 ans, j’entends que je suis trop vieux et pourtant, j’ai un temps de jeu important. Je prouve que je suis encore capable de jouer".

"Je n’ai pas dit que j’arrêtais le basket"

Après 5 années de bons et loyaux services depuis son retour au club, Karim Atamna n’a finalement pas été reconduit à l’été 2020. Une décision surprenante qui en aura étonné plus d’un, notamment le principal intéressé : "Il y avait un peu d’incompréhension et de tristesse. Ça s’arrête après 5 ans. Je prends ça avec du recul maintenant mais je suis humain donc oui ça me touche et ça touche ma famille mais malheureusement, c’est le monde du sport professionnel". Décision d’autant plus étonnante que le rôle de l’ailier au sein du club était loin d’être minime au cours des dernières années. La seule explication qu’a reçue le joueur est une question de rajeunissement de l’effectif. Sinon, aucun signal de la part du club, ce qui a de quoi dérouter : "J'ai été surpris et déçu de n'avoir aucune nouvelle durant le confinement. Seul un dirigeant m'a expliqué qu'ils voulaient rajeunir l'équipe. Ce sont des choses qui s'entendent mais il n'y a eu aucune discussion. Ils ont simplement envoyé un mail à mon agent disant : "On ne fera pas de proposition à Karim" et ils ont publié le communiqué. Tout le monde a alors cru que j'arrêtais ma carrière".

L’opinion populaire est pourtant à milles lieues des ambitions de celui qui fêtera ses 40 ans le 21 décembre 2020. Avec la franche volonté d’éclaircir la situation, il affirme ne jamais avoir évoqué une quelconque retraite auprès de qui que ce soit : "J’ai reçu plein de messages et d’appels qui me disaient que j’arrêtais le basket. Alors que pas du tout. Je n’ai dit ça à personne". Loin d’être sur un déclin alarmant, le Franco-Algérien se dit surpris : "J’ai prouvé que j’étais encore capable de jouer. Ce n’est pas du hasard. Pour l’instant, je suis un joueur chômeur à la recherche d’un emploi. Je n’ai pas dit que j’arrêtais le basket". 

"Si le basket s’arrête et que je décide, après moult réflexion qu’il faut que je tourne la page, là je dirais que j’arrêterais ma carrière". Évidemment, le choix s’annonce cornélien et bon nombre d’arguments vont peser dans la balance notamment sa famille qui a fait énormément de sacrifices et de déménagements pour le suivre : "Mon petit va rentrer au pôle, ma femme développe une activité. Ils ont sacrifié leurs vies pour moi. Maintenant, je me dois de penser plus à eux qu’à moi. Il faut que je réfléchisse et que j’étudie les propositions que je vais avoir". Pour le moment, rien de bien concret mais le Haut-Savoyard se tient prêt, oubliant le chiffre de l’âge et continuant de garder l’hygiène de vie qu’il a choisit depuis plus d’une vingtaine d’années maintenant. 

Conscient de son âge et de sa situation familiale, Karim Atamna prouve encore sa lucidité puisque, parallèlement, il a entamé une reconversion : "Je passe une formation au Centre de Droit et d’Économie du Sport, à Limoges comme Directeur sportif d’un club professionnel. Je fais partie de la première promotion qui devait passer sa soutenance d’ici peu mais comme j’étais encore en activité, on m’a accordé de le passer sur deux saisons sportives". Pas vraiment inquiet, il dit vouloir finir sa formation, faire un stage dans un club et profiter de son temps pour solliciter ses connaissances dans le coaching et la direction de club. Profitant de cette situation pour se retrouver en famille, il n’a pas hésité à expliquer à ses enfants que le sport ne fait pas tout et qu’il est important d’avoir d’autres projets.   

25 juin 2020 à 20:30
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