PRO B

ITW LUCAS HERGOTT : "JE SUIS UN COMPÉTITEUR DONC JE NE PEUX PAS DIRE QUE JE SUIS SATISFAIT DE MA SAISON"

Lucas Hergott Fos Provence 201920 Sébastien Grasset
Crédit photo : Sébastien Grasset

Entre deux entraînements quotidiens chez ses parents à Lyon, Lucas Hergott a fait un point sur sa carrière et ce qui l’attend à l’avenir.  

Chez les Hergott, le basket est une histoire de famille. Son père, sa mère, son frère et sa sœur, tous ont pratiqué le basket à haut niveau. Il ne pouvait en être autrement pour Lucas Hergott (2,00 m, 22 ans). Entouré de basket depuis le plus jeune âge, Lucas avait au début un penchant pour le foot, mais c'est bien le basket qu'il a commencé à pratiquer à 5 ans, dans un club de la banlieue de Lyon, à Meyzieu : « Au début je préférais le foot mais avec le temps j’ai compris que le basket me correspondait davantage. Mes parents ne m’ont pas du tout poussé mais le fait d’être dans les salles tout le temps ça s’est fait naturellement. » Il restera jusqu’en benjamin deuxième année à Meyzieu, avant de se démarquer pendant les sélections départementales et régionales pour ainsi intégrer l’ASVEL et le pôle espoir. Arrivé en minime l’adaptation ne fut pas toujours facile et il a dû trouver d’autres moyens pour s’imposer : « Physiquement, j’étais en retard comparé aux autres joueurs de mon âge donc j’ai dû m’adapter autrement. La technique et mon QI basket ont permis de m’en sortir. Ce QI et cette culture basket vient forcément de mes parents. Avec eux j’ai vu un nombre de matchs incalculables. Sur les terrains j’étais ce genre de joueur plutôt malin et j’arrivais ainsi à rattraper l’écart créé à cause de mes faiblesses physiques. Ensuite, en cadet deuxième année j’ai grandi mais tout en gardant mon bagage technique. Je suis donc devenu un combo de grande taille. »

Naitre dans une famille qui vit essentiellement pour le basket possède de nombreux avantages, mais également des inconvénients, surtout lorsque le joueur est encore jeune. Parmi ces conséquences négatives, la pression du nom de famille est sans doute la plus récurrente. Lucas, lui, a beaucoup ressenti cette pression lorsqu’il était petit, mais a réussi à faire un travail mental pour ne plus la subir : « Même si tes parents ne jouent pas au basket, en tant qu’enfant tu veux bien faire, et moi c’est sûr que je voulais prouver de quoi j’étais capable. La pression s’installe alors tout naturellement. Quand on te répète que tu es le fils de, ça met forcément de la pression, après j’ai fait un travail mental sur ça. Cette pression finalement je la ressentais beaucoup plus quand j’étais jeune. Par exemple, les jeunes de mon âge pouvaient dire que j’étais pistonné ou ce genre de chose, mais avec le recul, moi j’ai continué dans le basket et pas eux (rires). » Une pression qui n’empêchera pas Lucas de gravir les échelons et réaliser l’ensemble de ses gammes à l’ASVEL avant de partir à la fin de sa deuxième année espoir. A l’issue de sept années à l’ASVEL, il comprit rapidement que le cap entre espoir et Pro A allait être trop conséquent. Lucas a alors décidé de se diriger vers un club de Pro B afin de connaitre ses premiers instants en tant que professionnel.

Saint-Chamond la révélation

Après avoir fait part au club du Rhône-Alpes de ses envies de connaitre davantage de responsabilités dans un effectif professionnel, peu de solutions s’offraient à Lucas : « Au début, l’ASVEL voulait me prêter mais Saint-Chamond, seul club intéressé par moi, n’avait pas de centre de formation donc il fallait que l’ASVEL me signe en tant que pro pour me prêter. Etant donné qu’il ne voulait pas, le club m’a libéré. » A Saint-Chamond, Lucas est resté deux saisons, riches en expériences puisqu’entre premières minutes chez les pros et participations aux playoffs, le natif de Lyon connaitra l’exigence du monde professionnel : « Sur ces deux ans, j’ai eu une énorme prise d’expérience. J’ai vraiment vu ce que c’était le monde pro, et ce qu’il me manquait pour y jouer. Il n’y a rien de mieux que d’être sur le terrain. On a également eu la chance de jouer les playoffs c’était quelque chose d’incroyable. Il y a vraiment une différence avec les matchs de la saison régulière. Donc vraiment si je devais faire un bilan, je ne retiens que du positif de Saint-Chamond. J’ai pu m’aguerrir sur les terrains et rencontrer de bons mecs. Il y avait une superbe ambiance et certains membres de l’équipe sont devenus des potes. »

Outre les bons résultats collectifs, Lucas a su s’imposer lors de sa deuxième saison puisqu’il tournait à 7,2 points à 38% de réussite aux tirs, 2,6 rebonds et 2,1 passes décisives pour 7,4 d’évaluation en 19 minutes de temps de jeu. De belles performances pour un jeune joueur qui n’ont pas manqué d’attirer des gros calibres de Pro B, comme Fos Provence. A peine descendu de Jeep Elite, le club sudiste s’est empressé de faire signer le joueur français pour le compter dans ses rangs cette saison.

A Saint-Chamond, Lucas Hergott a appris le métier (photo : Laurent Peigue)

« L’idée était de rejoindre un club plus structuré, qui se rapproche de la Jeep ELITE »

Après des débuts réussis dans le monde professionnel, Lucas n’avait qu’une hâte : confirmer. Pour ça, un club plein d’objectifs comme Fos Provence semblait être le cadre idéal pour continuer sa progression : « L’idée était de rejoindre un club plus structuré, qui se rapproche de la Jeep ELITE. Saint-Chamond est un club qui aligne de très bonnes performances ces dernières années, mais la différence avec Fos c’est qu’avec Saint-Chamond on ne pouvait pas monter quoi qu’il arrive, alors que Fos est un club qui vise clairement la montée. C’est un club avec de belles structures et qui permettait de m’entrainer encore plus, et je pense qu’à ce moment de ma carrière c’était un élément important. Le but était de rejoindre un club de standing. »

Pour autant, comme nous l’avait confié Bodian Massa dans un précédent entretien, cette saison n’a pas eu la tournure escomptée. Entre mauvais départ et mauvaise dynamique, les BYers n’ont jamais su trouver l’équilibre cette saison : « On a perdu des matchs de peu contre des grosses équipes en début de saison, et ça nous a mis dans une mauvaise dynamique. Une fois que la saison était lancée on n’a jamais réussi à retrouver cette dynamique, et même si on faisait de notre mieux, ça se voyait sur la fin qu’on n'avait plus les mêmes objectifs. Ce n’était vraiment pas la saison espérée. »

Toutefois, sur le plan personnel Lucas à su et pu montrer de très belles choses, puisque malgré les mauvais résultats de son équipe, il a tiré son épingle du jeu (7,1 points, 2,6 rebonds et 2,5 passes décisives en 20 minutes par match). Des statistiques sensiblement supérieures à ce qu’il avait pu réaliser à Saint-Chamond, avec pratiquement le même temps de jeu. Pour autant, compétiteur dans l’âme, cela ne suffit pas au poste 2/3 : « A Fos mon statut a changé, je n’étais plus considéré comme un U23 mais bien comme un joueur formé localement (JFL). Je suis un compétiteur donc je ne peux pas dire que je suis satisfait de ma saison… après avec 15 points de moyenne je ne sais pas si je serais quand même content (rires). Mais j’ai su garder les mêmes statistiques que l’année dernière avec un temps de jeu similaire donc ça reste positif. » Des résultats collectifs en dents de scie qui n’effrayent pas pour autant le Fosséen. Toujours sous les couleurs jaunes et noires l’année prochaine, Lucas espère bien mener à bien les objectifs du club.

Un avenir réfléchi

Après avoir signé l’été dernier pour deux saisons pour le club des Bouches-du-Rhône, Lucas semble confiant concernant les objectifs entrevus par le club. Pour lui, les résultats de cette saison ne sont pas à l’image de ce que peut produire l’effectif fosséen et il est bien déterminé à le montrer : « Les joueurs qui sont actuellement sous contrat sont très performants (Edouard Choquet, Bodian Massa ou encore Jaraun Burrows qui vient de signer). Le staff est également très cohérent donc je ne vois pas pourquoi le club ne monterait pas en Jeep ELITE à l’avenir. En tout cas c’est l’objectif et je pense que c’est faisable d’ici 2-3 ans. »

Et lorsque la question d’un avenir personnel à court terme se pose, sa réponse est pleine de lucidité : « Je vais botter en touche, je me vois en bonne santé et déterminé à réussir (rires). Non plus sérieusement, je pense que le plus important pour des jeunes joueurs comme moi c’est de se concentrer sur les choses que tu contrôles, donc dire que je me vois en EuroLeague je pourrais le dire oui, mais ça ne veut strictement rien dire. Bien sûr que j’en ai envie et que ça me fait rêver mais je préfère me concentrer sur mon basket. » Plus que de rêver à des objectifs trop lointains, Lucas préfère se concentrer sur ses axes d’amélioration. Chez ses parents, dans la maison familiale, il a pu profiter d’un grand jardin avec un panier de basket pour continuer à rester en forme dans le cas où les championnats viendraient à reprendre. Mais surtout cette période lui a permis de faire des choses qu’il n’avait jamais le temps de faire pendant la saison : « Il faut que je travaille essentiellement sur mon physique pour être plus costaud. Le confinement est donc bien tombé car j’ai pris pas mal de poids en deux mois. Ensuite, cette saison ça s’est vu, il faut que je sois plus régulier sur mon shoot à 3-points (25,6% cette saison), encore sur mon shoot à mi-distance je suis à l’aise mais à 3-points il faut que je sois plus stable. »

En somme, vous l’avez compris, entre régularité, travail et lucidité, Lucas Hergott est sur la bonne voie pour s’imposer dans le basket de haut-niveau. Quelle est la prochaine étape ? Devenir un joueur majeur d'une forte équipe de Pro B ? Affaire à suivre.

18 mai 2020 à 20:30
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