PRO B

ITW MARCUS GOMIS : "JE PENSE POUVOIR DEVENIR UN GROS JOUEUR DE PRO B D’ICI DEUX ANS"

Marcus Gomis
Crédit photo : Théo Quintard

Depuis quelques jours son nom faisait écho dans l’actualité du basket français. Marcus Gomis vient de signer son premier contrat professionnel à Rouen. L’occasion pour lui de revenir sur sa jeune carrière et d’évoquer son futur proche.

Chez les Gomis, le basketball est une histoire de famille. Ce nom a longtemps fait référence aux performances du père Joseph. Mais depuis quelques années, c’est bien le fils Marcus qui brille de sa précocité sur les terrains de basket.

Marcus Gomis (1,84 m, 20 ans) a toujours été plongé dans l’univers basket depuis son tout jeune âge. Il a commencé à pratiquer pour la première fois à 9 ans ce sport en Espagne lorsque son père évoluait à Malaga. Il a ensuite suivi son père à chaque fois qu’il changeait de club et de pays. Il a ainsi lui aussi pu découvrir de nouveaux clubs. Entre la Belgique, Limoges, Nanterre ou encore Paris-Levallois, son cursus a été riche en expériences diverses. Mais après avoir connu ce qui était de mieux en France avec notamment un passage dans le pôle espoir de Haute-Vienne et d’Île-de-France, Marcus a décidé de s’envoler vers d’autres défis en posant bagage outre-Atlantique. Mais contrairement à ce qu’on pourrait penser ce défi n’était pas seulement sportif mais aussi éducatif : « Après un an en cadet région à Levallois j'ai décidé d’aller aux Etats-Unis. Premièrement oui pour connaître le style de jeu américain et me mesurer à eux mais aussi pour que je devienne trilingue car je parlais déjà français et espagnol donc c’était important pour moi. » Aux Etats-Unis le meneur de jeu s’est senti à l’aise rapidement et a pu connaitre un style de jeu et une culture basket totalement diffèrent de la nôtre : « La première année s’est super bien passée, un peu moins la deuxième car j’aurais voulu mieux faire mais j’ai pris beaucoup d’expérience. En High School le niveau est bon mais c’est surtout leur mentalité qui est vraiment différente à la nôtre. Eux ils vivent et mangent basket toute la journée, ça leur donne une confiance qu’on n’a pas ici. Donc oui il y a des joueurs qui sortent du lot mais c’est plus leur mode de vie qui m’a impressionné. »

Mais après deux saisons expérimentales aux Etats-Unis, Marcus a décidé de rentrer en France et de ne pas réaliser sa dernière année senior outre-Atlantique : « Au début j’aurais voulu faire mon année senior parce que je pense que j’aurais pu vraiment prouver mais je pense que c’est difficile pour s’imposer là-bas. Jouer en High School puis ensuite en NCAA pour finir en NBA, c’est très difficile. Je pense que j’aurais pu me faire connaître lors des camps d’été pour aller en NCAA, mais y être et exister c’est totalement différent. Je ne voulais pas faire de la figuration donc j’ai décidé de revenir. » C’était le moment parfait pour cet arrière très dense physiquement de suivre les recommandations de son père et d'entrer au centre de formation de l’ASVEL : « Etant donné qu’il travaille à l’ASVEL, il a demandé au coach des espoirs s’il y avait besoin de joueurs pour l’année prochaine. Il se trouvait que justement il cherchait des joueurs donc j’ai fait les tests avant d’être pris. » A son retour Marcus a dû reprendre ses marques avec le jeu français qui est sensiblement différent de celui outre-Atlantique. Mais une fois que ce fut le cas, il a pu montrer de belles choses qui l’ont amené à signer il y a peu au Rouen Métropole Basket en Pro B.

Une affirmation chez les espoirs récompensés par un premier contrat professionnel

Passer du style de jeu américain à celui du championnat de France ne s’est pas fait en un claquement de doigt mais avec persévérance et énormément de travail individuel, Marcus a su s’imposer dans l’effectif villeurbannais : « La première année, c’était compliqué quand je suis arrivé car le style de jeu est complétement différent. Il fallait se réadapter d’autant plus qu’aux Etats-Unis je jouais plus combo et que quand je suis revenu en France j’ai recommencé à jouer sur le poste 1 donc il fallait que je reprenne mes marques. » Il a finalement trouvé sa place puisqu'avant cette fin de saison prématurée, ce poste 1/2 compilait pas moins de 14,4 points, 3,2 rebonds et 3,1 passes décisives en 27 minutes par match. Même s’il a réussi à porter son équipe, Marcus n’est pas complétement satisfait de ses prestations : « J’aurais pu faire mieux j’en suis sûr. Mais le gros point positif c’est que j’ai réussi à m’imposer sur le poste de meneur, pas que dans les statistiques et dans le jeu mais dans stout ce qu’engendre ce poste-là. Malheureusement notre saison était assez irrégulière. Sur certain match on pouvait être très bon et gagner des grosses équipes mais quand ça n’allait pas tout le monde baissait la tête et avait le moral à zéro. »

Dans la progression quotidienne de Marcus, son père a forcément un rôle prépondérant. Suivre et être baigné dans l’univers basket depuis petit l’a aidé mais il a su aussi ne pas rester sur ses acquis et utiliser tous les outils et les conseils que lui offre son père pour progresser davantage : « Mon père me conseille beaucoup c’est sûr, c’est une aide dans ma jeune carrière. A la fin de chaque match, il me fait un débriefing de ce qui a été bien ou moins bien, et ça me permet de me situer. Et puis même chaque été, je m’entraine avec lui et il m’apprend tout ce qu’il peut. Avant pendant sa carrière il avait un peu moins de temps mais maintenant il prend du temps pour moi. Cette année je dirais que je faisais une séance individuelle avec lui pour bosser sur le tir après drible, le drible, les picks and roll etc. Très bien accompagnées lors de ses deux saisons à l’ASVEL, les belles performances individuelles dans le championnat espoirs et pendant le camp LNB de celui qui s’était entrainé pendant la présaison avec les pros n’a pas manqué de taper dans l’œil d’Alexandre Menard, entraineur du Rouen Métropole Basket.  

 Un gros joueur de Pro B d’ici deux ans ?

Après s'être imposé dans le championnat Espoirs (U21), Marcus a directement attiré le club rouennais grâce notamment à ses belles prestations lors du camp LNB, où intervenait Alexandre Menard. Pour lui, rejoindre le club de Seine-Maritime s’est fait assez naturellement : « Quand je suis allé visiter Rouen, j’ai été directement séduit. Le coach avait l’air vachement ouvert par rapport aux jeunes donc j’ai été rassuré dès le début. Les joueurs eux aussi m’ont fait une bonne impression. Ils m’ont répété à plusieurs reprises que si je venais ça serait bien pour moi et que j’allais vraiment progresser avec Jamar Diggs, le meneur qui sera sur le poste 1 devant moi l’année prochaine. Ça s’est fait naturellement et l’ASVEL était favorable pour que je prenne mon envol vers le monde professionnel. »

Une telle confiance de l’institution rouennaise a amené le coach Alexandre Menard à déclarer qu’il aimerait voir devenir Marcus devenir un joueur majeur de Pro B d'ici deux ans. Un objectif ambitieux certes mais qui montre les espoirs qui sont placés en lui. Le poste 1/2 est bien décidé à les assumer : « Oui, je pense que c’est possible que je devienne un gros joueur de Pro B d’ici deux ans. L’année prochaine le but est de faire mes preuves et pourquoi pas même d’aller plus haut l’année d’après. Jouer en Jeep ELITE, ça reste mon objectif, mais après être un joueur majeur de Pro B aussi jeune c’est une chance et c’est très bien. Après je pense que le camp LNB m’a pas mal aidé car si le coach ne m’avait pas vu au camp ça n’aurait pas été la même chose, donc que j’ai été performant là-bas ce fut une bonne chose pour moi. »

Maintenant l’objectif à court terme semble fixé, mais qu’en est-il pour la suite de sa carrière ? « Où je me dois dans cinq ans ? Je me vois plutôt en NBA… ça sera dur je le sais mais si je bosse beaucoup et de façon régulière je pense que je peux y arriver. Après jouer en EuroLeague ou être un joueur majeur en Jeep ELITE c’est aussi un objectif, donc on verra. Dans tous les cas je n’y suis pas du tout encore, et pour l’instant je continue de travailler tout ce que je peux et d’essayer d’améliorer le plus de choses possibles, que ça soit mes qualités de meneur ou le reste. »

Quoi qu’il en soit, l’année prochaine, Marcus aura l’opportunité d’avoir de réelles responsabilités dans un championnat où il est difficile de faire sa place. Reste à savoir s’il aura les épaules pour assumer cette confiance, mais en regardant son parcours et sa motivation, Marcus Gomis semble au commencement d’une belle aventure professionnelle. Affaire à suivre.

Marcus Gomis au Camp LNB en février 2020 (photo : GPJ)

08 juin 2020 à 19:30
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