PRO B

ITW MOMAR NDOYE (VICHY-CLERMONT) : "LA SAISON PROCHAINE, C’EST LA MIENNE !"

Momar Ndoye Sénégal 201920 FIBA
Crédit photo : FIBA

Après avoir connu une ascension fulgurante ces dernières années, Momar Ndoye a subi un coup d’arrêt cette saison. Il est revenu avec nous sur sa progression et son possible avenir.

Le basket, plus qu’un sport, est une passion ancrée dans la peau de Momar Ndoye (2,01 m, 24 ans), auteur d’un parcours plus que particulier. Guerrier dans l’âme, il a dû surmonter bon nombre d’épreuves avant d’être un joueur reconnu. Une force qu’il tient de son éducation et de son entourage.

Né à Rufisque, au Sénégal, Momar va suivre les pas de son paternel, qui lui aussi a été basketteur professionnel dans les années 80-90. C’est à 9 ans qu’il commence sa carrière dans le club de Cosne-Cours-sur-Loire, où il y restera jusqu’en minimes dernière année. Dès sa première année minime, il s’envole vers le pôle espoir de Dijon, pendant lequel il évolue toujours dans son club formateur. A l’issue d’une dernière saison en minime France, Momar décide de continuer son cursus dans un centre de formation. Il posera bagage à Clermont-Ferrand pour ses deux premières années cadets, avant de terminer son cursus U18 du côté de Roanne où il jouera également deux saisons en espoirs : « Je suis parti de Clermont au bout de deux ans car l’équipe professionnelle est descendue en NM2 à la fin de la première année donc il n’y avait plus vraiment de structure. Il y a l’opportunité de Roanne qui s’est présentée donc j’ai accepté. » Après trois saisons dans le club de la Loire, Momar change à nouveau de club pour réaliser une dernière saison espoir du côté de Gravelines-Dunkerque : « A Roanne, les espoirs jouaient en NM3, donc pour ma dernière saison je voulais vraiment jouer dans le championnat espoir. Gravelines-Dunkerque s’est présenté et j’ai dit oui, et je ne regrette pas puisqu’on a réalisé une bonne saison. »

A la suite de son cursus jeune, il commence sa carrière professionnelle à Andrézieux-Boutheon (NM1), où il restera de 2016 à 2018, avant de signer à Feurs (NM1) pour l’exercice 2018/19. Cette saison avec le club de Feurs sera révélatrice pour lui et synonyme d’explosion, même si les chiffres (8,6 points, 4,6 rebonds, 0,7 passe décisive pour 7,7 d’évaluation en 25 minutes par match) n'illustrent pas son impact élevé, notamment grâce à une défense remarquable. Ses belles performances lui ont permis de découvrir un autre niveau en signant à Vichy-Clermont, en Pro B, pour cette saison 2019/20... Mais aussi de participer à la Coupe du monde 2019 en Chine avec le Sénégal.

De la NM1 à la coupe du monde

Après ce qui est sans aucun doute la meilleure saison de sa carrière avec Feurs, Momar Ndoye n’en attendait pas autant et confie avoir été surpris de sa sélection avec les Lions de la Teranga : « Lorsque l’annonce de ma sélection est arrivée, j’étais en famille, je n’y pensais pas trop, j’étais plus dans l’optique de préparer ma saison avec Vichy-Clermont. Et quand j’ai appris la nouvelle j’étais comme un fou. Dans ma tête je me disais pourquoi ne pas participer à une CAN mais là, il s’agissait d’une Coupe du Monde, donc c’était une énorme fierté. » Avant cette sélection, Momar n’avait pourtant jamais porté les couleurs du Sénégal, mais un changement d’entraîneur au dernier moment lui a redonné sa chance : « Je n’avais jamais fait de rassemblement et le coach qui était en place ne m’avait jamais appelé donc je n’y croyais pas. Mais avant la compétition le coach a changé et je pense que cela a redistribué les cartes. » Une première pour l’ailier, qui malgré des résultats compliqués dans la compétition (6 défaites en autant de matchs) aura su progresser et apprendre la rigueur du top niveau mondial : « En un mois et demi de compétition, c’est comme si tu prenais cinq ans d’expérience d’un coup, c’est fabuleux. J’avais des étoiles plein les yeux je croisais des mecs que je regardais habituellement à la télé, par exemple j’ai pu rencontrer mon joueur préféré, Sergio Llull, c’était dingue. » Une expérience riche en apprentissage pour le jeune joueur qui ne compte pas pour autant s’arrêter là : « Désormais mon objectif’est de participer à toutes les compétitions possibles. Donc j’ai la Coupe du monde 2023 en tête, et si je n’y suis pas ça sera clairement un échec. »

Après le rêve le retour à la réalité

Après une saison sous les projecteurs, c’est un nouveau départ pour Momar, mais les choses ne se sont pas passées comme prévu du côté de Vichy-Clermont. Pourtant c’était bien parti, il arrive dans une équipe installée en Pro B avec le rôle d’un joueur à tout faire, cependant il n’aura jamais su mettre à profit ses qualités au service du collectif : « Vraiment je ne m’attendais pas à jouer si peu, parce que j’étais certain que je pouvais apporter à cette équipe. Les coachs n’ont pas su vraiment me lancer et m’utiliser. » Malgré des statistiques en demi-teinte, puisqu’il tournait à 2 points, 1,8 rebond et 0,3 passe décisive par match en 9,3 minutes par match cette saison, Momar ne s’affole pas et reste positif : « Après je suis lucide, je sais que cette saison était une année de transition pour moi. C’était la première fois que je découvrais la Pro B donc tout ne pouvait pas être parfait. Il y avait des joueurs plus haut dans la hiérarchie. Mais je reste quand même déçu car j’avais des objectifs... Je ne voulais pas arriver en Pro B comme un gentil garçon, je suis un mec compétitif. »

En dehors d’une frustration individuelle, c’est tout le collectif du club de Vichy-Clermont qui n’a pas su prendre sa place cette saison, avec de mauvais résultats avant la fin du championnat : « C’est dommage on avait bien commencé en étant dans le top 3 au début de saison puis est arrivée la blessure de Marcos Suka-Umu, et je pense sincèrement que c’est ça qui nous a freiné, parce qu’en-dehors de ça, l’ambiance et l’état d’esprit de l’équipe étaient super. Et ensuite quand il est revenu on n’a pas su retrouver notre collectif de début de saison. » Avant de rebondir : « Après nous avons quand même rempli un des objectifs : aller à la Leaders Cup donc tout n’était pas raté dans cette saison. » Toutefois, comme d’autres joueurs du championnat français, cette fin de saison aura porté préjudice à Momar : « C’est dommage j’aurais pu montrer de quoi j’étais capable et grappiller des minutes sur les onze dernières journées, mais je suis catégorique c’est la santé avant tout. » Compétitif, guerrier et travailleur acharné Momar compte bien montrer un tout autre visage dès l’année prochaine.

« En mode revanchard »

En progression flagrante sur ces dernières années, le joueur franco-sénégalais a su mettre en place un programme particulier pour devenir le joueur qu’il est maintenant : « Dès que j’ai su que je voulais faire du basket sérieusement dans ma vie j’ai mis en place un processus pour aller le plus loin possible. Donc accompagné de mes proches et de coachs spécialisés, je travaille quotidiennement sur mes points faibles afin de monter encore plus haut dans la hiérarchie. Chaque été, je m’entraine avec des coachs que j’ai pu rencontrer dans ma formation. » Une force de travail qui lui a permis de progresser dans des secteurs clefs de son jeu : « On dit souvent que je suis un joueur polyvalent, c’est-à-dire que je suis souvent capable de défendre sur tous les postes extérieurs et quelquefois les postes 4 donc ma marque de fabrique c’est la défense. Mais ensuite j’ai travaillé sur d’autres aspects de mon jeu comme ma maturité et le fait d’être plus calme. Comme mon style de jeu est un peu foufou j’ai dû apprendre à contrôler mes émotions. Et ensuite sur ces dernières années ce qui a fait que j’ai pu m’imposer c’est ma progression dans mon drive et mon agressivité vers le cercle. Si j’arrive à ajouter régulièrement tout ça à mes qualités défensives, je pense que je peux passer un cap. »

Une force de caractère et de travail qui laisse penser que Momar, en fin de contrat en juin, voudra rebondir la saison prochaine dans un club où il pourra avoir davantage de temps de jeu : « Je ne sais pas où je serai l’année prochaine, Vichy-Clermont ne m’a rien dit pour l’instant, mais vu que mon contrat se termine en juin, je m’entretiens tous les jours avec mon agent. J’ai eu des contacts avec plusieurs clubs, je ne peux pas dire qui, mais ce sont plus des clubs de NM1 pour l’instant. » Le joueur qui aura 25 ans en juillet prochain ne ferme pas la porte à un possible retour en NM1 l’année prochaine, mais à condition que le projet soit compétitif : « L’idéal serait de rester en Pro B, mais si c’est pour jouer 5 ou 10 minutes ce n’est même pas la peine. Je préfère redescendre en NM1 pour mieux revenir plus tard. Donc si on me propose un projet en NM1 avec de réelles responsabilités, je suis partant. » Une chose est sûre c’est que Momar ne compte pas faire figuration l’année prochaine, pour lui l’objectif c’est de confirmer : « Clairement, moi je suis en mode revanchard, la saison prochaine c’est la mienne ! J’ai l’objectif de tout exploser. » Une détermination à tout épreuve qui en dit long sur la capacité du jeune homme à rebondir et gravir les échelons dans les années à venir.

« Mon objectif c’est l’ASVEL »

Plus que des rêves, Momar à des objectifs plein la tête, qu’il ne compte pas laisser de côté mais bien les réaliser : « Dans 5 ans ? mon objectif c’est l’ASVEL (rires). C’est comme ça depuis toujours, tu m’aurais demandé il y a dix ans j’aurais dit ASVEL et le Real Madrid. Là-bas il y a plein de joueurs que j’admire comme Charles Kahudi ou encore David Lighty et vu que mon objectif c’est de jouer l’EuroLeague, je te dis l’ASVEL, sans hésiter. » Des objectifs élevés qui prendront la peine d’être réalisés une fois les efforts fournis : « Je veux y arriver mais avant je vais travailler comme j’ai toujours eu l’habitude de le faire. Je dois travailler sur ma régularité c’est vraiment là qu’il y a un fossé entre les bons joueurs et ceux qui excellent, et puis ensuite travailler sur mon physique, car si je dois jouer en Jeep ELITE il faut que je m’étoffe physiquement. »

Avant tout ces beaux objectifs, de nombreuses étapes attendent Momar Ndoye, mais nul doute que grâce à sa force de travail, son esprit compétitif, et sa détermination que nous avons pu ressentir au cours de notre entretien, l’international sénégalais se donnera les moyens d’y arriver.

01 mai 2020 à 20:30
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