PRO B

ITW STÉPHANE GOMBAULD : "AVEC BLOIS, J’AI GRANDI EN TANT QUE JOUEUR MAIS AUSSI EN TANT QU’HOMME"

Stéphane Gombauld Blois 201920 Théo Quintard
Crédit photo : Théo Quintard

L’ailier-fort de l’ADA Blois Stéphane Gombauld retrace sa carrière depuis son passage à l’INSEP jusqu’à sa saison avec Blois.

Interview réalisée par Etienne Le Pape,

Il était attendu, très attendu. Peut-être trop tôt, trop vite. Stéphane Gombauld a longtemps été qualifié de "prospect NBA". Mais à sa sortie du Centre Fédéral, il n'a pas décollé aussi tôt que prévu. Il est finalement parti en Pro B où ses performances ont été bonnes mais pas sensationnelles. Ca, c'était jusqu'à cette saison 2019/20. Au sein du collectif de l'ADA Blois, il a littéralement explosé. Chez le solide leader du championnat, il tourne à 14,8 points à 60,1% de réussite aux tirs, 6,3 rebonds, 0,8 contre, 0,8 passe décisive et 2,7 fautes provoquées pour 17,4 d'évaluation en 22 minutes.

Il revient avec nous sur l'actualité chaude (la suspension du championnat), son parcours et sa grosse saison, aussi bien collectivement qu'individuellement.

Bonjour Stéphane, en cette période de crise sanitaire, comment vas-tu ? On a pu voir que tu gardais la forme sur les réseaux sociaux de ton club.

Je vais bien, je suis confiné à Blois dans mon appartement comme la plupart des joueurs de l’équipe. Je me sens bien à Blois et plus en sécurité. Je continue de faire des exercices pour m’entretenir, puis je les envoie au club. C’est une manière de montrer à nos supporters que nous comptons toujours sur eux et qu’ils nous manquent. Je fais mes exos tous les jours car mon corps me le demande, j’en ressens le besoin. Ça fait un mois et demi que je n’ai pas touché de ballon, forcément, ça me manque mais il faut faire avec.

La LNB a quatre options à l’étude, tu as jeté un œil ? Qu’en as-tu pensé ?

On en a discuté avec les coéquipiers sur le groupe What’App. Évidemment, nous sommes premiers donc on est surpris de ne pas voir la possibilité d’une JEEP ELITE à 19 clubs la saison prochaine. Une seule montée et aucune descente. On a reçu de la part de la SNB (Syndicat National Basketteurs) un formulaire à remplir pour donner notre avis. Avec les joueurs de Blois, on a ajouté un commentaire pour donner des explications par rapport à l’absence de cette proposition qui pour nous devrait être une cinquième proposition. On attend une réponse de leur part pour l’instant.

"Être dans une équipe qui gagne, ça change tout"

Tu étais à Lille au moment de la première montée manquée par le club (pour raisons administratives) mais il y avait déjà d’autres joueurs comme Benjamin Monclar ou Tyren Johnson dans l'effectif, ça serait vraiment une sacrée déception encore plus pour eux ?

Ils n’ont vraiment pas de chance, ils nous ont dit qu’en 2018, ils étaient vraiment dégoûtés. Ils ont pris un coup mentalement mais ont quand même réussi à se relever. Se dire qu’il pourrait se repasser la même chose, c’est difficile pour le club, surtout économiquement. Rien n’est encore joué, la ligue n’a pris aucune décision. C’est compliqué de se dire que 23 matchs ainsi que des sacrifices pourraient se transformer en saison blanche. Mentalement, c’est compliqué à gérer.

Comme tu le dis, 23 matchs ont été joués, si tu devais tirer un bilan de cette saison, que ça soit collectivement et aussi individuellement ?

C’est l’une de mes meilleures saisons, même la meilleure saison avec Blois. On a perdu que 4 matchs notamment parce qu’on a été très solide, très compatible. On a une superbe cohésion dans l’équipe mais aussi on a un très bon coach. On a su jouer match après match sans se précipiter, et jouer dans une équipe comme Blois, c’est enrichissant. J’ai beaucoup progressé cette saison en tant que basketteur mais aussi en tant qu’homme. Être dans une équipe qui gagne, ça change tout, mentalement ça change, la relation avec les supporters change aussi. On s’est senti porté par nos supporters, on a reçu beaucoup d’encouragements. Mais cette réussite est passée par un travail acharné au début et pendant la saison, on s’est vraiment donné les moyens de gagner des matchs. On est resté soudés, travailler ensemble, on a su jouer ensemble alors que 3 ou 4 joueurs étaient déjà à Blois la saison dernière (NDLR : Thomas Cornely, Benjamin Monclar et Tyren Johnson).

Le mélange entre les jeunes et les expérimentés a donc bien fonctionné avec Lucas (Bourhis) et toi qui avaient fait des gros progrès ? Lucas avait inscrit un buzzer beater à Nantes, signe que les jeunes ont la confiance du coach aussi ?

Tout à fait, c’est très important pour des jeunes d’avoir des joueurs expérimentés qui ont du vécu. Ça m’a beaucoup aidé d’être au contact de joueurs comme Lamine Sambé, Benjamin Monclar, Alexis Tanghe ou Tyren Johnson. Ils nous ont beaucoup aidés avec Lucas, ils nous ont beaucoup conseillés. Mes coéquipiers m’ont poussé et malgré des fins de matchs disputés, le coach nous mettait sur le terrain malgré notre jeunesse. Le coach a su nous donner des responsabilités, nous mettre sur le terrain et c’est ça, ce qui m’a plu à Blois. C’est quelque chose qui est assez rare dans le championnat français de faire confiance aux jeunes dans le money-time. C’était une année inoubliable pour moi car le coach m’a fait confiance mais mes coéquipiers m’ont fait confiance aussi. Le coach aurait pu me mettre sur le terrain mais si mes coéquipiers ne m’avaient pas fait de passes… Ce qui est important quand on est jeune, c’est d’être à l’écoute, les coéquipiers ont su dire les choses et on a su les entendre. Je suis encore et j’ai encore beaucoup à apprendre.

"Une année mémorable"

Cette saison 2019/20 contraste totalement avec la saison dernière où tu jouais à Chartres ? Une saison à l’issue duquel, le club a été relégué avec seulement 6 victoires en 34 matchs.

Quand j’étais à Chartres, c’était une saison plus compliquée, il y a eu des hauts et des bas. Beaucoup de joueurs sont partis et d’autres sont arrivés pendant la saison. Forcément, moralement c’était plus compliqué de gérer tout ça et on avait une moins bonne cohésion que cette année. Même si j’ai vécu de supers moments à Chartres, au niveau basket, ça a été plus compliqué. J’avais envie de montrer de quoi j’étais capable et qu’à force de travail, tout est possible. Quand je suis arrivé à Blois, on a su me faire confiance pour me permettre de me relancer. Moi, de mon côté, j’ai réussi à saisir les opportunités et donner en retour ce que Blois attendait de moi pour ne pas leur montrer qu’il avait fait le bon choix. J’ai toujours tout donné aux entraînements et aux matchs pour me rendre un maximum les choses faciles. Cette année, c’était une année différente au niveau de l’atmosphère, chaque détail compte que ça soit dans l’équipe, avec le staff et l’équipe dirigeante, on était sur la même longueur d’onde, le même état d’esprit. Tu sens que tous ces gens aiment ce qu’ils font et qu’ils veulent te faire progresser le plus possible pour amener l’équipe au plus haut. J’ai beaucoup appris auprès de tous ces gens, car la communication était meilleure. C’était une année mémorable.

Quand tu es arrivé, tu es devenu très vite le leader de la "seconde unit", une sorte de sixième homme de luxe, comment as-tu accepté ce rôle ?

C’est un rôle qui me convenait dans cette équipe. Notre force a été que chacun savait ce qu’il avait à faire et que chacun acceptait son rôle. De mon point de vue, j’ai su mettre à profit le rôle que le coach m’a donné. À chaque entrée, j’étais à fond pour montrer que je pouvais aider l’équipe à aller où elle voulait aller. J’ai toujours tout donné pour essayer de mettre du rythme, pour faire ma part du boulot. Comme j’ai dit, c’est ce qui a permis à l’équipe de performer, il y avait une superbe cohésion. J’ai su faire confiance au coach quand il m’a attribué le rôle mais lui a su me mettre bien en confiance de son côté. J’ai adoré ce rôle, je m’y suis adapté au fur et à mesure.

Tu as toujours l’envie de progresser, ta présentation à la Draft 2018 en est la preuve. Est-ce que passer de l’autre côté de l’Atlantique pour aller en NBA est toujours une idée que tu as ?

Bien-sûr, mon but a toujours été de jouer au plus haut niveau possible. J’y pense encore, je suis encore jeune, j’ai 23 ans. Tout joueur de basket qui est encore jeune en rêve. C’est une source de motivation que d’aller jouer au plus haut niveau possible pour continuer à progresser et aussi à apprendre.

En 2016, tu fais partie de l’équipe qui remporte le championnat de France mais tu joues aussi avec les Espoirs. C’est un championnat aussi hétérogène, d’où la décision du club de te prêter dans le cadre de son partenariat avec Saint-Chamond ? Ce genre de partenariat est un vrai plus à ton goût ?

Mon année à l’ASVEL m’a aussi beaucoup fait grandir, elle m’a permis de prendre en maturité et d’apprendre beaucoup. C’était ma première année en professionnel et ensuite, j’ai pu profiter de ce partenariat là pour continuer mon apprentissage. J’ai réussi une bonne saison et ça permet de connaître une nouvelle facette du monde professionnel. J’avais un rôle différent dans l’équipe par rapport à l’Asvel et je pense que c’est une bonne chose les partenariats. Ça permet à un jeune joueur de Jeep Elite d’aller s’aguerrir en Pro B, de grandir et de se développer.

"Je veux jouer au plus haut-niveau"

Avant l’ASVEL, tu avais fait quatre saisons complètes à l’INSEP avec le Centre Fédéral. Faire un cursus complet, c’est un choix qui est devenu moins courant, on le voit avec un joueur de Paris que tu as pu rencontrer cette saison, Juhann Begarin. C’est compliqué pour un jeune de 17 ans de s’intégrer à un collectif ?

J’ai été en pro à 18 ans pour ma part mais je ne pense pas qu’il y a un certain âge pour aller jouer en professionnel. Ça dépend vraiment de l’individu, de sa motivation, de la façon dont il assimile les choses mais aussi comment il s’adapte. Si à 17 ans, tu en as envie et que tu te donnes les moyens, alors tu peux y aller. J’ai passé quatre années à l’INSEP, quatre très bonnes années même où j’ai beaucoup appris auprès des coachs. Ça a été un véritable tremplin pour aller chez les professionnels.

Un tremplin qui comme on l’a dit t’a permis d’aller toucher au très haut-niveau avec l’ASVEL, l’envie de rejouer en Jeep ELITE que ça soit on l’espère avec Blois ou une autre équipe, ça doit être quelque chose d’important ?

Comme je l’ai dit, je veux jouer au plus haut-niveau donc forcément la Jeep ELITE et l’EuroLeague restent des objectifs. Mais il ne faut pas brûler les étapes et aller trop vite. Il ne faut pas y aller parce qu’on a envie d’y aller, il faut se donner les moyens pour y aller et prouver au monde du basket qu’on mérite de jouer en Jeep ELITE. Cette année, je me suis donné les moyens pour prouver au monde du basket que je pouvais jouer au haut-niveau donc évidemment j’y pense.

As-tu déjà eu des propositions de contrats de Jeep ELITE pour la saison prochaine ?

Avec la situation que nous avons aujourd’hui, je n’ai pas reçu de propositions pour l’instant. Personne ne s’y attendait donc j’attends déjà la décision de la LNB pour réfléchir à mon avenir.

 

Stéphane Gombauld face à la raquette de Nantes (photo : Théo Quintard)

 

 

 

 

 

 

 

21 avril 2020 à 20:30
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