PRO B


LUDOVIC NEGROBAR : LA PATIENCE RÉCOMPENSÉE

Ludovic Negrobar
Crédit photo : Gérard Héloïse

Dix ans. C'est le temps qu'il a fallu à Ludovic Negrobar pour passer du niveau départemental à la Pro B. Son parcours est atypique et pour l'instant, il est rempli de succès. Portrait du nouvel intérieur Nantais.

« Le titre avec Gries est clairement un magnifique souvenir. On a fait une saison incroyable. Tout le monde s'entendait bien, que ce soit les Français ou les étrangers. Je n'ai pas le souvenir d'un début de dispute. Ludovic Pouillart a vraiment réussi à créer une belle cohésion d'équipe. » Champion de Nationale Masculine 1 l'an dernière avec Gries-Oberhoffen, Ludovic Negrobar (2,08 m, 27 ans) ne garde que des bons souvenirs de cette année sportive 2017/18. Pourtant, le chemin du poste 4 pour accéder au haut-niveau a été long et parfois sinueux. « J'ai réellement commencé le basket à 17 ans. Avant, j'en avais fait un peu, car Lahaou Konaté et moi, on vient de la même ville, Orly (Val-de-Marne). Son frère, Toumany, me disait souvent de venir jouer. J'ai donc accepté, mais au début, je n'avais pas accroché. J'étais frustré, car je n'étais pas le plus fort, mais j'étais jeune et j'avais envie d'apprendre. J'étais grand et motivé, mais on ne m'a pas donné ma chance. » Petit à petit, Ludovic décide donc de s'écarter des gymnases pour continuer à jouer au football, sport qu'il a pratiqué durant sa jeunesse. « Au bout d'un moment, on a insisté pour que je revienne jouer. Je suis revenu à 17 ans. C'était une approche totalement différente. J'ai fait une moitié de saison avec les Cadets, toujours à Orly, c'était plus facile pour moi. C'est vrai que ma taille a aidé. Je suis assez mobile, il n'y a pas beaucoup de joueurs qui peuvent courir comme moi. » Ce profil atypique intéresse rapidement Saint-Nazaire en Nationale Masculine 3. Ludovic décide de s'engager. « La première année, quand je suis parti d'Orly, ça a été très compliqué. J'évoluais en R2 et en NM3, mais le coach avait un peu peur de me faire jouer. Il ne prenait pas tellement le temps de m'expliquer. Le passage au niveau National a été difficile. Il y avait des systèmes tout nouveaux, c'était beaucoup de choses à assimiler d'un coup. En R2, c'était différent, c'était moins structuré et je prenais un peu plus de plaisir. » Plaisir qu'il a continué de prendre... à Limoges.

« J'étais totalement perdu »

« Je n'avais pas d'agent, je ne travaillais avec personne. J'ai rencontré un conseiller sportif qui m'a parlé du projet limougeaud. J'ai donc fait des détections pour le club. Tout s'est bien passé et j'ai donc signé là-bas pour la saison 2011/2012 », se souvient le numéro 7 du NBH. Le CSP, à l'époque, joue en Pro B. Son équipe réserve évolue en Nationale Masculine 3. Ludovic peut donc jouer en NM3 et s'entraîner avec le groupe professionnel. Tout ne se passe pas réellement comme prévu au début. « Franchement, au début, j'étais perdu », explique-t-il dans un sourire. « Tout allait plus vite, on parlait Anglais parfois et moi, je n'avais que deux ans de basket derrière moi. C'était beaucoup plus dur qu'à Saint-Nazaire. » Un homme va lui permettre de reprendre confiance et de progresser rapidement : Frédéric Sarre. « Il ne m'a jamais mis sur le côté, il a pris beaucoup de temps avec moi pour m'expliquer certains aspects du jeu. Un jour, il m'a demandé si j'avais du mal. Je lui ai répondu que j'avais juste besoin de temps. Il m'a dit qu'il n'y avait aucun souci. On a travaillé ensemble, on a progressé. Au début, ça te paraît anodin, mais je me suis rendu compte qu'il prenait vraiment du temps avec les jeunes. Il ne les mets jamais de côté. Peu de coachs font ça. Son passage avec lui m'a marqué. » Ce qui marque également Ludovic, c'est Beaublanc. « Au début, quand je suis parti de Saint-Nazaire, j'ai expliqué à mes colocataires que je signais à Limoges. Ils m'ont regardé avec des grands yeux. Ils connaissaient le basket, donc pour eux, Limoges, ça voulait dire beaucoup de choses. Moi, j'étais ignorant. J'étais encore dans un basket-loisirs. Ils m'ont expliqué l'atmosphère et l'engouement autour du club. Et franchement, c'est incroyable. C'est une ville, un club, qui respire vraiment le basket. Sur certains matchs, il y avait une telle ambiance pour la Pro B... » Il réussit à monter en NM2 avec le CSP, mais l'équipe redescend dès l'année suivante à l'étage inférieur. « Je voulais rester en N2, donc j'ai signé à Sceaux pour la saison 2013/14. Mais pour moi, c'était du court terme. Je cherchais une équipe ambitieuse et Rennes s'est proposé après mon année dans les Hauts-de-Seine. »

« On fait ce sport pour jouer, pas pour s'entraîner et être assis »

« J'avais joué contre Rennes avec Sceaux. Le coach m'a appelé, il m'a motivé et m'a expliqué le projet était de monter en Pro B sur du moyen terme. » Ludovic Negrobar décide de s'engager. « Il y avait une vraie structure au sein du club. On a pu bien travailler. D'ailleurs, on monte en NM1. » Lors de la saison 2016/17, l'intérieur termine meilleur contreur de NM1 avec 1,35 contre de moyenne. Il tourne également à 8,9 points par match (53% de réussite aux tirs) et 6,3 rebonds pour 12,8 d'évaluation en 23 minutes. « C'était le bon endroit pour progresser. J'estime qu'il ne faut pas aller trop vite. Il ne faut pas brûler les étapes. Beaucoup de jeunes joueurs terminent trop tôt au niveau supérieur et ils ne jouent pas. Ils ont été signés car ils ont moins de 23 ans ou pour faire le cinquième intérieur. Ce n'était pas mon objectif. Je voulais jouer et progresser, encore. On fait ce sport pour jouer, par pour s'entraîner et être assis pendant les rencontres. » Rennes redescend ensuite en NM2, ce qui inquiète Ludovic. « Je ne voulais pas que les gens se souviennent que de la descente. J'avais peur que les coachs regardent les statistiques mais qu'ils s'attardent surtout sur notre descente. »

« Le titre de MVP du All-Star Game est une sorte de récompense »

Plus de 850 kilomètres séparent Rennes de Gries-Oberhoffen, mais Ludovic s'engage pour la saison 2017/18. Au final : un titre, une montée avec le club alsacien et des statistiques similaires à son épopée rennaise : 8,76 points à 60% de réussite aux tirs, 4,9 rebonds et 1 contre pour 11,7 d'évaluation en 20 minutes de moyenne. Sans oublier un titre de MVP du All-Star Game de Nationale Masculine 1 (19 points à 9/14 aux tirs, 8 rebonds, 4 passes et 30 d'évaluation en moins de 20 minutes). « Bien sûr, ce titre de MVP, c'est une belle sorte de récompense. On a bénéficié d'une belle visibilité grâce à Pro-Am Média. Mettre en avant les championnats nationaux comme ça, c'est bénéfique pour tout le monde. L'événement était bien structuré, il y avait une belle ambiance. Et même si j'avais déjà signé à Nantes, obtenir ce titre, ça m'a fait très plaisir. »

« Vu mon parcours, je suis très excité et motivé pour la saison prochaine »

Après la NM3, la NM2 et la NM1, la Pro B était le prochain objectif pour Ludovic Negrobar. « Je n'ai pas senti que Gries avait envie de me garder à la fin de la saison. Trois semaines avant la fin du championnat, on était déjà champions. Je n'ai pas eu de discussion avec les dirigeants. Avec mon agent, on a été patients, mais on a avancé de notre côté. Et Nantes s'est manifesté avec un beau projet. Je reviens dans la région où j'ai réellement commencé le basket en compétition et à un bon niveau. Vu mon parcours, je suis très excité et motivé pour la saison prochaine. Parfois, on ne m'a pas laissé ma chance, on m'a critiqué, on m'a dit que j'avais commencé le basket trop tard. Donc c'est motivant. » Le Nantes Basket Hermine a terminé 13e de Pro B l'an dernier avec 12 victoires pour 22 défaites. Le premier match amical s'est soldé par une égalité contre Le Portel avec 5 points de Ludovic Negrobar. « On a un très bel effectif (NDLR : Vafessa Fofana, Laurence Ekperigin, Babacar Niang, Gary Chathuant, Thibault Desseignet...). Pendant les entraînements, on propose beaucoup de solutions et le coach, Jean-Baptiste Lecrosnier, parle beaucoup. On progresse bien et vite. J'ai hâte que la saison commence. Après, d'un point de vue personnel, je vais alterner entre les postes 4 et 5 et le coach veut que je fasse ce que je sais faire. On va cibler certains axes de progression, mais il ne veut pas que je réinvente mon jeu. » Et si pour certains, la découverte d'une nouvelle division est teintée d'appréhension, ce n'est pas le cas pour le nouvel intérieur. « La Pro B est, je pense, une division plus athlétique que la NM1. Il y a beaucoup de rythme, de courses, de vitesse. Certes, le combat physique est encore présent, mais c'est une division qui peut me convenir. Il va falloir travailler pour se mettre au niveau. » Pour, pourquoi pas, viser un jour la Jeep ELITE ? « Tout est possible. On doit y croire et s'en donner les moyens », glisse Ludovic Negrobar. Et si au final, Ludovic Negrobar avait pris au sens propre la fameuse morale de Jean de La Fontaine, « Rien ne sert de courir, il faut partir à point » ?

28 aout 2018 à 19:30
TAG
DID YOU LIKE IT ?
0 PARTAGE
Facebook share
0 COMMENTAIRE
QUI A ÉCRIT CE PAPIER ?
GEOFFREY CHARPILLE
"Monsieur l'arbitre, j'arrive en retard, mais il y avait un apéro au club house. Je ne pouvais pas rater ça !"
Geoffrey Charpille
VOUS EN PENSEZ QUOI ?
LAISSEZ UN COMMENTAIRE
TOUTE L'ACTU
<
1
/
5
>
jeep élite
-
pro b
-
lfb
-
nm1
Résultats
Classement
34ème journée
15 mai
Monaco
83
-
77
Bourg-en-Bresse
Boulazac
96
-
86
Chalon-sur-Saône
Châlons-Reims
102
-
94
Pau-Lacq-Orthez
Cholet
81
-
80
Le Mans
Gravelines-Dunkerque
79
-
63
Hyères-Toulon
Le Portel
77
-
74
Lyon-Villeurbanne
Limoges
82
-
80
Nanterre
Levallois Metropolitans
78
-
86
Antibes
Strasbourg
93
-
77
Dijon
Autres journées
Coaching