PRO B

MBAYE NDIAYE, L'APPRENTISSAGE CONTINUE : "IL Y A TOUT POUR BIEN TRAVAILLER À BLOIS"

Crédit photo : Sébastien Grasset

Désireux de quitter la JL Bourg l'été dernier pour aller chercher du temps de jeu en Pro B, Mbaye Ndiaye vit une saison rookie assez mouvementée avec l'ADA Blois, actuel 3e du championnat. Au sortir d'un double-double à Fos, le joueur et Mickaël Hay ont fait le point sur son évolution.

Il fait partie de ces joueurs vers qui tous les regards se tournent instinctivement lors de cette saison de Pro B. Après une année de perdue avec les Espoirs de Bourg-en-Bresse (15 points à 51%, 6,5 rebonds et 2,4 passes décisives pour 17,9 d'évaluation), à un niveau où il avait déjà largement fait le tour de la question (élu meilleur ailier du championnat en 2019), Mbaye Ndiaye (2,03 m, 22 ans) a choisi l'ADA Blois parmi le bal des prétendants désireux de le lancer dans le grand bain. Et depuis, l'ailier blésois vit un exercice rookie en trois temps.

Des débuts très prometteurs, avec de jolies performances, tant en Coupe de France (18 points contre Bordeaux, 14 lors d'une victoire surprise au Portel) que lors des premières journées de Pro B (24 d'évaluation à Nancy et face à Aix-Maurienne). Puis un très long trou d'air, le fameux "rookie wall", avec des moyennes de 2,8 points à 28% et 3,5 rebonds dans un intervalle compris entre le 20 décembre et le 6 mars. Avant un rebond depuis un mois avec six sorties, sur sept, au-delà de la barre des 10 d'évaluation. Malgré cette irrégularité, à mi-chemin, l'international sénégalais tire un premier bilan positif de sa première véritable expérience professionnelle.

« Franchement, cette première saison en pro se passe bien. J'ai des responsabilités, du temps de jeu, je me sens bien dans l'équipe. J'ai connu un coup de barre plus tôt dans la saison mais je commence à revenir en forme. Venir à Blois, c'était vraiment un bon choix de carrière. Je suis très bien dans ce club : il y a tout pour moi, le cadre est parfait. Si tu veux travailler, il y a tout pour bien travailler et progresser. »

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Mbaye Ndiaye a été propulsé ailier titulaire d'un candidat à la montée en Jeep ÉLITE
(photo : Sébastien Grasset)

Ex-meneur de jeu (à l'US Rail, club sénégalais basé à Thiès) répéré par Bouna Ndiaye à l'occasion d'un camp de jeunes joueurs dont il termina MVP, Mbaye Ndiaye est arrivé en France au cours de l'été 2017, placé à la JL Bourg dans le cadre de la négociation de prolongation du contrat de Youssou Ndoye. Très frêle au début, en difficulté sur tous les contacts, il a rapidement été décalé sur le poste 3 et s'est considérablement développé physiquement au cours de ses trois années dans l'Ain. Rapidement devenu surdimensionné pour les Espoirs, son statut de Cotonou l'a empêché de se montrer plus rapidement à l'échelle professionnelle sous les couleurs burgiennes (seulement 9 apparitions en Jeep ÉLITE).

Pourtant, au cours de la dernière intersaison, la JL Bourg avait promis de lui réserver une place à part entière dans son effectif. Mais Mbaye Ndiaye, frustré par sa situation en 2019/20 (deux rencontres disputées), n'a pas souhaité honorer son contrat. Un vrai crève-cœur l'an dernier pour Frédéric Sarre et la Jeu. « Je regrette son départ, cela me peine vraiment, parce que je crois que c’est une erreur de sa part de ne pas avoir saisi sa chance, ici, dans sa “famille d’accueil”, en tant que basketteur et homme en France », disait-il en juillet 2020.

Le tir extérieur, le nerf de la guerre ?

Ainsi, séduit par le joueur au cours du Camp LNB dont il avait terminé MVP en février 2020, Mickaël Hay a récupéré un véritable diamant brut en présaison. Un très gros potentiel pour le haut niveau, incarné par une envergure impressionnante et d'immenses qualités athlétiques. Mais Mbaye Ndiaye n'est pas qu'un athlète, il est surtout un basketteur prometteur, fort défenseur, excellent en percussion et doté d'une bonne compréhension du jeu. Il l'a encore démontré mardi soir à Fos-sur-Mer (69-66), étouffant son alter-ego Alan Dokossi, et assumant avec brio les responsabilités confiées (34 minutes, son plus gros temps de jeu de la saison pour 11 points à 4/8, 10 rebonds, 2 passes décisives et 1 contre) à l'occasion d'un sommet marqué par les belles performances des jeunes pousses blésoises. De quoi satisfaire Mickaël Hay, qui revient sur l'évolution de son prospect.

« Mbaye a été très bien dès le début, jusqu'au mois de novembre, mais il a ensuite eu un gros coup de mou de plusieurs mois, jusqu'en février. Là, on peut voir dans l'intensité qu'il est extrêmement présent des deux côtés du terrain. C'est un gamin qui va monter au fur et à mesure. [...] Je ne suis pas sûr qu'il ait beaucoup progressé l'an dernier, il était hors catégorie pour les Espoirs au niveau athlétique. Il commence à se libérer sur le tir extérieur, il a un volume de jeu qui peut être intéressant. Il joue 35 minutes ce soir et il est hyper présent au niveau du rebond et en défense. Mais ça reste un jeune joueur. Quelques fois, il y a certaines choses qui peuvent énerver un entraîneur (il sourit). Sauf que quand il est dans l'intensité comme ça, tu peux lui permettre toutes les erreurs. »

S'il pourrait s'avérer vertigineux, le plafond du potentiel de Mbaye Ndiaye reste indéterminé mais son axe de progression majeur est connu : s'il veut s'imposer comme une véritable menace à l'aile et ne pas finir par être décalé sur le poste 4, il devra considérablement améliorer la fiabilité de son tir. Ce qu'il commence tout doucement à faire (1/3 à trois points à Parsemain mardi), même si cela reste toutefois encore globalement insuffisant à l'échelle de la saison entière (6/33). Il n'est certes déjà plus le joueur inoffensif à longue distance qu'il était en 2017/18 (3/37, soit 8% de réussite) mais ses difficultés dans ce domaine incitent toujours certaines équipes adverses à faire l'impasse sur lui et à le laisser shooter. Plutôt complet dans les autres secteurs de jeu (7,6 points à 53%, 5,8 rebonds, 1,1 contre et 1,1 passe décisive pour 11,5 d'évaluation en 22 rencontres), Mbaye Ndiaye dispose encore de deux ans de contrat avec l'ADA pour gagner le respect des défenses adverses et continuer à s'affirmer au niveau professionnel. Mais au moins, le premier objectif de sa venue à Blois est rempli : il joue (20 minutes de moyenne), et plutôt bien.

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Le tir lointain, le vrai point faible de la panoplie du jeune international sénégalais
(photo : Sébastien Grasset)

À Fos-sur-Mer,

15 avril 2021 à 18:08
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