PRO B

OBJECTIF RENAISSANCE POUR NANCY ET GARY FLORIMONT

Gary Florimont SLUC Nancy
Crédit photo : Sébastien Grasset

Le seul rescapé de la saison 2016/17 du SLUC Nancy, Gary Florimont, nous parle en ce jour de premier match de saison régulière pour les Couguars.

Entretien réalisé par Julien Bestron, à Nancy,

Après 23 saisons en Pro A marquées par deux titres de champion de France, une coupe Korac et une semaine des As, le SLUC Nancy Basket retrouve l’antichambre de l’élite (la Pro B) avec pour objectif d’y rester le moins longtemps possible.

En ce jour de reprise du championnat de Pro B pour les Lorrains, rencontre avec Gary Florimont, l’intérieur JFL du SLUC, de retour neuf mois après une rupture du tendon d’achille et qui partage avec son club le même objectif, renaître.  

Gary, commençons par prendre de tes nouvelles. Dix mois après ta grave blessure, comment te sens-tu ?

Plutôt bien, je reviens petit à petit à mon niveau. Cela a été dur parce que je suis resté sept mois et demi sans jouer, mais j’ai énormément travaillé pendant ma rééducation et j’ai gagné un mois sur les délais prévus. J’ai pu reprendre la préparation avec le groupe et si on m’avait dit ça il y a quelques mois, je n’y aurais pas cru. Après, j’ai toujours besoin de travailler sur certaines choses, notamment pour retrouver toute mon explosivité.

Est-ce que cette blessure t'a poussé à te préparer différemment ?

Pas vraiment, j’ai toujours été assez sérieux sur ma préparation. La musculation, le renforcement font partie de ma routine de joueur. Je fais peut-être plus d’étirements qu’avant et plus de soins sur mon tendon mais mon quotidien reste semblable.

Parlons un peu de la saison dernière, tu as pu la vivre en tant que joueur mais aussi en tant qu’observateur. Comment expliques-tu la rétrogradation d’un club important du basketball français comme le SLUC Nancy ?

C’est vrai que la saison a été très difficile... Alain Weisz m’avait tenu un discours ambitieux, le club voulait se racheter d’une saison 2015/16 en deçà des attentes (le SLUC avait fini premier non relégable, NDLR), mais la mayonnaise n’a jamais prise. On a subit toute la saison, et on avait aucune cohésion. Greg (Beugnot) a bien essayé de créer un électrochoc lorsqu’il est arrivé mais le problème était plus profond. Alain Weisz, Gregor Beugnot ou Ettore Messina, le problème n’était pas le coaching.

Tu reviens en Pro B, division que tu as côtoyé pendant sept ans, mais où le jeu est très différent de celui proposé dans l’élite.  Comment appréhendes tu ce retour ?

J’ai surtout envie de jouer, peu importe le niveau. La Pro B est différente, ça joue plus vite, les intérieurs sont plus rapides, plus toniques et plus hargneux également. C’est la deuxième division et tout le monde veut prouver qu’il peut jouer au dessus. En Pro A, les joueurs ont souvent plus d’assurance et possèdent déjà un C.V. solide.

C’est un championnat difficile, un bon joueur de rôle en Pro A ne fera pas forcément un super joueur de Pro B. Un pur shooter sera plus utile en Pro A qu’en Pro B par exemple, parce qu’en Pro B on va lui demander de faire plus de choses et d’être plus complet. Personnellement, j’ai toujours été un défenseur / rebondeur et j’ai pu me faire une petite place en Pro A, justement parce que des joueurs de mon profil permettent à des joueurs plus doués offensivement de briller.

Le SLUC est bien entendu l’un des favoris à la montée, comment juges-tu l’effectif actuel ?

C’est un mélange d’expérience avec quelques habitués de la division, et de jeunesse avec des jeunes issus du centre de formation (Nancy est champion de France Espoirs en titre).

Le club est en plein renouveau et miser sur des jeunes talentueux colle parfaitement avec le projet. Et il faut des joueurs expérimentés pour les accompagner.

Après, on vient de descendre de Pro A donc l’objectif est de remonter rapidement. Mais aujourd’hui je suis incapable de dire si on va le faire ou non.

La relation d’un intérieur avec ses meneurs de jeu est toujours primordiale dans une équipe. DaShaun Wood blessé, Nancy a engagé un rookie pour le remplacer, Dewayne Russel. Que peut-il vous apporter en attendant le retour de Wood ?

Déjà, il a l’air de bien s’acclimater et c’est important. C’est un profil totalement différent de DaShaun mais il a beaucoup de qualités. C’est un joueur ultra rapide, très fort en 1 contre 1 mais il a aussi les défauts de ses qualités. Il ne peut pas être aussi performant que Wood sur l’organisation mais il est très à l’écoute de Gregor et il a soif d’apprendre. D’ailleurs, nos trois joueurs américains ( Brighton Lemar et Ivan Aska complètent le trio) ont tous envie de progresser et ont un très bon état d’esprit.

Parle nous de ton rôle avec cette équipe. Qu’est-ce que Gregor Beugnot te demande d’apporter sur et en dehors du terrain ?

Je ne connais pas le basket plus qu’un autre mais j’ai fait quelques saisons pros. On a une équipe jeune, donc j’essaie d’apporter du recul et mon expérience. Niveau basket, défendre dur, jouer dur et mettre quelques paniers. Je ne vais pas me réinventer parce que je redescends de niveau. Après neuf mois loin des terrains, j’ai envie de jouer et surtout de gagner.

Ce samedi, vous recevez Aix-Maurienne, avec plusieurs joueurs référencés Pro B (Kevin Corre, Karim Atamna, Akeem Williams etc.). A quelle genre de confrontation t’attends-tu ?

C’est une équipe qui connait le championnat et qui va défendre dur. C’est la marque de fabrique de Fabien Romeyer et de ses équipes depuis toujours, donc on s’attend à un combat. Ils se déplacent chez un favori, et ils ne vont pas se gêner pour venir gagner à Nancy s’ils sont en position de le faire. Nancy descend de Pro A, donc tout le monde nous attend. Il faut bien lancer la saison, surtout à domicile.

La saison dernière, malgré sa fidélité, le public nancéien a plusieurs fois montré son mécontentement. Penses-tu que les gens vont continuer à suivre le club malgré la rétrogradation ?

Franchement, j’ai été plusieurs fois surpris de l’affluence à Gentilly. On s’est fait siffler mais c’était gentil par rapport à nos productions. Parfois j’avais l’impression que le public y croyait plus que nous. A chaque début de match, tu sentais que la salle était derrière nous et on n’a pas su faire ce qu’il fallait. Le minimum c’est de se battre sur chaque ballon , et je suis pas certain qu’on l’ait fait à chaque match. Tu fais ça à Limoges, je ne pense pas que ça passe.

Enfin la question piège, est ce que pour toi tout autre résultat qu’une remontée immédiate serait un échec ?

Je suis le seul rescapé de la saison dernière, et je porte toute la honte de ce qu’il s’est passé. C’est mon avis perso, mais ne pas remonter serait un échec.

Laurent Sciarra m’a dit un jour qu’il fallait au moins laisser le club dans l’état ou on l’a trouvé. Je suis arrivé en Pro A, j’aimerais partir de Nancy en laissant le club à ce niveau.

14 octobre 2017 à 12:00
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