ITW Bastien Grasshoff, la surprise du Mans : « Si on m’avait dit que j’en serais là, je n’y aurais pas cru ! »

À seulement 18 ans, Bastien Grasshoff franchit les étapes à une vitesse impressionnante.
Bastien Grasshoff (1,98 m, 18 ans) franchit les étapes à une vitesse impressionnante. Né le 1er juin 2007 à Marseille, l’ailier de 1,98 m partage son temps entre les Espoirs ELITE, où il fait partie des joueurs les plus productifs du championnat, et la Betclic ELITE, où il s’installe de plus en plus dans la rotation professionnelle (plus de 15 minutes en moyenne en championnat depuis un mois). Une montée en puissance rapide, nourrie par un contexte favorable, du travail et une maturité déjà marquée dans son discours.
Une adaptation construite bien avant les premiers matches
Si Bastien Grasshoff a trouvé sa place en Betclic ELITE depuis fin 2025, ce n’est pas le fruit du hasard. Le jeune joueur insiste sur l’importance du travail effectué dès la saison précédente, en amont de ses premières apparitions officielles.
« J’ai eu la chance de commencer à m’entraîner dès l’année dernière avec le groupe professionnel », rappelle-t-il. Une immersion progressive qui lui a permis de se confronter très tôt aux standards du haut niveau, notamment sur le plan physique. « Ça m’a aidé à prendre en physicalité sur le jeu et à progresser petit à petit ».
À cela s’est ajoutée une continuité estivale sans coupure, marquée par son très bon EuroBasket U18. Suite à la blessure d’Adam Atamna, le Marseillais s’est révélé comme l’un des leaders des Bleuets, qui sont passés à deux doigts du titre de champion d’Europe de la catégorie. « Je ne me suis pas arrêté, j’ai continué le basket et je suis revenu en forme », explique-t-il. Un enchaînement qui lui a permis d’attaquer la saison avec de la confiance et une vraie sensation de préparation. « Tout ça m’a aidé à prendre en maturité. Dès la reprise, je me suis senti bien ».
Des premières minutes décisives pour installer la confiance
Lorsqu’il a commencé à apparaître en match, Bastien Grasshoff a su saisir les opportunités offertes. Même avec un temps de jeu limité, chaque passage sur le parquet a compté.
« Ce que j’ai réussi à montrer sur les quelques minutes que j’avais au début de saison m’a donné de la confiance », confie-t-il. Une confiance personnelle, mais pas seulement. « Ça en a aussi donné à mes coéquipiers et aux coachs ».
Ce cercle vertueux a progressivement renforcé sa place au sein du groupe. « Aujourd’hui, cette confiance n’est toujours pas partie, pour moi comme pour l’équipe », souligne-t-il, preuve que ses prestations ont été jugées suffisamment solides pour s’inscrire dans la durée.
Un écart de niveau très marqué entre Espoirs et professionnels
Habitué à dominer en Espoirs ELITE, Grasshoff a rapidement pris conscience de la différence avec la Betclic ELITE. Un écart qui ne saute pas toujours aux yeux à l’entraînement, mais qui devient évident une fois le match lancé.
« Il y a vraiment une grosse différence de niveau », analyse-t-il. « C’est un step en plus qui ne se ressent pas forcément énormément à l’entraînement. Mais quand on arrive en match, c’est là qu’on voit la différence ».
Ce qui change avant tout, selon lui, c’est la précision et l’intensité. « Tout est beaucoup plus propre, beaucoup plus intense physiquement. C’est un autre monde pour exister par rapport aux championnats Espoirs ». Un constat lucide, sans surprise, mais pleinement intégré dans son processus d’apprentissage.

Adapter son jeu sans renier sa polyvalence
Joueur complet et très responsabilisé en Espoirs ELITE, Bastien Grasshoff a dû apprendre à canaliser son impact chez les professionnels. Un ajustement naturel, dicté par le contexte et les attentes du haut niveau.
« En pro, c’est sûr que je n’ai pas autant de responsabilités qu’en Espoirs », reconnaît-il. Pour autant, il refuse de changer fondamentalement son ADN de joueur. « J’essaie de garder la globalité de mon jeu : être capable de scorer, de faire des passes, de prendre des rebonds, de bien défendre ».
La différence se situe surtout dans le dosage. « J’essaie de faire tout ça en petite quantité, sur les quelques minutes que j’ai, et avec moins de responsabilités ». Là où l’erreur est plus tolérée chez les jeunes, la priorité devient la fiabilité. « En pro, j’essaie de faire le moins d’erreurs possible et de jouer le plus propre possible ».

Un vestiaire expérimenté comme soutien quotidien
Intégré très jeune dans un groupe composé de joueurs plus expérimentés, Bastien Grasshoff a rapidement trouvé sa place humainement. Un élément clé dans sa progression.
« On a un très bon groupe dans l’ensemble, tout le monde s’entend très bien », souligne-t-il. Le jeune ailier évoque régulièrement les échanges et les conseils reçus. « Certains me prennent sous leur aile, me donnent des petits conseils pendant les matchs ».
Mais sans jamais chercher à le brider. « La plupart du temps, c’est simplement “joue ton jeu, prends les tirs que tu dois prendre” », explique-t-il. Une confiance collective qui favorise son intégration et lui permet de continuer à s’exprimer sans pression excessive.

Une ascension rapide, mais un quotidien inchangé
Entre les Espoirs ELITE, la Betclic ELITE et sa première sélection en équipe de France jeunes de 5×5, tout s’est accéléré pour Bastien Grasshoff en peu de temps. Un enchaînement qu’il n’aurait pas imaginé il y a encore deux ans.
« Si on m’avait dit que j’en serais là, je n’y aurais pas cru », reconnaît-il. Pour autant, cette évolution rapide n’a pas bouleversé son équilibre. « Mon quotidien n’a pas changé. J’essaie d’être constant et de continuer sur ce qui marche ».
L’expérience internationale a également joué un rôle structurant. « À l’Euro, tu joues avec et contre des jeunes qui sont déjà pros. Ça t’aide forcément dans la dureté et dans le jeu », explique-t-il, soulignant l’impact de ce contexte sur sa progression globale.
Des objectifs mesurés chez les pros, plus affirmés en Espoirs
Lucide sur sa situation, Bastien Grasshoff ne se fixe pas encore d’objectifs chiffrés en Betclic ELITE. « Mon objectif, c’est surtout d’avoir une dizaine de minutes et de pouvoir m’exprimer sur ce temps de jeu-là », précise-t-il.
En Espoirs ELITE, l’ambition est plus marquée. « Essayer de bien finir la saison, pourquoi pas être champion de France, gagner le Trophée du Futur », énumère-t-il, sans cacher une ambition individuelle assumée. « Et pourquoi pas finir MVP d’Espoirs ELITE ».
Le mental et le tir extérieur au cœur du développement
Pour continuer à franchir des paliers, Bastien Grasshoff identifie clairement ses priorités. « Je dois continuer à progresser mentalement », insiste-t-il, conscient que la vitesse à laquelle les choses s’enchaînent impose une vraie solidité psychologique.
Un travail spécifique a été mis en place. « Je travaille avec une préparatrice mentale. J’essaie de gérer le pendant du match, rester constant quand ça se passe bien et savoir réagir quand ça se passe moins bien ».
Sur le plan technique, un axe ressort nettement. « Le tir extérieur est indispensable aujourd’hui pour jouer à haut niveau », rappelle-t-il. Un chantier engagé depuis plusieurs saisons et appelé à se poursuivre. Quant au physique, pas de précipitation. « Je prends petit à petit, sans me mettre de pression. Ça viendra avec le temps ».


























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