Recherche
Recherche
  • À la une
  • Mon actu
  • Matchs
  • Frenchies
  • Pro Basketball Manager
  • Mes joueurs
  • Scouting
  • Records
  • Équipe de France
  • Interviews
  • CONTACTEZ-NOUS

Adversaires en playoffs NBA, Victor Wembanyama et Ajay Mitchell ont été… coéquipiers à Nanterre !

Désormais adversaires lors de la finale de la conférence Ouest entre Oklahoma City et San Antonio, Victor Wembanyama et Ajay Mitchell ont partagé le terrain pendant une demi-saison à Nanterre, jouant huit matchs ensemble. Retour sur cette association haut de gamme avec les acteurs de l'époque.
Adversaires en playoffs NBA, Victor Wembanyama et Ajay Mitchell ont été… coéquipiers à Nanterre !

Victor Wembanyama et Ajay Mitchell (légèrement masqué, juste à sa droite) ont joué ensemble en U18 et U21 à Nanterre en 2019

Crédit photo : BeBasket
MARRE DES PUBS ?

Abonnez-vous pour profiter dès maintenant d'une lecture fluide, rapide et sans aucune pub.

À partir de 5€Essai gratuit

Seulement deux joueurs d’une équipe U18 qui finissent professionnels… Un total assez décevant pour toute bonne équipe cadets France qui se respecte, et l’effectif version 2019/20 de Nanterre n’échappe pas à la règle. À la simple exception que les deux chanceux de la JSF se prénomment Victor Wembanyama et Ajay Mitchell

L’un est désormais le visage de la NBA. L’autre est l’une des révélations de la saison, déjà sacré champion avec Oklahoma City… Ils sont actuellement protagonistes de la série de playoffs qui captive la planète basket, même si le quadriceps de Mitchell suscitait un peu d’inquiétude mercredi soir. Et ils ont donc joué ensemble, le temps de quelques mois à Nanterre, juste avant le Covid.

« Très dur de les arrêter quand ils jouaient un pick and roll »

Victor Wembanyama entrait alors théoriquement en première année U18 tandis qu’Ajay Mitchell venait juste de quitter la Belgique pour rejoindre Nanterre en troisième et dernière année U18. Débauché du centre de formation AWBB (Association Wallonie-Bruxelles de Basketball), il avait signé un contrat de deux ans avec le club francilien en espérant y prendre son envol.

Tous deux surclassés en Espoirs, ils ont disputé huit rencontres ensemble : une double confrontation contre Le Havre en U18, ainsi que six matchs en Espoirs. Assez peu pour marquer les esprits mais il ne leur en a pas fallu beaucoup plus pour laisser une empreinte indélébile aux adversaires croisés en cours de route. « C’était très dur de les arrêter quand ils jouaient un pick and roll », témoigne Achille Delbecq, ancien U18 du STB, désormais en NM2 à La Charité. « Tu avais trois chances sur quatre pour qu’ils marquent. Ajay envoyait le ballon en l’air pour Victor : soit il tirait et il marquait, soit il passait, c’était un vrai casse-tête. »

Nanterre – Cholet en Espoirs le 23 décembre 2019 : le dernier match commun du duo Wembanyama – Mitchell (photo : BeBasket)

Bien que fugace, leur association a également laissé une trace à Nanterre. « Ils étaient deux très jeunes à l’époque mais ils avaient déjà une mentalité complètement différente des autres » raconte Jessy Valet qui était leur coach en U18 et assistant en U21. « Ils cherchaient à être meilleurs, à progresser, à travailler dès cet âge-là. C’est marquant des joueurs qui ont une volonté forte à ce point-là et qui mettent les actions en place. » Lorsque Wemby martelait déjà à ses coéquipiers qu’il allait finir numéro un de la Draft et champion NBA, son coéquipier belge était plus réservé mais son talent faisait l’unanimité, dans une certaine mesure…

Après Nanterre, ils s’étaient « perdus de vue » 

« Ajay, on était tous d’accord pour se dire qu’il allait finir pro à 100 %, mais de là à penser qu’il irait en NBA, ce serait mentir », admet Jessy Valet, désormais assistant de Sylvain Lautié à Nancy. Meneur et meilleur joueur de l’équipe Espoirs à l’époque, Anthony Da Silva (Évreux) confirme. « Je savais qu’Ajay allait être un vrai joueur de basket. Il avait le potentiel pour devenir pro, aucun doute. Après, peu de monde aurait misé sur un tel statut aujourd’hui, qu’il soit champion NBA et tout. »

Victor Wembanyama vs Ajay Mitchell — comparaison

Au-delà de sa bague, décrochée l’an dernier dans un rôle anecdotique (7 minutes de moyenne en playoffs), le fils de l’ex-nantais Barry Mitchell a pris une dimension insoupçonnée cette saison (de 5,7 à 14 points de moyenne), signant notamment une série extraordinaire contre les Lakers en demi-finale de conférence (22,5 points à 56% et 6 passes décisives), qualifié de meilleur joueur du Thunder par la star Shai Gilgeous-Alexander.

De quoi donner lieu à une belle histoire avec ces retrouvailles avec Victor Wembanyama au sommet du basket mondial. « C’est incroyable de le voir ici, cela rappelle de bons souvenirs », se réjouissait le Français au micro de The Oklahoman plus tôt dans la saison. «  Je l’avais un peu perdu de vue après son départ de Nanterre. Ensuite, j’ai vu que c’était devenu un prospect en NCAA. Entre-temps, je n’avais pas trop entendu parler de lui. Je suis très fier de voir où il en est désormais. »

Victor Wembanyama et Ajay Mitchell, adversaires en finale de conférence (photo : Brett Rojo-Imagn Images)

De son côté, Ajay Mitchell est tout aussi content : « C’était déjà un animal quand il était jeune, avec un état d’esprit qui le démarquait totalement des autres. Le voir grandir depuis a été plutôt sympa. C’est fou que nous soyons ici aujourd’hui et que nous puissions nous affronter à ce niveau. En plus, c’est un bon mec, c’est toujours cool de l’affronter. » 

Deux complices à la JSF

Le natif d’Ans ne pense peut-être plus forcément que c’est « cool » d’affronter un extraterrestre capable de finir un match avec 41 points et 24 rebonds mais leur relation avait effectivement été assez concluante dans les Hauts-de-France. « Ajay est un gars avec qui j’ai toujours eu une excellente connexion sur et en dehors du terrain », disait Wemby en cours de saison à The Oklahoman. « Ils ont beaucoup de points communs en termes d’éducation et de valeurs », ajoute leur ex-entraîneur, Michael Bur. « Au niveau basket, ils étaient passionnés et gros compétiteurs. Ils ont vite été très complices sur et en dehors du terrain : l’alchimie s’est créée assez vite. »

Une symbiose naturelle entre deux tels esprits basket. « C’était la colonne vertébrale de notre équipe : Ajay était meneur tandis que Victor n’avait pas vraiment de poste », ajoute Bur, qui officie désormais en tant qu’assistant à La Rochelle. « Ajay avait vraiment quelque chose de différent. En U21, il ne dominait pas forcément d’un point de vue physique ou athlétique, mais il dominait par tout le reste : sa compréhension du jeu, sa connaissance du jeu, ses fondamentaux. » 

La photo d’équipe des Espoirs de Nanterre avec plusieurs pros : Anthony Da Silva, Florian Fortas, Samuel Eyango-Dingo, William Gneze et bien sûr le duo Wembanyama – Mitchell

Et Wemby ? C’était déjà Wemby, évidemment : surdoué, instinctif, sans peur, alors qu’il affrontait des joueurs parfois âgés de cinq ans de plus que lui. « Je disais qu’il était fou parce qu’il anticipait tout ce qui se passait sur le terrain, alors qu’au final il avait moins de vécu que les autres vu qu’il était double surclassé »,  rigole Anthony Da Silva« Je me souviens d’une action lors d’un derby contre Levallois », embraye Jessy Valet. « Il reçoit une balle dans les genoux et il y a un gars à 0° dans le corner à côté de lui. Et il lui fait la passe entre ses jambes comme un quarterback. Les gens ont pensé que c’était du chambrage. Et quand on l’a questionné après, il nous a dit que non, c’était juste la solution la plus rapide car le joueur était ouvert. » 

Mitchell parti frustré de Nanterre dès la mi-saison

Véritable enfant de la JSF, Victor Wembanyama a insisté auprès d’Adam Silver pour que le nom « Nanterre » soit prononcé le soir de la Draft. Mais le club francilien ne tient qu’un rôle anecdotique dans le chemin de la gloire pour Ajay Mitchell. Élu dans le cinq majeur du traditionnel tournoi Espoirs d’Alençon (avec Pierre TruffertIdrissa BaAlexandre Bondo et le MVP Quentin Losser), le meneur belge était cependant déçu de la JSF, obligé de prendre la poudre d’escampette dès l’hiver.

Ajay Mitchell, ici au shoot face à Corentin Falcoz, a fait ses gammes pendant une demi-saison à Nanterre, avant de repartir en Belgique puis en NCAA (photo : BeBasket)

Discret en U21 (6,5 points à 37%, 1,2 rebond et 2 passes décisives en 19 minutes de moyenne sur 13 matchs), dominant en U18 (14,1 points en 7 rencontres), il avait dénoncé des promesses non tenues de la part de la JSF. « Les choses ne se sont pas très bien passées », expliquait-il en février 2020 à Sud Info, alors qu’il venait de rebondir au sein de l’équipe pro de Limbourg. « Je devais avoir des entraînements avec les professionnels et des séances individuelles en plus de ce que le centre mettait traditionnellement en place. Mais ce n’a jamais été fait ! Même si j’ai appris des choses, le club n’a pas respecté ce pourquoi nous l’avions choisi. » 

« Profite, tu joues avec le futur numéro un de la Draft ! » 

Loin de l’anonymat des championnats de France U18 et U21, Wemby et Mitchell sont entrés dans une nouvelle dimension cette année. À seulement 22 ans, le Français est passé tout proche d’un premier titre de MVP et affiche un niveau sensationnel sur ces playoffs. « Il fait des choses… je n’ai même pas envie de dire fabuleuses parce qu’il sera encore plus énorme au prochain match », anticipe Anthony Da Silva.

Quant au Liégeois, il a d’abord profité de la blessure de Jalen Williams pour faire son trou dans la rotation du Thunder, avant de s’imposer comme une vraie alternative offensive grâce à sa capacité à scorer et sa vision du jeu qui impressionnaient déjà à Nanterre. « J’étais vraiment en accord avec tout le monde pour dire qu’il avait un talent élevé sur la lecture de jeu, la qualité de passe et sur l’adresse » glisse Jessy Valet. « Ce qu’il fait est quand même incroyable : il est passé par un énorme travail sur son développement physique parce que c’était une crevette.  En plus, il performe dans une bonne équipe, c’est pas pareil que d’être bon dans une équipe moyenne. »

1-1 entre le Thunder de Mitchell et les Spurs de Wembanyama (photo : Brett Rojo-Imagn Images)

L’ironie du sort ? C’est finalement le moins attendu des deux, Ajay Mitchell, qui a soulevé en premier le trophée Larry O’Brien. Mais cette fois, Wembanyama compte bien prendre le pouvoir, dans une série appelée à marquer l’histoire de la NBA… et qui résonne jusqu’au centre de formation de Nanterre. « Je ne regarde pas trop la NBA d’habitude, mais là je suis obligé », savoure Anthony Da Silva, qui partage une anecdote datant de… 2019.« Je me rappelle que Michael Bur, m’a dit : « Profite parce que tu as de la chance, tu joues avec le futur numéro un de la draft ! » Il avait raison, mais ce n’est pas tout. Il a aussi joué avec un champion NBA.

Avec Alexandre Lacoste

Dites byebye à la publicité et encouragez le travail effectué sur la couverture quotidienne du basket Français !

À partir de 5€Essai gratuit
Adversaires en playoffs NBA, Victor Wembanyama et Ajay Mitchell ont été... coéquipiers à Nanterre ! - BeBasket