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[Analyse] Un duel alléchant entre Poitiers et Nantes, deux équipes qui ne cessent d’impressionner

ELITE 2 - Ce mercredi 3 mai, les demi-finales des playoffs d'accession à la Betclic Elite commencent. Une des deux confrontations verra s’affronter Poitiers à Nantes. Présentation.
[Analyse] Un duel alléchant entre Poitiers et Nantes, deux équipes qui ne cessent d’impressionner

Jean-Fabrice Dossou vs Narcisse Ngoy, duel de géants entre Nantes et Poitiers

Crédit photo : PB 86 / ©SlySlySport
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Par Hugo Loustalot,

Ce mercredi 3 mai, les Poitevins reçoivent les Nantais pour le match aller des demi-finales des playoffs d’ELITE 2. Avant cette rencontre, on fait un point sur les forces en présence avec en toile de fond une question : qui montera avec le champion de deuxième division, Roanne, en Betclic Élite ?

Poitiers aura à cœur de confirmer sa belle saison face à une équipe de Nantes qui ne cesse de monter en puissance. L’autre affiche des demi-finales oppose l’Elan béarnais et Orléans.

L’agressivité offensive nantaise au défi de la muraille Ngoy

L’équipe de Nantes arrive à Poitiers en confiance puisqu’elle vient d’écarter Blois en quart de finale, après avoir dominé La Rochelle en Play-In et remporté 9 de ses 12 dernières rencontres de saison régulière.

Les joueurs de Rémy Valin ont une très bonne attaque qui les rend difficile à manœuvrer. Cela se retranscrit dans les chiffres. En effet, l’Hermine de Nantes dispose du quatrième meilleur offensive rating (nombre de points marqués pour 100 possessions) de la saison avec 112.4 unités. L’eFG% (le pourcentage de réussite ajustée au tir accordant plus d’importance au tir à trois points) de l’équipe s’élève à 55.1% (3e), notamment grâce à sa réussite derrière l’arc de 35.1% (2e). Dans ce secteur, le plus grand contributeur nantais est l’arrière scoreur et meilleure progression de l’année Mathys Kangudia (17.4 pts à 38.1% de loin sur 7.5 tentatives). Le poste 4-3 polyvalent Dylan Van Eyck (11.7 pts, 4.3 reb et 2.6 PD) peut aussi représenter un danger à trois points pour les défenses adverses, comme il a pu le montrer lors du Play-in contre La Rochelle où il a marqué 4 de ses 5 tentatives à longue distance.

Dans un autre registre, le combo-guard Kyle Riddley (15.1 pts) est un scoreur qui tente beaucoup moins de tirs extérieurs (20.2% de 3PAR (part des trois points tentés sur les tirs dans le jeu) contre 59.1% pour Kangudia), mais qui utilise plus l’arme du tir à mi-distance et qui est très agressif vers le cercle comme l’indique son FT Rate de 72.3%. L’américain permet à l’Hermine d’être l’équipe dont la part de lancers francs sur les tirs tentés dans le jeu est la plus grande du championnat (43.0% de FT Rate). Par ailleurs, la large palette offensive, la mobilité et la taille du jeune Nathan Soliman (9.6 pts et 4.2 reb) représentent des atouts supplémentaires pour une attaque nantaise déjà bien armée. Il sera très intéressant de voir comment les Nantais, et plus particulièrement Kyle Riddley, vont s’adapter à la défense poitevine et sa tour de contrôle Narcisse Ngoy.

Le pivot de 2.14m, qui a tourné sur la saison régulière à 9.9 pts, 11.8 reb, 2.6 ctr pour 20.6 d’éval, a terminé meilleur contreur, meilleur rebondeur, meilleur défenseur et MVP d’ELITE 2. Il pourrait causer quelques problèmes aux nantais sur leurs attaques de cercle. Le PB86 est en effet l’équipe dont les adversaires sont les moins en réussite à deux points (47.7%). La capacité des poitevins à contester les tirs est très bonne puisque l’eFG% de leurs adversaires est très faible (48.0%, 1er). Cela permet aux joueurs d’Andy Thornton-Jones d’avoir un defensive rating (nombre de points encaissés pour 100 possessions) correct de 106.9 unités (8e). Mais en face, se présentera une équipe de Nantes très offensive, ce qui annonce un duel très alléchant.

Le talent offensif des lignes arrières poitevines contre des nantais parfois trop attentistes en défense

Le PB86 est une équipe équilibrée qui peut performer des deux côtés du terrain. Son offensive rating est de 110.5 unités (7e). Le club de la Vienne peut notamment s’appuyer sur une base arrière athlétique et talentueuse, à l’instar du combo-guard complet Marcus Gomis (12.2 pts), du scoreur américain efficace Marcus Hammond (15.4 pts) ou encore de l’explosif Aurèle Brena-Chemille (10.3 pts). De plus, Poitiers arrive à obtenir de nombreuses secondes chances comme en atteste son pourcentage de rebonds offensifs jouables pris de 36.1% (4e). Ainsi, Nantes devra être d’autant plus vigilant défensivement.

Si les Nantais sont très dangereux en attaque, leur défense est bien plus irrégulière et les a empêchés de voir plus haut au classement. L’équipe de Loire-Atlantique n’est en effet que onzième de la saison au defensive rating (109.7 unités). Mais elle a tout de même montré qu’elle pouvait largement élever son niveau comme lors des quarts de finale contre Blois lors desquels elle n’a encaissé que 75 pts par match. Pour s’imposer, elle devra aussi réussir à élever son efficacité au rebond défensif puisque, sur la saison, elle n’a sécurisé que 66.6% (14e) de ses rebonds défensifs disponibles. Pour cela, malgré le déficit de taille qu’elle aura à affronter, elle pourra s’aider de la mobilité et de l’efficacité du pivot Jean-Fabrice Dossou (7.6 pts et 7.5 reb).

Deux confrontations équilibrées

Match aller (J14) : victoire à domicile de Nantes 81 à 76

Dans un contexte bien différent de ce qui arrivera en playoffs, en raison de l’absence de Kyle Riddley et de l’expulsion de Mathys Kangudia (moins de 6 min de jeu) à la 13e minute, Nantes l’avait tout de même emporté. Avec 13 pts à remonter à l’entame du dernier quart-temps (64-51), les Poitevins n’avaient pas réussi à combler leur trop grand déficit, malgré les 10 dernières minutes remportées de 8 pts (17-25). Le joueur de ce match fut le meneur nantais Lucas Bourhis qui assuma pleinement ses responsabilités en terminant à 20 pts à 5 sur 8 au tir, 8 sur 8 au lancer franc et 7 PD pour aucune BP. Côté poitevin, les 19 pts de Marcus Hammond et les 9 rebonds offensifs de Narcisse Ngoy (16 reb au total) n’avaient pas suffi.

Match retour (J34) : victoire à domicile de Poitiers 80 à 74

Au retour, les Nantais, toujours privés de Kyle Riddley, eurent une adresse insolente en début de rencontre (3-13 à la 4e minute). Mais le PB86 se remobilisa rapidement. Après un match très intense et équilibré, Poitiers sortit vainqueur, notamment grâce à la performance de son dynamiteur Aurèle Brena-Chemille (22 pts et 4 int) qui a livré un beau duel face à Mathys Kangudia (21 pts).

Retour sur les quarts de finale des deux protagonistes

Nantes a confirmé sa bonne forme du moment et a montré qu’il n’avait pas besoin de l’avantage du terrain pour s’imposer. L’équipe coachée par Rémy Valin s’est en effet imposée à deux reprises à Blois (73-83 à l’aller et 68-88 lors de la belle) et a perdu à domicile au retour (81-84). Lors des deux premières confrontations, les Nantais ont été dominés en début de rencontre mais ils ont fait preuve de caractère et d’une vraie capacité d’adaptation pour revenir au score et prouver qu’ils seront difficiles à affronter. Lors de la belle, ils ont montré une véritable maîtrise pour gagner avec un important écart de 20 pts (68-88), notamment grâce aux progrès de Jean-Fabrice Dossou qui a terminé la rencontre avec 23 d’éval et une moyenne de 14.7 pts à 69.6% de réussite au tir et 6.7 reb sur l’ensemble des quarts de finale.

Poitiers aussi a dû passer par une belle pour obtenir son ticket pour les demi-finales. Le PB86 a ferraillé contre Saint-Quentin, une équipe de Betclic Elite. Les trois matchs ont connu des scénarios très différents mais ont tous terminé sur des écarts plutôt faibles. A l’aller, les Poitevins ont gagné à la maison 100 à 96 après prolongation mais, en fin de rencontre, ils ont perdu Narcisse Ngoy, suspendu pour le match retour. A Saint-Quentin, sans le MVP de la saison, Poitiers s’est battu jusqu’au bout en remportant largement le dernier quart-temps (14-30), mais la domination saint-quentinoise lors du deuxième quart-temps leur a coûté trop cher (25-9) puisqu’ils se sont finalement inclinés 84 à 81. Enfin, lors de la manche décisive, le match a été bien plus serré du début à la fin comme en témoigne le plus gros écart du match qui n’était que de 6 pts. Sur les 4 dernières minutes, le club de la Vienne a mis les verrous en défense et n’a encaissé que 4 pts, pour compenser sa maladresse sur la ligne des lancers francs (2 sur 8 sur les 3 dernières minutes).

Les duels à suivre

  • La confrontation entre les deux slashers Kyle Riddley (Nantes) et Aurèle Brena-Chemille (Poitiers)
  • La bataille au rebond entre Narcisse Ngoy (Poitiers) et Jean-Fabrice Dossou (Nantes)

Les donnés sont celles de la saison régulière

Kyle Riddley vs Aurèle Brena-Chemille — comparaison

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