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ITW Maxime Nelaton, coach sans club mais toujours au travail : « C’est une année de consolidation et d’élargissement »

Interview - Libre depuis son départ du SCABB, Maxime Nelaton traverse une saison particulière, loin d’un banc mais jamais loin du basket. Une période qu’il a choisie de transformer en levier d’évolution personnelle et professionnelle.
ITW Maxime Nelaton, coach sans club mais toujours au travail : « C’est une année de consolidation et d’élargissement »

Maxime Nelaton est libre depuis son départ du SCABB

Crédit photo : Tuan Nguyen

Ancien coach du SCABB, Maxime Nelaton vit depuis l’été dernier une situation qui arrive dans la carrière d’un entraîneur professionnel : une saison sans club. Une période qui aurait pu être vécue comme une parenthèse subie, mais que le technicien ligérien a, au contraire, choisie de structurer comme une étape clé de son parcours. Entre prises de recul, immersions en France et à l’étranger, et réflexion profonde sur son identité de coach, cette saison 2025-2026 s’inscrit pleinement dans une logique de continuité et d’évolution.

Un parcours forgé très tôt par la balle orange

Né à Clermont-Ferrand, aujourd’hui âgé de 39 ans et installé à La Talaudière, Maxime Nelaton a grandi dans un environnement où le basket était omniprésent. « Je me suis fidélisé, comme une évidence, venant d’une famille de la balle orange », expliquait-il, rappelant l’influence déterminante de ses parents et grands-parents, ainsi que la carrière professionnelle de son père.

Passé par le pôle espoir de Vichy à 14 ans, puis par le centre de formation de Clermont (U18 France puis Espoirs), il découvre rapidement le monde professionnel avec Aix-Maurienne en Pro B. En manque de temps de jeu, il poursuit ensuite sa carrière entre NM2 et NM1, à Prissé-Mâcon, Épinal, La Charité-sur-Loire, Clermont-Ferrand, Montbrison ou encore Beaujolais Basket. Meneur de jeu de formation, il accumule les expériences tout en développant, déjà, une vocation claire pour l’entraînement.

Du terrain au banc : la montée en responsabilités à Saint-Chamond

Diplômé entraîneur à 22 ans, Maxime Nelaton n’a jamais cessé de coacher en parallèle de sa carrière de joueur. Centres de formation, équipes jeunes, puis rapidement l’accès au haut niveau avec Saint-Chamond Basket Vallée du Gier.

Arrivé comme assistant, notamment en charge de l’analyse vidéo, il travaille pendant plusieurs saisons aux côtés d’Alain Thinet, figure emblématique du club ligérien. Une relation fondatrice. « Alain, c’est un vrai mentor. On ne fait pas 35 ans dans ce métier sans qualité humaine et compétence », confie-t-il aujourd’hui.

Il évoque un contexte particulièrement formateur, où les responsabilités lui sont progressivement confiées : développement individuel des jeunes, gestion vidéo, préparation tactique, puis prise en main de l’équipe première à l’été 2023. « Le fait qu’Alain arrive en fin de carrière, naturellement, il m’a laissé pas mal de responsabilités. Toutes les planètes se sont alignées pour que ces années soient très riches ».

Maxime Nelaton a été le premier coach principal du SCABB, en 2024-2025
Maxime Nelaton a été le premier coach principal du SCABB, en 2024-2025 (photo : Laurent Peigue)

Une séparation brutale, mais un recul assumé

L’aventure s’achève pourtant de manière abrupte à l’issue de la saison 2024-2025, sur fond de changement de gouvernance. Une situation qu’il analyse désormais avec recul. « Dans ces six ans, j’ai vécu deux clubs. Cinq ans avec une manière de fonctionner, puis un an avec des équilibres totalement différents », explique-t-il.

Sans esquiver les difficultés, Maxime Nelaton assume aussi ce que cette expérience lui a apporté. « Avec du recul, ça fait grandir. Aujourd’hui, je ne gérerais plus la situation comme l’an passé », reconnaît-il, soulignant l’importance de l’adaptation permanente dans le métier.

Une année sans banc, mais pas sans projet

Libéré de son contrat à la veille de son départ pour la Summer League de Las Vegas, Maxime Nelaton refuse l’idée d’une année blanche. « Je ne l’ai jamais vécue comme une année de rupture. Pour moi, c’est une année de consolidation et d’élargissement », affirme-t-il.

Sans équipe à diriger, il s’impose un rythme strict, proche de celui d’un staff en activité. « Je m’impose des horaires de bureau. Je travaille tous les jours, je regarde, j’analyse, je lis ». Cette période lui permet de remettre à plat son projet global : principes offensifs et défensifs, management, développement individuel, mais aussi analytique et data.

Inspirations multiples et ouvertures internationales

Durant ces mois, Maxime Nelaton multiplie les échanges et les observations. En France, il rend visite à plusieurs clubs, dont l’ASVEL, et suit de près le travail de techniciens qu’il estime. « Guillaume Vizade, avec qui j’ai des liens forts depuis Clermont, est aussi quelqu’un avec qui j’échange beaucoup ». Il est ainsi parti voir suivre son travail du côté du Mans.

À l’étranger, il s’inspire également de figures marquantes du basket européen. « Je me suis pas mal inspiré de Tuomas Iisalo et de ce qu’il a fait à Paris. Cette année, Pedro Martinez fait quasiment la même chose avec Valence. Il y a beaucoup de similitudes. Et avant eux, Steve Kerr, dans le mouvement et le jeu sans ballon, reste une référence importante pour moi ».

Il a profité de sa période sans club pour effectuer également des immersions NBA, avec des passages à Phoenix et Minnesota en novembre. « L’idée n’est pas de copier-coller, mais de confronter ta vision à d’autres environnements. Comme je dis toujours, un plus un, ça fait trois », résume-t-il. Des voyages qu’il espère prolonger prochainement en Espagne et en Allemagne.

Un ADN collectif hérité de Thinet, mais en évolution

Sur le terrain, Maxime Nelaton reste fidèle à un basket collectif, très efficace offensivement, largement inspiré de celui mis en place à Saint-Chamond par Alain Thinet. « J’ai gardé cette ADN parce que c’est le basket comme je le vois. Jouer vite, partager le ballon, partager les responsabilités, c’était une manière de rendre le collectif fort face à l’individu », explique-t-il.

Mais cette philosophie s’est affinée. « Pour partager, il y a le partage qui crée un avantage et celui qui maintient un avantage. Aujourd’hui, je réfléchis davantage à la création du premier déséquilibre, parfois par un peu plus de physique ou de qualité athlétique ». Une évolution qui n’efface pas l’héritage : en 2024-2025, près de 79 % des paniers de son équipe provenaient d’une passe décisive, avec l’une des meilleures attaques de Pro B en efficacité (115,2 d’offensive rating, le deuxième de la division derrière Blois).

Toujours en veille sur les joueurs et le marché

Même sans club, Maxime Nelaton continue de travailler sur le recrutement. Habitué de la Summer League de Las Vegas depuis 2017, il assiste chaque année aux camps organisés par les agences. « Voir les joueurs en vrai, c’est essentiel. Et surtout, créer du lien avec les agents et les coachs étrangers ». L’été dernier, il a d’ailleurs franchi un cap en juillet en dirigeant une équipe lors d’un camp EuroBasket en marge de la Summer League.

Il entretient une base de données détaillée, suit les championnats étrangers, la G-League, et échange régulièrement avec des contacts en Allemagne, Espagne, Pologne ou Finlande. « Ce qui est important, ce n’est pas seulement le joueur, c’est la personne. Mettre la bonne personne dans le vestiaire, c’est éviter beaucoup d’erreurs », insiste-t-il.

Et maintenant, construire la suite

Aujourd’hui toujours basé dans la région stéphanoise, Maxime Nelaton se projette vers un nouveau projet. Pas n’importe lequel. « Aucun environnement n’est standard. L’enjeu, c’est de faire correspondre son identité avec le contexte du club », explique-t-il.

Plus qu’un simple retour sur un banc, il cherche un projet dans lequel il pourra construire, adapter sa philosophie sans la renier, et continuer à faire évoluer un collectif. Une ambition nourrie par une saison sans matchs… mais riche de sens.

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Commentaires


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sagesse
«  Une situation rare dans une carrière d’un entraîneur professionnel : une saison sans club. » Désolé Bebasket mais ce n’est pas rare bien au contraire !!!
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Image Gabriel Pantel-Jouve
Gabriel Pantel-Jouve est le fondateur et rédacteur en chef de BeBasket, qu’il anime depuis 2010 (sous le nom de Catch & Shoot). Passé par l’Ecole Publique de Journaliste de Tours, puis deux universités en Amérique du Nord, il a pu développer son expertise sur le basket français, de la Ligue Nationale aux divisions amateurs, durant ces 20 dernières années. En parallèle, il est aussi engagé dans le développement de clubs du côté de Montpellier.