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L’AS Monaco enfin reine de France : la Roca Team sacrée championne pour la première fois !

Betclic ÉLITE - Après trois défaites en finale, l'AS Monaco a enfin brisé la malédiction. En s'imposant à Roland-Garros, la Roca Team a sweepé les Metropolitans (3-0) et s'est offert le premier titre national de son histoire ! Boosté notamment par deux énormes tirs primés de Jordan Loyd dans la dernière minute, le club de la Principauté est sacré champion de France.
L’AS Monaco enfin reine de France : la Roca Team sacrée championne pour la première fois !
Crédit photo : Direction de la Communication / Stéphane Danna

« On ne peut pas prétendre être une superpuissance européenne sans ne jamais rien avoir gagné », nous glissait Jordan Loyd fin mai à Strasbourg, au soir de la qualification monégasque pour les demi-finales du championnat. L’arrière originaire d’Atlanta avait beau être nouveau en Principauté, il connaissait la réalité du club monégasque : d’immenses ambitions sur le plan continentales qui se mariaient particulièrement mal à une armoire à trophées pratiquement vide en France. Ce n’était pas avec trois Leaders Cup d’affilée que l’on se construit une dynastie nationale. Alors que la Roca Team se forgeait un destin européen extraordinaire (Final Four de BCL au terme de sa première campagne, sacrée en EuroCup en 2021, Final Four d’EuroLeague dès la deuxième saison), son nombre de titre de champion de France faisait tâche, sérieusement tâche : zéro.

Le trophée Jacques-Bulot est enfin monégasque ! (photo : Direction de la Communication / Stéphane Danna)

Pire, le club de la Principauté commençait à se traîner une petite image de loser en Betclic ÉLITE, si loin des desseins d’excellence esquissés par le front-office. Deux premières places pour débuter l’aventure en Pro A en 2016 et 2017 ? Oui, mais deux éliminations avant même le seuil de la finale. L’inexpérience d’une équipe arrivée trop haut trop vite, pouvait-on alors plaider. Et ensuite ? Trois défaites en finale, entrecoupées d’une démobilisation compréhensible en 2021 après l’aboutissement de Kazan. Trois crève-cœur, tous lors du Match 5, mettant progressivement en lumière l’incapacité monégasque à gagner. À trois reprises, l’AS Monaco a même eu la possibilité d’être sacrée à domicile, soit lors de l’Épilogue, soit lors de la quatrième manche, avec un acmé l’année dernière contre l’ASVEL, lorsqu’une partie de l’effectif a délibérément démissionné. Quand on enchaîne à ce point-là les désillusions, ce n’est plus un hasard. C’est une culture, presque un savoir-faire, particulièrement encombrante évidemment.

Monaco a appris de ses erreurs

Mais ça, c’était avant. Depuis ce jeudi, l’AS Monaco est enfin là où elle voulait être, au sommet du championnat de France. Le résultat d’un long travail de sape, pour faire infuser auprès de l’équipe tout au long de la saison que la Betclic ÉLITE était l’objectif n°1 de la saison. Bien sûr, un Mike James n’est pas venu sur le Rocher en rêvant jour et nuit de soulever le trophée Jacques-Bulot mais il a fini par comprendre l’intérêt pour son club d’y arriver enfin. Arrivé à l’ASM alors qu’elle croupissait en Nationale 1, le manager Oleksiy Yefimov en a longtemps fait son objectif ultime et a su apprendre de ses erreurs : se forger une base de Français solide pour qui remporter le championnat représente vraiment quelque chose (Élie Okobo, Matthew Strazel, Yakuba Ouattara, Yoan Makoundou), faire venir des étrangers vraiment concernés, comme John Brown III, le symbole de l’intensité monégasque, qui nous disait en février qu’il avait « les ongles qui griffaient la table » à l’idée de remporter un titre, n’importe lequel, lui qui n’avait encore jamais rien gagné, ou Jordan Loyd, qui, oui, avait vraiment saisi « qu’on ne peut pas prétendre être une superpuissance européenne sans ne jamais rien avoir gagné à la maison ». Alors l’ancien Raptor a offert à l’ASM son premier sacre national sur un plateau avec un 7-0 dans la dernière minute.

Blossomgame et Strazel, deux facteurs X pour l’AS Monaco (photo : Stéphane Danna)

Au-delà de ce money-time marqué par l’immense talent d’un seul joueur, l’AS Monaco a ainsi su changer sa culture. Un chantier sous-marin en premier lieu, devenu visible à… Kaunas, au lendemain de l’élimination en demi-finale de l’EuroLeague. Le camouflet infligé par l’Olympiakos n’était pas encore tout à fait digéré (2-27 dans le troisième quart-temps !), mais les esprits s’étaient déjà retournés vers les playoffs de Betclic ÉLITE, comme si cette perspective représentait plus qu’un lot de consolation. Alors que l’EuroLeague n’était pas encore tout à fait terminée, tous nos interlocuteurs monégasques évoquaient la petite finale de Barcelone comme un excellent moyen de préparer leur vrai objectif de la saison, devenir champion de France. Et c’est exactement ce qui s’est passé : le succès face au Barça a atténué les frustrations puis la Roca Team s’est lancée en mode playoffs, évitant le principal écueil strasbourgeois (en deux manches gagnantes seulement trois jours après le Final Four) pour finalement rester invaincue jusqu’au bout (une première depuis 1988), certes dans son irrégularité habituelle, tantôt ronronnante tantôt impressionnante, mais cette équipe était juste tellement forte pour ne pas y arriver.

Jordan Loyd, le clou dans le cercueil

Elle l’a encore prouvé dans l’écrin majestueux de Roland-Garros, étalant sa schizophrénie habituelle pour finalement atteindre son Graal. D’abord la même léthargie que lundi pour démarrer : au 0-10 pour démarrer à Gaston-Médecin, a succédé un 0-9. Puis une véritable opération portes ouvertes, sous la lumière naturelle du stade Philippe-Chatrier, pour laisser les Metropolitans 92 empiler les and one et scorer la bagatelle de 40 points en seulement 13 minutes (40-31). Il y avait certes la passivité monégasque mais aussi l’incroyable réussite de Boulogne-Levallois : boostés par l’écrin fabuleux, les hommes de Vincent Collet ont démarré par un impeccable 10/10, afin de se hisser jusqu’à +16 (32-16, 8e minute). En face, seul Jordan Loyd semblait capable de jouer : 13 unités, sur les 16 de son équipe.

Jordan Loyd, l’assassin (photo : Stéphane Danna)

Et puis la Roca Team s’est progressivement lancée dans son match, d’abord électrifiée par son duo de jeunes Français, Matthew Strazel – Yoan Makoundou, si souvent scotché au banc en début de saison. Cela correspondait aussi au moment où les Metropolitans 92 ont ouvert leur banc. Quand Vincent Collet peinait à pianoter avec ses rotations, Sasa Obradovic était capable de lancer des Élie Okobo ou des Jaron Blossomgame, en civil lundi et si précieux ce jeudi, pour continuer à réduire l’écart et passer devant pour la première fois à la 37e minute (81-82). Jusqu’à l’accélération finale, le moment où Monaco a choisi de mettre un point final à la saison. Ou plutôt, que Jordan Loyd, élu MVP de la finale, a choisi de mettre un point final à la saison : un premier tir primé, déjà presque assassin, sur la tête de DeVante Jones à 50 secondes du buzzer final puis un deuxième, sa réplique exacte, pour entrer dans la légende monégasque et du championnat. L’AS Monaco est enfin allée au bout de sa quête, enfin là où elle rêvait d’être depuis son retour au plus haut niveau en 2015 : le club de la Principauté est champion de France ! Le début d’une dynastie ?

À Roland-Garros,

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