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Badalone, ambiance, spectacle, ambitions : où en est vraiment la Basketball Champions League après 10 ans ?

Dix ans après sa création, la Basketball Champions League continue de grandir dans l’ombre de l’EuroLeague. À Badalone, où BeBasket était présent pour le Final Four 2026 remporté par le Rytas Vilnius, la compétition a confirmé ses progrès en matière d’organisation, d’ambiance et de produit global. Mais aussi les limites qui l’empêchent encore de changer de dimension.
Badalone, ambiance, spectacle, ambitions : où en est vraiment la Basketball Champions League après 10 ans ?

Rytas Vilnius a remporté la 10e saison de la BCL, le samedi 9 mai 2026

Crédit photo : FIBA
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La Basketball Champions League voulait marquer le coup pour ses dix ans. À Badalone, la FIBA a sans doute réussi son pari sur la forme. Sur le fond, le Final Four 2026 a aussi rappelé tout ce qui fait aujourd’hui la force… et les limites de cette compétition née en 2016.

Le point culminant du week-end restera évidemment la finale remportée par le Rytas Vilnius contre l’AEK Athènes. Menés de 20 points dans le troisième quart-temps, les Lituaniens ont totalement renversé la rencontre avant de s’imposer après prolongation pour décrocher leur premier titre en BCL. Une finale spectaculaire, dans une vraie ambiance de basket européen.

Badalone et Athènes, des villes qui respirent basket

Après un Final Four sans véritable public à Belgrade en 2024, la BCL a retrouvé des terres favorables. À Athènes en 2025 puis à Badalone cette année, le public a répondu présent. Les supporters du Rytas Vilnius ont été nombreux et particulièrement bruyants, tandis que ceux de l’AEK Athènes ont longtemps porté leur équipe avant de se refroidir au fil de la remontée adverse.

La mythique salle olympique de Badalone n’est pourtant pas moderne. Peu d’espaces VIP, une enceinte vieillissante, mais une vraie identité basket. Et surtout du monde durant tout le week-end, malgré l’absence de la Joventut au Final Four. Sans être pleine, l’enceinte a offert une atmosphère crédible et vivante, loin des images parfois creuses aperçues ailleurs.

Dans les tribunes comme dans la ville, le basket était omniprésent. Et si Vilnius confirme l’organisation du Final Four 2027, la BCL pourrait encore bénéficier d’un contexte populaire favorable.

Un produit visuel désormais au niveau de l’EuroLeague

Sur l’organisation pure, difficile de trouver beaucoup de critiques. Jeux de lumière, habillage sonore, présentations des équipes, cérémonie des trophées : la BCL maîtrise parfaitement son produit événementiel. La remise des récompenses des dix ans de la compétition, organisée dans un théâtre du centre-ville et co-animée par Chloé Westelynck, a particulièrement marqué.

Même constat sur la production audiovisuelle. Images, contenus réseaux sociaux, captation : la qualité proposée par la BCL est devenue une référence. Visuellement, la compétition n’a plus grand-chose à envier à l’EuroLeague.

La FIBA continue clairement d’investir pour développer sa compétition, avec une approche presque “start-up” dans la manière de communiquer et de mettre en scène son produit.

Sportivement, une compétition crédible… mais encore confidentielle

Sur le terrain, le niveau continue aussi de progresser. Objectivement, le Top 16 de la BCL peut sembler plus compétitif que celui de l’EuroCup. Et surtout, la formule crée énormément d’enjeu. Entre la phase de groupes, les play-in, le Top 16 puis les quarts de finale au meilleur des trois manches, chaque rencontre compte réellement. Seul bémol, le nombre de matches garantis pour les clubs engagés, qui cherchent des recettes billetteries supérieures.

À l’inverse, l’EuroCup souffre parfois de saisons régulières longues avec des matches sans réel enjeu.

Cette année, les clubs espagnols habitués des sommets ont d’ailleurs déçu. Malaga et Tenerife sont passés à côté de leur demi-finale, preuve que l’écart se réduit progressivement.

Mais malgré ces progrès, la BCL reste confrontée au même problème : le manque de stars et de grandes locomotives européennes. Avec la future NBA Europe dans le paysage, certains imaginaient déjà des clubs comme l’ASVEL, le Real Madrid ou Fenerbahçe rejoindre la BCL en 2026-2027, dans une année de transition. Ce ne sera pas encore le cas l’an prochain.

La BCL progresse donc, par étapes. L’événement est réussi, les clubs engagés peuvent s’y épanouir et l’expérience vécue à Badalone a confirmé cette impression. Mais dix ans après sa création, la compétition reste encore confidentielle auprès du grand public européen. Jusqu’à ce qu’elle devienne la C2 de la NBA continentale ?

La salle de Badalone a tourné à près de 10 000 spectateurs de moyenne sur tout le week-end à Badalone
La salle de Badalone a tourné à près de 10 000 spectateurs de moyenne sur tout le week-end à Badalone
Image Gabriel Pantel-Jouve
Gabriel Pantel-Jouve est le fondateur et rédacteur en chef de BeBasket, qu’il anime depuis 2010 (sous le nom de Catch & Shoot). Passé par l’Ecole Publique de Journaliste de Tours, puis deux universités en Amérique du Nord, il a pu développer son expertise sur le basket français, de la Ligue Nationale aux divisions amateurs, durant ces 20 dernières années. En parallèle, il est aussi engagé dans le développement de clubs du côté de Montpellier.

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