Evan Fournier raconte son doublé 2026 avec l’Olympiakos sur le plateau de First Team : « J’avais envie de gagner plus pour les autres que pour moi »

Evan Fournier sur le plateau de First Team
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À partir de 5€Essai gratuitSacré champion d’Europe puis champion de Grèce avec l’Olympiakos au printemps 2026, Evan Fournier (1,98 m, 33 ans) a vécu la saison collective la plus aboutie de sa carrière en club. Invité de First Team, l’arrière français est revenu en détail sur ce doublé, l’atmosphère unique du Final Four organisé à Athènes, la difficulté de se remobiliser pour les finales du championnat grec et l’attachement qu’il a développé envers les supporters du club du Pirée.
« J’avais envie de gagner plus pour les autres »
Deux ans après son retour en Europe, Evan Fournier estime avoir trouvé une seconde maison en Grèce. L’ancien joueur NBA revient sur son arrivant, révélant au passage qu’il était un peu aviné le soir où le manager général l’a appelé au sujet de sa potentielle arrivée. Il explique ensuite avoir été immédiatement adopté par les supporters de l’Olympiakos, depuis son arrivée à Athènes jusqu’à cette saison historique. « Ils m’ont accepté comme l’un des leurs et j’aurais fait une énorme erreur de ne pas faire ce move-là. »
Au moment d’aborder le Final Four 2026, disputé dans une OAKA largement acquise à la cause de l’Olympiakos, le Francilien décrit un groupe beaucoup plus serein que celui battu un an plus tôt en demi-finale. « Les deux semaines qui ont précédé le Final Four, le groupe était serein, déterminé. Les entraînements étaient comme d’habitude, juste un peu plus intenses. »
Élu MVP du Final Four après la victoire finale, l’ancien joueur de Denver, Orlando, Boston, New York et Détroit assure pourtant n’avoir jamais pensé à cette distinction individuelle. « Je ne pense jamais à ce genre de choses. Cette année, c’est la première fois où j’avais envie de gagner plus pour les autres que pour moi. »
L’international françois explique avoir ressenti le poids de l’attente de tout un club. « Tu sens que c’est tellement important pour les supporters, pour le coach, pour les propriétaires… Tu veux leur offrir ce titre. »
🎙️ «La finale de l'EuroLeague et la célébration ? Sans les vidéos, je n'en ai aucun souvenir !»
Evan Fournier revient sur ses titres avec l'Olympiakos dans son Entretien, à retrouver sur notre chaîne YouTube. 📺 pic.twitter.com/Jjyc2yyylo
— First Team (@FirstTeam101) July 17, 2026
Le plus dur ? Repartir au combat contre le Panathinaïkos
L’euphorie de la victoire européenne n’a pourtant laissé que très peu de répit à l’Olympiakos. Quelques jours plus tard débutaient les playoffs du championnat grec, avec une finale contre le rival historique, le Panathinaïkos. Pour Evan Fournier, c’est probablement le défi mental le plus compliqué de toute la saison. « Tu as le sentiment d’avoir accompli quelque chose. Tu n’es plus dans cette faim de courir après un objectif. C’était vraiment compliqué de se remettre dedans. »
Le joueur formé à Charenton souligne le rôle déterminant de son entraîneur dans cette transition. « Le coach a fait un gros travail de préparation mentale. Beaucoup de joueurs étaient encore dans les célébrations, ce qui est normal. » Il considère d’ailleurs que cette finale Olympiakos – Panathinaïkos est la plus difficile d’Europe. « En termes de basket et d’ambiance, je pense que c’est la finale la plus méchante d’Europe. »
Le débat de la rédaction · À vous de trancher Evan Fournier va-t-il regagner l'EuroLeague avec l'Olympiakos d'ici 2028 ?
Dans la foulée de ce doublé, Evan Fournier a du renoncer à venir en équipe de France pour les deux matches de qualification pour la Coupe du monde 2027, contre la Belgique et la Finlande. Il était tout simplement cuit, comme il l’a expliqué au staff des Bleus et son sélectionneur Frédéric Fauthoux, forcément déçu.
Un premier grand titre qui en appelle d’autres
Cette victoire en EuroLeague constitue le premier grand titre professionnel de la carrière d’Evan Fournier. Un accomplissement qui prend une dimension particulière après douze saisons passées en NBA. L’ancien pensionnaire du Pôle France reconnaît avoir peu de souvenirs précis de la soirée du sacre. « Tous les bruits dans ma tête se sont arrêtés. C’était juste du plaisir. Si je n’avais pas les images, je me rappellerais très peu du match. »
Quelques heures plus tard, les célébrations dans les rues d’Athènes se sont prolongées jusqu’au petit matin. « On a terminé la parade à 8 heures du matin. Il y avait encore 100 000 personnes dehors à 7 heures. J’ai vécu quelque chose d’exceptionnel. »
Ce doublé EuroLeague – championnat de Grèce vient confirmer la réussite du pari tenté par Evan Fournier à l’été 2024, lorsqu’il avait choisi de quitter la NBA pour rejoindre l’Olympiakos.
Son retour en équipe de France en ligne de mire
Evan Fournier n’a plus porté le maillot de l’équipe de France depuis la finale des Jeux olympiques de Paris 2024. Initialement attendu lors de la première fenêtre internationale de l’été, l’arrière de l’Olympiakos a finalement déclaré forfait après avoir prévenu Boris Diaw et Freddy Fauthoux. Épuisé physiquement et mentalement au terme de sa saison en Grèce, il ne se voyait pas repartir seulement quelques jours après les finales. Une décision que le nouveau sélectionneur a acceptée, même si Fournier a reconnu avoir senti sa déception. « Freddy était déçu quand même. Tu sentais qu’il était un peu déçu, énervé. Je le comprends », a-t-il expliqué, en assurant qu’il comptait réellement rejoindre les Bleus lorsqu’il s’était engagé auprès du technicien. « C’est juste que la saison a fait qu’à ce moment-là, j’étais cramé. » L’absence n’a toutefois pas diminué son envie de revenir : en suivant les entraînements et les matches de la sélection, le numéro 10 a confié que l’équipe de France commençait à lui manquer.
L’ancien joueur de Nanterre et Poitiers doit désormais découvrir le fonctionnement de Freddy Fauthoux, avec lequel il n’a encore jamais travaillé en sélection. Les deux hommes ont déjà pris le temps d’échanger autour d’un repas en Grèce, lorsque le technicien français s’était déplacé dans la région d’Athènes pour une rencontre d’EuroCup face à Panionios. Leur discussion a principalement porté sur la précédente campagne internationale et sur la vision du sélectionneur, sans entrer dans les systèmes ou les choix tactiques. Fournier espère maintenant rencontrer l’ensemble du staff et retrouver un groupe qu’il n’a plus fréquenté depuis deux ans.
À 33 ans, le champion d’Europe avec l’Olympiakos sait également que son statut a changé. Avec Rudy Gobert, il appartient désormais aux joueurs les plus expérimentés de la sélection. Fournier rappelle que leur véritable installation chez les Bleus remonte à la campagne de 2014, même si Heurtel avait déjà été appelé l’année précédente sans bénéficier d’un rôle important. Durant leurs premières années internationales, les trois joueurs avaient été accompagnés par les cadres de l’époque. Boris Diaw, Florent Piétrus et Mickaël Gelabale les avaient progressivement préparés aux exigences des grandes compétitions. « On a été un peu couvés par Boris, par Flo, par Mike. Tu grandis, tu accumules de l’expérience, tu vois comment ça se passe, tu fais des résultats et tu apprends beaucoup », a raconté Fournier.
Cette transmission s’était ensuite poursuivie avec Nicolas Batum et Nando De Colo, devenus à leur tour les références du vestiaire. Le cycle s’est désormais inversé : Fournier et Gobert doivent transmettre leur expérience aux nombreux jeunes joueurs arrivés en équipe de France. L’arrière de l’Olympiakos estime que cette responsabilité sera importante pour encadrer une génération talentueuse, mais encore peu habituée aux grandes échéances internationales. « Il y a beaucoup de jeunes talentueux qui n’ont pas encore vécu de grosses échéances comme ça. »
Même avec son potentiel, l’équipe de France devra d’abord se construire. Evan Fournier rappelle que seuls trois ou quatre joueurs présents aux Jeux olympiques de Paris 2024 sont encore là (Rudy Gobert, Victor Wembanyama, Guerschon Yabusele, Bilal Coulibaly, Matthew Strazel et lui). À ce renouvellement de l’effectif s’ajoute l’arrivée d’un nouveau staff autour de Freddy Fauthoux. « Il n’y a pas une continuité dans le sens où on sait déjà comment on va jouer, où on connaît déjà nos systèmes offensifs et notre système défensif. C’est un gros changement quand même. », estime Fournier. La prochaine fenêtre internationale devra donc permettre aux joueurs de se découvrir et d’assimiler les principes du sélectionneur, alors que les Bleus disposeront de peu de temps pour préparer la Coupe du monde 2027.
Avant ce Mondial au Qatar, Evan Fournier ne se projette pas encore sur les Jeux olympiques de Los Angeles en 2028. L’arrière rappelle toutefois que rien n’est acquis et que les Bleus devront d’abord décrocher leur billet pour la Californie. « Ça me gonfle la façon dont on parle sur la France qui va taper Team USA aux JO… Faut qu’on se qualifie déjà. Il y a de très grosses équipes, le Canada ils vont vouloir nous écraser à chaque fois qu’il nous croise, coach Herbert – qu’on a battu avec l’Allemagne – aussi », glisse-t-il avec le sourire. Malgré son passé récent glorieux, ses talents, l’équipe de France doit repartir à zéro ou presque.





























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