ITW Pape Diop (Vichy), de la NM2 au Top 4 de l’ÉLITE 2 : « J’ai passé un cap dans mon jeu »

Pape Diop explose cette saison avec Vichy
L’accession aux demi-finales de la Leaders Cup et une place toujours solide dans le haut du classement à mi-saison : le début d’exercice de Vichy valide les ambitions affichées à l’intersaison. Dans un championnat dense et relevé, Pape Diop (2,04 m, 30 ans) incarne cette stabilité collective, tout en franchissant un cap individuel après une première saison d’adaptation en ELITE 2 pour celui qui a démarré son parcours en France en… Nationale 2 (NM2).
Un début de saison conforme aux objectifs
À l’heure du premier bilan, la satisfaction domine du côté de Vichy. La qualification pour le dernier carré de la Leaders Cup vient confirmer une dynamique déjà installée en championnat.
« Je suis satisfait, et on est satisfaits aussi avec l’équipe, les dirigeants et le staff. Notre objectif, c’était de rester dans le top 4 jusqu’à la fin de saison. À mi-saison, on est à une victoire de l’objectif et qualifiés pour la Leaders Cup, donc on est dans les clous », explique l’ailier.
Un résultat d’autant plus significatif au regard du contexte budgétaire, dans un championnat où la profondeur d’effectif et la régularité font souvent la différence sur la durée.
Un cap franchi après une saison d’apprentissage
Sur le plan individuel, Pape Diop reconnaît avoir changé de dimension. Sa première saison en ELITE 2 avait servi de phase d’adaptation, marquée par des ajustements nécessaires face à l’exigence du niveau.
« J’ai le sentiment d’avoir passé un cap dans mon jeu. L’an dernier, c’était difficile au début parce que je découvrais l’ELITE 2, il y avait beaucoup de choses à apprendre », confie-t-il.
Le travail ciblé sur ses lacunes, combiné à une confiance grandissante du staff, a progressivement porté ses fruits, notamment lors de la deuxième partie de saison précédente et des playoffs. « J’ai beaucoup travaillé, identifié là où je pouvais progresser. Et le coach a été patient avec moi, il m’a donné du temps ».
Un rôle plus important dans le groupe
Cette progression se traduit aujourd’hui par une responsabilisation accrue. Temps de jeu, impact sur le terrain, mais aussi rôle auprès des plus jeunes : Diop s’inscrit désormais comme un élément structurant du collectif. « Cette année, je suis plus responsabilisé. Je suis là aussi pour aider les jeunes à progresser avec le peu d’expérience que j’ai ».
Une évolution logique dans un effectif mêlant jeunesse et cadres, où l’exigence quotidienne reste la norme.
Une relation forte avec le coach
Arrivé pratiquement en même temps que son entraîneur, Dounia Issa, Pape Diop souligne la qualité du lien construit avec lui, sur et en dehors du terrain. « Il m’a parlé du projet, de ce qu’il attendait de moi et de ce qu’il voyait en moi. C’est pour ça que j’ai signé. On a de très bonnes relations », raconte-t-il.
Cette confiance mutuelle s’est révélée déterminante, notamment dans les périodes plus délicates, lorsque la patience et la pédagogie ont pris le relais. « Il m’a donné du temps et il a été patient avec moi. Il savait ce dont j’étais capable et il m’a laissé le temps de m’adapter ».
Un parcours construit étape par étape
De la Nationale 2 à Joeuf-Homecourt (un tremplin pour plusieurs internationaux sénégalais) à l’ELITE 2, le parcours de Pape Diop s’inscrit dans une progression linéaire, sans brûler les étapes. Arrivé en France après l’AfroBasket 2021, il a d’abord dû convaincre. « Beaucoup de coachs ne voulaient pas de moi. Ils préféraient un joueur déjà en France », se souvient-il.
La confiance accordée par ses premiers entraîneurs lui permet de s’installer, puis de confirmer à Andrézieux-Bouthéon en Nationale 1 (de 2022 à 2024) avant de rejoindre Vichy, où il dispute désormais sa deuxième saison.
𝗠𝗩𝗣 𝗗𝗨 𝗠𝗔𝗧𝗖𝗛 🔝
Le carton du soir est signé Pape Moustapha Diop dans la raquette ☄️
24 PTS | 4 RBDS | 28 D’ÉVAL #ELITE2 x @jav_basket x #Basketball pic.twitter.com/sq0EgqAi76
— ÉLITE 2 (@ELITE2_officiel) September 18, 2025
La blessure, un tournant discret
Freiné par une blessure à l’adducteur en début de saison, l’ailier passé par Kalev Tallinn en 2018-2019 avant de revenir au Sénégal a su transformer cette période d’arrêt en opportunité. « Je suis resté presque un mois sans jouer. Je suis parti au Sénégal, j’en ai profité pour courir sur la plage et me préparer ».
Un retour progressif, encadré par le staff, qui marque le véritable lancement de sa saison. « Quand je suis revenu, c’est là que ma saison s’est lancée ».
Un tir longue distance en progrès
Avec des pourcentages élevés à 3-points malgré un volume mesuré (50% à 3-points pour 1,8 tentative par match), Diop assume une progression ciblée sur ce secteur, travaillée en profondeur durant l’été. « C’était le point qui me manquait. J’ai beaucoup bossé avec l’équipe nationale et individuellement sur la gestuelle et le rythme ».
À Vichy, le travail se poursuit quotidiennement, avec une approche pragmatique. « Je prends ce que le jeu me donne. L’essentiel, c’est d’être prêt et concentré quand les tirs arrivent ».
Un collectif soudé et une identité défensive forte
Pape Diop met en avant la cohésion du groupe et l’exigence défensive qui font la force de la JAV, avec des leaders naturels qui donnent le ton, à l’image de Jordan Shepherd.
« C’est un joueur qui est toujours là à rigoler avec les gens, qui partage avec l’équipe. Jamais tu le vois s’énerver ou montrer de la frustration, même quand il n’a pas la balle », souligne-t-il.
Une mentalité collective qui s’exprime pleinement sur le terrain. « On a un bon groupe, il n’y a pas de différence d’âge. Et la défense, c’est notre force : on est la première défense du championnat ». Un socle solide qui permet à Vichy de rester performant face à des équipes aux moyens supérieurs.
Un club engagé dans la vie locale
Très investi dans les actions extra-sportives du club, Pape Diop souligne l’importance du lien avec la communauté locale et le rôle éducatif que les joueurs peuvent avoir auprès des plus jeunes. « On va dans les écoles, dans les prisons, on échange avec les jeunes. C’est important pour leur montrer qu’on peut se concentrer sur les études et le sport », explique-t-il.
Au-delà de la présence, le message porté est clair. « Si tu es jeune, que tu fais du sport et que tu te concentres sur tes études, tu n’as pas le temps d’aller faire n’importe quoi dehors ».
Un engagement qui dépasse le cadre du terrain et participe pleinement à l’identité de ce club très renommé sur son territoire.
Objectifs clairs pour la suite
À l’approche de la phase retour, l’ailier sénégalais affiche un discours mesuré mais ambitieux. « La deuxième partie de saison sera plus dure. Il faudra rester concentrés et pourquoi pas assurer une place directe en playoffs ».
Sur le plan personnel, la priorité reste la continuité. « Apporter encore plus à l’équipe, garder ce niveau, et pour la suite, on verra après la saison ».
Une approche posée, à l’image d’un joueur désormais pleinement installé dans son rôle, et dont la trajectoire continue de se construire progressivement.
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