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Les longues confessions d’Élie Okobo : « Je veux être reconnu comme un winner »

Âgé de 28 ans, Élie Okobo s’est livré comme jamais dans le podcast Euro Insiders. De sa Draft NBA à son obsession de la victoire, de son step-back à l’équipe de France, de la frustration de ne pas avoir disputé les Jeux olympiques de Paris à sa vie de jeune papa, le meneur de l’AS Monaco, entré dans son prime, a balayé sans filtre tous les moments forts de sa carrière.
Les longues confessions d’Élie Okobo : « Je veux être reconnu comme un winner »

Désormais âgé de 28 ans, favori pour le titre de MVP de Betclic ELITE, Elie Okobo est entré dans son prime

Crédit photo : Sébastien Grasset

Élie Okobo entre dans son prime. À 28 ans, le meneur/arrière de l’AS Monaco (né le 23 octobre 1997) n’a pas seulement empilé les highlights : pendant plus d’une heure, il s’est livré comme rarement dans le podcast Euro Insiders, animé par Alexandre Maticiuc et Benedikt Maukner.

Draft NBA, step-back, équipe de France, frustration des Jeux de Paris 2024, obsession de la victoire, épisode du doigt d’honneur à Nanterre… et sa vie de père : Okobo a tout posé sur la table. Élie Okobo, c’est d’abord une promesse simple, répétée comme un mantra : « Je veux gagner. Je veux gagner au plus haut niveau. On vise un titre en EuroLeague. On vise des titres. »

Gagner, encore gagner : « Je veux être reconnu comme un winner »

L’entretien démarre sur une ligne directrice limpide : Okobo ne veut plus être résumé à un style, une patte, un move. « Je ne veux pas être juste “le mec qui peut scorer”, “il a un step-back cool”, “il est gaucher”… Je veux gagner au plus haut niveau et avoir une grande carrière. »

Et quand on lui demande ce qu’il veut laisser, un jour, quand tout sera terminé, la réponse est sans détour : « Être reconnu comme un winner. Un tueur. Sur le terrain. »

Dans cette quête, Monaco est présenté comme l’environnement idéal : ambitions XXL, pression permanente, et une mission claire. « On vise le Final Four, l’avantage du terrain (en playoffs)… on vise le titre en EuroLeague. » Et ce malgré les bruits extérieurs, autour de la situation de Monaco, avec des victoires encore retirées cette saison dans le championnat de France.

« C’est frustrant… Tu bats une équipe et ensuite on t’enlève une victoire pour une raison X. Mais notre boulot, c’est de se concentrer sur le terrain… et d’aller chercher des titres. »

Le prime à 28 ans : « Plus mature, plus calme, plus lucide »

Okobo raconte une version de lui-même différente de celle du gamin de Phoenix : moins dans l’urgence, plus dans la maîtrise.

« Là, je suis définitivement plus mature. Je comprends mieux le jeu, comment tout fonctionne sur et en dehors du terrain… avec plus de maîtrise, plus de tout. J’avais 20 ans là-bas, j’en ai 28 aujourd’hui. »

Il résume sa progression comme une gestion des chutes autant que des pics :

« Tu dois être mature quand tu réussis. Tu dois être encore plus mature quand tu échoues. Quand ça se passe mal : est-ce que tu vas être immature, pleurer dans ton coin, ne pas demander d’aide… ou est-ce que tu vas tout faire pour passer au-dessus et devenir meilleur ? »

Être papa : « Tu rentres à la maison, ils s’en fichent de tes points »

C’est l’un des passages les plus forts : sa paternité comme bascule émotionnelle, comme ancrage quotidien.

« Je suis beaucoup plus chill maintenant, à la maison, dans la vie. Sur le terrain tu compétitions, mais voir mes enfants en tribunes qui encouragent “Papa”… c’est un sentiment incroyable. »

Et surtout, cette phrase qui dit tout de la perspective :

« Tu rentres à la maison, que tu aies gagné ou perdu, mis 30 points ou zéro… eux, ils sont juste heureux de te voir. »

Alors, plus dur d’être basketteur ou d’être père ?

« Père. Tu dois encore plus te contrôler. Je peux m’énerver, être frustré, parler un peu à l’arbitre… mais je ne peux pas crier sur mon fils. Tu dois être patient. La patience, c’est la clé. »

Draft NBA : refuser Boston et Brooklyn pour “tenter le rêve”

Okobo revient longuement sur la période de la Draft, les workouts à la chaîne, l’intensité “à mort” des journées testées, mesurées, scrutées. « Les gens pensent que c’est juste un workout… mais non. Il y a les tests physiques, les examens, parfois on te dit : “On va faire une IRM.” Et ensuite tu dois performer. »

Le passage le plus dingue : il explique avoir demandé à son agent de dire à Boston et Brooklyn de ne pas le drafter (même avec une possibilité de contrat garanti) pour vivre “vraiment” l’expérience américaine dès la saison suivante. « Je voulais être aux États-Unis… même si c’était la G-League. Je voulais y aller et le faire. Alors j’ai dit à mon agent : “Dis-leur de ne pas me drafter.” »

Finalement, son nom sort au début du deuxième tour, et il raconte l’instant comme un film. « C’était surréaliste… toute ma famille était là. Descendre les escaliers, serrer des mains, mettre la casquette… Je repensais à tout : d’où je viens, l’école, mes parents… et là je suis à New York en costume. »

“Welcome to the league” : LeBron… puis Harden et Chris Paul

Deux scènes restent gravées dans ses souvenirs NBA. La première : l’arrivée de LeBron James à l’échauffement lors d’un match contre les Lakers.

« À un moment, la salle devient folle… je tourne la tête et LeBron sort du tunnel. Je me suis dit : “Oh mon Dieu… je vais jouer contre un des GOAT.” »

La seconde : un moment plus brut, presque comique, face au backcourt de Houston.

« Le coach me dit : “Ok, tu vas défendre Chris Paul.” Première action, turnover… je cours en défense… je me retrouve devant James Harden et je cherche Chris Paul. Je me dis : “Je veux pas défendre ce gars-là.” Et là… “welcome”. »

Le step-back : « Je l’endors définitivement »

La discussion bascule sur son move signature. À la question “le move le plus dur à défendre” entre son step-back et le side step de son coéquipier Mike James, l’ancien gamin des JSA Bordeaux ne tremble pas. « Mon step-back. Parce que j’endors (le défenseur). »

Il explique ce qui le rend si difficile : le rythme, les lectures, les contres.

« Le défenseur saute deux ou trois fois parce qu’il n’arrive pas à me timer. (Je dribble) Entre les jambes, je peux accélérer et driver… s’il recule, je step-back. C’est létal. »

Et il raconte aussi comment ce move est venu : d’abord travaillé dans l’ombre, avant d’être autorisé par la confiance des coaches. « Quand tu atteins un certain niveau et que le coach te fait un peu plus confiance… tu commences à sortir ces moves en match. Ça prend du temps. »

L’équipe de France et la plaie des Jeux : « J’étais très en colère »

Forcément, le sujet équipe de France arrive. Et là, Okobo parle de frustration, de confusion de rôle, et surtout du vide laissé par Paris 2024. « J’étais très en colère… La discussion qu’on avait eue au début du stage et la fin, c’était l’opposé total. C’était très frustrant. »

Il raconte l’instruction initiale : « On m’a dit : “On sait que tu es très bon offensivement, on en aura peut-être besoin. Mais pendant le stage, on veut te voir défendre, bouger la balle vite, pousser le rythme, verrouillé (tes vis à vis) en défense.” Et je faisais exactement ça. »

Puis l’incompréhension au moment de trancher : « Et après on ne te prend pas pour cette raison… alors que tu me l’as demandé pendant un mois. »

Sur les Jeux, il assume la douleur… tout en reconnaissant le résultat final. « J’étais très frustré de ne pas participer aux Jeux… Mais ils sont allés en finale, ils ont eu l’argent, et le coach a été élu coach du tournoi. »

Il glisse aussi un détail fort : il était dans les tribunes au dernier carré et en finale, à Paris. « J’y suis allé : j’adore le basket, je voulais voir les meilleurs jouer le meilleur basket. USA-Serbie était incroyable… et France-Allemagne puis la finale, c’était super à voir. »

Et sur la relation avec Vincent Collet, il évoque un échange téléphonique “utile” pendant la saison 2023-2024, même si tout n’a pas été simple au départ après la Coupe du monde 2023 à Jakarta, et la fameuse phrase lors d’un temps-mort.

Le doigt d’honneur à Nanterre : « J’ai explosé, c’était mauvais »

Le tempérament d’Elie Okobo a souvent été difficile à décrypter. Calme, discret, il s’est aussi fait remarquer à l’occasion, pas toujours pour de bonnes raisons. L’an passé, son doigt d’honneur en direction des arbitres après une expulsion à Nanterre lui a valu une suspension. L’affaire avait été jugée “inacceptable” par son coach de l’époque, et Okobo avait été sanctionné ensuite.

Dans le podcast, il le raconte comme un mois de trop-plein.

« Janvier de l’an dernier a été très dur pour moi. J’avais mal au genou, je n’étais pas à 100%, je ne performais pas comme je voulais… c’était beaucoup. Et j’ai explosé. Ce geste est arrivé. C’était mauvais. »

Puis l’après, la claque, la prise de conscience. « Quand je suis rentré au vestiaire… je voyais les notifications, c’était une claque. »

Et la discussion avec son coach, cash : « Il m’a regardé et m’a dit : “Qu’est-ce que tu fais ?” Ensuite il m’a expliqué : “Tu dois contrôler ça, tu es un leader, on a besoin de toi sur le terrain, tu dois montrer l’exemple.” »

Okobo affirme avoir tourné la page. « Cette année, je n’ai pas pris de technique… j’essaie de parler correctement aux arbitres, à mes coéquipiers… et de me concentrer sur gagner. »

À 28 ans, Élie Okobo ne renie rien de son passé, mais il l’assume avec une lucidité nouvelle. Les excès, les frustrations et les incompréhensions ont laissé place à un joueur plus posé, conscient de son rôle et de ce qu’il doit incarner sur un terrain. Loin de l’image parfois réductrice du scoreur instinctif, il se définit désormais par sa capacité à contrôler ses émotions et à peser sur la victoire. Entré dans son prime, le meneur monégasque avance avec une obsession claire : gagner, encore et toujours, et inscrire son nom au palmarès au plus haut niveau européen pour sa quatrième saison à Monaco et la deuxième partie de sa carrière professionnelle.

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Image Gabriel Pantel-Jouve
Gabriel Pantel-Jouve est le fondateur et rédacteur en chef de BeBasket, qu’il anime depuis 2010 (sous le nom de Catch & Shoot). Passé par l’Ecole Publique de Journaliste de Tours, puis deux universités en Amérique du Nord, il a pu développer son expertise sur le basket français, de la Ligue Nationale aux divisions amateurs, durant ces 20 dernières années. En parallèle, il est aussi engagé dans le développement de clubs du côté de Montpellier.