« On faisait des réunions de crise en étant premiers » : Pape-Philippe Amagou raconte la folie du Limoges CSP chez Mauvaise Lang

Pape-Philippe Amagou est revenu sur des moments marquants de sa carrière, au micro de Nicolas Lang
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À partir de 5€Essai gratuitDans le dernier épisode du podcast Mauvaise Lang, animé par l’ailier de Limoges Nicolas Lang (1,96 m, 36 ans), l’invité n’est autre qu’une figure emblématique de la Betclic ÉLITE : Pape Philippe Amagou (1,85 m, 41 ans). Surnommé avec humour « l’Albert Einstein du basket français » pour son intelligence de jeu et son parcours académique, l’ancien international ivoirien a profité de cet échange pour retracer un parcours marqué par une exigence rare et une capacité d’anticipation remarquable.
Un début de carrière fulgurant
Si Amagou a commencé le basket relativement tard, vers 11 ans, sa progression a été météorique, signant son premier contrat pro au Mans à seulement 17 ans. C’est à cet âge qu’il vit l’une des anecdotes les plus folles de sa carrière : jongler entre les playoffs et le baccalauréat.
« Le vendredi, je passe le bac de philo. En même temps, un sponsor a la gentillesse de mettre un jet privé à ma disposition pour que je puisse rejoindre l’équipe à l’ASVEL », se remémore-t-il. Après avoir joué le match sous les yeux de sa professeure stupéfaite devant sa télévision, il était de retour le lundi matin, pour les épreuves suivantes.
Reconnu pour sa défense, Pape-Philippe Amagou a pourtant dû apprendre le « vice » lors de son passage à Kavala, en Grèce, en 2009. Son coach de l’époque l’avait pris à part : « Tu vas trop vite et tu laisses les joueurs te faire des fautes sans rien montrer à l’arbitre ». Amagou a alors travaillé spécifiquement à l’entraînement pour provoquer et accentuer les contacts, une compétence qui fera de lui l’un des joueurs les plus provocateurs de lancers-francs du championnat français à son retour.
Nancy puis Limoges, la découverte de l’abnégation et du mental
Sa carrière est également jalonnée de titres, mais aussi d’une pression constante. À Nancy, il découvre l’exigence d’un club qui sort de trois finales perdues. Une anecdote illustre parfaitement cette atmosphère : à peine arrivé, son boulanger l’interpelle en bas de chez lui pour lui dire : « Ah Pape-Philippe, j’ai vu que vous avez signé… il faut aller en finale, hein ! ». Un défi relevé avec brio puisqu’il décrochera le titre de champion de France 2008 avec le SLUC.
Son passage au CSP Limoges reste l’un des plus intenses. Il y vit des situations lunaires, comme ces « réunions de crise alors qu’on était premiers du championnat ». Sous la direction de Frédéric Forte, l’exigence était telle que même la victoire ne suffisait pas, si la manière manquait à Beaublanc. C’est aussi à Limoges, suite à une grave blessure à la cheville, qu’il découvre la préparation mentale. Ce qui n’était au départ qu’un outil pour lever des blocages psychologiques après sa blessure, est devenu l’un des piliers de sa performance et plus tard, de sa nouvelle vie.
Une après-carrière « sans petite mort »
Contrairement à beaucoup de sportifs qui subissent la fin de leur parcours, Amagou a orchestré sa sortie à 33 ans, juste après un ultime titre avec Le Mans en 2018. « Le risque n’en valait pas la chandelle pour deux saisons de plus », confie-t-il, alors qu’il souffrait à l’époque de douleurs chroniques au dos.
Alors il a décidé de ne pas forcer. Et d’anticiper sa reconversion dès ses 29 ans, en intégrant une business school. S’il soulevait encore des trophées, il préparait au même moment ses partiels, et passait des concours. Finalement, « Einstein » n’a jamais perdu le goût de l’école. Et cela paie : il commence à travailler chez Capgemini deux mois seulement après son dernier match pro.
Aujourd’hui, en plus de ses activités de commentateur pour le diffuseur de la Betclic ELITE, il accompagne des athlètes et des chefs d’entreprise dans leur gestion mentale, convaincu que les « soft skills » du sport sont des armes redoutables dans le monde du business. Son dernier conseil pour la jeune génération ? « Anticiper, anticiper, anticiper. Ne pas se fixer de barrières ». Car pour Pape-Philippe Amagou, le terrain n’était que le premier chapitre d’une vie de performance.




























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