Passé de la Betclic ÉLITE à… des missions d’intérim, Boris Bourichon refait surface en Nationale 2 !

Boris Bourichon a disputé 16 matchs de Betclic ÉLITE la saison dernière avec le Stade Rochelais
Ce n’était clairement pas le plan… Alors qu’il jouait encore 23 minutes en mai dernier face à l’AS Monaco du duo Strazel – Calathes (7 points à 3/5, 3 rebonds, 1 passe décisive et 3 interceptions), Boris Bourichon (1,88 m, 22 ans) a refait surface en ce début d’année 2026 avec un promu de… Nationale 2 : le Venelles Basket Club.
Avec l’équipe située en périphérie d’Aix-en-Provence, le natif de Royan a disputé deux matchs : face à la réserve de Saint-Vallier la semaine dernière (victoire 84-64) puis à Avignon samedi (88-83), pour une prestation jugée « assez complète » avec 13 points.
Le vrai-faux contrat à La Rochelle
Entre-temps, le jeune meneur a vécu une petite traversée du désert, découvrant les vices d’un milieu dont il était pourtant si éloigné il y a quelques années, lui qui n’était même pas avec les U18 France du Stade Rochelais. Mais il s’est fait connaitre en participant successivement au titre de champion de France Pro B 2024 du club charentais (14 apparitions), avant de bénéficier des malheurs du novice en Betclic ÉLITE pour s’offrir un temps de jeu inespéré (16 matchs, à 11 minutes de moyenne).

Le retour de La Rochelle en ÉLITE 2 aurait d’ailleurs dû permettre à la belle histoire entre Bourichon et son club formateur de se poursuivre. Mais à la mi-juillet, le jeune joueur a dû se rendre à l’évidence : il n’y signerait pas son premier contrat professionnel, malgré des négociations avancées.
« Le Stade Rochelais voulait me signer et me prêter en Nationale 1 », retrace-t-il. « J’étais OK pour cela, sauf que mes recherches n’ont abouti à rien. Aucun club de NM1 n’a voulu se lancer avec moi. Et pendant ce temps, la ligne arrière de La Rochelle était déjà pleine, avec Maxence Lemoine et Robert Ford. »
« Je l’ai un peu mal vécu »
Forcément un crève-cœur pour cet enfant du Stade Rochelais, qui a gravi tous les échelons au sein du club, des U11 à la Betclic ÉLITE… « Au mois d’août, je l’ai un peu mal vécu. Je faisais comme je pouvais. Heureusement que ma copine et mes parents m’ont soutenu de fou, à me dire que mon heure allait arriver. Je suis un jeune qui sort du cursus centre de formation : je devais montrer que je peux jouer à un certain niveau, que ce que j’ai fait en Betclic ÉLITE, Pro B ou Espoirs n’était pas inutile… C’était compliqué mais je me disais que ça allait tomber à un moment donné, que j’allais avoir un truc. »
Mais non, le téléphone n’a jamais fini par sonner. Des blessures en NM1 auraient pu lui permettre de remettre un pied dans le circuit mais il n’en fut rien. « J’attendais ce coup de fil tous les jours. Malheureusement, ce n’est pas moi qu’on prenait en pige médicale… »
𝐔𝐧𝐞 𝐩𝐞𝐫𝐟 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐦𝐞𝐢𝐥𝐥𝐞𝐮𝐫𝐞𝐬 𝐞́𝐪𝐮𝐢𝐩𝐞𝐬 𝐝’𝐄𝐮𝐫𝐨𝐩𝐞 🤩
Responsabilisé avec les pros, Boris Bourichon bat son record en carrière en Betclic ELITE contre Monaco 💪 pic.twitter.com/vMriMBFLPZ
— GOATOGUY (@goatoguy) May 13, 2025
Sportivement, Boris Bourichon s’est maintenu en forme en s’entraînant en forme avec la CTC Luçon – Ste Gemme (NM3) puis l’AS Niort Basket (NM2). Mais est venu un autre problème : celui des finances… Sans contrat depuis le 30 juin 2025, l’ancien de la Jeunesse Laïque Angérienne et de l’US Saintes n’allait pas tenir éternellement sur son maigre pécule de stagiaire pro. « La vie, ça coûte et j’avais besoin de sous », sourit-il.
Le bien-nommé Bourichon a dû retourner des sacs d’huîtres
En septembre, au lieu d’une équipe de Nationale 1, Boris Bourichon a donc pris la direction d’… Adéquat, une agence d’intérim. D’abord de la manutention, en installant des tableaux et des murs dans une école, « pas le plus amusant ». Ensuite, du street marketing pour le casino de La Rochelle. « Je devais faire en sorte de présenter le casino aux personnes dans la rue tout en les incitant à venir car il y avait une grosse offre à l’époque. »
Ensuite, cap sur l’île de Ré, avec un statut d’ouvrier nettoyeur, dans des conditions climatiques compliquées pendant deux semaines. « Je retournais des sacs d’huîtres en étant apprêté de grosses bottes et de vêtements de pluie. Ce job m’a beaucoup aidé mentalement car on travaillait en groupe de dix et on s’entendait très bien. Grâce à ça, j’ai pu trouver du plaisir malgré les intempéries pendant le travail. »
Enfin, le basketteur chômeur a rejoint l’entreprise Mandin Énergie pilotée par son beau-père. « On était trois dans un bâtiment et on devait installer des panneaux d’électricité, des bouches de ventilation, des plaques pour les prises électriques et les interrupteurs. »

Puis, plus rien… Fin des missions d’intérim à partir de la mi-novembre. « Vu qu’on était beaucoup, on devait tourner. » Dix semaines qui lui ont permis d’avoir un autre aperçu de la vile. « Cette expérience dans l’intérim m’a montré ce qui m’attend après le basket et ce n’est pas non plus chose simple », souffle-t-il. « C’était une période compliquée et chargée. Mentalement, ça a été dur mais je pense que j’ai été solide et que je m’en suis pas mal sorti… »
À Venelles pour rebondir
Heureusement, Boris Bourichon va pouvoir mettre les chantiers derrière lui pendant quelques temps étant donné qu’il a retrouvé un statut de basketteur. Désireux d’embaucher un nouveau meneur pour la suite de la saison, Venelles a fait appel à ses services. Loin de ses objectifs de NM1, forcément, mais le Charentais n’était plus dans la position de faire la fine bouche.

« J’espérais forcément jouer, au moins, en NM1. Mais ça ne s’est pas fait. Maintenant, je suis en Nationale 2 : le but est de rebondir pour monter le plus haut possible. Je suis très content d’être à Venelles. C’est une bonne équipe qui a de l’ambition, surtout pour un promu. Tout se passe bien pour l’instant. À mon basket de parler et de montrer que je peux performer dans cette division, à moi de prouver que je peux remonter en NM1… » Sans avoir à retourner manipuler des sacs d’huîtres cette fois…


























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