Affaire Monaco – LNB : Aurélien Fortier, président du SLUC Nancy dénonce une équité sportive « bafouée »

Le président du SLUC Nancy, Aurélien Fortier, s’est exprimé au sujet de l’aide de la LNB proposée aux joueurs de Monaco
Dans L’Est Républicain, Aurélien Fortier s’est exprimé sur la décision de la Ligue Nationale de Basket de proposer une « avance » à l’AS Monaco, confrontée à des retards de paiement envers ses joueurs. Une initiative estimée à environ 500 000 euros, qui interroge plusieurs dirigeants du championnat.
Première du classement, la formation monégasque avait menacé de ne pas se déplacer à Chalon-sur-Saône dimanche dernier, faute de salaires versés depuis plusieurs semaines. Pour éviter un boycott et ses conséquences sportives et économiques, la LNB aurait donc envisagé un versement direct aux joueurs.
« Je reste cependant dubitatif sur les modalités d’exécution… », souffle Aurélien Fortier. Une démarche qui, selon lui et d’autres clubs, n’a pas été débattue en comité directeur.
Une équité sportive remise en cause
Au-delà du montant évoqué, c’est surtout le principe qui inquiète le président du SLUC Nancy.
« Pour moi, la somme n’est pas la chose la plus importante. Ce ne sont certainement que des promesses, rien n’a encore été versé, car ils n’en ont certainement pas le droit. En dehors de tout cela, c’est surtout l’équité sportive qui, à mon sens, a été bafouée. La Ligue veut se sortir par le haut d’une situation qu’elle a créée. »
Pour Aurélien Fortier, l’enjeu dépasse largement le cadre monégasque. Il questionne la cohérence réglementaire et les conséquences à long terme pour l’ensemble des clubs de Betclic ELITE.
Le risque d’un effet domino économique
Le président nancéien rappelle qu’une grève effective aurait eu des répercussions immédiates. Une absence à Chalon-sur-Saône aurait par exemple entraîné une défaite sur tapis vert. Et si Monaco cessait de jouer, qu’adviendrait-il de la luxury tax, cette contribution versée en cas de dépassement du plafond salarial ?
« Si Monaco avait mis à exécution ses menaces de grèves par exemple dimanche dernier, Chalon l’aurait emporté sur tapis vert. Et si Monaco ne joue plus aucun match cette saison, qu’en sera-t-il du versement de la luxury tax ? »
Cette taxe bénéficie à la Ligue et aux autres clubs. Ne rien faire aurait donc également fragilisé l’économie du championnat.
« Ne pas chercher à trouver une solution aurait aussi eu des répercussions directes sur des évènements déjà programmés », tempère-t-il, en évoquant notamment la rencontre Nanterre 92 – Monaco programmée à Paris La Défense Arena le 15 février.
La DNCCG également pointée du doigt
Aurélien Fortier ne limite pas ses critiques à la LNB. Il met aussi en cause la DNCCG, l’organe de contrôle financier.
« C’est la DNCCG qui a accepté que Monaco soit dans ce championnat, malgré son insincérité des comptes connue depuis longtemps. Jusqu’à quand cela va durer ? Est-ce que Monaco, malgré le non-respect des règles, va continuer à être engagé dans ce championnat ? »
Les interrogations sont nombreuses : participation à la Leaders Cup (20-22 février), éventuelle exclusion des playoffs, organisation des play-in… Toute la fin de saison pourrait être impactée.
« La Ligue n’a pas voulu directement donner un coup de main à Monaco, mais l’a surtout fait pour préserver le championnat. Mais aussi et surtout pour éviter une catastrophe budgétaire », poursuit le dirigeant lorrain.
Reste désormais à savoir si la Principauté et les propriétaires du club reprendront rapidement la main sur ce dossier sensible. Faute d’accord ou de clarification, l’affaire pourrait encore fragiliser l’écosystème du championnat de France.
























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