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Du campagnard à l’escroc, Benoit Injai présente les champions de Rouen

Un an après sa relégation en Nationale 1, Rouen a validé son retour en Pro B, validant sa première place mardi au terme d'une finale officieuse contre Chartres. Rouennais d'originaire, capitaine du RMB, le capitaine Benoit Injai nous présente les champions de France NM1.
Du campagnard à l’escroc, Benoit Injai présente les champions de Rouen
Crédit photo : Baptiste Da Costa

L’image était belle. N°76 sur le dos (comme le département de la Seine-Maritime), lui l’enfant de Rouen, Benoit Injai (1,82 m, 26 ans) a soulevé le trophée de champion de France NM1 mardi devant un Kindarena en délire. « C’était une soirée de rêve », glisse-t-il, en écho à cette finale contre Chartres (93-79). L’instant avait surtout le goût de la rédemption après une saison 2021/22 en forme de catastrophe absolue en Pro B et un été passé à tergiverser : devait-il vivre une neuvième saison au sein de son club formateur, quitte à descendre d’un échelon ? Le temps est venu valider sa décision. « Le contraste est flagrant avec l’année dernière », acquiesce l’ancien minot de l’ASPTT Rouen. « Du début à la fin, ça avait été une saison galère et ça a été l’inverse là, nous avons eu une cohésion d’équipe qui s’est mise en place très vite. C’est super pour le club, cela faisait longtemps qu’il n’avait pas eu de trophée (depuis 2003). Surtout, cela permet à Rouen de remonter en Pro B, ce qui est la vraie place du club selon moi. C’est une chance de le faire vite, car ce n’est pas vraiment évident : on le voit bien avec Le Havre, Caen et Chartres qui galèrent à retrouver la Pro B alors que ce sont des gros clubs. » Capitaine heureux, Benoit Injai a passé ses troupes en revue avec nous.

L’effet Delorme : Rouen retrouve la Pro B !

 

Qui sont les champions de France NM1 ?

William Mensah (10,7 points à 46% et 3,8 passes décisives en 32 matchs) : « Will, je le connaissais vite fait car on s’est affronté au niveau Espoirs. L’année dernière, il a prouvé qu’il pouvait tenir une équipe en emmenant Mulhouse jusqu’en finale des playoffs. Et là, il a fait pareil, confirmant son statut de très bon joueur de NM1. Et en dehors du basket, un super gars, très cool, posé, drôle. Un peu celui que tout le monde charriait souvent car il aimait bien chambrer donc il prenait le retour. Même de la part du coach ! »

Thomas Prost (7,4 points à 35% et 2,2 passes décisives en 36 matchs): « Il est arrivé un peu plus tard dans la préparation et s’est hyper vite acclimaté au groupe. Un gars très facile à vivre, super cool. Il a eu une grande histoire d’amour cette année avec Karim Gourari, les deux se taclaient souvent. C’était de l’amour vache entre eux. »

Bryan Pamba-Juille (4,3 points à 32% et 2,6 passes décisives en 8 matchs) : « Il n’a pas eu de chance… Il était blessé dès le début de la préparation et ça a été assez long. Il a été courageux car ce n’était pas évident : il a tout fait pour revenir, il est revenu puis il s’est reblessé. Ça a été dur moralement à vivre pour lui mais pour autant, il était toujours avec nous, à nous soutenir, à donner des conseils, etc. Même sans être sur le terrain, il apportait par son expérience. Et c’était le sniper de l’équipe : dans le vestiaire, tu n’as pas le droit avec lui car il te tacle direct sinon. Notre Laurent Baffie à nous. »

Clarence Nadolny (7,7 points à 53% et 2,3 passes décisives en 6 matchs) : « L’escroc ! Il fait un mois et il est champion de France ! Il nous a fait du bien. Sur la finale mardi, il est énorme. Il a amené son intensité, il est hyperathlétique, un chien défensif. Mais on s’est rendu compte de ça après la finale quand on l’a vu avec la médaille autour du cou : c’est un escroc (il rit). Il l’a mérité ! »

Florian Fortas (7,7 points à 42% et 1,8 rebond en 25 matchs) : « Lui aussi est arrivé en cours de saison (fin novembre) mais on avait également l’impression qu’il avait toujours été là. Quelqu’un de très simple à vivre, très drôle. Ça charriait beaucoup dans le vestiaire et il n’y était pas pour rien. »

Karim Gourari (11,3 points à 41%, 6,3 rebonds et 2,9 passes décisives en 36 matchs) : « Je lui ai dit merci après le titre. Champion l’année dernière, champion cette année… Que dire ? C’est incroyable de le voir jouer. T’as l’impression qu’il joue au ralenti mais il arrive toujours à créer quelque chose. Un vrai leader, le capitaine modèle : quelqu’un de très lucide et posé. »

Tim Eboh (8 points à 48% et 3,3 rebonds en 31 matchs) : « Le boiseur en chef de l’équipe ! Aux entraînements, on n’annonce jamais les fautes et lui était toujours dans les mauvais coups. Dès qu’il y avait une arcade ouverte, un nez qui prenait un coup, il n’était jamais loin ! Et il est trop marrant, on a l’impression qu’il est dans son monde. »

Andell Cumberbatch (13,8 points à 56%, 7,4 rebonds et 2,2 passes décisives en 17 matchs) : « Dell, je l’avais affronté quand il était à Vichy. Même en Pro B, il était au-dessus donc quand t’as un gars comme ça qui arrive en NM1 alors que tu joues déjà les premières places, c’est un vrai plus. Il ne fait pas de vagues, il fait son truc. Hyper cool aussi. »

Tiegbe Bamba (7 points à 33% et 2 rebonds en 2 matchs) : « Comme Bryan, il n’a pas eu de chance. Il a joué le premier match contre Le Havre, s’est blessé, a tenté de revenir contre Kaysersberg deux mois plus tard et ça n’allait pas. Bryan et lui méritent tout autant le titre car ils ont tout le temps été là alors que c’était hyper galère comme saison pour eux. Malgré ça, ils étaient là à pousser derrière nous pendant les matchs, toujours un mot gentil pour nous. »

Mathéo Cauwet (3 points à 41% et 1 rebond en 31 matchs) : « Son rôle n’était pas évident dans l’équipe car c’était le plus jeune. Il savait que parfois, il n’allait pas jouer, peut-être même pas être sur la feuille. Mais c’est un bosseur : aux entraînements, il va faire plus que ce que le coach lui demande. Sur ses entrées, il nous a fait beaucoup de bien. Une valeur sûre au shoot : s’il reçoit la balle ouvert dans le corner, il y a 9 chances sur 10 qu’il mette le tir. Il s’est beaucoup fait charrier car bon, c’est le plus jeune (il rit). Il vient de Dieppe, une petite ville du bord de mer, donc on le taillait sur ça : le campagnard ! »

Mohamed Choua (7,9 points à 64% et 5,8 rebonds en 35 matchs) : « Il a été incroyable lors de la finale contre Chartres (20 points et 11 rebonds). Son travail de l’ombre est ressorti et ça fait plaisir. Il a été partout : défense, contres, rebonds, dunks, trois-points… Il ne voulait rien laisser aux autres ! Mo, c’est peut-être le gars le plus gentil que j’ai jamais rencontré. La gentillesse même, hyper respectueux, jamais un mot plus haut que l’autre. Et surtout, c’est un guerrier incroyable. Si tu veux partir à la guerre, tu pars avec lui et tu n’auras aucun souci. »

Karl-David Nkounkou (4 points à 48% et 2,6 rebonds en 28 matchs) : « Un de plus qui fait le back-to-back après Angers ! Je le connaissais un peu car il s’était entraîné avec Rouen quelques semaines en 2017 avant de signer à Aix-Maurienne. Un mec hyper gentil, hyper calme. Sans le titre officiel, c’était l’un des capitaines de l’équipe. Le grand frère du groupe, avec toujours le bon mot pour chacun. J’ai connu des moments pas évidents cette saison, où je n’étais pas bien, et c’était toujours lui qui venait me voir, avec la parole juste, des conseils, pas forcément sur le basket mais sur tout le reste. Le sage de l’équipe. »

David Gassaud (7,2 points à 50% et 2,7 rebonds en 33 matchs) : « Il a montré son talent. Il l’avait déjà fait en Espoirs Pro B mais là, en affrontant des adultes, il a montré qu’il était là. Physiquement, c’est un monstre et il peut shooter : il est jeune et a encore beaucoup de choses à apprendre mais c’est un très grand potentiel. J’espère qu’il explosera en Pro B la saison prochaine. Très dangereux aux entraînements : quand il est dans la raquette, il ne faut pas trop y aller. Il a le coup de coude facile, il en a blessé plus d’un cette saison. Quand Flo (Fortas) est arrivé, il lui a ouvert l’arcade dès son deuxième entraînement. Ou Tim, je ne sais plus. De toute façon, quand il y a du sang, c’était toujours l’un des deux ! »

Gaylord Lobela (5 points à 46% et 2,7 rebonds en 36 matchs) : « Le plus beau sourire de Rouen ! Le coach ne lui faisait aucun cadeau. Peut-être celui qui se faisait le plus boiser aux entraînements. Parfois, je me disais qu’il allait péter un câble mais non, il devait se dire qu’il fallait en passer par là pour être plus dur. Ça a payé car sa fin de saison a été énorme. Il est très humain, doté de vraies valeurs, c’est ça qui ressort le plus chez lui. »

ET AUSSI Derric Jean (4 matchs en octobre), Tidjan Auguet (4 matchs), Julien Auvray (1 match) : « Derric était encore présent au match mardi. Il est venu en tant que pigiste un mois, est reparti mais c’est comme s’il n’avait jamais quitté l’équipe. Il était encore sur notre groupe Whatsapp, même quand il jouait à Chypre. Il est capable de parler un peu Français car il est Haïtien. Il nous a fait beaucoup de bien sur sa pige car il apportait beaucoup d’énergie. Il est hyper tonique, un vrai poison défensif. C’était horrible de l’avoir sur moi aux entraînements, c’est impossible de remonter la balle face à lui. Ça fait plusieurs mois qu’il est revenu à Rouen, pour être avec nous je pense. Julien avait été très bon en présaison et il ne s’est plus entraîné avec nous ensuite, c’était galère avec ses études. Tidjan a fait quelques matchs mais il passe le bac cette année donc ça fait quelques temps qu’il n’était plus là aussi. »

Sylvain Delorme (coach) : « On peut dire qu’il est le spécialiste de la NM1 maintenant ! Quand tu fais monter deux équipes coup sur coup, ce n’est pas un hasard. Ce qu’il demande est très intense. Je me rappelle de notre premier match amical contre Gravenchon : on fait la défense qu’il demandait et ils nous ont défoncé là-dessus. On savait ce qu’on voulait faire mais on n’était pas habitué donc c’était très compliqué. Ça faisait partie du processus et on l’a très bien fait pendant la saison ensuite. Aux entraînements, il n’y a pas de faute, pas de sortie : quand la balle est hors terrain, il faut aller la chercher et c’est celui qui la veut le plus qui l’aura. Ça sert car sur le terrain, on ne lâche aucun ballon. Ça va très vite, on passe rarement plus de 3 minutes sur le parquet car il veut que l’on soit toujours à 100% avec l’idée d’un rouleau compresseur. Je n’avais jamais connu une telle intensité, jamais été avec un coach qui voulait que l’on défende tout-terrain pendant 40 minutes. Au bout de 2 minutes, t’es vite cramé et tu prends volontiers le changement (il sourit). Il est très pointilleux sur les détails, tant sur le terrain qu’en dehors : par exemple, quand on est à table à l’hôtel, on réunit les assiettes pour que le serveur gagne du temps en débarrassant. Ou quand on ramenait le petit-déjeuner à la salle, on le faisait pour tout le monde, staff administratif compris, pas que pour les joueurs. On a instauré des repas, un esprit plus familial au club. Ça lui tenait à cœur. »

La saison de Benoit Injai vue par Benoit Injai

« La Nationale 1 a été une découverte pour moi. Je savais que ce ne serait pas un championnat évident et ça s’est confirmé. Individuellement, j’ai eu du mal à m’acclimater à la NM1 et aux exigences du coach au début. J’ai mis du temps à comprendre ce qu’il voulait. Niveau stats (8,9 points à 4%, 3,6 rebonds et 2,6 passes décisives), j’attendais mieux de moi. Il y a eu des moments où j’étais déçu mais le principal est le titre. La montée est ce que je retiendrai de cette saison, avec le fait que je n’ai rencontré que des gars foncièrement bons cette saison. Il y avait beaucoup de bienveillance dans cette équipe, c’était marquant. »

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