« C’est insupportable » : comment Jean-Denys Choulet s’est fait piquer son nouveau meneur par un juge de l’Ohio

6 mars 2026 : Tavari Johnson est honoré pour son dernier match à domicile avec Akron. Raté : après avoir signé avec Rouen, il reviendra la saison prochaine !
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À partir de 5€Essai gratuitDepuis deux semaines, Jean-Denys Choulet était un coach heureux. Il avait obtenu la signature du meneur qui le faisait rêver : le rookie Tavari Johnson (1,73 m, 23 ans), tout juste diplômé de l’université d’Akron.
« J’étais trop content », retraçait le coach de Rouen ce vendredi matin. « Je me disais que j’avais trouvé un mec comme Terrell McIntyre ou Jerry McCullough, celui qui allait mettre un peu de lumière sur l’ÉLITE 2. J’étais sûr qu’il allait être très bon ! » Une impression confirmée par quelques messages à notre destination, venus d’observateurs avisés reçus en plein France – Maroc, juste après la publication de notre article concernant sa signature au RMB. « Lui, c’est vraiment un énorme joueur. »
« C’est mort, il ne viendra pas »
Sauf que, vous l’aurez compris, il s’est passé quelque chose entre-temps… Et pendant la victoire des Bleus, Jean-Denys Choulet a lui reçu un appel qui l’a fait tombé de son canapé. « Il y a une nouvelle règle qui est sortie jeudi aux États-Unis et il n’y a rien à faire : certains joueurs concernés peuvent prolonger d’un an avec leur fac. C’est mort : Tavari Johnson ne viendra pas, il va repartir faire un an à Akron… »

Un improbable revirement de situation, à peine quelques heures après l’officialisation de son arrivée, alors même que l’ancien entraîneur de Roanne avait encore été en contact avec son agent américain afin de réceptionner quelques documents administratifs qui traînaient – on comprend mieux pourquoi – afin de finaliser son visa de travail.
24 joueurs ont attaqué la NCAA en justice
Recherche effectuée, la source de ce rétro-pédalage provient du juge Christopher Wagner, au sein du Tribunal de première instance du comté de Hamilton (Ohio). Ce jeudi, ce dernier a accordé une injonction préliminaire (une mesure provisoire, en attendant le procès sur le fond) à 24 joueurs et joueuses universitaires poursuivant la NCAA, leur autorisant une cinquième saison universitaire. En cause : les nouvelles règles d’éligibilité entrées en vigueur le 23 juin, offrant cinq ans de compétition à tous les athlètes, sauf à une catégorie bien précise : les diplômés du lycée en 2022 ayant déjà disputé leurs quatre saisons sans redoubler.
Tavari Johnson figurait-il parmi les 24 plaignants ? Impossible de le certifier, la liste complète n’ayant pas été entièrement révélée, à l’exception de 15 noms, dont celui de la figure de proue, le Serbe Filip Borovicanin. Mais un faisceau d’indices très concordants vient accréditer la thèse de sa présence parmi les neuf joueurs inconnus : sa pirouette vis-à-vis de Rouen, évidemment, et le fait qu’il rentre exactement dans le cadre des joueurs comptant quatre saisons en NCAA depuis 2022. Surtout, trois coachs ont témoigné devant le tribunal : Richard Pitino de Xavier, Jerrod Calhoun de Cincinnati et Dustin Ford, d’…Akron, son propre entraîneur, ce qui suggère fortement qu’un joueur des Zips fait partie de la liste.
L’argument des 24 plaignants ? Ils ont affronté pendant quatre ans des adversaires bénéficiant d’années supplémentaires via les dérogations Covid, sans jamais en profiter eux-mêmes. Le juge Wagner leur a donné raison, jugeant cette exclusion « arbitraire et capricieuse », et allant jusqu’à comparer la NCAA à « une ligue professionnelle hautement rentable » plutôt qu’à une simple association.
Résultat : ils récupèrent une saison qu’ils croyaient perdue. La NCAA a aussitôt annoncé faire appel, ne mâchant pas ses mots, dénonçant une décision qui « ignore plus d’un siècle de précédents » au profit de joueurs « ayant déjà reçu exactement le nombre de saisons de compétition qu’ils attendaient ».
NCAA statement regarding Borovicanin v. NCAA injunction:
The court's decision today is wrong, and we will immediately seek all avenues for reversal, including a stay of the court's order pending appeal. The court disregarded over a century of precedent and substituted its own…
— NCAA News (@NCAA_PR) July 9, 2026
Le dossier est toutefois loin d’être clos, avec une nouvelle audience prévue le 4 août, mais l’obscure mécanique judiciaire américaine ne change rien au problème de Jean-Denys Choulet : le voici privé de son homme providentiel.
Un million en NCAA, contre 50 000 à Rouen !
« C’est insupportable et cela me dégoûte », peste-t-il. « Avant, on était en concurrence avec la NBA sur certains joueurs. Maintenant, on est en concurrence avec la NCAA… » Et Rouen peut encore moins trouver les arguments pour le convaincre de venir en Normandie. D’un côté, une nouvelle saison dans sa fac de toujours, où il est la star absolue, pour des émoluments estimés à un million de dollars. De l’autre, quitter son pays natal, vivre un choc culturel et jouer en ÉLITE 2 pour un salaire de… 50 000 euros. Impossible de rivaliser.

« S’il n’y a pas un accord entre la NCAA et la FIBA, je ne sais pas où l’on va », souffle le double champion de France. « Il n’y a aucun moyen de recours, la NCAA n’est pas régie par la FIBA, on ne peut pas l’empêcher de jouer là-bas. » Seule possibilité éventuelle pour le RMB : se retourner contre le joueur et l’attaquer pour non-respect de son contrat de travail afin d’espérer récupérer une indemnité, ce qui semble bien hypothétique s’il ne vient finalement jamais en France. Une décision laissée au président Yvon Gueuder.
En attendant, Jean-Denys Choulet s’est donc remis en quête d’un nouveau meneur, avec son enveloppe de 50 000 dollars. Et n’était pas spécialement enthousiaste au moment de découvrir le résultat de ses filtres InStat ce vendredi matin. « Je suis persuadé, sauf miracle, de ne pas réussi à trouver le même rapport qualité-prix. » Surtout avec 24 noms en moins sur son moteur de recherche…























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