ITW Bruno Cingala-Mata, désormais en Turquie : « J’ai appris à transformer la frustration en énergie positive »

Bruno Cingala-Mata a signé un passage remarqué à l’ASA sur cette première partie de saison, avant de signer en Turquie
Auteur d’une première partie de saison solide en ELITE 2 avec l’Alliance Sport Alsace, Bruno Cingala-Mata a choisi de tourner la page à l’hiver pour tenter un nouveau défi en Turquie. À 32 ans, l’intérieur français revient sur ce virage de carrière, son adaptation express à un nouvel environnement et l’évolution de son regard sur la performance, entre exigence personnelle et maturité acquise au fil des années.
Un départ mûri malgré de bonnes statistiques
Intérieur expérimenté du championnat de France, Bruno Cingala-Mata tournait à 11,7 points et 9,2 rebonds de moyenne après six matchs à l’ASA. Mais derrière la ligne statistique, Cingala-Mata ressentait surtout l’urgence de rester en mouvement. « J’ai beaucoup bossé sur mon jeu cet été, dans l’idée de performer et de déclencher des intérêts. Quand on ne joue pas pendant un certain temps, ce n’est jamais bon », explique-t-il. Avec ses représentants, l’hypothèse d’un départ à la trêve avait été intégrée très tôt : « On s’était dit qu’il y aurait sûrement du mouvement. Je n’avais pas encore signé, mais j’avais déjà des touches. »
Une arrivée express en Turquie
Lorsque l’opportunité turque s’est concrétisée, avec une offre de contrat de l’Haremspor Istanbul, tout s’est enchaîné très vite pour le Guadeloupéen. « On a validé la décision le jour de Noël, et deux jours plus tard, j’étais dans un avion », sourit-il. Une arrivée express dans un pays qu’il découvrait, avec ses contrastes culturels et un environnement très marqué. « La ville est immense, encore plus que Paris (…) beaucoup de choses sont en reconstruction suite au séisme qu’ils ont connu », note-t-il, avant d’évoquer un détail plus inattendu : le froid, finalement comparable à celui laissé en France.
S’adapter vite, sur et en dehors du terrain
Habitué aux changements de clubs au fil de sa carrière, Cingala-Mata n’a pas été dépaysé longtemps. « J’ai déjà connu pas mal de clubs, donc j’ai développé une vraie capacité d’adaptation. Les clubs savent que, quand ils font appel à moi, même sans club à ce moment-là, ils ont un joueur prêt, physiquement et sur le plan basket. » Sur place, il a également pu compter sur l’aide de compatriotes déjà installés : « J’ai contacté Brice Dessert (joueur de l’Anadolu Efes, NDLR) et Ismaël Kamagaté (Besiktas), ils m’ont beaucoup aidé et ils m’aident encore. »
Les premiers pas dans le vestiaire ont donné le ton. « Le premier jour, ils m’ont un peu testé », raconte-t-il. À l’entraînement, les coups de sifflet se sont faits rares, laissant place à un jeu dur et engagé. Un contexte qui ne l’a pas déstabilisé : « J’ai l’habitude de jouer sur les playgrounds l’été, donc le jeu dur, ce n’est pas un problème. » Après ce passage obligé, l’intégration s’est faite naturellement. « Les Turcs sont beaucoup entre eux, mais ils sont très accueillants. Franchement, de bonnes personnes. »
En dehors du terrain, l’adaptation passe par d’autres repères. Deux jours à l’hôtel, puis un appartement, avec un club très présent sur les premiers jours. La barrière de la langue, en revanche, s’impose comme un défi quotidien. « La majorité des Turcs ne parlent pas anglais. C’est même pire que les Français ! » glisse-t-il, avant de conclure avec réalisme : « Heureusement qu’on a les smartphones et Google Traduction. »

L’expérience comme moteur de progression
Sur le plan sportif, le recul reste de mise. « Je n’ai pas envie de parler dans le vent », prévient l’ancien pensionnaire du centre de formation de Cholet. Avec un seul match disputé face à une équipe du haut de tableau, il préfère attendre avant de tirer des conclusions sur le championnat. Même logique à l’entraînement : « Ici, c’est un entraînement par jour, souvent en milieu de journée. » Un rythme qui le perturbe légèrement, lui qui aime multiplier les séances, mais compensé par un avantage notable : « Le gymnase est ouvert 24h/24, 7j/7. Tu peux venir quand tu veux. »
Ce nouveau départ s’inscrit aussi dans une évolution personnelle. Avec l’expérience, la rigueur s’est renforcée. « J’ai développé une vraie expertise sur certains aspects de la performance : le sommeil, l’hygiène de vie… Avant, je buvais, aujourd’hui plus du tout. » Dans la vie de groupe, le regard a également changé. « Je suis un gros compétiteur, donc ce n’est pas toujours évident, mais j’ai appris à transformer la frustration en énergie positive. »
L’épisode de Roanne, entre lucidité et recul
Interrogé sur l’épisode extra-sportif vécu à Roanne, marqué notamment par la fuite de son salaire, Cingala-Mata se montre lucide et apaisé. « Sur le fait que les salaires aient fuité, ça ne m’a pas dérangé. J’ai même reçu beaucoup de retours positifs de proches. » Ce qui l’a davantage touché, en revanche, tient au ressenti interne : « C’était difficile de sentir que mon statut n’était pas valorisé par le club, alors que sur le terrain, je l’assumais. » Une période qui lui a surtout appris à faire des choix. « Avec l’expérience, j’ai appris qu’il ne fallait pas batailler inutilement », indique celui qui avait du s’expatrier au Danemark puis descendre en Nationale 2, chez l’ambitieux club de Tours certes, pour véritablement lancer sa carrière professionnelle.
Des ambitions claires pour la suite
Désormais pleinement tourné vers son nouveau projet, l’intérieur français avance avec des objectifs clairs. « Personnellement, faire ma meilleure saison statistique », affirme-t-il, convaincu que la deuxième division turque représente « une ligue à fort potentiel ». Collectivement, l’ambition reste mesurée mais réelle : « Accrocher les playoffs, et ensuite tout peut arriver. » Sans projection excessive, Bruno Cingala-Mata s’inscrit dans l’instant présent, fidèle à une ligne de conduite qu’il s’est forgée avec le temps.
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