ITW Elwin Ndjock, le déclic mental derrière sa saison référence : « Je suis content, mais je ne suis pas satisfait »

Cette saison, Elwin Ndjock tourne à 13,8 points, 3,8 rebonds et 1,3 passes avec le HTV. Crédit photo : Sébastien Grasset
Elwin Ndjock (2,00 m, 24 ans) enchaîne les performances cette saison avec Hyères-Toulon. Plus constant, plus impactant (13,3 points de moyenne contre 7,5 à Rouen en 2024-2025 et 4,8 à l’ASA en 2023-2024), plus sûr de lui, l’ailier de 24 ans semble avoir trouvé un nouvel équilibre. Mais derrière les statistiques, c’est surtout une transformation plus profonde qui s’est opérée. Travail mental, approche différente de l’entraînement, regard plus lucide sur sa carrière : entretien avec un joueur qui avance sans jamais se satisfaire.
Une progression d’abord mentale, bien avant les chiffres
Pour Elwin Ndjock, le déclic n’est pas uniquement technique ou tactique. Il est avant tout mental.
« La manière dont je gère mon mental, c’est la plus grosse différence par rapport à avant », explique-t-il. L’ailier a engagé un travail de fond avec Osmose, une structure de préparation mentale basée à Rouen, tout en poursuivant un travail individualisé sur le terrain avec Thierry Zig, à Paris.
Ce changement se traduit par une approche globale de la performance. « Ce n’est pas qu’une préparation d’avant-match. C’est une gestion quotidienne des émotions, leur compréhension, leur identification et la réaction par rapport à ces émotions-là. »
Dans cette logique, le match n’est plus une source de pression mais l’aboutissement du travail. « Comprendre que le match, c’est un cadeau, et que le plus dur est déjà fait avant », résume-t-il.
Un rôle affirmé au HTV, sans jamais se relâcher
Offensivement, Elwin Ndjock semble aujourd’hui parfaitement intégré au jeu du HTV. Pourtant, rien n’était écrit à l’avance.
« Non, je ne m’attendais pas forcément à ce rôle, même si je savais que j’en étais capable », reconnaît-il. Après plusieurs saisons en ELITE 2, il a appris à distinguer potentiel et réalité. « Avoir le niveau, ça ne veut pas dire performer. Ça dépend du collectif, de la santé, du contexte. »
S’il se sent désormais installé dans l’équipe varois, l’ailier refuse toute forme de confort. « Si demain je ne joue pas, c’est parce que je n’ai pas été bon. Je ne me relâche pas. Je sais aussi que je ne suis pas encore au maximum de mes capacités. Je suis content, mais je ne suis pas satisfait. »
Un HTV talentueux, encore perfectible défensivement
Collectivement, la saison du HTV est marquée par des phases très positives mais aussi par une certaine irrégularité. Un constat que partage Elwin Ndjock.
« Offensivement, on est l’une des meilleures équipes du championnat. Défensivement, on peut progresser dans la constance de l’effort », analyse-t-il. Selon lui, certains passages à vide, notamment en deuxième mi-temps, expliquent les runs encaissés qui coûtent cher.
Malgré cela, la confiance reste intacte. « Les entraînements sont très compétitifs. Il n’y a pas de défaite sans trash-talk. Cette concurrence-là, elle nous tire vers le haut. » Même avec un budget réduit, l’ailier estime que le HTV peut rivaliser avec presque tout le monde en ELITE 2.
L’âge, la mentalité et la marge de progression
À 25 ans, Elwin Ndjock refuse de se définir comme un “jeune”, mais aussi comme un joueur arrivé à maturité.
« Pour moi, ce n’est pas l’âge qui prédit une grosse progression, c’est la mentalité », affirme-t-il. « Un joueur de 30 ans peut progresser, un joueur de 17 ans peut stagner. »
C’est cette volonté de progresser quotidiennement qui lui fait dire qu’il dispose encore d’une marge importante, indépendamment de son âge.

Les leçons de l’ELITE 2 et la gestion de l’imprévu
Passé par plusieurs clubs avant de rejoindre Hyères-Toulon, Elwin Ndjock a appris que la différence se faisait rarement dans les moments faciles.
« La performance, individuelle ou collective, est beaucoup plus impactée par la manière dont tu gères les imprévus désagréables », explique-t-il. Pour lui, tout est question de réaction : la durée d’une mauvaise série, la capacité à tourner la page après un mauvais match ou un événement négatif.
Une lecture qu’il applique désormais aussi bien sur le terrain que dans sa vie personnelle.
Objectif playoffs, minimum assumé
À titre collectif, les objectifs sont clairs. « Le minimum, c’est les playoffs », annonce-t-il sans détour. Une fois qualifié, tout devient possible. Encore plus maintenant que le champion de France John Roberson (1,80 m, 37 ans) fait partie de l’effectif varois.
Individuellement, l’objectif est de maintenir son niveau de performance, d’augmenter encore son efficacité (il est à 47% de réussite aux tirs, dont 36,5% à 3-points, contre 44,7 et 27,3% la saison passée) et de finir la saison avec la même constance.
Un avenir ouvert, sans obsession d’une division
Concernant la suite de sa carrière, Elwin Ndjock se montre lucide et patient.
« J’ai compris qu’il ne suffit pas d’avoir le niveau pour jouer à un niveau », confie-t-il. S’il se sent capable d’évoluer plus haut, l’ancien espoir de l’ASVEL attend surtout un contexte où il pourra réellement s’exprimer.
Ouvert à l’étranger, le Lyonnais regrette que la peur freine parfois les ambitions. « En France, on a énormément de talent. La peur empêche beaucoup de joueurs de partir. Moi, je suis ouvert au monde entier. »
L’entrepreneuriat comme pilier d’équilibre
En dehors du basket, Elwin Ndjock développe depuis plus d’un an MatchMaBrand, une entreprise visant à mettre en relation athlètes, sponsors et collaborateurs.
« Le sport, c’est ma vie, mais ma vie, ce n’est pas que le sport », explique-t-il. Cette ouverture lui permet de relativiser les performances et de mieux apprécier son quotidien de joueur.
« Tu fais un mauvais match, ce n’est pas la fin du monde. Ça m’aide à rationaliser, à apprendre et à travailler encore plus dur quand je suis sur le terrain. » Un équilibre assumé, devenu l’un des moteurs de sa progression.

Au Hyères-Toulon Var Basket, Elwin Ndjock construit sa saison dans la durée, avec exigence et lucidité. Plus sûr de ses forces, conscient de ses axes de progression, il aborde chaque échéance avec la même rigueur, sans se projeter trop loin. Une approche posée, cohérente avec son discours, et qui donne du sens à la trajectoire qu’il est en train de dessiner.
























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