« Je n’aurais pas du tout imaginé en être là » : la belle ascension d’Aminata Gueye, la rookie des Bleues

Seule joueuse sans expérience des compétitions internationales, Aminata Gueye a réalisé un bon TQCM à Villeurbanne
Commençons par un petit tour dans les archives : où en était Aminata Gueye lors de la dernière Coupe du monde, en 2022 ? Toujours en… Ligue 2, à l’issue d’un cycle long de cinq ans avec son club formateur de Mondeville.
« Elle partait de très loin »
Et qu’elle ait un vrai rôle en LF2, à seulement 19 ans, représentait déjà une petite performance en soi… Car lorsqu’elle a débarqué pour la première fois en Normandie, en provenance du Pôle Espoirs de Picardie, on ne pourra pas dire qu’elle avait fait une grande impression. « Elle ne savait pas faire grand chose », s’était souvenu Romain L’Hermitte, au micro d’Ouest France, à propos de cette détection de 2017. « On cherchait des grandes et elle mesurait déjà 1,90 m », ajoutait Dessislava Anguelova, la responsable du centre de formation. « Pour être honnête, on l’a prise pour ça. Car elle partait de très loin. »
Neuf ans après, Aminata Gueye (1,90 m, 23 ans) n’est certes pas encore arrivée à destination, mais la Parisienne est déjà un pari réussi. Loin de cette première hésitante à la Halle Bérégovoy, où elle était en grande difficulté en termes de coordination, l’ancienne mondevillaise a déjà disputé deux finales de Coupe d’Europe et est devenue internationale française…
« Il y a quatre ans, je n’aurais pas du tout imaginé en être là », admettait-elle dimanche soir, dans les couloirs de l’Astroballe, après la victoire contre le Nigéria. « Mais on dit que l’appétit vient en mangeant. De fil en aiguille, j’ai commencé à y toucher… Et maintenant que j’y suis, j’ai envie d’y rester ! »

Acceptée par Mondeville grâce à ses 190 centimètres, Aminata Gueye a parfaitement utilisé la chance immense qu’elle a eue. Après un gros travail physique en centre de formation, elle a su s’installer en pro en deux ans à peine, avant de prendre son envol à Toulouse, Villeneuve-d’Ascq et Saragosse, disputant notamment la finale de l’EuroLeague en 2024 face au Fenerbahçe.
Sélectionnée pour amener de l’alternance
« S’il y a eu un déclic ? Je sais juste que je travaille énormément », répond-elle. « Avec le temps, il y a aussi des opportunités qui font que… » Comme lorsqu’elle s’est libérée de l’ombre de la MVP Kariata Diaby en 2024 avec l’ESBVA, pour signer une deuxième saison nordiste convaincante, avec le sacre en EuroCup en apothéose, afin de s’ouvrir les portes de l’Espagne… et de l’équipe de France.
Lors du Tournoi de Qualification pour la Coupe du monde disputée la semaine dernière à l’Astroballe, Aminata Gueye était la seule véritable novice chez les Bleues, simplement aperçue chez les Bleues lors de quatre matchs amicaux en 2025. « Sa présence est liée au fait qu’on avait compris qu’on avait un point de fixation intérieur pour alterner », explique le sélectionneur Jean-Aimé Toupane. « On a quelques joueuses intérieures qui vont souvent au large et il nous fallait une vraie poste 5. Aminata progresse, mais comme beaucoup d’autres qui ne sont pas là aujourd’hui. On a la chance d’avoir un très bon vivier : c’était elle cette fois, peut-être que ça en sera une autre demain. »

En attendant, Aminata Gueye a parfaitement exploité son séjour villeurbannais afin de marquer des points pour l’avenir. Irréprochable dans ce qui lui était demandé, plus responsabilisée suite au forfait de Dominique Malonga, la championne de France 2024 a séduit à l’Astroballe (6,4 points à 60% et 3,6 rebonds de moyenne), affichant notamment une belle rentabilité contre le Nigéria (9 points et 5 rebonds en 16 minutes) et la Corée du Sud (10 points et 4 rebonds en 15 minutes).
« Je suis satisfait de sa présence ici », applaudit sobrement Jean-Aimé Toupane. « Aminata est incroyable dans son rôle », renchérit sa coéquipière, Romane Berniès. « On est très contentes de l’avoir avec nous, elle méritait d’être là au vu de sa superbe saison en Espagne. Elle a dû prendre ses marques car elle n’avait pas trop l’habitude de jouer avec le reste des filles. Mais ça a été top de l’avoir, elle a représenté une grosse présence à l’intérieur. »
Repartie en Espagne, Aminata Gueye disputera le mois prochain son deuxième Final Six d’EuroLeague en carrière, avec un quart de finale contre Basket Landes. L’opportunité de continuer à engranger de l’expérience et de montrer qu’elle peut peser dans des gros matchs afin d’espérer composter son billet personnel pour la Coupe du monde.

« Les filles m’ont bien intégré, je me suis sentie de plus en plus à l’aise au sein du groupe », savoure-t-elle. « Porter ce maillot bleu, c’est une énorme fierté et un honneur. « Je vais faire mon maximum pour rester en équipe de France et faire la Coupe du monde. » De Mondeville à Berlin, il n’y a peut-être qu’un pas…
À Villeurbanne,


























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