Matthieu Missonnier explique sa signature à Dakar : « Il ne faut pas avoir peur de sortir de sa zone de confort »

Matthieu Missonnier va finir la saison au Sénégal
Parmi la litanie des signatures actuellement annoncées en vue de la prochaine BAL (qui démarrera le 27 mars en Afrique du Sud), un nom a surpris plus que les autres : celui de Matthieu Missonnier (1,88 m, 28 ans).
Embauché par l’ASC Ville de Dakar, tout comme Axel Toupane, l’enfant de Prissé-Mâcon n’avait initialement pas le profil pour se retrouver dans les radars de la nouvelle compétition de référence du basket africain. Mais il est désormais fiancé avec une Dakaroise et fréquente régulièrement la capitale sénégalaise depuis deux ans.
« Comme je n’avais pas de club, je m’entraînais avec l’équipe de Dakar », indique-t-il. « J’ai pu expliquer mon projet au coach et au président. J’avais pour but de le faire à moyen terme. La situation a poussé à ce que soit plus tôt que prévu. J’avais besoin de ça personnellement. On voit les exemples de ces joueurs qui ont pu tirer profit d’une expérience à l’étranger. »
« J’ai fini l’année en étant dégoûté du basket »
Si Matthieu Missonnier avait besoin de voir autre chose, c’est parce que sa carrière n’emprunte plus la trajectoire escomptée depuis trois ans, et son départ de Denain, dont il était capitaine. Signé par son club de cœur, l’Élan Chalon, en 2023, son rêve a tourné court au sein de son club formateur. « C’était la belle histoire mais la réalité m’a rapidement rattrapé, avec la découverte d’un monde impitoyable. J’ai passé les deux tiers de la saison à ne pas jouer, ou alors en ne rentrant que pour une possession défensive, et j’ai fini l’année en étant dégoûté du basket. »

Dans la foulée, l’ancien lorientais souhaitait pourtant rester en Betclic ÉLITE mais s’est retrouvé à démarrer la saison sur les… playgrounds de Dakar, avant d’être appelé par l’Élan Béarnais fin octobre pour suppléer Dalil Hadi. Pour un nouveau rendez-vous manqué… « Je pensais rester à Pau et ils ne me conservent pas. J’avais l’impression d’être le glue-guy, ce mec en mission défensive, un rôle un peu ingrat que tout le monde valorise au cours de la saison… sauf au moment de signer des contrats, car on regarde les statistiques et le pourcentage à 3-points. J’ai eu la sensation de ne pas être considéré à ma juste valeur. »
Si près de Limoges…
Et derrière, « un échec personnel » lorsqu’il constate le nombre d’offres venues d’ÉLITE 2 alors qu’il était prêt à y retrouver de la stabilité : zéro. Presque un mal pour un bien puisqu’il s’entraîne à Limoges, séduit Dario Gjergja mais les timings ne s’alignent pas : la longue indisponibilité de Vincent Amsellem lui ouvre une porte… une semaine après sa signature en pige médicale à Quimper. Une expérience peu concluante (3,6 points à 23% et 3,4 passes décisives en 8 matchs), qu’il n’a pas cherché à prolonger.
« Je n’avais pas très envie d’être là », admet-il. « Je vis une petite crise identitaire, avec l’impression d’appartenir à un niveau d’entre-deux entre la Betclic ÉLITE et l’ÉLITE 2. Il ne me manque qu’une opportunité positive, cette part de chance qui est primordiale dans la réussite d’une carrière. Je traverse une période creuse de ma carrière mais il ne faut pas lâcher. Je veux rester au haut-niveau, j’ai plein d’objectifs qui ne sont pas accomplis. C’est la première fois où je trébuche un peu. »
D’où la solution dakaroise, espérée comme une bouffée d’oxygène. « C’est l’opportunité de voir autre chose, de se relancer, de profiter, d’allier ça avec la vie de famille. Il y avait plein de bons signaux. La BAL est médiatisée, prend de plus en plus d’ampleur. C’est ce qu’il me fallait depuis le temps que je galère à rebondir. De choisir un itinéraire différent, c’est me prouver que je suis prêt à prendre les opportunités comme elles viennent et croire en ma bonne étoile. »
« Deux fois plus d’argent »
Un exil qui, à 28 ans, peut aussi lui ouvrir d’autres perspectives que le contexte français, d’autant que sa signature est loin d’être inintéressante financièrement. « Je vais toucher deux fois plus d’argent que je n’en ai jamais pris dans ma carrière », clame-t-il. Pour ensuite potentiellement partir explorer d’autres horizons. « Sortir de sa zone de confort, c’est un choix difficile mais il ne faut pas avoir peur de le faire. Cette parenthèse va m’ouvrir d’autres portes. On a la chance de voyager, de vivre plein de choses. Le basket est désormais mondial : si ça peut m’ouvrir à d’autres marchés comme le Moyen-Orient ou l’Asie… »

Mais avant, le Sénégal, donc… Présent sur place depuis deux semaines, Matthieu Missonnier a disputé un premier match de championnat dimanche contre l’USCD Port Autonome de Dakar (17 points, 5 rebonds, 4 passes décisives) avant de contribuer mercredi à la qualification pour les demi-finales de la Coupe du Maire. L’occasion de prendre du rythme avant la BAL. Et d’entamer son rebond ? « Ça va être super sympa, j’ai hâte », s’en régale-t-il d’avance.























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