Mohamed Diawara, la surprise des Knicks pense au titre et à l’équipe de France : « Je serai content d’y aller »

Mohamed Diawara s’est affirmé dans la rotation des New York Knicks dès sa saison rookie
Mohamed Diawara (2,04 m, 20 ans) n’était pas attendu aussi vite, ni à ce niveau d’impact. Et pourtant, à New York, l’ailier français de 20 ans s’est imposé comme l’une des révélations de la saison. Dans une franchise ambitieuse, installée en haut de tableau, le rookie s’est fait une place dans la rotation… jusqu’à devenir un vrai chouchou du Madison Square Garden.
De Paris à New York, un parcours loin d’être linéaire
Originaire de région parisienne, Mohamed Diawara a débuté à La Domrémy Basket 13 avant de passer par Saint-Charles Basket à Charenton-le-Pont, puis l’INSEP. Il rejoint ensuite le Paris Basketball, où il découvre l’élite française.
Mais sa progression passe aussi par des détours. En manque de temps de jeu, il est prêté à Poitiers en décembre 2023, avant de passer au niveau supérieur à Cholet Basket à l’été 2024. C’est dans ce contexte qu’il continue à se développer avant de se présenter à la Draft NBA 2025.
Sélectionné en 51e position par les Clippers puis transféré dans la foulée aux Knicks, il signe un contrat garanti le 20 octobre 2025. Un pari osé de la franchise new-yorkaise, rapidement récompensé.
Un rookie déjà utile dans une équipe ambitieuse
Pour sa première saison NBA, Mohamed Diawara tourne à 3,5 points à 43,3% aux tirs (dont 36,8% à 3-points), avec 1,4 rebond et 0,7 passe décisive en 9 minutes de moyenne sur 60 matchs. Des statistiques modestes en volume, mais précieuses dans leur efficacité.
Surtout, le Français a su gagner la confiance du staff. « Je suis resté moi-même. J’ai travaillé dur et j’ai montré que je pouvais être un atout sur le terrain », explique-t-il. Une approche simple, mais payante.
Conscient de son statut, il garde les pieds sur terre : « Je suis un rookie, qu’il faut continuer à travailler pour gagner sa place. Et c’est tout. C’est ça, ma motivation tous les jours. »
Le nouveau chouchou du Madison Square Garden
À New York, Mohamed Diawara a rapidement séduit le public. Son énergie, son engagement et son profil de joueur de devoir collent parfaitement à l’ADN de la ville.
Lui savoure cette reconnaissance avec recul : « Je suis content, c’est bien de savoir que beaucoup de personnes t’apprécient et veulent te voir briller ». Dans une ambiance unique, il se sent déjà à l’aise : « J’aime bien cette atmosphère. J’aime bien de savoir que les fans veulent voir leur équipe briller et au top. »
Et malgré le changement de continent, l’adaptation se fait naturellement : « Moi je suis originaire de Paris donc ce n’est pas une très grosse différence en vrai. »
Un potentiel qui dépasse déjà son rôle
Au-delà de son rôle actuel, Mohamed Diawara a montré qu’il pouvait faire plus. Fin décembre 2025, il signe son record en NBA avec 18 points (7/9 aux tirs dont 4/4 à 3-points) en 18 minutes contre les Pelicans.
En G-League, même sur un faible échantillon, il affiche 12,7 points, 6,3 rebonds et 3 passes de moyenne, preuve de sa capacité à endosser davantage de responsabilités.
Lui sait exactement où progresser : « Je pense toujours le tir à 3-points, même si j’ai bien évolué. Et après, le jeu sans ballon et le jeu avec ballon. Franchement, c’est ça, mon jeu collectif. »
Une maturité rare… et aucune surprise pour lui
Si beaucoup parlent de surprise, Mohamed Diawara, lui, ne partage pas ce point de vue : « Non, pour moi, je ne suis pas une surprise. Je connais mes capacités, je sais de quoi je suis capable. »
Dans un vestiaire rempli de vétérans, il apprend vite : « Que ce soit tous les coéquipiers, (Mikal) Bridges, Miles McBride, ils essayent tous de me donner des conseils. » Sur et en dehors du terrain, le Français absorbe les codes du très haut niveau.
Équipe de France en ligne de mire : pas encore de contact avec Boris Diaw
L’équipe de France fait déjà partie de ses objectifs, même si le timing reste incertain. « C’est dans un coin de ma tête. Bien sûr, si l’équipe de France m’appelle, je serai content d’y aller », assure-t-il, tout en précisant : « Non, pas pour l’instant. Je n’ai pas été contacté » au sujet du manager général Boris Diaw.
En NBA, il profite aussi de ses premiers pas pour croiser d’autres Français. « C’était sympa de voir Nicolas Batum à Los Angeles et Rudy Gobert avec Minnesota », raconte-t-il.
Outre les gloires du basketball français, l’ancien joueur de Poitiers a croisé cette saison de nombreuses idoles de jeunesse. Celui qui l’a le plus marqué reste une légende vivante : « Celui qui m’a le plus impressionné, c’était LeBron ». Le rookie cite également d’autres modèles pour lui : « Stephen Curry » et « Kevin Durant », qu’il regarde désormais les yeux dans les yeux.
Déjà tourné vers les sommets collectifs
Malgré son statut de rookie, Mohamed Diawara pense déjà comme un joueur d’équipe ambitieuse. À New York, les objectifs sont élevés : « Gagner le championnat, bien sûr », lance-t-il.
Le titre en NBA Cup a validé une première étape : « C’est quand même une satisfaction, c’est un prix pour récompenser les efforts qu’on a pu donner à cette mi-saison ». Mais le plus dur reste à venir.
Pour lui, la concurrence à l’Est est dense, notamment avec Boston et Detroit, mais une chose est sûre : les Knicks veulent viser très haut.
À seulement 20 ans, Mohamed Diawara a déjà transformé un statut de pari de Draft en vraie réussite sportive. Et à New York, tout le monde commence à comprendre que ce 51e choix… n’en était pas vraiment un.
Propos recueillis par Georges Xouras, à New York


























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