Monaco : les retards de salaire s’accumulent et fragilisent la Roca Team

Alpha Diallo et Monaco ont battu le BCM Gravelines-Dunkerque le 13 janvier dernier, mais ce match aurait pu ne pas avoir lieu
L’AS Monaco sort d’une semaine à double visage, mais surtout révélatrice de difficultés profondes. Après une série impressionnante de 11 victoires consécutives toutes compétitions confondues, l’équipe dirigée par Vassilis Spanoulis a vu la dynamique se fissurer brutalement.
Battue à domicile par l’Étoile Rouge de Belgrade mardi dernier dans un match qui lui tendait les bras, la Roca Team a ensuite vécu une soirée cauchemardesque deux jours plus tard sur le parquet du Real Madrid. Une rencontre marquée par ce que le technicien grec a lui-même qualifié de « pire première mi-temps de la saison ». Le large succès obtenu à Saint-Quentin dimanche (73-98) est venu clôturer une semaine plus compliquée que les précédentes.
Une situation financière toujours plus préoccupante
Car au-delà du sportif, c’est bien la situation économique du club de la Principauté qui inquiète. Toujours empêtré dans ses difficultés d’accès à ses propres liquidités, le président Aleksej Fedorycsev cherche des solutions alternatives pour maintenir à flot un club au train de vie supposé être le plus élevé du basket français.
Mais même l’EuroLeague est venue alourdir un contexte déjà tendu. La compétition a infligé à l’AS Monaco une amende record de 300 000 euros, accompagnée d’une interdiction de qualifier de nouveaux joueurs. Une sanction lourde de conséquences, alors que le club comptait renforcer son effectif, notamment dans la raquette, pour soulager un secteur intérieur qui tire la langue depuis plusieurs semaines.
Le dossier Cory Joseph et une image écornée
Cette sanction a également précipité la fin du dossier Cory Joseph (1,88 m, 34 ans), finalement parti renforcer le club concurrent de l’Olympiakos. Un départ qui n’a fait qu’accentuer la fragilisation de l’image d’un club désormais sous la menace d’une exclusion des playoffs de Betclic ELITE par la LNB en cas de non-paiement des sommes dues, notamment au titre de la Luxury Tax.
Des joueurs à bout, des salaires en retard
Mais le point de rupture se situe sans doute à l’intérieur même du vestiaire. Les joueurs, de plus en plus méfiants vis-à-vis de la direction, voient leurs salaires arriver avec des retards de plus en plus importants. À tel point qu’une menace de grève a plané avant la réception de Gravelines-Dunkerque, finalement remportée 101-82 le mardi 13 janvier 2026, alors que certains éléments de l’effectif n’avaient toujours pas perçu leur salaire de novembre.
Face à cette situation, le club a procédé au règlement intégral du mois de novembre pour une partie des joueurs, via des comptes externes à ceux du club. Toutefois, les quatre plus gros salaires de l’effectif attendent encore une partie de leur rémunération du même mois.
Une accumulation de dettes difficilement soutenable
À l’heure où nous sommes le 27 janvier, les salaires de décembre 2025 n’ont toujours pas été versés, alors que ceux de janvier arriveront à échéance dans les prochains jours. Une accumulation qui s’ajoute à des dizaines de factures de prestataires en attente de règlement, sans oublier des commissions d’agents toujours impayées pour la saison 2024-2025, et a fortiori pour l’exercice en cours.
Dans ce contexte, la situation de l’AS Monaco apparaît chaque jour un peu plus difficilement tenable. Et à court terme, rien ne permet d’affirmer que l’horizon va s’éclaircir pour la Roca Team.
























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