« Si on refait des performances comme ça, il est possible qu’on reste premiers » : la JL Bourg tombe les armes à la main face au Besiktas

Darius McGhee, héros malheureux du soir
C’était donc bien la peine de faire un tel match pour cumuler autant d’erreurs dans la dernière minute : une glissade tout seul sur la possession du break, une pénétration main gauche forcée et une touche directement balancée en retour en zone sur le ballon de la gagne. Ou comment balayer un immense récital offensif en l’espace de 75 secondes…
Le jour et la nuit avec le match aller (-30)
Auteur d’un début d’année 2026 extrêmement poussif, Darius McGhee a envoyé balader tous ses doutes en donnant le tournis à la défense du Besiktas. Le lutin scotché à 0/7 samedi contre la SIG pouvait cette fois trouver la cible de n’importe où, jusqu’à 10 mètres du cercle. Mais personne ne s’en souviendra, à part son bilan statistique du soir (25 points à 10/15). Il ne restera plus que l’image du héros malheureux.
À l’instar de son meneur, la JL Bourg a défié le Besiktas Istanbul sans peur (99-103, score final), comptant jusqu’à dix points d’avance en début de troisième quart-temps (69-59, 34e). Les hommes de Frédéric Fauthoux avaient pourtant l’avantage d’une pression moindre : s’ils pouvaient certes quasiment valider l’une des deux premières places en disposant de leur dauphin stambouliote, ce n’est pas eux qui devaient absolument gagner pour ne pas se laisser distancer.
« On a aussi notre carte à jouer ! »
Il y avait tout de même l’occasion d’envoyer un message. Celui que cette équipe vaut mieux que la leçon reçue en Turquie fin octobre (90-60). Celui qu’elle n’est pas en tête de la poule par hasard, même si elle ne deviendra pas favorite pour le sacre final pour autant. De ce point de vue, les Bressans ont accompli leur mission.
« On peut être fiers », clame Frédéric Fauthoux, au bout d’un combat aussi agréable à regarder qu’interminable (2h24 de temps de match effectif, sans prolongation !). « J’ai dit aux joueurs qu’on a montré que notre équipe n’était plus du tout la même qu’il y a trois mois. Le groupe a énormément progressé. On a joué les yeux dans les yeux avec le favori de la compétition. Ce qui prouve qu’on a aussi notre carte à jouer pour espérer aller loin. »
« La dernière étape pour franchir un cap »
Si la Jeunesse Laïque tient vraiment à revivre son épopée de 2024, où elle avait éliminé le Besiktas Istanbul en demi-finale, elle devra pourtant s’attacher à gommer les petites erreurs qui parsèment encore ses prestations. La glissade de Darius McGhee tient évidemment de la malchance, pas ses autres choix de la dernière minute…
Et puis, il y a la constance. Certaines séquences ont été remarquables, notamment défensivement, mais pas avec tenue sur la durée. La gestion des fautes également, même si pas grand monde n’a trouvé la clef pour éteindre Ante Zizic en EuroCup. Le génial pivot croate s’est amusé de la raquette bressane (26 points à 9/10 et 4 rebonds pour 34 d’évaluation en 26 minutes).

L’homme aux 121 matchs NBA et 171 EuroLeague a même quasiment sorti tous les intérieurs burgiens du match un à un : Tre Mitchell (éliminé à la 31e), Kevin Kokila (éliminé à la 40e), tandis que Ricky Lindo avait quatre fautes dès le troisième quart-temps. Problématique quand on voit notamment l’énorme impact que le Franco-Angolais a eu dans le run du troisième quart-temps (+7 de +/-). À tel point que Freddy Fauthoux a dû faire appel à Yvann Mbaya, au bout de son banc, pour un match-up avec l’ancien de la Virtus que personne n’aurait imaginé l’an dernier quand il était à l’ASA, pendant que Tajuan Agee donnait encore des minutes douteuses.
« Si on refait des performances dans ce style-là… »
« Je suis frustré car on a manqué trop de lancers-francs (32/45), on a laissé échapper un rebond important, il y a un peu trop de balles perdues », énumère le sélectionneur français, qui affrontait son homologue serbe, Dusan Alimpijevic, vainqueur de son 100e match avec le Besiktas. « On a manqué peut-être un peu d’intelligence sur certaines actions également. C’est la dernière étape pour franchir un cap. »

Les fameux petits détails sur lesquels se jouent les matchs de très haut niveau… Et qui devront être mieux tenus lors des quatre dernières journées afin de protéger ce Top 2 (synonyme de qualification directe pour les quarts de finale), si possible en s’évitant un déplacement décisif à Pogdorica lors de l’ultime levée du premier tour. « Si on refait des performances dans ce style-là, c’est possible qu’on reste premiers à la fin », prédit même celui qui est considéré comme le meilleur entraîneur de ce début de saison…
À Bourg-en-Bresse,


























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