« Vous avez un pistolet pour que je me tire dessus ? C’est ça mon sentiment » ; Dario Gjergja, abattu après Limoges – Strasbourg

Dario Gjergja revient sur la défaite de Limoges contre Strasbourg (82-86)
Le Limoges CSP n’a pas réussi à enrayer sa spirale négative ce vendredi soir face à la SIG Strasbourg. Sur leur parquet de Beaublanc, les Limougeauds ont cédé (82-86) contre une équipe alsacienne solide, notamment à l’intérieur, et portée par ses individualités. Dans un contexte d’effectif encore une fois très amoindri, Mamadou Guisse et Dario Gjergja ont pris la parole en conférence de presse d’après-match, sans détour.
Les petits détails qui font basculer le match selon Mamadou Guisse
Pour Mamadou Guisse (1,97 m, 24 ans), la défaite s’est jouée sur une accumulation d’erreurs dans les moments clés, après un début de rencontre conforme au plan de jeu.
« À la fin, on a fait beaucoup d’erreurs défensives, on n’a pas vraiment respecté le plan de jeu, alors qu’on l’avait fait au début du match. Il y a également des lay-ups qu’on rate, et moi le premier, il y a deux lay-ups que je manque et que je mets d’habitude, et Leon (Stergar) également. Un tas de petites erreurs qui font qu’ils nous passent devant. Mais personne n’a rien lâché et tout le monde continuait à tout donner. Ce sont juste de petits détails qu’il faut rectifier. »
Interrogé sur la perte de maîtrise collective lorsque Strasbourg a pris l’avantage, l’intérieur limougeaud reconnaît un moment de flottement difficile à expliquer.
« Quand ils sont passés devant, je pense que tout le monde a un peu stressé… Je n’ai pas vraiment de réponse, mais c’est ce qu’il s’est passé. Donc il faut qu’on travaille sur cela à l’entraînement. »
Un secteur intérieur en souffrance
Face à l’impact physique de la SIG, Limoges a logiquement souffert dans la raquette. Mamadou Guisse ne s’en cache pas, rappelant aussi le contexte des absences.
« C’est vrai qu’à l’intérieur ils nous ont fait mal. On perd Gavin Ware, qui était blessé, qui a quand même essayé et il a tout mon respect pour ça. Justin n’était pas là, il n’y avait que Nikola Jovanovic et il a fait un très bon match. Il a donné ce qu’il a pu mais c’est vrai qu’à l’intérieur, ils sont très costauds et nous manquions peut-être d’un peu de centimètres et d’énergie. »
Dario Gjergja, entre frustration extrême et hommage à ses joueurs
De son côté, Dario Gjergja a livré une réaction particulièrement marquante, traduisant l’état de tension autour de son équipe.
« Vous avez un pistolet pour que je me tire dessus ? C’est ça mon sentiment. J’ai envie de me tirer dessus. »
L’entraîneur du Limoges CSP a ensuite détaillé les nombreux points de frustration, notamment la gestion de la fin de match et des fautes.
« Comme vous le savez, on rencontre des difficultés en ce moment. On y était presque. Mais si vous regardez combien de choses on a encore ratées… Les 5 ou 6 dernières minutes… Si vous regardez à quel point on n’a pas su gérer les 14 fautes qu’on avait. Je leur ai dit : “Les gars, vous avez 14 fautes. Vous ne faites que des fautes et vous ne jouez pas au basket en un contre un.” On a également raté des lancers-francs… »
Selon lui, Strasbourg a su faire preuve de davantage de lucidité dans les moments décisifs.
« Quant à eux, ils ont été un peu plus intelligents dans les prises de décisions. Quand on était à moins deux points, on a eu une situation où on tire à 3 points après seulement 10 secondes. On aurait pu être plus intelligents. »
Un effectif décimé, une situation jamais vécue
Au-delà du contenu du match, Dario Gjergja est longuement revenu sur la situation physique de son groupe, qu’il qualifie d’inédite dans sa carrière.
« Je dois tirer mon chapeau à Gavin Ware. Il a essayé de faire ce qu’il pouvait en première mi-temps et il ne s’était pas entraîné sur la totalité de la semaine. Il a apporté quelque chose à l’équipe. C’est le genre de joueur et de caractère qu’on veut avoir dans son équipe. »
Avant de conclure sur un constat lourd, mais assumé.
« Mais quelque part, j’espère que tout ceci, cette galère, va s’arrêter parce que c’est très lourd d’organiser l’entraînement et tout le reste. Je n’ai encore jamais connu cela dans ma carrière, que ce soit en tant qu’entraîneur-assistant ou entraîneur principal. Un match se termine et un nouveau joueur est blessé. Ce n’est pas une excuse, mais il faut le dire, c’est la quatrième dimension ! »
Dans un contexte toujours plus compliqué pour le Limoges CSP, cette nouvelle défaite face à la SIG Strasbourg confirme que la marge d’erreur est quasi inexistante avec un effectif aussi diminué, malgré l’investissement et l’état d’esprit affichés.
A Beaublanc,























Commentaires