Recherche
Recherche
  • À la une
  • Mon actu
  • Matchs
  • Frenchies
  • Pro Basketball Manager
  • Mes joueurs
  • Scouting
  • Records
  • Équipe de France
  • Interviews
  • CONTACTEZ-NOUS

[Analyse] La bataille stratégique entre l’Olympiakos et le Real Madrid en finale de l’EuroLeague

EuroLeague - Malgré un énorme déficit intérieur, le Real Madrid a longtemps fait vaciller l’Olympiakos grâce à un plan tactique très agressif lors de la finale d’EuroLeague 2026. Décryptage de cette finale stratégique en collaboration avec Process Corporation.
[Analyse] La bataille stratégique entre l’Olympiakos et le Real Madrid en finale de l’EuroLeague

Porté en héros, Geórgios Bartzókas a été l’artisan du collectif de l’Olympiakos toutes ces années

Crédit photo : EuroLeague
MARRE DES PUBS ?

Abonnez-vous pour profiter dès maintenant d'une lecture fluide, rapide et sans aucune pub.

À partir de 5€Essai gratuit

L’Olympiakos a remporté l’EuroLeague 2026 au terme d’une finale d’une richesse tactique exceptionnelle face au Real Madrid. Derrière le score final, 92-85, cette rencontre a surtout été une immense bataille stratégique décryptée par Process Corporation.

La finale a opposé deux philosophies très différentes. D’un côté, l’Olympiakos et son basket collectif ultra fluide basé sur la circulation de balle. De l’autre, un Real Madrid contraint de s’adapter à ses absences intérieures en proposant un basket plus ouvert. Malgré une raquette décimée, les hommes de Sergio Scariolo sont passés tout près d’un immense exploit grâce à un plan de jeu très développé.

Le Real a réussi à casser le jeu collectif grec

Depuis plusieurs saisons, l’Olympiakos est probablement l’équipe la plus structurée collectivement. Les Grecs vivent grâce à leurs automatismes : coupes synchronisées, extra-passes, renversements rapides et exploitation immédiate du moindre avantage. Le problème pour les adversaires, c’est qu’une fois qu’un premier décalage apparaît, toute la mécanique s’enclenche très vite.

En identifiant ce danger, le staff madrilène a donc choisi une approche radicale : switcher presque systématiquement sur les écrans. L’idée était claire : transformer le jeu grec en succession de un-contre-un et casser complètement la fluidité offensive habituelle des joueurs du Pirée. Et cela s’est vu immédiatement. Dans le demi-terrain, l’Olympiakos a eu énormément de mal à retrouver ses séquences offensives habituelles. Notamment à l’image d’un Tyler Dorsey, contraint de jouer hors de ses habitudes. Les Grecs ont surtout trouvé des situations fluides en transition, lorsque Madrid n’avait pas encore installé sa structure défensive.

Le plan anti-Dorsey a fonctionné, celui contre Fournier un peu moins

L’une des priorités absolues du Real concernait Tyler Dorsey. Madrid voulait absolument empêcher l’arrière grec de recevoir le ballon dans ses zones préférentielles. Le travail réalisé par Alberto Abalde a été remarquable. À chaque sortie d’écran, les Madrilènes montaient extrêmement haut sur les lignes de passe afin de repousser Dorsey loin du ballon. Un travail d’orfèvre qui n’a pas permis à l’arrière greco-américain de s’exprimer librement. Sur le papier, 1 seul points, marqué sur lancer-franc, 0/5 au tir et -4 d’évaluation, bien loin des 13 d’évaluation habituels. Cadenassé, Tyler Dorsey a vite cédé sa place à Evan Fournier, qui a été bien plus impactant.

Evan Fournier (Olympiacos Piraeus) - Tyler Dorsey (Olympiacos Piraeus)

Evan FournierTyler Dorsey
PTS201
REB51
PD40
IN10
CO01

 

Le traitement réservé à Evan Fournier par Madrid était bien défini pourtant il a fini par faire basculer le match. Le plan madrilène prévoyait de le trapper très haut sur les switches, lui enlever rapidement le ballon des mains et forcer les autres joueurs grecs à créer. Mais ce type de défense nécessite une communication quasiment parfaite. En multipliant quelques erreurs de retard défensif, hésitations ou mauvaise communication, les Madrilènes ont laissé ouvert Evan Fournier.

Fidèle à sa réputation, l’arrière français a puni les Espagnols. Bien qu’il est tout de même perdu 5 ballons, l’international français a fait mouche à 6 reprises sur 12 tentatives de tirs. Agressif vers le cercle, il a provoqué les fautes, cassant progressivement le plan madrilène et punissant la moindre hésitation. Un impact majeur qui lui a valu le titre de MVP du Final Four.

Olympiacos Piraeus 92 - 85 Real Madrid · EuroLeague · 24/05/2026

MatchPTSREBPD
Olympiacos PiraeusTyson Ward711
Shaquielle McKissic521
Tyrique Jones410
Evan Fournier2054
Thomas Walkup1022
Sasha Vezenkov1240
Kostas Papanikolaou000
Tyler Dorsey110
Alec Peters1672
Nikola Milutinov881
Cory Joseph535
Donta Hall460
Real MadridFacundo Campazzo516
Mario Hezonja1945
Théo Maledon821
Gabriel Deck420
Sergio Llull301
Andres Feliz1331
Trey Lyles2481
David Kramer000
Alberto Abalde921
Chuma Okeke042
Gabriele Procida000
Izan Almansa000

Survivre sans présence intérieure

La grande problématique madrilène restait la raquette. Le Real évoluait quasiment sans véritable poste 5 face à une équipe grecque beaucoup plus dense physiquement dans la raquette. Il faut dire que les hommes de Sergio Scariolo sont arrivés très diminués au Final Four, sans Alex Len ni Walter Tavares. Ainsi il présentait un seul vrai intérieur, Usman Garuba. Malchanceux, l’intérieur espagnol de 24 ans s’est rompu le tendon d’Achille lors de la demi-finale contre Valence. Autant dire que la tâche était compliquée. Du côté de l’Olympiakos, le secteur intérieur affichait complet. Dans le sillage de Nikola Milutinov, Donta Hall et Tyrique Jones étaient prêts à bondir.

Une situation qui a forcé Madrid a défendre avec des profils de poste 3 sur Nikola Milutinov. Forcément, dès que le pivot serbe recevait le ballon près du cercle, les Grecs obtenaient des situations très favorables. Pourtant les différents postes 3 ont réussi a bien gêné Nikola Milutinov, auteur de 8 points seulement. Le but, utiliser le double switch pour éviter de laisser le petit sur le grand. En défense, moins mobile, l’intérieur serbe a très vite été ciblé par le Real Madrid, qui attaquait à cinq extérieurs forçant Milutinov à sortir de la raquette. Une situation qui a fait les affaires de Trey Lyles, auteur de 21 points en première mi-temps. Ce qui a obligé Bartzokas a sortir Hall et Jones du banc, pour retrouver plus de mobilité. Un coaching payant.

Olympiacos Piraeus 92 - 85 Real Madrid · EuroLeague · 24/05/2026

MatchPTSREBPD
Olympiacos PiraeusTyson Ward711
Shaquielle McKissic521
Tyrique Jones410
Evan Fournier2054
Thomas Walkup1022
Sasha Vezenkov1240
Kostas Papanikolaou000
Tyler Dorsey110
Alec Peters1672
Nikola Milutinov881
Cory Joseph535
Donta Hall460
Real MadridFacundo Campazzo516
Mario Hezonja1945
Théo Maledon821
Gabriel Deck420
Sergio Llull301
Andres Feliz1331
Trey Lyles2481
David Kramer000
Alberto Abalde921
Chuma Okeke042
Gabriele Procida000
Izan Almansa000

Le rebond offensif a fait la différence

Le Real Madrid avait réussi à ralentir l’attaque placée grecque. Mais chaque rebond offensif concédé annulait ensuite tout le travail défensif précédent. Quand une équipe switch énormément, elle crée automatiquement des mismatchs au rebond. Les petits se retrouvent alors à boxer des intérieurs beaucoup plus grands et puissants et Madrid a énormément souffert dans ce domaine.

L’Olympiakos a ainsi récupéré plusieurs possessions capitales, notamment en première mi-temps. Le symbole absolu de cette défaillance au rebond reste ce rebond offensif récupéré après un tir compliqué de Fournier, conclu par un dunk rageur de Tyrique Jones à 1 minute 40 de la fin.

Les secondes chances ont permis aux Grecs de mieux absorber les temps faibles. De l’autre côté, pourtant mieux armé, l’Olympiakos a laissé le Real Madrid profiter de rebonds offensifs majeurs en fin de match. Après un rebond offensif, Facundo Campazzo a tiré à 3-points et obtenu la faute. Trey Lyles a manqué de peu un and-one après un rebond offensif… Tant d’actions qui ont failli faire perdre l’Olympiakos et donner la victoire à Madrid.

Et pourtant, offensivement, le Real Madrid a été brillant

Ce qui rend cette finale fascinante tactiquement, c’est que le Real Madrid a probablement livré offensivement l’un de ses matchs les plus intelligents de la saison. Pour compenser son déficit intérieur, Madrid a énormément joué avec cinq joueurs écartés afin d’obliger Milutinov à défendre loin du cercle. Sergio Scariolo voulait attaquer sa mobilité et créer des tirs ouverts.

Le Real Madrid utilisait aussi beaucoup d’écrans avec ses postes 4 afin d’obliger les intérieurs grecs à venir aider puis à ressortir rapidement. Sur plusieurs séquences, les Espagnols ont réussi à se créer des tirs ouverts. Le spacing et les pick-and-rolls très hauts madrilènes ont mis les Grecs sous pression. Mais dans les moments importants, plusieurs tentatives complètement ouvertes n’ont pas été converties.

Cette finale entre l’Olympiakos et le Real Madrid a montré toute l’évolution tactique du basket européen moderne. Malgré un déficit physique important, le Real a rivalisé grâce au spacing, aux switches et au jeu collectif, tandis que l’Olympiakos a fait la différence en punissant chaque petite erreur madrilène, notamment grâce à l’efficacité d’Evan Fournier.

L’analyse vidéo de Process Corporation :

Dites byebye à la publicité et encouragez le travail effectué sur la couverture quotidienne du basket Français !

À partir de 5€Essai gratuit