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[Analyse] Olympiakos : pourquoi la meilleure attaque d’EuroLeague va à contre-courant des tendances modernes

EuroLeague - L'Olympiakos domine l’EuroLeague avec la meilleure attaque de la compétition, tout en restant invaincu en Grèce. Une réussite construite à rebours des tendances actuelles du basketball moderne.
[Analyse] Olympiakos : pourquoi la meilleure attaque d’EuroLeague va à contre-courant des tendances modernes

Geórgios Bartzókas est l’artisan du beau jeu mis en place par l’Olympiakos

Crédit photo : Sébastien Grasset
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L’Olympiakos est aujourd’hui la référence offensive en Europe. Leader de l’EuroLeague (23 victoires pour 12 défaites) et invaincu dans le championnat grec, le club du Pirée impressionne autant par ses résultats que par son style. Là où le basket moderne prône vitesse, simplification et volume de possessions, l’Olympiakos fait exactement l’inverse… avec succès.

Une attaque à contre-courant des standards modernes

Dans un basket influencé par la NBA, les tendances actuelles sont claires : jouer vite, multiplier les possessions, limiter les passes et se jeter au rebond offensif (tag up). Pourtant, l’Olympiakos casse tous ces codes.

Le club grec contrôle le tempo, limite la transition et privilégie une approche méthodique. Résultat :

  • 1er en qualité de tirs
  • 1er en passes décisives (près de 22 par match)
  • 1er en volume de passes
  • 2e au rebond offensif… sans surinvestir ce secteur

Un paradoxe apparent, mais en réalité une conséquence directe de leur maîtrise collective.

Créer un avantage tôt… et le maximiser

La philosophie offensive repose sur un principe simple : créer un avantage rapidement dans la possession, puis le conserver ou l’amplifier.

Contrairement à beaucoup d’équipes qui prennent le premier tir ouvert, l’Olympiakos cherche systématiquement un tir encore meilleur. Cela se traduit par des possessions longues, patientes, où le ballon circule jusqu’à déséquilibrer totalement la défense.

Leur jeu repose sur la lecture, la prise de décision et une exécution collective quasi parfaite.

Le retour du jeu intérieur comme point d’ancrage

Autre particularité : l’importance du jeu dos au panier, devenu rare au plus haut niveau.

Avec des intérieurs comme Nikola Milutinov ou Sasha Vezenkov, l’Olympiakos utilise le post-up pour forcer les aides défensives. Une fois la défense attirée dans la raquette, plusieurs options s’ouvrent :

  • coupes dans le dos pour des paniers faciles
  • ressorties vers les shooteurs
  • renversements rapides pour exploiter le déséquilibre

Ce jeu intérieur structure toute l’attaque et sert de point de départ au mouvement collectif.

Le short roll, cœur du “beautiful game” grec

Sur pick-and-roll, l’Olympiakos exploite parfaitement le short roll (zone autour de la ligne des lancers francs).

Lorsque les défenses montent pour empêcher les tirs extérieurs, le ballon est rapidement donné à l’intérieur dans cette zone. À partir de là, tout s’enchaîne :

  • passes vers les coupes
  • tirs ouverts
  • nouvelles réattaques

C’est ici que leur jeu devient particulièrement fluide, presque impossible à défendre.

Des shooteurs pour étirer… et punir

Avec des joueurs comme Evan Fournier, Tyler Dorsey ou Alec Peters, l’Olympiakos dispose d’un danger extérieur constant.

Les sorties d’écran obligent les défenses à défendre haut, ce qui ouvre des espaces énormes dans la raquette. Dès qu’un défenseur aide, la sanction est immédiate :

  • coupe ligne de fond
  • alley-oop
  • tir ouvert

Le spacing est optimal et rend chaque aide défensive risquée.

Une leçon collective pour le basket européen

L’Olympiakos prouve qu’il est encore possible de dominer sans suivre les tendances dominantes. Leur succès repose sur :

  • la maîtrise du tempo
  • le jeu collectif
  • la qualité des lectures
  • la recherche obsessionnelle du meilleur tir

Un modèle qui rappelle que le basket reste avant tout un sport de décision et d’intelligence collective.

Image Gabriel Pantel-Jouve
Gabriel Pantel-Jouve est le fondateur et rédacteur en chef de BeBasket, qu’il anime depuis 2010 (sous le nom de Catch & Shoot). Passé par l’Ecole Publique de Journaliste de Tours, puis deux universités en Amérique du Nord, il a pu développer son expertise sur le basket français, de la Ligue Nationale aux divisions amateurs, durant ces 20 dernières années. En parallèle, il est aussi engagé dans le développement de clubs du côté de Montpellier.

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