Arthur Bruyas veut faire décoller le SCABB en 2026 : « À nous, joueurs, de faire grandir le club et de répondre aux attentes »

Arthur Bruyas réalise une saison très costaud avec le SCABB
Au moment d’aborder l’année 2026, le Saint-Chamond/Andrézieux-Bouthéon Basket (SCABB) se retrouve à un tournant de sa saison. La première moitié de l’exercice 2025-2026 a laissé un goût amer : des matchs perdus de peu, une dynamique fragile et un changement d’entraîneur en cours de route. Dans ce contexte agité, Arthur Bruyas (1,98 m, 25 ans) s’est affirmé comme le point d’ancrage de l’équipe, à la fois par ses performances et par son discours.
À 25 ans, l’arrière français de grande taille a pris une dimension majeure dans le projet couramiaud. Meilleur scoreur de l’équipe en ELITE 2 (15,4 points de moyenne) et performant en Coupe de France, il incarne aujourd’hui le visage d’un SCABB qui veut croire à une deuxième partie de saison bien différente.
« Ça a été une année compliquée » : le long chemin du retour
Avant de retrouver ce niveau de jeu, Arthur Bruyas a dû traverser une épreuve majeure : une rupture des ligaments croisés. Un coup d’arrêt brutal, autant physiquement que mentalement. « C’est sûr que ça a été une année compliquée. J’ai énormément travaillé, physiquement et mentalement », explique-t-il d’emblée.
Il insiste sur la qualité de l’accompagnement dont il a bénéficié tout au long de sa rééducation : « J’ai eu la chance d’être très bien pris en charge, de la chirurgie à la rééducation puis à la réathlétisation. Il y avait une vraie coordination entre les kinés, le centre de rééducation et le staff médical du club. Tout était bien structuré. »
Cette blessure résonnait d’autant plus fort qu’il avait déjà connu une rupture des croisés à 17 ans. Mais le contexte était alors très différent. « À l’époque, je n’étais pas encore pro, il n’y avait pas les mêmes enjeux. Là, forcément, tu as tes objectifs personnels en tête. Tu te dis que tu perds encore une année, que tu as envie de jouer. »
Mentalement, la période est éprouvante, mais Bruyas refuse de s’apitoyer. « C’est long, mais j’ai vite switché. Je me suis mis au travail à fond. Aujourd’hui, je suis fier de la manière dont je suis revenu. » Et les chiffres parlent d’eux-mêmes lorsqu’il détaille son investissement : « Pour être très transparent, je me suis fait opérer le 25 octobre, et du 26 octobre jusqu’au 11 avril, je n’ai pris aucun jour de vacances. C’était tous les jours, deux fois par jour. Il n’y a pas de secret. »
« Je me suis convaincu que j’allais revenir dix fois meilleur »
De retour sur les parquets, Arthur Bruyas s’est rapidement imposé comme l’un des scoreurs majeurs d’Élite 2. Une progression qu’il explique par un travail global. « J’ai renforcé mon corps, parce que j’ai un profil assez longiligne et fin. J’ai pris du recul sur beaucoup de choses, travaillé mes points faibles. Il y a eu un énorme travail mental aussi. »
La blessure lui a même permis d’aborder le jeu différemment. « Quand tu es blessé, tu as parfois l’impression de devenir meilleur juste en observant et en travaillant à l’extérieur. » Une réflexion qui nourrit sa confiance : « Je me suis convaincu que j’allais revenir dix fois meilleur qu’avant, et j’ai aligné ça avec le travail. »
Même éloigné des terrains, il n’a jamais vraiment cessé de jouer. « Même quand j’étais encore blessé, je passais du temps à shooter. Je savais aussi que j’allais avoir des responsabilités dans l’effectif, que ce serait une opportunité pour m’exprimer offensivement. »
Plus qu’un scoreur, un joueur complet
Cette saison, Bruyas apparaît plus à l’aise balle en main, davantage impliqué dans la création. Une évolution qu’il revendique pleinement. « C’est un peu des deux : je m’adapte à ce que le coach me demande, mais c’est aussi quelque chose que je faisais beaucoup avant. De base, je suis plutôt un poste 2, avec beaucoup de pick-and-roll. »

Après une saison précédente plus orientée vers le jeu sans ballon, il savoure ce retour aux fondamentaux. « Pouvoir apporter autre chose que du scoring, faire jouer les autres, fluidifier le jeu, c’est quelque chose qui me fait plaisir. C’est une facette de mon jeu que j’avais un peu laissée de côté. »
Pour autant, Arthur Bruyas ne se satisfait pas de son apport offensif. « Je ne veux pas être un joueur unidimensionnel. L’aspect défensif est primordial. J’aimerais devenir un vrai stoppeur défensif. Si tu peux être impactant des deux côtés du terrain, c’est encore plus valorisé. » Conscient de certaines perceptions autour de son style, l’extérieur qui a porté le brassard du SCABB ajoute : « J’ai un style parfois perçu comme nonchalant. C’est naturel chez moi, mais c’est un combat quotidien pour montrer mon engagement, notamment en défense. »
« On est frustrés, mais convaincus »
Sur le plan collectif, Arthur Bruyas ne cache pas la déception liée au classement actuel (16e avec un bilan de 7 victoires – 10 défaites). « On n’a pas très bien commencé. On a perdu plusieurs matchs de peu. L’effectif a été presque entièrement remanié, il a fallu apprendre à se connaître. » Les changements successifs n’ont rien arrangé : « Il y a aussi eu des changements de coach et de joueurs. On avait du retard par rapport à des équipes plus stables. »
L’arrivée de Julien Cortey a toutefois marqué un tournant. « Avec lui, on a repris les choses à zéro. Ça nous a fait du bien. » Même si tout n’est pas encore parfait, Bruyas insiste sur l’état d’esprit : « On paye encore le mauvais début de saison et un manque de confiance collective, mais le groupe ne triche pas. Tout le monde travaille dur, tout le monde veut gagner. »
La frustration est réelle, mais l’ambition demeure intacte. « On a tous rejoint ce projet pour jouer le haut de tableau. Je suis convaincu qu’on fera une très bonne deuxième partie de saison. »
Un leader tourné vers l’avenir
Sans se cacher derrière les difficultés traversées, Arthur Bruyas assume aujourd’hui un rôle central dans la dynamique de l’équipe, par son exemplarité et son exigence. Attaché au projet global du club, il conclut avec une vision claire : « Représenter un club en pleine évolution, avec des infrastructures exceptionnelles, c’est un honneur. Maintenant, à nous, joueurs, de faire grandir le club et de répondre aux attentes. »
À l’aube de 2026, le SCABB s’apprête à redresser la barre avec leader technique surmotivé. Et dans le discours comme sur le terrain, Arthur Bruyas donne le ton.
























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