AS Monaco : Philippe Ausseur confirme un dossier « arrivé au bout du bout »

Philippe Ausseur s’exprime sur la situation à Monaco
Au cœur de la tempête qui secoue l’AS Monaco depuis plusieurs semaines, la parole institutionnelle était attendue. Invité sur RMC, le président de la LNB, Philippe Ausseur, est revenu longuement sur le dossier monégasque, alors que la Principauté s’apprête à reprendre la gestion du club.
Un entretien qui confirme un point majeur : la situation était devenue intenable et seule une reprise en main rapide pouvait éviter le pire.
Une visio avec la DNCCG reportée, sans remise en cause du projet
Initialement prévue ce vendredi, la visioconférence entre l’AS Monaco et la DNCCG a finalement été reportée au jeudi 5 février. Un report que Philippe Ausseur qualifie de purement technique.
« Un dossier tel que celui-là, ça nécessite, pour le repreneur, de l’analyse, de rentrer dans un peu plus de détails, ne serait-ce que pour présenter le plan le plus abouti possible devant la DNCCG. On pourrait qualifier ça de report technique, il ne faut pas y lire autre chose que cela. »
Le président de la LNB appelle ainsi à ne pas tirer de conclusions hâtives, rappelant que l’essentiel réside dans l’existence même d’un projet de reprise.
« On doit tous se réjouir de cette nouvelle, le fait qu’il y ait un repreneur. […] Le fait qu’il puisse y avoir une issue et une sortie par le haut, c’est déjà la nouvelle la plus importante. »
Une position « positive et neutre » de la Ligue
Philippe Ausseur insiste sur le rôle précis de la Ligue dans ce type de dossier. Ni juge du repreneur, ni arbitre politique, la LNB s’attache uniquement à la solidité du projet présenté. « La Ligue n’a pas à se prononcer sur la qualité ou non d’un repreneur. Elle a à se prononcer sur la qualité d’un dossier de reprise. »
Pour autant, le président de la LNB assume une vision favorable à une issue positive, dans l’intérêt du championnat.
« Le basket, dans l’ensemble de ses composantes, a intérêt à ce qu’il y ait une sortie par le haut pour Monaco, ne serait-ce que pour la bonne tenue du championnat et pour l’équité. »
Deux exigences centrales : continuité et équité
Sur le fond, les attentes de la DNCCG sont clairement identifiées. La priorité absolue concerne la continuité d’exploitation du club jusqu’à la fin de la saison.
« La première chose essentielle, c’est le fait que l’exploitation de ce club puisse être garantie à minima jusqu’à la fin de la saison et donc qu’il n’y ait pas de risque […] de cessation de paiement. »
Le second pilier est celui du respect des règlements, notamment en matière de Luxury Tax. « Monaco doit cette luxury tax. Et quand on dit Monaco, c’est le club en tant qu’entité, quel que soit le repreneur. »
Un point que la Principauté aurait d’ores et déjà intégré dans ses échanges avec la Ligue.
« La patience et la bienveillance avaient leurs limites »
Interrogé sur les sanctions récentes et la montée en pression autour du club, Philippe Ausseur reconnaît que la situation avait atteint un point critique. « À un moment donné, la patience et la bienveillance avaient évidemment leurs limites. […] On était dans une situation qui était arrivée au bout du bout. »
Il souligne que les problèmes de liquidité ont fini par rattraper le club, révélant des fragilités profondes.
« La luxury tax, finalement, a peut-être été le révélateur de sujets de trésorerie, de sujets économiques qui étaient importants et trop importants pour que le cadre actuel puisse perdurer. »
Des signaux « rouges vifs » avant la reprise en main
Sans entrer dans le détail des audits financiers, le président de la LNB confirme que les signaux d’alerte étaient multiples. « On voyait le nombre d’impayés. […] Les signaux étaient quand même rouges, voire rouges vifs. »
Il évoque également les inquiétudes exprimées par l’EuroLeague, notamment lors du dossier Cory Joseph (1,88 m, 34 ans), qui avait déjà mis en lumière l’incapacité du club à fournir certaines garanties financières.
Les prochaines étapes clairement identifiées
Enfin, Philippe Ausseur trace une feuille de route précise pour les semaines à venir. D’abord, la conclusion formelle du projet de reprise. « À ce stade, on n’a pas de signaux négatifs venant de la Principauté. »
Puis, la présentation détaillée du plan devant la DNCCG, qui devra se prononcer sur sa viabilité. À court terme, l’objectif est clair : terminer la saison avec l’effectif actuel.
Enfin, un rendez-vous majeur attendra le club à partir du 15 mai, lors des auditions budgétaires annuelles.
« Il faudra évidemment un budget et un plan à trois ans […] qui garantira que le club de Monaco peut poursuivre son exploitation au-delà même de cette saison. »
Un cadre strict, assumé, qui conditionnera l’avenir de l’AS Monaco au-delà de l’urgence actuelle.
























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