Recherche
Recherche
  • À la une
  • Mon actu
  • Matchs
  • Frenchies
  • Pro Basketball Manager
  • Mes joueurs
  • Scouting
  • Records
  • Équipe de France
  • Interviews
  • CONTACTEZ-NOUS

Coach Tony Parker, la première interview : son nouveau métier, les U17, les Spurs, Wembanyama, l’ASVEL

Alors qu'il débute sa carrière d'entraîneur, Tony Parker a ouvert les portes d'une fin d'entraînement de l'équipe de France U17 ce jeudi midi à Lyon. Entre transmission, ambitions, regard sur Victor Wembanyama en finales NBA et l'avenir de l'ASVEL, coach TP s'est confié à la presse.
Coach Tony Parker, la première interview : son nouveau métier, les U17, les Spurs, Wembanyama, l’ASVEL

Coach Tony Parker, tourné vers l’avenir

Crédit photo : Sébastien Grasset
MARRE DES PUBS ?

Abonnez-vous pour profiter dès maintenant d'une lecture fluide, rapide et sans aucune pub.

À partir de 5€Essai gratuit

Quelques jours après son rassemblement à Lyon, à la Tony Adéquat Académy, l’équipe de France U17 poursuit sa préparation pour la Coupe du monde qui se déroulera en Turquie du 27 juin au 5 juillet.

À la tête de cette génération prometteuse, une légende découvre le métier de head coach : Tony Parker. Il s’est confié à la presse française ce jeudi midi.

« Le joueur n’existe plus, maintenant c’est coach Parker » 

Tony, quelles sensations cela vous fait de renfiler une tenue de l’équipe de France ?

Franchement, ça fait bizarre. Je suis très nostalgique, ça me rappelle tellement de bons souvenirs, que ce soit avec les équipes de France jeunes ou avec les A. Ça fait chaud au cœur, j’étais comme un petit enfant le premier jour où il met sa tenue pour aller à l’école (rires). Je suis fier d’avoir cette opportunité et je remercie la fédération de m’avoir fait confiance avec ce gros projet, parce qu’on a de belles ambitions avec cette équipe et je suis très très content de pouvoir représenter la France.

On vous a vu beaucoup observer pendant la séance. Est-ce parce que vous avez besoin d’un temps d’adaptation ?

Pas du tout, c’est ma façon de gérer. J’ai ma vision de comment je veux être en tant que coach. Vous êtes arrivés sur une fin d’entraînement où j’ai donné beaucoup de responsabilités à mes assistants et c’est ça aussi que je veux, j’ai confiance en mon staff et on va co-construire le projet ensemble. C’est important qu’ils aient cette liberté.

Un coaching staff plutôt NBA, avec beaucoup d’entraîneurs autour du terrain ?

C’est ça exactement, c’est comme ça que j’ai vécu pendant plus de 20 ans avec coach Popovich. C’est différent de ce qu’on peut connaître en France, mais en même temps, je veux amener ma petite touche et je le ferai à ma façon. On n’arrête pas de me demander « mais tu seras comment comme coach ? Est-ce que tu vas crier ? Etc’ » Je leur ai dit : je serai juste moi-même et je fonctionnerai avec mon feeling.

Est-ce que les jeunes joueurs arrivent à dissocier votre image de légende du basket français et le coach ?

C’est à moi de casser ça. Le joueur n’existe plus, maintenant c’est coach Parker. Et c’est à moi d’avoir cette posture tous les jours et de les mettre dans les meilleures positions pour qu’ils réussissent, c’est mon job. C’est pour ça que je parle beaucoup de co-construire le projet avec eux, on y arrive petit à petit. Tous les jours, je vais leur parler justement pour casser un peu ce truc. On a un jeu célèbre qui s’appelle le Loup-Garou et dès le deuxième jour, on l’a fait, ça met direct dans l’ambiance car ils sont obligés de se parler et de me parler, on rigole, ça permet de casser ça. Maintenant, il faut trouver le juste milieu entre le fait de vouloir être proche de mes joueurs mais aussi leur apporter cette exigence et ce qu’il faut pour qu’on ramène un résultat positif.

Cette coupure de huit ans après votre carrière de joueur était-elle nécessaire avant de vous lancer dans le coaching ?

Quand j’ai fini ma carrière, j’avais besoin de repos. Je jouais depuis 20 ans, avec huit finales de conférence aux Spurs, plus tous les étés en équipe de France. J’en avais besoin. Même si j’ai toujours été dans le basket en tant que président, je regardais quand même pas mal de matchs, mais je pouvais choisir mon emploi du temps. Là, je vais rentrer dans mon ancienne vie. Et je pense que cette coupure a été importante pour moi pour avoir cette fraîcheur. Maintenant, je suis à fond.

« Cette Coupe du monde,
un moment clef dans ma carrière de coach »

Pourquoi est-ce important de faire ce premier rassemblement à l’Académy, ici à Lyon ?

Parce que j’avais le choix du lieu de la préparation, donc j’ai décidé de la faire à Lyon. Il y a toutes les infrastructures, tout est nickel pour qu’on se prépare. On fait deux semaines ici en terminant avec deux matchs amicaux contre le Cameroun, avant de partir une semaine à Paris à l’INSEP, que l’on clôturera par deux matchs contre le Canada. Enfin, le 24 juin, on partira en Turquie.

La compétition démarre avec un match contre les États-Unis. Comment l’abordez-vous ? 

Déjà, c’est symbolique pour moi par rapport à ce qui s’est passé avec mon père cette année (son décès, ndlr). C’est avec lui que j’ai beaucoup discuté pour savoir si je pivotais vers le coaching. J’avais cette envie de revenir sur le terrain car ça me manquait et c’était un peu son idée de commencer avec une équipe de France jeunes, car à l’image de ma carrière de joueur. J’avais commencé avec l’équipe de France cadets et j’en garde un souvenir incroyable. C’est marrant comme la vie marche, de voir que mon premier match sera contre les États-Unis.

Ça ne va pas être un match facile : en sept éditions, ils n’ont jamais perdu un match, ils sont archi-favoris. Mais ça va être bien, on va être dans le bain direct. Quand tu joues les États-Unis, au niveau de l’intensité, de tout, c’est l’exemple à suivre. Mais après, il ne faut pas qu’on se trompe d’objectif : ce n’est pas parce que tu perds contre les États-Unis que la compétition est finie. Dès le deuxième match, on joue l’Italie et on a une revanche à prendre contre eux : en quart de finale de l’EuroBasket U16 l’année dernière, ils (les Bleuets, ndlr) ont perdu alors qu’ils menaient tout le match. C’est un match que j’ai regardé déjà quatre fois et j’ai hâte de les rejouer.

Comment allez-vous intégrer Aaron Towo-Nansi et Nathan Soliman quand ils rejoindront l’équipe à la fin de leurs playoffs respectifs ?

Ce sont nos leaders. C’est vrai que c’est pas facile de faire une préparation sans tes deux meilleurs joueurs, mais il faut s’adapter et c’est ça aussi l’équipe de France, tu n’as jamais tous tes joueurs dès le début. Cholet fait une saison incroyable : en plus, Aaron a sorti un bon match contre Paris mardi. Nathan fait également une super fin de saison avec Nantes. Donc ils arriveront quand ils arriveront, c’est comme ça. C’est le quotidien des équipes nationales.

Cette compétition peut-elle marquer le début de l’aventure de coach Parker comme Zadar avait marqué le début de l’aventure du joueur Parker avec la France ?

Exactement, je le prends vraiment comme Zadar (champion d’Europe juniors 2000, ndlr). Ça sera un moment clé dans ma carrière de coach. Je pense que prendre les U17 est la meilleure décision que j’ai pu prendre J’ai aussi passé mon DES, mon diplôme a duré toute l’année et j’ai appris beaucoup de choses, c’était très intéressant. J’ai vraiment envie de mettre ma petite pierre à l’édifice sur le coaching en France et c’est dommage qu’on n’ait pas plus de coachs. On a plus de 20 joueurs français en NBA, 40 en EuroLeague mais du mal à avoir des places pour les coachs. J’aimerais bien mettre la lumière sur notre diplôme et la formation française. On a des retours ultra positifs sur les joueurs qu’on sort, on vient de vivre deux finales olympiques mais Vincent Collet n’arrive pas à avoir un job en NBA… Ce contraste est bizarre, mais on arrivera bien à voir un coach français en NBA un jour.

« Wembanyama est le meilleur joueur de NBA, et de loin »

Quel regard portez-vous sur Victor Wembanyama et les Spurs en finales NBA ?

C’est vraiment impressionnant. On s’est envoyé des messages il y a quelques jours et je lui ai dit : « C’est franchement impressionnant et très inspirant ». En tout cas, moi, ça m’inspire beaucoup. Victor est incroyable, c’est phénoménal ce qu’il fait à son âge. Pour moi, c’est le meilleur joueur de NBA, et de loin. C’est très, très rare de gagner en NBA avec une équipe jeune et je sais qu’ils vont tout faire pour gagner le titre. J’espère qu’ils vont en gagner plusieurs. Battre OKC est une performance incroyable mais il faut finir le boulot maintenant et c’est ce qui est le plus dur. Des fois, la dernière marche est la plus compliquée… On l’a vu hier soir avec la victoire des Knicks : New York est en forme, ils viennent de gagner plusieurs séries 4-0, c’était ma crainte. Après, pour l’instant c’est que le début de la série, on verra…

Pas trop déçu de ne pas pouvoir vous rendre à San Antonio pour les Finals ? 

Oui, c’est vrai, malheureusement (rires). Tout le monde m’a texté après le Match 1 : « Tony, t’es où ?! » Mais je me suis engagé avec l’équipe de France depuis janvier et je ne pouvais pas savoir que les Spurs allaient aller en finale. En tant que coach de l’équipe de France U17, je ne me vois pas partir en plein stage, ce n’est pas professionnel et je ne me vois pas faire ça à mes joueurs. J’ai eu « Pop » (Greg Popovich) au téléphone et tout le monde comprend, je me suis lancé dans une nouvelle carrière. C’était important pour moi d’avoir tout le monde au téléphone et de leur expliquer. Car si je n’avais pas les U17, bien sûr que je serais à San Antonio avec Tim Duncan, David Robinson, Manu Ginobili en train de les encourager.

« L’ASVEL, une saison un peu décevante »

Quel bilan tirez-vous de la saison de l’ASVEL ?

Globalement, la saison a été un peu décevante. Perdre en quart de finale contre Cholet est une contre-performance… À nous de travailler dur et de revenir encore plus fort la saison prochaine.

On entend beaucoup de choses sur les futurs investisseurs de l’ASVEL pour la saison prochaine. Que pouvez-vous confirmer ? La famille Buss est-elle vraiment dans les discussions ?

Pour l’instant, je ne peux pas dire grand-chose. C’est la beauté des NDA (non disclosure agreement, accord de non-divulgation, ndlr). Il y a des discussions et des choses qu’on essaye de mettre en place. Pour l’instant, on va essayer de rester positif, travailler dur et construire quelque chose de sympa pour l’année prochaine. Tant qu’il n’y a rien de signé, je ne peux pas en parler. Mais oui, ça avance positivement.

« Coach de l’ASVEL ?
Des discussions mais rien de fait… » 

Serez-vous l’entraîneur de l’ASVEL la saison prochaine ?

Pour l’instant, ce n’est pas un sujet car rien n’est fait. Il y a des discussions mais rien de fait. Ce n’est pas du tout ma priorité donc chaque chose en son temps. Là, je me concentre sur l’équipe de France U17.

Coach Tony Parker sur le banc de l’équipe de France U17, est-ce un avant-goût des prochaines années sur le banc de la vraie équipe de France ?

Tout le monde rêve d’être le coach de l’équipe de France, et c’est clair que ce sera un objectif. Mais pour l’instant, les Bleus sont entre de très bonnes mains avec Freddy Fauthoux. C’est un très bon coach, il a encore fait de très belles choses cette année avec la JL Bourg qui a gagné l’EuroCup. J’adore Freddy, je l’ai eu à l’ASVEL (coach associé de 2020 à 2022, ndlr), on a été champions de France ensemble. J’ai hâte de voir ce qu’ils vont faire sur la prochaine Coupe du monde 2027. Je ne suis pas du tout pressé, mais à l’avenir, bien sûr que c’est un objectif de vouloir coacher l’équipe de France A. Vous connaissez mon amour pour cette équipe, ce serait un honneur. Mais d’abord, il y a des étapes. Là, c’est les U17 et c’est ma priorité, mon seul objectif : essayer de faire un beau résultat à la fin de la compétition.

La NBA pourrait-elle aussi être un objectif ?

Oui, à long terme, c’est un objectif, avec l’EuroLeague et la NBA Europe qui arrive, c’est excitant. Mais pour l’instant, je ne suis vraiment pas pressé. Je suis à fond avec les U17, on a un mois à fond pour essayer de ramener une médaille.

L’œil de Riley Zizi

 Qu’est-ce que cela fait d’être coaché par Tony Parker ? « C’est particulier car il a une expérience et un statut qui n’est pas pareil que tous les autres entraîneurs. Mais c’est super intéressant : il a une exigence et un mindset différent des autres coachs, beaucoup de conseils basket et extra basket super enrichissant pour nous les jeunes. »

Propos recueillis à Lyon,

Dites byebye à la publicité et encouragez le travail effectué sur la couverture quotidienne du basket Français !

À partir de 5€Essai gratuit
Coach Tony Parker, la première interview : son nouveau métier, les U17, les Spurs, Wembanyama, l'ASVEL - BeBasket