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De la NM3 à Nancy en trois ans, Brice Eyaga raconte son ascension : « J’ai pris un peu plus de temps que prévu »

Officiellement embauché par Nancy, première recrue du SLUC, Brice Eyaga évoluait encore en Nationale 3 en 2023. L'ancien joueur de Saint-Médard-en-Jalles raconte son parcours, des playgrounds de Yaoundé à la Lorraine.
De la NM3 à Nancy en trois ans, Brice Eyaga raconte son ascension : « J’ai pris un peu plus de temps que prévu »

Brice Eyaga va quitter Vichy pour Nancy cet été

Crédit photo : Cécile Thomas
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Comme annoncé depuis la mi-avril, Brice Eyaga s’est engagé en faveur du SLUC Nancy pour la saison 2026/27. Une nouvelle étape d’un parcours remarquable, qui va le mener de la Nationale 3 jusqu’à la Betclic ÉLITE en seulement trois ans. L’international camerounais nous a retracé son ascension.

Le récit de Brice Eyaga

« Je suis né à Bafia mais j’ai grandi à Yaoundé. C’est là-bas que j’ai passé toute ma jeunesse. J’étais un enfant assez normal : j’allais à l’école, je trainais avec les amis au quartier, on jouait beaucoup au foot… Je faisais plein d’autres sports sinon : du handball, du volley, de la course, du saut en hauteur, etc. Le basket est venu vers mes 15 ans pour faire comme mes grands frères. J’ai juste voulu essayer, ça m’a plu et j’ai décidé de vraiment me lancer.

Au départ, mes parents pensaient que ce serait juste pour l’été, simplement pour m’occuper pendant les vacances. Mais non, j’ai continué. J’ai démarré sur les playgrounds, au collège après, et j’ai intégré un club au bout de quelques mois, en 2015. J’avais beaucoup à apprendre, j’ai eu un bon formateur, Laurent Baleba, qui m’a fait commencer par les bases : travail d’appui, maîtrise du ballon, dribble, etc.

« Ne va pas en NM3, tu vas démarrer trop bas ! » 

En démarrant le basket à 15 ans, je savais que j’avais du retard à rattraper. Il fallait beaucoup travailler. Mais je suis passionné par ce que je fais. Je passais toutes mes vacances sur le terrain, je ne faisais que m’entraîner, du matin au soir. Je pouvais partir de chez moi à 8h pour rentrer à 20h.

Brice Eyaga jeune basketteur sur les playgrounds camerounais

J’ai fait partie de la première génération de l’académie de mon formateur, on s’est inscrit en championnat mais on s’est fait défoncer (il rigole). On était tous nouveaux, on découvrait, on n’a gagné qu’un match… On a bien progressé la deuxième année. Et sur ma troisième saison, on m’a interdit de jouer en U18 à cause d’un problème administratif. J’ai fait un an sans jouer, à passer tout mon temps à m’entraîner. C’était dur. Ensuite, je suis passé par Condor (Cameroun), Manga (Gabon) et le FAP Yaoundé (Cameroun).

Je me suis fait connaître en 2021/22 : je fête ma première sélection en équipe nationale du Cameroun, je suis dans le meilleur cinq défensif de la BAL. Ça m’aide à me faire voir. En 2022, j’ai été contacté par un intermédiaire qui m’a présenté un projet en France. Il m’a dit qu’une équipe de Nationale 3, Saint-Médard-en-Jalles, était intéressée par mon profil. Beaucoup de gens m’ont prévenu : « Ne fais pas ça, tu vas démarrer trop bas ! » J’avais aussi le choix avec une équipe de D4 espagnole et une proposition d’essai en G-League

Moi, j’avais des ambitions élevées, je me voyais en NBA ! Mais j’ai décidé de prendre le risque et de miser sur moi. J’ai pris le pari de me dire que tout pourrait arriver une fois que je serai sur le territoire : je savais que j’allais progresser et que tout allait couler de source si je performais.

« Mon premier match en France ?
21 points… et 5 fautes en 13 minutes »

Malheureusement, je n’ai obtenu mon visa qu’en décembre et je n’ai fait qu’une moitié de saison avec Saint-Médard. J’ai dû m’adapter aux coups de sifflets, à un basket différent. Je me rappelle de mon premier match (à La Séguinière) : je prends 5 fautes en 13 minutes (il rigole), avec quand même 21 points à côté ! J’ai un credo : tu ne sais jamais qui te regarde donc il faut toujours faire une bonne première impression. Même si la personne ne te revoit plus jamais après, elle gardera cette image de toi. Ça a été une très belle saison, les gens étaient extrêmement gentils et on est monté en Nationale 2. 

Quand je suis arrivé en France, Ben Owona (ancien joueur des JSA Bordeaux, ndlr) m’a beaucoup aidé. Je le connaissais de nom, pas personnellement. Je suis allé vers lui, car c’est un aîné, quelqu’un qui a un bon cœur. On a sympathisé. C’est lui qui m’a orienté vers mon agent actuel, Pascal Lévy, à l’issue de ma saison en NM3. Dans la foulée, je me suis retrouvé en NM1, à Pont-de-Chéruy, une autre belle année. Je savais qu’il fallait que je me mette rapidement au niveau, puisque j’arrivais de la Nationale 3, et qu’il fallait que je rende à Dounia (Issa) sa confiance.

Brice Eyaga a connu Dounia Issa en 2023/24 à Pont-de-Chéruy (photo : Gérard Héloïse)

« Avec Vichy, on est là où l’on doit être » 

À la fin, il m’a dit qu’il avait signé à Vichy et qu’il aimerait que je le suive. J’avais d’autres propositions mais ma priorité était de rester avec lui, car il m’avait énormément appris. On s’entend bien tous les deux, il veut me faire grandir en tant que personne et que joueur. Ça colle bien entre nous. Peut-être qu’on sur-performe en termes de budget depuis deux saisons (entretien rmais je pense surtout qu’on est là où l’on doit être.

Je veux toujours faire mieux que la saison précédente. J’avais une petite déception l’an dernier, je n’étais pas dans mes objectifs. Je suis venu avec la mentalité de me rattraper. Cette saison, je ne suis toujours pas dans mes objectifs, mais pas loin (il sourit). Je suis quand même mieux que l’an dernier, pas au niveau que j’aurais souhaité, mais c’est déjà pas mal. Je me fixe toujours des très hauts objectifs donc je sais que je ne vais pas être tendre avec moi-même.

PROFIL JOUEUR
Poste(s): Ailier Fort
Taille: 203 cm
Âge: 27 ans (26/10/1998)

Nationalités:

logo cam.jpg
Stats 2025-2026 / ELITE 2
PTS
11,6
#45
REB
4,7
#48
PD
1,1
#165

Je sais que je vais travailler, que je ne serai pas en dilettante. Je n’ai pas le temps, il faut que je progresse rapidement, que je montre de quoi je suis capable. Je suis un joueur polyvalent, de devoir, capable de faire un peu de tout, d’apporter ce qui est nécessaire à l’équipe : des rebonds, du scoring, de la défense. Je pense avoir une grande marge de progression car je suis encore jeune dans le monde professionnel, il me reste beaucoup à apprendre. Je peux encore me développer sur le plan tactique, sur la prise de décision rapide, la lecture de jeu. Et techniquement, sur certains aspects, comme la passe. Je considère que j’ai encore beaucoup de lacunes. 

« Je voulais aller plus vite que ça ! » 

Pour la saison prochaine, j’ai discuté avec des gros clubs d’ÉLITE 2, comme Blois ou Orléans, mais je leur ai fait comprendre que ma priorité était la Betclic ÉLITE. À ce titre, Nancy est un beau projet. Ils ont pris des jeunes joueurs et les ont développé ces dernières années. Ça colle avec ce que je recherche. J’ai un peu discuté avec le coach Sylvain Lautié aussi, le courant est bien passé, c’est une bonne personne. Ça m’a aidé à faire ce choix-là. C’est un beau défi et je suis prêt à l’accepter. Ça me pousse à me surpasser, j’adore ça ! Ce sera une saison très importante pour moi et je veux mettre toutes les chances de mon côté pour être à la hauteur du challenge. 

Brice Eyaga a également été courtisé par Cholet, Blois, Orléans et Chemnitz (photo : Cécile Thomas)

De la Nationale 3 à la Betclic ÉLITE ? Ça s’est fait en trois ans mais moi, je voulais aller plus vite que ça (il rigole). Quand je suis passé de la NM3 à la NM1, je me suis dit que je serai en Pro B l’année d’après et en Betclic ÉLITE d’ici deux ans, avec un peu de concentration et d’application. Ça prouve que quand tu veux, tu peux. Il faut être dévoué à son objectif. Mais comme le disait Kobe, job is not finished… Je vise beaucoup plus haut : EuroCup, EuroLeague, même NBA dans quelques années. Je vais me donner les moyens de travailler pour atteindre ces objectifs. D’ici là… Bon, j’ai pris plus de temps que prévu mais je suis quand même assez fier. »

L’œil de Dounia Issa :
« Il peut encore aller chercher un peu plus haut que la Betclic ÉLITE »

« Quand je l’ai signé, je ne le connaissais absolument pas. C’est son agent qui m’a parlé de Brice pendant le Trophée du Futur en me montrant des vidéos. Je me suis dit : « C’est bien quand même ! » On arrive à le faire venir pour un essai à Pont-de-Chéruy. La petite histoire, c’est qu’il y a des grèves de train : on doit envoyer des bénévoles le chercher à Lyon car il poireautait à la gare depuis une heure ou deux. Il arrive en cours d’entraînement, on se dit qu’il va être un peu fatigué. Mais rien du tout : il nous claque des alley-oops, des 3-points de partout, fin d’entraînement de ouf. Donc direct, je suis très, très chaud pour le signer. 

C’est quelqu’un qui sait où il veut aller. À cet égard, je me rappelle de notre entretien individuel à Pont-de-Chéruy. Ça a été le seul à nous donner des objectifs chiffrés détaillés. Il nous a dit : « Je veux tourner à 15 points, 8 rebonds, 3 contres, 2 interceptions, 1 passe décisive ». Quasiment au décimal près. C’est rare de voir ça. Il est extrêmement déterminé. Et il nous a fait une super saison derrière.

Dounia Issa cornaque Brice Eyaga depuis trois saisons (photo : Cécile Thomas)

Pour moi, c’était une évidence de l’amener en Pro B avec moi, à Vichy. Déjà parce que humainement, c’est une crème. Et parce que derrière, je voyais le potentiel, qu’il ne lui manquait pas grand chose pour être dominant. Il a bien avancé depuis trois ans, même s’il avait déjà pas mal d’outils athlétiques et du toucher. Il lui manquait un peu de la régularité, de la maîtrise collective, dans les réseaux offensifs et défensifs. Désormais, il commence à avoir tout ça. 

C’était un faux-joueur de NM3 en arrivant à Pont-de-Chéruy, mais le voir signer à Nancy, après avoir l’accompagné pendant trois saisons, c’est une fierté. Je pense que le SLUC récupère un super joueur. Il a un physique Betclic ÉLITE, déjà : il court, il saute, il prend des rebonds, il contre. C’est un phénomène athlétique, mais pas que ça : il a un excellent shoot à 3-points, il a encore progressé dans sa sélection de tirs, il peut aller au post-up pour un stretch 4 car il a un excellent toucher près du cercle, et il peut tenir tous les duels défensifs ! De toute façon, quand des clubs d’EuroCup (Chemnitz) commencent à t’appeler pour discuter pendant une heure de lui, c’est qu’il a le niveau pour la Betclic ÉLITE. Je pense que ce n’est que le début pour lui, qu’il peut encore aller chercher un tout petit peu plus haut s’il continue à progresser. »

Image Alexandre Lacoste
Alexandre Lacoste est arrivé sur BeBasket en 2011, lorsque le site se prénommait encore Catch & Shoot. Amateur de portraits et de reportages, généralement au plus près des équipes de France lors des compétitions internationales, il aime chercher des angles originaux et des sujets qui vont au-delà du simple résultat sportif.

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