Deuxième meilleur marqueur d’ÉLITE 2 à 21 ans : qui est Mathys Kangudia, la révélation de Nantes qui vise l’EuroLeague ?

À 21 ans, Mathys Kangudia est le meilleur scoreur français d’ÉLITE 2
Dans la catégorie des oubliés pour le Young Star Game, on demande celui qui a… marqué le plus de points en ÉLITE 2 cette saison ! À savoir Mathys Kangudia, le combo-guard de Nantes, 333 unités à son compteur personnel jusque-là, et deuxième meilleur scoreur de l’antichambre à seulement 21 ans (16,7 points), derrière un joueur sur-dimensionné pour la division, John Roberson (18,4 points).
Difficile, donc, d’afficher de meilleures références dans le monde professionnel, ce qui n’a pourtant pas suffi pour convaincre le jury. « Ils ont peut-être considéré qu’il était trop âgé », tente d’expliquer son entraîneur, Rémy Valin. « Mais je pense qu’il méritait largement d’y aller. Ça aurait été une belle récompense pour lui par rapport au niveau qu’il affiche depuis des mois. »
Il aurait dû partir en NCAA
« Déçu » pour son protégé, le coach nantais peut toutefois relativiser en se rappelant qu’il n’aurait initialement pas dû compter sur Kangudia cette saison. À la base, comme beaucoup d’autres jeunes, le projet du Francilien était de mettre les voiles vers la NCAA, où il était sollicité par plusieurs facs. L’affaire était même bien avancée avec Oregon State, mais l’accord a déraillé sur des aspects administratifs. « Un manque d’éligibilité », dévoile le principal intéressé.

Certainement une déception sur le moment, mais finalement peut-être un mal pour un bien. « Pour l’instant, c’est plutôt un bon choix, oui », sourit celui qui a prolongé tardivement son contrat jusqu’en 2028 avec le NBH. « Rémy Valin m’avait dit que ce serait une bonne chose de rester, que j’allais pouvoir progresser encore. La preuve avec ce qui se passe cette saison ! »
Pas un (vrai) match sous les 17 points depuis début novembre !
Revenu en 2024 d’un prêt à la JDA Dijon (afin de pouvoir évoluer au niveau Espoirs ÉLITE), Mathys Kangudia avait démarré très poussivement son aventure professionnelle la saison dernière sous les ordres de Laurent Pluvy. Un début d’exercice au ralenti, parfois passé au fond du banc, avant qu’il ne se libère au fur et à mesure des matchs (6,9 points à 41% en 18 minutes de moyenne), grâce notamment à l’arrivée de Rémy Valin sur le banc. Et surtout les promesses du printemps 2025 se sont transformées en une véritable explosion à l’automne ! De quoi surprendre tout le monde, jusqu’au joueur lui-même.
« Je savais que j’allais faire une bonne saison, mais pas autant que ça », admet-il. « Je suis vraiment parti sur de grosses bases, et ce n’était pas prévu. Mais tant mieux ! » Une phase aller d’autant plus étourdissante qu’il est le deuxième meilleur marqueur d’ÉLITE 2 malgré une fiche plombée par une expulsion précoce contre Poitiers le 12 décembre (0 point en 6 minutes).

C’est simple : hormis cet accroc, Mathys Kangudia n’est plus descendu sous la barre des 17 points depuis le 7 novembre. Parfois avec quelques aspérités, comme ces lancers-francs égarés (6/12) qui lui ont embué les yeux dans le money-time à Quimper début janvier, mais la régularité n’en reste pas moins remarquable pour quelqu’un dont le record en pro n’était « que » de 15 points avant cette saison.
« Le jeu parfait d’un arrière scoreur »
« Mathys est un super joueur, avec un super état d’esprit », applaudit Rémy Valin. « Ça fait plaisir de voir un jeune respectueux et travailleur être en train d’exploser comme ça. C’est le genre de joueur que tout le monde aimerait avoir dans son équipe. Il sait qu’il a ma confiance totale, et il l’avait même avant le début de saison. » Reste que l’enfant de Coulommiers a su tirer profit des aléas pour prendre le pouvoir plus rapidement que possible, en profitant notamment des trois mois d’absence de Kyle Riddley, deuxième meilleur marqueur de la Pro B 2024/25.
« Quand Kyle s’est blessé, il a de suite pris le lead offensif », relate le technicien du NBH. « J’ai un gros niveau de confiance », poursuit Kangudia. « C’est grâce au coach et à tous mes coéquipiers. Quand je suis un peu moins dedans, ils continuent à m’encourager, me disent que ça va le faire. Je connais mes capacités. Je laisse dérouler mon jeu et pour l’instant, ça marche ! »

Son jeu, justement, à quoi ressemble-t-il ? « Il a le jeu parfait d’un arrière scoreur dans le drive ou dans le tir », clame Rémy Valin. « On parle d’un gamin qui a un jump shoot incroyable et qui va vite. » Et, surtout, qui dispose d’une vraie marge de progression. « Dans son jeu de passe, et dans le rythme qu’il peut donner au jeu quand il est utilisé à la mène. Il a de telles qualités de vitesse et de tir que s’il associe le bon choix entre la passe et la finition, qu’il s’améliore dans le jeu de pick and roll autour de la passe, il peut encore franchir un cap. Il l’a déjà fait sur deux – trois matchs : quand il a été à ce niveau-là dans l’agressivité offensive alliée à la lecture, il est intenable à ce niveau-là. »
Bientôt en Betclic ÉLITE… avant l’EuroLeague ?!
Révélé lors d’un Final Four U15 remporté en 2019 avec Marne-la-Vallée, également sacré champion du monde U18 de 3×3 en 2022, Mathys Kangudia aspire désormais forcément à stabiliser son niveau de performance sur la phase retour, malgré le retour de Riddley. Et aussi à mettre fin à la disette nantaise en playoffs, lui qui est arrivé au club alors qu’il n’était qu’un cadet de 15 ans… « Je suis à l’Hermine depuis 2019 et je n’ai encore jamais vu le club en playoffs ! Ça me tient à cœur de l’y amener. »
Avant, ensuite, de viser plus haut, malgré un engagement qui s’étire sur deux années supplémentaires avec le NBH. Alors que Rémy Valin l’envisage dans « une très grosse fac » dès la rentrée, Mathys Kangudia botte lui en touche, surtout focalisé sur sa saison actuelle. Mais quand on gratte un peu, son nouveau statut en ÉLITE 2 semble avoir remisé un peu plus loin ses rêves universitaires.

« Maintenant, j’aimerais bien rester en France. Je ne suis pas fermé à la NCAA mais pourquoi pas la Betclic ÉLITE sinon, avec un club qui joue une Coupe d’Europe ! » Un projet hexagonal qui serait plus en adéquation avec son « objectif idéal » : être en EuroLeague, d’ici trois ou quatre ans. « Voire même plus tôt si c’est possible. C’est ce que j’ai envie. Si je bosse et que je saisis mes chances, je pense que je peux le faire. » Et tant pis s’il faut se passer du Young Star Game pour cela…




























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