« Est-ce que je suis heureux ? Pas du tout » ; Quand Spanoulis savoure le Monaco retrouvé mais revient sur les difficultés extra-basket

Vassilis Spanoulis s’est longuement exprimé après la victoire contre Cholet, à la veille d’une nouvelle finale pour Monaco, qu’il compte remporter
Monaco n’a pas tremblé. Après avoir flirté avec le danger la veille, la Roca Team a déroulé ce samedi 21 février à la Futuroscope Arena, écrasant Cholet (115-83) pour s’offrir une nouvelle finale de Leaders Cup. Au-delà du score, c’est surtout l’attitude affichée qui a marqué Vassilis Spanoulis, dans un discours à la fois satisfait… et exigeant.
« Aujourd’hui, nous avons jouer un match très sérieux. Nous avons jouer 40 minutes, avec une excellente défense. Nous avons eu une bonne communication. Les gars étaient très connectés. Je pense que la défense était la clé pour gagner ce match. »
Un message envoyé dès l’entame
Monaco a pris l’ascendant très vite, avec un premier quart-temps plein (31-20) et une intensité constante. Un contraste avec le match précédent, que Spanoulis n’a pas digéré malgré la qualification.
« Oui, nous étions prêts dès le début. Je n’ai pas aimé… La victoire, c’est toujours une victoire dans un match à élimination directe. Mais je n’ai pas aimé la façon dont nous avons terminé le match. C’était très risqué et dangereux ce qu’il s’est passé hier. Et aujourd’hui, on a dû aller avec une autre mentalité sur le terrain et jouer du basketball que j’aime. »
Dans la même veine, Juhann Begarin a décrit un Monaco “très sérieux”, décidé à se remettre dans le bon sens.
« On a retrouvé un Monaco très conquérent aujourd’hui, très sérieux, et en plus tout le monde a fait une belle performance. On avait à cœur de retrouver notre niveau. On a une phase un peu compliquée, notamment pour nous au niveau des résultats en EuroLeague. (…) Nous, on s’est focalisé que sur ce que nous, on peut contrôler, le basket. Donc, c’est ce qu’on a fait et ce qu’on a montré ce soir. »
Une défense de “très haut niveau”, le mouvement de balle en prime
Ce Monaco-là a surtout étouffé Cholet, tout en partageant la balle (34 passes décisives). Spanoulis a insisté sur la production collective, en citant aussi le rendement des extérieurs.
« Je connais Mike très bien et il était vraiment très bon aujourd’hui. Juste par rapport au ballon, son énergie, son agressivité, sa défense, sa capacité de passer, pour créer, pas seulement lui, mais toute l’équipe. 34 assists. 3 gardes, 24 assists. Et en général, notre jeu, notre spacing, notre mouvement de balle en défense. Mais en défense, tout le monde était vraiment, vraiment, vraiment bon. Et tout le monde jouait de la différence. »
Begarin, lui, a aussi pointé l’impact défensif comme déclencheur de l’écart, avec un Mike James revanchard après un match plus compliqué.
« Effectivement, hier, on a galéré un peu. (…) Notamment, par exemple, notre scoreur Mike James, qui a eu un peu de difficultés hier au début de match. Avec un joueur de son calibre, forcément, ça ne se répète pas sur deux matchs d’affilée. Donc, il a pu mettre le tempo et mettre des gros tirs. Après, nous, on se concentre aussi également beaucoup, beaucoup sur la défense. Et ce soir, ça a été une défense de très haut niveau. Le coach est très satisfait de ce qu’on a pu montrer et donc c’est ce qui a fait la différence pour creuser l’écart comme ça. »
Rumeurs, insécurité, effectif court : Spanoulis explique le “mois” qui a tout brouillé
Au-delà du match, Vassilis Spanoulis a évoqué de ce qui a pesé récemment sur son groupe, avec des mots très forts concernant la situation financière d’un groupe plus court que les saisons précédentes.
« Pendant un mois, cela nous a beaucoup touché, comme tout le monde le sait. Le cerveau n’était pas là. Il y a eu beaucoup de rumeurs, beaucoup d’insécurité sur le futur, sur l’instant, sur l’avenir. Je pense qu’un mois avant, on jouait le meilleur basketball d’Europe, offensivement et défensivement. Pour un mois, on n’était pas le même équipe. On a eu des conversations (entre nous). Comme je l’ai dit, je suis avec les joueurs. Si nous décidons quelque chose, nous le déciderons comme un équipe. Mais pour le moment, nous sommes ici et nous devons nous concentrer sur le basketball. »
Il a aussi détaillé la contrainte d’un effectif réduit, qui oblige à adapter le quotidien.
« Nous avons de l’alchimie, mais nous n’avons que 10, 11, 12 joueurs. (…) Comment les garder frais ? Comment ne pas s’entrainer ? Comment passer ma philosophie et ma tactique à travers les vidéos et des entraînements en marchant. (…) Est-ce que je suis heureux ? Pas du tout. Est-ce que je suis frustré ? Beaucoup. Mais j’essaie de me concentrer sur le basketball et sur ces gars-là. »
Une finale à aborder sans arrogance
Monaco reste sur deux finales perdues la saison passée. De quoi apprendre pour une large partie du groupe, présent notamment contre Le Mans en finale de la Leaders Cup à Caen. Spanoulis l’a martelé : en match couperet, personne n’est à l’abri.
« Si vous ne vous prenez pas au sérieux, si vous ne respectez pas l’autre équipe, chaque équipe peut vous tuer. (…) Dans la vie, vous pouvez faire des erreurs, vous pouvez perdre des matchs, mais vous devez prendre des leçons et revenir plus fort. »
Begarin a lui aussi insisté sur l’avertissement de 2025 : l’année dernière, Monaco s’est fait surprendre.
« Tous les jours le coach nous répète que chaque match est important, surtout dans un tournoi comme ça. Tout le monde peut gagner, tout le monde. Et comme vous l’avez bien dit, à l’image de l’année dernière, on a perdu contre Le Mans. (…) Maintenant, il n’y aura plus de seconde chance. Là, il va falloir être décisif et trancher rapidement. »
Enfin, Spanoulis a ouvert sur le prochain adversaire potentiel, sans faire de choix : l’essentiel est le niveau de Monaco.
« Bourg-en-Bresse et Le Mans sont de très bonnes équipes, mais nous devons jouer à notre niveau. (…) Si nous ne sommes pas concentrés, si nous sommes arrogants, si nous prenons tout comme si c’était facile… Nous pouvons perdre contre tout le monde. »
À la Futuroscope Arena.



























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