ITW Léon Sifferlin, après sa première saison en NCAA : « J’étais réticent avant de partir mais finalement, je suis conquis ! »

Léon Sifferlin (2006) a progréssé en NCAA avec Tulsa
Dans les couloirs du Hinkle Fieldhouse de Butler University, dans le cadre du NIT (National Invitational Tournament), nous avons retrouvé Léon Sifferlin (1,96m, 20 ans). Avec le Tulsa Golden Hurricane, il a terminé sa saison de freshman dans l’American Conference. Très peu de temps de jeu mais une vraie amélioration physique et technique pour l’arrière de la génération 2006. Une interview exclusive depuis Indianapolis.
Tu n’as pas beaucoup joué cette année, comment tu gères ça ?
Je m’y attendais un peu en venant ici, c’était prévu. Je suis arrivé très très tard et c’était un peu une année de développement aussi. Je suis vraiment content de ce que j’ai fait ici. J’ai pris du poids, j’ai progressé. Quand je me compare au début d’année, je ne suis vraiment plus le même joueur. Après, c’est compliqué de se comparer quand t’as pas joué de la saison, c’est normal. Mais je l’ai bien vécu.
Sur quoi tu sens que tu as le plus progressé, à part le physique ?
Physiquement c’était déjà un gros chantier pour moi. Et après, j’ai amélioré mes points forts qui étaient déjà un peu là, la vision de jeu, l’adresse extérieure. Mais avec le physique vient le fait que tu es plus dur, que tu peux aller au contact. Ici les mecs drivent tout le temps, tu es obligé de faire pareil. Ce serait leur manquer de respect de dire qu’ils ne font que ça, mais ils en font vraiment énormément. Du coup tu es obligé de le faire aussi et ça te permet de progresser là-dessus. La percussion, c’est ce qui me manquait un peu, ça c’est venu avec aussi.
« Je ne suis vraiment plus le même joueur ! »
Les infrastructures, ça change de la France ?
Ça change vraiment. Après, à Bourg j’avais quand même un bon staff et de bonnes infrastructures, j’avais aussi visité l’ASVEL, j’avais vu ce que ça donnait côté français. Mais même comparé à ça, et pourtant Tulsa n’est pas une école réputée et très grosse, les infrastructures sont à un autre niveau. Les déplacements en jet privé, les hôtels… on est vraiment comme des pros mais à l’université. C’est vraiment impressionnant.
C’est quoi le déplacement qui t’a le plus marqué ?
Pendant le break de Thanksgiving, on est allé à Palm Springs en Californie. On était dans un hôtel de fou, toutes les équipes réunies au même endroit. La côte ouest, le jet, l’hôtel de dingue… J’avais même croisé Wilson Jacques là-bas, mon coéquipier de l’année dernière à Bourg. Il y avait vraiment beaucoup de monde et c’était impressionnant.
La NCAA et le championnat Espoirs, c’est comparable ?
Il n’y a pas photo. Les mecs physiquement ici, ils sont taillés, ils sont prêts. Et le championnat Espoirs est de plus en plus jeune maintenant, donc moins physique. La NCAA, il faudrait plus la comparer à de l’Élite 2. Je ne sais pas si on peut rivaliser avec des équipes d’Élite 2, j’ai jamais joué à ce niveau, mais en tout cas c’est surtout physiquement que ça se compare pas du tout au championnat Espoirs.
« On m’a demandé si on avait des portes automatiques
dans les centres commerciaux en France… »
Comment tu t’es intégré dans l’équipe en tant qu’international ?
C’était un peu plus dur d’arriver tard, mais je parlais déjà un peu anglais, l’adaptation s’est faite assez vite. Et puis quand tu gagnes plus de 30 matchs dans la saison, l’ambiance est forcément bonne, ça c’est évident. Les mecs sont sympas, de ton âge, ils ne se prennent pas la tête, ils ne sont pas au-dessus de toi. Au contraire, ils essayent de te parler, de connaître ta culture, ils s’intéressent à toi. Après, j’ai eu quelques questions un peu naïves, des clichés. Ils pensent qu’on est un pays pas développé. Une fois, ils m’ont demandé si on avait des portes automatiques dans les centres commerciaux en France. Je leur ai dit “vous êtes sérieux les gars ?”. Le cliché de ne pas savoir situer la France sur une carte, ce n’est pas un cliché, c’est vrai. Mais sinon franchement, ils t’intègrent bien. Je me sentais chez moi au bout d’une semaine.
Leon told me to PLAY THAT SONG 🎶 #ReignCane pic.twitter.com/FLd5qmk6hd
— Tulsa Basketball (@TulsaMBB) February 22, 2026
Et la vie sur le campus, côté scolaire ?
Franchement facile. Le campus n’est pas très grand, c’est plus simple. Et tu n’as pas beaucoup de cours, cinq matières différentes avec deux heures par semaine chacune. Nous en plus on n’est qu’en présentiel, j’imagine même pas quand tu es en distanciel, tu as tout le temps du temps libre. En journée typique je vais de 9h à midi en cours et après c’est terminé. C’est le rêve américain côté campus, c’est encore un cliché mais c’est vraiment sympa. T’as du monde, une belle ambiance, tu découvres… ouais, le campus c’est vraiment bien. Je suis content d’être allé à Tulsa parce que c’était ma première ville aux États-Unis et ce n’est pas la plus grande, pas le plus grand campus. Ça m’a permis de m’adapter plus facilement. Si j’avais débarqué direct dans une grosse ville, ça aurait peut-être été différent.
« Il y a des chances que je reste à Tulsa »
C’est quoi le truc qui t’a le plus choqué dans le mode de vie américain ?
La nourriture, c’est dingue. J’en parlais avec Timéo Pons, on se disait que dès le début on avait pris 5 kilos au bout d’un mois. Et même pas du gras, du muscle, tellement tu pousses et tu manges. Les Américains mangent que des fast-foods, ce n’est pas un cliché du tout. Même mes parents, quand ils sont venus à Noël, étaient choqués du nombre de fast-foods. Voilà, la grosse différence, c’est vraiment la nourriture.
Avec Timéo, vous avez joué la Coupe du monde U19 ensemble il y a moins d’un an et vous vous retrouvez en demi-finale du NIT, c’est un peu fou…
C’est sympa ouais. Quand on a vu le bracket on s’est envoyé un message en disant que ce serait bien de se retrouver au Final Four, et au final ça arrive comme ça. J’ai croisé pas mal d’autres Français aussi pendant la saison. Le calendrier tombe et tu te dis “ah lui il joue dans telle équipe”. C’est sympa de se retrouver entre Français pendant la saison. Encore plus dans un contexte comme celui-là avec Timéo.
« Un goût d’inachevé parce que je n’ai pas joué »
C’est quoi la suite pour toi ?
Il y a des chances que je reste à Tulsa, je sais pas trop, c’est un peu flou. Mais en tout cas je resterai dans le cursus universitaire, je n’ai pas envie de retourner en Europe pour l’instant.
Pourtant tu voulais rester en Europe à la base, tu es venu ici un peu par défaut…
Ouais, j’avais eu quelques pistes en France qui ne s’étaient pas concrétisées. Et finalement je suis conquis. J’étais réticent avant de partir mais là j’aime vraiment bien. Et puis j’ai un goût d’inachevé parce que je n’ai pas joué. Je n’ai pas envie d’être venu ici juste pour ne pas jouer et repartir. J’ai envie de vivre une saison complète, entre début novembre et mars à ne faire que jouer. Je pense que j’ai un petit truc à faire ici. Donc encore un an, on verra après.
Tu as des collègues de ta génération 2006, Nolan Traoré, Noa Essengue, Joan Beringer… qui sont en NBA. Ça t’inspire quoi ?
C’est sympa de se dire qu’on était en équipe de France U18 ensemble et qu’eux sont en NBA pendant qu’on est à l’université. Chacun son parcours. Mais c’est sympa de voir que la France prend de l’ampleur dans le monde du basket. Même mes coéquipiers ici commencent à réaliser qu’il y a beaucoup de Français partout. Et Victor, ils ne savent pas ce que c’est, ils se disent que c’est de la triche, que c’est pas possible. Nous les Français on le suit depuis tout petit. C’est inspirant, il montre la voie à la France. Et c’est pas que lui, Zaccharie premier de la draft, Alexandre, Bilal… tous ces mecs, c’est vraiment impressionnant à voir.
L’interview complète disponible sur Youtube :
Eliott Caillot depuis Indianapolis
























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