Du Mondial mini-basket de Bourbourg aux NBA Finals, toutes les finales de Victor Wembanyama

De Bourbourg à New York…
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À partir de 5€Essai gratuitLe voici à quatre matchs de l’un des plus beaux trophées du basket mondial : le Larry O’Brien, synonyme de titre de champion NBA. Mais Victor Wembanyama, qui va démarrer l’ultime chapitre de cette quête cette nuit contre les Knicks, n’en est pas à sa première finale.
« J’imagine que tous les gamins aiment les trophées et les médailles », souriait Wemby mardi lors du media day des NBA Finals. De Bourbourg à Villeurbanne, en passant par Bourg-de-Péage, Tain-l’Hermitage et Lons-le-Saunier, il en a accumulé un certain nombre lors de son adolescence. Et pour cela, il a évidemment dû disputer plusieurs finales. Nous les avons toutes retracées.
Bourbourg, l’acte de naissance
2013 et 2014
Une première finale, ça ne s’oublie pas. Et un premier titre, non plus. En l’espace de deux ans, Victor Wembanyama a vécu les deux au Mondial Mini Basket de Bourbourg, un tournoi réputé pour les U11 organisé dans le Nord de la France.
Quand il débarque près de Gravelines pour la première fois, en 2014, il vit ses premiers moments avec la JSF 1,80 m. Et aimante déjà tous les regards, à seulement dix ans, comme l’écrivait notre confrère Frédéric Sourice de La Voix du Nord, premier journaliste à avoir mentionné Wemby dans la presse lors de son compte-rendu de la finale contre Mulhouse. « Nanterre, malgré des arrières survoltés, malgré un pivot de 10 ans d’1,80m (!), faisait la course derrière les Alsaciens. »
En 2014, Nanterre s’est incliné 27-25 face au FC Mulhouse de Kymany Houinsou, nommé MVP. « Les gamins de Nanterre semblent inconsolables », relate Frédéric Sourice dans son article du lendemain.
Un an plus tard, définitivement licencié à la JSF cette fois (le tournoi de 2014 avait fait office de test grandeur nature pour changer de club après trois premières saisons à l’Entente Le Chesnay-Versailles), Victor Wembanyama prend sa revanche.
En demi-finale, Nanterre exorcise ses vieux démons contre Mulhouse avant de balayer la Toulouse Travel Team en finale devant 1 400 spectateurs. Du haut de ses 191 centimètres à 11 ans, Wemby est cette fois élu MVP du tournoi.

« Ce tournoi nous laissera à tous des souvenirs impérissables », racontait à l’époque Frédéric Donnadieu, coach des U11, sur le site du club. « Cet état d’esprit collectif nous a permis de nous sublimer lors de la dernière journée du tournoi. En demi-finale, tout d’abord, où nous affrontions Mulhouse, le vainqueur de l’année précédente, qui nous avait battu de 2 petits points en finale… Les enfants ont été très courageux, en respectant parfaitement les consignes… c’est donc avec beaucoup de cœur et d’esprit de sacrifice que nous avons remporté ce match de trois points. La finale, quant à elle, a été une démonstration collective de haut niveau où nos jeunes joueurs ont réalisé un magnifique match, grâce à des contre-attaques extrêmement efficaces, mais surtout : ils l’ont gagné en équipe… Ce que je retiendrai, c’est la joie d’avoir pu faire participer tous les joueurs à la finale et d’avoir pu partager des bonheurs simples d’enfants heureux… »
Le duo Wembanyama – Coulibaly règne sur le TIC U13,
Bourg-de-Péage, 2017
Tous deux vice-champions olympiques, Victor Wembanyama et Bilal Coulibaly ont remporté leur premier trophée ensemble en 2017. C’était avec la sélection départementale des Hauts-de-Seine, quand l’un jouait à Nanterre et l’autre à Courbevoie, lors du Tournoi Inter-Comités (TIC) U13.
Sur un week-end, l’équipe du 92 bat successivement les Landes (67-48), les Pyrénées-Orientales (45-34) puis le Maine-et-Loire (76-49) pour s’ouvrir les portes de la finale face au Haut-Rhin de… Kymany Houinsou. Certes maladroits, les deux prospects se livrent un beau duel (17 points à 7/21, 16 rebonds et 6 passes décisives pour l’Alsacien, 19 points à 8/17, 10 rebonds et 3 contres pour le Francilien) mais Wemby s’offre le dernier mot (70-59).

« Victor était déjà un prospect énorme », nous racontait son entraîneur, Manu de Carvalho. « Ce que j’ai vu à 12 ans et 2,05 m chez lui, je ne l’avais jamais vu avant… C’était un joueur capable de dribbler comme un meneur, de passer la balle main gauche ou main droite tout terrain, de dribbler des deux mains, qui faisait des fade-away, des euro-step, des spin-moves, des lay-back, des tirs à trois points… Dans le jeu, il était déjà exactement pareil : il n’avait peur de rien, il était assez facile et prenait les responsabilités. »
Le doublé dans la Drôme,
champion de France U15 à Tain-l’Hermitage en 2018
Invaincue tout au long de la saison lors du championnat de France U15, la JSF Nanterre survole le Final Four à Tain-l’Hermitage. Alors qu’il fait l’objet de son premier article dans la presse nationale lors de ce week-end de mai 2018, dans le Parisien, Victor Wembanyama (2,08 m à 14 ans) est coaché par Bryan George, l’actuel adjoint des Bleus.
Dans la Drôme, comme un an plus tôt lors du TIC, il porte son équipe vers la consécration en dominant Roanne (82-54) puis Charenton (87-60), malgré la présence de Maxime Raynaud et Armel Traoré en face. « C’est là que je réalise que l’histoire va être hors normes », glissait récemment Frédéric Donnadieu à L’Équipe.

La leçon de la JL Bourg… et le jackpot des Spurs,
2019
-49 en finale : jamais Victor Wembanyama n’avait été dominé de la sorte ! « Même s’il était surclassé, quand on voit ce qu’il devient maintenant, on peut se dire qu’on avait fait un gros match contre lui : c’est quelque chose dont on peut être fiers », sourit Corentin Falcoz, arrière de la JL Bourg, qui avait donné une leçon à Nanterre (100-51).

Alors surclassé avec les U18, du haut de ses 15 ans, Wemby n’avait été qu’un protagoniste secondaire (6 points, dont un tir lointain dans la dernière minute) d’une finale à sens unique à Ékinox, qui avait offert une sortie royale à l’entraîneur Pierre Murtin. « Cette finale, c’était l’apogée de son jeu, où le collectif primait avant tout », se souvient Corentin Falcoz, arrière de la Jeu à l’époque. « Quand on arrivait dans une salle, les gens voyaient de petits Blancs faire des lay-up à l’échauffement : ils pensaient tous qu’ils allaient nous mettre 40 points, mais c’était l’inverse », s’amuse Hugo Benitez.
Mais la vraie histoire est au-delà du score final. C’est en marge de ce week-end à Bourg-en-Bresse que R.C. Buford, le GM des Spurs, a découvert celui qui allait devenir le visage de sa franchise. « Je me souviens de ma première rencontre avec Victor comme si c’était hier », avait-il glissé en 2024 au journal L’Équipe. « C’était le 4 mai 2019, je m’étais rendu à Bourg-en-Bresse et j’avais complètement flashé sur lui. Je n’avais jamais vu ça. Il avait 15 ans et il était déjà hors norme. Je suis rentré à San Antonio et j’ai dit à mes collègues que ce joueur était unique, qu’il s’agissait d’une opportunité extraordinaire qu’on ne pouvait pas manquer. » Quatre ans plus tard, les planètes se sont alignées pour offrir aux Spurs le premier choix de la Draft. « Avec la découverte d’un tel prospect, ce week-end à Bourg a eu une énorme influence sur la façon dont nous avons défini notre stratégie de reconstruction », a ajouté Buford auprès de The Athletic.

Champion dans le Jura avec Malonga,
Tournoi Inter-Ligues 2019, Lons-le-Saunier
Avec sept ans de recul, les spectateurs du GES de Lons-le-Saunier peuvent s’estimer chanceux. Dans le Jura, ils ont vu à l’œuvre les deux futurs visages du basket français : Victor Wembanyama chez les garçons, Dominique Malonga chez les filles.
Largement dominante au cours de ce Tournoi Inter-Ligues, la sélection Ile-de-France s’est adjugée le trophée en déroulant face au Grand-Est en finale (80-44). Une petite revanche pour Wemby, à peine un mois après la déculottée reçue à Bourg-en-Bresse. S’il était resté discret statistiquement lors du match du titre (4 points), il avait tout de même impressionné le public franc-comtois.

« Je n’ai jamais vu un U15 comme lui, et pourtant, j’en ai vu défiler », disait récemment Frédéric Petitjean, le président du comité du Jura, au Progrès. « Je n’avais jamais vu un grand aussi coordonné. Il faisait tout, il montait la balle, shootait à 3 points. C’était un phénomène et en plus il était sympa. Il a fait l’unanimité positivement autour de lui. Tu sentais qu’il avait déjà du QI basket plein la tête. »
EuroBasket U16 2019, la révélation à l’international
Udine
Le tournant international. Surclassé au sein de la génération 2003, Victor Wembanyama se révèle aux yeux du grand public lors de l’EuroBasket U16, notamment au travers d’un quart de finale exceptionnel contre la Croatie (12 points, 21 rebonds et 8 contres), alors qu’il était initialement attendu comme un joueur du bout du banc.
Quelques mois plus tôt, peu productif contre les mêmes Croates en demi-finale, Wemby n’avait même pas fait partie des 12 joueurs convoqués pour la finale du tournoi de Bellegarde-sur-Valserine. « Je ne m’attendais pas à ce qu’il soit aussi impactant car il était loin de ce niveau à Bellegarde », nous avouait le sélectionneur Bernard Faure en cours de compétition. « Je crois que c’est un garçon très intelligent et il a tiré les leçons de Bellegarde. Samedi il nous a dit « Bellegarde je ne veux plus en parler, je veux l’oublier ». Je lui ai dit « au contraire ne l’oublie pas, c’est ce qui te permet d’être aujourd’hui comme ça et certainement demain plus fort. »

En finale, il sera le seul Bleuet à dépasser la barre du 10 d’évaluation (16, avec 7 points, 12 rebonds et 5 contres) mais cela ne suffira pas face à la Roja (61-70). Petit lot de consolation : le phénomène francilien est élu dans le cinq idéal du championnat d’Europe.
Coupe du Monde U19 2021, la blessure éternelle
Riga
Si vous avez suivi de près la série contre Oklahoma City, vous avez forcément entendu parler de cette finale de Coupe du monde puisqu’elle constitue le point originel de sa rivalité avec Chet Holmgren. Les deux géants étaient les deux attractions du Mondial U19 à Riga et leur duel avait été largement remporté par le Français en finale : 22 points, 8 rebonds, 8 contres pour Wemby ; 10 points, 2 rebonds et 0 contre pour Holmgren…

Sauf que le futur intérieur de l’ASVEL avait été éliminé pour cinq fautes dès la 37e minute, sorti du parquet quasiment en pleurs, et avait dû assister à la courte défaite des siens (81-83), cédant ainsi le trophée de MVP du tournoi à son rival étasunien, alors que c’est le cubique Kenneth Lofton Jr. qui avait fait basculer la finale en faveur de Team USA.
»On a tout donné », avait confié Wemby après coup. « Je remercie tous mes coéquipiers. Ils sont très courageux. Ils peuvent sortir de n’importe quelle situation. J’aurais pu aider si je n’avais pas été exclu. Je regrette les fautes que j’ai commises. Même si l’arbitrage était un peu dur, je suis triste d’avoir été exclu. Je sais qu’on aurait pu gagner si ça n’était pas le cas. J’adore cette équipe, même si je n’ai pas passé beaucoup de temps avec mes coéquipiers. »

L’un des revers les plus difficiles à digérer de la carrière de Wembanyama, pour l’instant. « Rien que d’y penser, ça me serre la mâchoire : c’est un regret, un vide en moi que je dois combler », disait-il en 2022. « Cela me hante encore », ajoutait-il en 2023, à la veille de sa Draft.
Championnat de France 2022 et 2023,
un titre en tribunes et un sweep
Blessé au psoas lors de la demi-finale contre Dijon, Victor Wembanyama a remporté le premier trophée de sa carrière professionnelle sans jouer. Sacré avec l’ASVEL, il a suivi les cinq manches de la finale contre Monaco depuis les tribunes, notamment l’homérique money-time du Match 5 où on l’a vu debout au premier rang (une pensée pour les gens installés derrière…) en train d’huer Mike James sur les dernières possessions de la Roca Team.
Sans jouer, l’ancien nanterrien avait tout de même été l’un des dossiers brûlants de la finale, avec la question de son avenir. Tiraillé entre le Paris Basketball et les Metropolitans 92, il avait activé sa clause de départ dans la foulée du titre villeurbannais pour rejoindre Boulogne-Levallois.

Un an plus tard, à l’issue d’une saison qui a parfois pris les airs d’une tournée des Beatles, Victor Wembanyama a retrouvé les finales dans un tout autre costume : celui de leader d’une jeune équipe des Mets que l’on n’attendait pas à pareille fête. Même adversaire, Monaco, mais dénouement différent. Ciblé par le spécialiste défensif John Brown III, harcelé physiquement, le futur n°1 de la Draft avait livré l’une de ses plus faibles prestations de la saison lors du Match 1 (8 points à 3/8 et 7 rebonds), avant de redresser la barre lors des deux rencontres suivantes (19 points à 7/13, 7 rebonds, 4 passes décisives et 3 contres, puis 22 points à 6/11, 7 rebonds et 4 contres) mais sans permettre aux Mets d’éviter le sweep (0-3).
« C’est frustrant et c’est une déception de perdre 3-0 ces finales », exprimait-il à l’issue de la saison. « On avait la place de prendre le troisième match. Ce que je vais retenir de ces finales ? Je sais qu’il y aura des épreuves dans ma future carrière en NBA. Et pour moi, elles servent uniquement à nous prouver à nous-mêmes qu’on mérite de recevoir une récompense à la fin. Chaque épreuve sert à me prouver à moi-même que je mérite de recevoir la récompense à la fin. Chaque défaite est plus une leçon qu’autre chose. Personnellement et c’est mon principal axe de progression, je dois réussir à rester intense de longues minutes, quand le coach a besoin de moi. »

Jeux Olympiques de Paris 2024,
star argentée à domicile
Le match le plus important de la carrière de Victor Wembanyama, jusqu’ici. Difficile de rêver mieux qu’une finale des Jeux Olympiques, à la maison, face aux États-Unis. Toutes les stars américaines étaient là : LeBron James, Stephen Curry, Kevin Durant… Mais tout le monde avait les yeux rivés sur un gamin de 20 ans.
Maladroit jusqu’ici, le phénomène français avait totalement été à la hauteur de l’évènement, illuminant Bercy avec son meilleur match du tournoi olympique : 26 points à 11/19 aux tirs, 7 rebonds, 2 passes décisives, 1 interception pour 25 d’évaluation en 29 minutes. Mais dans le money-time, il doit abandonner la vedette à Stephen Curry, auteur de quatre tirs longue distance d’anthologie pour définitivement repousser les Bleus (87-98).

Ému aux larmes, Victor Wembanyama avait eu cette phrase prémonitoire dans les couloirs de l’AccorArena devant une nuée de micros, sa médaille d’argent autour du cou. « J’apprends et je suis inquiet pour mes adversaires dans quelques années. » « En NBA ou en FIBA », lui avait demandé un reporter américain. « Partout », avait-il répondu. Nous y voilà.
NBA Cup 2025,
le round 1 face aux Knicks
San Antonio – New York en finale, ça vous rappelle quelque chose ? Après avoir éliminé OKC en demi-finale, en plus. Malheureusement, le 16 décembre dernier, les Spurs n’avaient pas touché le jackpot face aux Knicks, vaincus 113-124 lors de la finale de la NBA Cup.
Un match particulièrement éprouvant pour Victor Wembanyama, tout juste de retour après un mois d’absence en raison d’une blessure au mollet gauche. Sous restriction de minutes (25), l’intérieur texan est à court de rythme, et cela se voit (18 points à 7/17 et 6 rebonds).

Surtout, il a abordé cette rencontre avec un énorme poids émotionnel sur les épaules : la perte de sa grand-mère, quelques heures plus tôt. Ce n’est qu’en conférence de presse qu’il extériorise ses émotions.
Victor Wembanyama says someone close to him passed away and breaks down in tears pic.twitter.com/FVqrM82soc
— NBAbzy (@nbabzyy) December 17, 2025
Lorsqu’un journaliste lui a demandé s’il parvenait tout de même à tirer du positif de cette défaite, Wemby a répondu: « Je vis un moment difficile, j’ai perdu quelqu’un de très proche aujourd’hui. Donc je n’arrive pas du tout à voir le positif. » Avant de s’effondrer en larmes, de s’excuser et de quitter la conférence de presse. Une troisième finale professionnelle perdue consécutivement pour la star française. Mais ce soir-là, l’essentiel était ailleurs…
































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