ITW A.J. Dybantsa, futur numéro 1 de Draft NBA aux attaches françaises : « La France nous a appris le travail acharné »

Probable futur n°1 de la Draft NBA, A.J. Dybantsa a répondu aux questions de BeBasket ce mercredi
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À partir de 5€Essai gratuitL’Adidas Arena vibre encore des échos du premier match de la demi-finale de Betclic ÉLITE entre Paris et Cholet. Au premier rang, une silhouette de 2,07 m ne passe pas inaperçue. A.J. Dybantsa (19 ans), le joyau que la NBA s’arrache pour la Draft 2026, est là, maillot du Paris-Saint-Germain sur le dos, scrutant le jeu avec une acuité professionnelle.
« C’était du bon basketball, un match serré », nous a-t-il glissé ce mercredi matin, depuis le 17e étage de son palace cinq étoiles du quatrième arrondissement de Paris, proposant une vue panoramique sublime sur le reste de la capitale, avec le calme olympien et le flegme qui le caractérisent. Pronostiqué premier de la prochaine Draft NBA, A.J. Dybantsa est actuellement en tournée européenne. Samedi, il était à Budapest pour soutenir le PSG contre Arsenal lors de la finale de la Champions League et a pu s’offrir une photo avec Ousmane Dembélé et le trophée.

Depuis, il a posé ses valises à Paris, où il s’expose au micro de tous les médias français, y compris BeBasket. Entre-temps, il a été aperçu en train de conseiller les gamins du club de Hustle ou dans les travées du court Philippe-Chatrier pour encourager son compatriote Frances Tiafoe. Business only à Paris ? Pas vraiment. Pour A.J. Dybantsa, c’est surtout un retour aux sources de son paternel : Anicet « Ace » Dybantsa.
L’âme française, profondément
Plus que son agent désormais, Anicet est surtout le lien viscéral qui unit la France à son fils. Car du haut de ses 19 ans, A.J. est venu dans l’Hexagone plus d’une dizaine de fois. Et pas qu’à Paris, pour s’adonner à du tourisme ou du shopping Boulevard Haussmann. Non, il se souvient de ses séjours à Trappes, avec ses sœurs.
Il faut dire que le père, Anicet, a une histoire singulière avec la France. Né au Congo-Brazzaville, il arrive en France en 1980 et s’y installe pendant huit ans. « Je me faisais virer à gauche et à droite… l’école, à l’époque, c’était terrible », s’esclaffe-t-il à notre micro, en Français, sa langue natale. Ainsi, à l’époque, il a bourlingué entre Tours, Compiègne, Épinal et surtout Grigny, où il a passé le plus clair de son temps.

De cette vie nomade sur trois continents, Ace a tiré une philosophie qu’il a transmise à ses enfants : « J’essaie de prendre les bonnes choses de chaque continent et de les implanter chez mes enfants. L’Europe et la France nous ont appris le travail acharné, le respect des aînés et l’aide de son prochain ».
Bientôt sur la route des Bleus ?
S’il ne parle pas Français, mais le comprend, A.J. suit de très près l’ascension du basket tricolore. « La France développe beaucoup de bons athlètes. Ils ont fini deuxièmes aux derniers JO », souligne-t-il avec respect, lui qui avait notamment été vu dans les travées de Marcel-Cerdan en janvier 2025 pour le Young Star Game.
Sa réaction devant le phénomène Victor Wembanyama est sans équivoque : « Il fait 2,26 m et il fait ce qu’il fait… c’est impressionnant ». Il observe également avec attention la progression d’Alex Sarr et Zaccharie Risacher, voyant dans cette génération française une concurrence sérieuse pour les années à venir. Ainsi, il s’est notamment promis de participer aux Jeux Olympiques de 2028, à Los Angeles.

Sacré champion du monde U19 l’été dernier à Lausanne, et MVP de la compétition, il avait croisé la route des Bleuets dès le premier tour. Sous les yeux de son père, présent en Suisse, il n’avait pas eu à forcer son talent pour mater la génération 2006 cornaquée par Ruddy Nelhomme (16 points à 5/6 et 4 rebonds en 20 minutes).
L’école de la discipline paternelle
Derrière chaque grand champion, il y a souvent un mentor intransigeant. Pour A.J., c’est son père, Anicet « Ace » Dybantsa, qui a pris ce rôle à bras-le-corps. Ancien policier à l’université de Boston, Ace a appliqué une méthode de fer pour canaliser le talent de son fils. L’anecdote la plus marquante remonte à la classe de 6ème (équivalence). A.J. annonce alors son rêve : devenir professionnel.
La réponse du père est cinglante : « Arrête de rêver, il y a plus de docteurs et d’avocats que de joueurs NBA dans ce monde », lui avait-il dit. Des années plus tard, dans la suite parisienne de son fils, son chausson aux pommes dans la main (dont subsistait, d’ailleurs, une miette perturbante sur le coin de sa bouche), l’anecdote le fait marrer. Mais à l’époque, c’était très sérieux. « Je vais t’aider, mais tu dois avoir des A et des B. Si tu as un C, c’est fini ».

Simple menace ? Absolument pas. Un jour, A.J. a ramené un « C- » de son examen. Ace appelle alors le coach de son équipe : « C’est quand le prochain tournoi ? À Philadelphie ? Ok, j’amène mon fils, mais ne le fais pas jouer ». Le père conduit alors six heures de Boston à Philadelphie, A.J. reste sur le banc tout le weekend, et ils rentrent. « Au retour, je lui ai demandé : « Tu as compris la leçon ? » Depuis ce jour-là, il n’a plus eu que des B jusqu’à l’université », raconte Ace avec fierté. Cette discipline s’étendait même au salon familial : une caméra surveillait qu’A.J. et ses deux sœurs fassent bien leurs 100 pompes quotidiennes (50 le matin, 50 le soir) sous peine de voir leur téléphone confisqué.
La pression ? Quelle pression ?
Si A.J. est aujourd’hui ce monstre physique, comparé par les plus fiables scouts à « Jaylen Brown avec plus de ‘bounce’ [de rebond, d’énergie dans les jambes, ndlr] », tout s’est joué durant la période charnière du Covid-19. Alors que le confinement avait mis le monde sous cloche, son père installe un panier et des « plyo boxes » dans leur jardin à Brockton pour travailler la détente. « C’est là que j’ai vu qu’il avait une chance. Il s’entraînait deux à trois fois par jour », se rappelle Ace.
Durant cet été, A.J. grandit de plus de dix centimètres en trois mois. « Quand il est sorti du confinement, les gens ne l’ont pas reconnu », s’amuse son père, avant de jeter un œil protecteur sur son fils, assis plus loin, lancé dans une séquence d’interview tête à tête avec six médias français successifs.

C’est à ce même moment, vers 14-15 ans, qu’A.J. réalise qu’il n’est plus seulement un bon joueur, mais potentiellement le meilleur de sa génération. Encore plus lorsqu’il voit son nom s’afficher à la première place du classement ESPN. Propulsé sous les projecteurs des réseaux sociaux dès le collège, A.J. a appris à gérer la « hype » avec une maturité déconcertante. Sa stratégie est simple : « Poste et disparais ». « Tout le monde a une opinion. Je sais ce que je fais et ce dont je suis capable. J’ignore le mauvais et j’embrasse le bon », confie-t-il, très détaché.
Cette force mentale lui permet de regarder la concurrence dans les yeux. S’il respecte ses concurrents Cameron Boozer ou Darryn Peterson, qu’il croise depuis l’enfance, il n’a aucun doute sur sa légitimité à se retrouver au sommet de la prochaine cuvée. « Je suis polyvalent, complet, je joue de la bonne manière, je gagne. » Froidement.
Pour son paternel non plus, la question ne se pose même pas : « À mon avis, il sera numéro 1. Que ce soit Washington ou Utah qui le prenne », évoquant un possible transfert du Jazz pour s’accaparer le droit de choisir en premier, et non en second comme il est prévu pour le moment.
Un battant au pays de Rocky
Basketteur à plein temps, ne parvenant pas à regarder une série Netflix sans s’endormir au milieu du premier épisode de la première saison, A.J. vit littéralement pour le basket. Il a tout de même tenté de se trouver de nouvelles passions : le golf, la pêche et même la boxe. Comme un signe du destin pour celui qui a grandi à Brockton, la cité de Rocky Marciano.

A défaut de pouvoir passer son temps autrement qu’en améliorant son tir, sa « plus grande faiblesse », Dybantsa en donne. Il a également lancé sa propre fondation, pour offrir des bourses d’études en Afrique, notamment au Congo et en Jamaïque. Un coup de pouce de plus pour la jeunesse à qui il s’adresse une dernière fois avant de vaquer à ses autres obligations. « Rien n’est impossible. Continuez de foncer, vous avez une chance de faire des choses spéciales ».
À Paris, A.J. Dybantsa n’était pas seulement étiqueté « star en devenir » ; il était un fils fier de ses racines, prêt à porter le poids d’une franchise sur ses larges épaules. Le rendez-vous est pris pour juin 2026. Et d’ici là, comme il le dit lui-même : « Le travail recommence, tout simplement ». Pour rendre son père fier. Et aussi, quelque part, pour rendre Grigny fier.
Depuis l’hôtel d’A.J. Dybantsa à Paris





























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