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« Tout pour le groupe » : la rocambolesque journée de Mike James, invité surprise de la finale

Betclic ELITE - Encore sur la côté d'Azur mardi matin, Mike James a de nouveau surpris son monde en prenant finalement part au match 5 de la finale à Paris. Retour sur une journée pas comme les autres, qui fera date dans l'histoire du championnat de France et de la Principauté.
« Tout pour le groupe » : la rocambolesque journée de Mike James, invité surprise de la finale

Mike James a encore trouvé le moyen de créer la surprise

Crédit photo : AS Monaco Basket, via X
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Que faisait donc Mike James (1,85 m, 35 ans) encore dans le Sud ce mardi matin, pendant que ses partenaires alternaient entre les couloirs de leur hôtel parisien et ceux de l’Adidas Aréna, en vue du match 5 ? Les échos dont il se faisait lui même le relais tendait vers du farniente, avant de s’envoler pour les Etats-Unis, et honorer sa première cape pour Team USA. Mais avant cette première, « MJ » avait encore la possibilité d’une dernière avec les formes.

Alors qu’à 17h12, la question sur toutes les lèvres était « l’AS Monaco alignera-t-elle une équipe ? » suite à la suspension de Matthew Strazel ; celle-ci s’est muée, trois heures plus tard, en : « Mike James va-t-il faire gagner Monaco ? » Une folie, lorsque l’on sait que l’Américain déjeunait apparemment encore sur la côte d’Azur ce midi, pendant que ses coéquipiers s’activaient à Paris

Déjà réduit à huit professionnels, le vestiaire avait en partie menacé de ne pas disputer la cinquième manche décisive si leur coéquipier venait à être suspendu – devenu du concret. De quoi mettre en péril la tenue même de la rencontre, et imaginer le pire des scénarios pour le public comme pour le Paris Basketball : un titre sur tapis vert, sans s’être battu. Mais comme souvent pendant ses cinq ans à l’ASM, Mike James a peut-être fait inverser la tendance.

« Si je m’en foutais, je serais déjà retourné chez moi »

Encore présent en civil à Gaston-Médecin pour soutenir les siens dans leur démonstration du match 4, Mike James n’a – contrairement à ce que l’on pourrait penser – jamais lâché ses coéquipiers. « Si je m’en foutais, je serais déjà retourné chez moi », déclarait-il sur son médium préféré il y a un mois : twitter. Si l’Américain en voulait à quelqu’un, ou quelque chose : c’est au club, qui lui doit toujours une ardoise d’impayés avoisinant le millions d’euros. Son absence pour suspension début mai s’est mué en conséquence : un boycott, tant que la situation n’est pas réglée, à partir du premier tour des playoffs face à Bourg.

Mike James était sur le parquet, en civil, pour la dernière à Gaston-Médecin. Crédit photo : Sébastien Grasset

La situation financière du club, qui devrait voir son équipe être pillée à l’été avant d’être rétrogradée en EuroCup, ne laissait pas croire à une résolution du conflit. Mais en y repensant, Mike James n’a jamais été catégorique non plus sur l’impossibilité d’un retour, paradoxalement. Conditionné, mais pas impossible, et surtout souhaité : « On sait tous ce qu’il faudrait pour ça. J’aimerais être en mesure de le faire ». Et il en a été.

La story Instagram ensoleillée était en fait la première d’un incroyable feuilleton, le plus fou à notre connaissance, depuis des décennies dans le basket hexagonal. Avec les paroles du célèbre rappeur américain LL COOL dans Mama Said Knock You Out, « MJ » a apporté un soutien étrange à Matthew Strazel. L’image savamment choisie, le Français – encore plus jeune – sous le maillot numéro 32… de l’ASVEL, il laissait chanter les lyrics « Don’t call it a comeback, I been here for years » du tube. « N’appelez pas ça un retour, je suis là depuis des années » : Coïncidence avec sa situation personnelle ? Je ne crois pas. La prophétie était en marche, grâce à la magie de l’avion charter parcourant Nice – Paris en à peine une heure.

L’espoir de le voir fouler les parquets autrement qu’en civil est devenu du concret autour de 20 heures, lorsque l’Adidas Aréna allumait, à une heure de l’entre-deux, son tableau d’affichage. Malgré la suspension de Matthew Strazel, un numéro 32 jouxtait celui 26 de Nemanja Nedovic. Mike James de retour, avait troqué son maillot pour celui de Matthew Strazel.

Le nom de Mike James sur le tableau de l’Adidas Arena

« Mike passait par Paris… au cas où » souriait en fin de soirée Élie Okobo (1,91 m, 28 ans). Avant de poursuivre, toujours taquin : « Malheureusement, on n’avait pas pris son maillot. Mais voilà, il était prêt, même s’il ne s’entraînait pas avec nous. Il s’entraînait tous les jours à la salle, on le croisait. C’était le capitaine cette année ».

La décision s’est sans doute faite rapidement, au vu du timing serré entre l’annonce de la suspension du Français (17h12) et l’entre-deux (21h10). Au micro de DAZN, Juhann Begarin confirme que la présence de Mike James était une conséquence de l’absence de Strazel. « Vu que Matthew était suspendu, Mike James a décidé de venir nous aider. Il nous a dit qu’il n’allait pas nous laisser tomber. » Si bien que les documents officiels de la table de marque ont aussi été pris de court. Le nom de Mike James a littéralement pris la place de celui de Matthew Strazel… sur un coup de stylo.

Mike James est bien sur la feuille de match, au stylo

Une autre question – encore une – taraudait les esprits : mais, a-t-il le droit de prendre le numéro et le maillot d’un autre ? Dans les hautes sphères de la Ligue, on nous a répondu par l’affirmative. « En soi, aucun règlement ne l’interdit ; donc c’est autorisé. » Cette incertitude levée, l’histoire pouvait continuer de s’écrire. Numéro 32 sur le dos donc, dissimulé par un teeshirt blanc manches longues sans logo du club, le natif de Portland est entré dans l’arène parisienne. Un symbole en chassant un autre, il est sorti du tunnel au petit trot derrière Yoan Makoundou, le grand ami de Strazel, qui avait convaincu l’intérieur de revenir pour « quelque chose » – comprenez, un trophée.

L’incertitude de sa participation était officiellement levée à l’annonce de son nom lors de la présentation des équipes, sous une vague impressionnante de huées en provenance des travées, à 95% acquises à la cause des Parisiens. Mais le brouillard demeurait ailleurs : son intention, son intensité pendant le match. MJ s’est certes entretenu d’après les dires de ses camarades. Mais le résultat était autre. Un échauffement bâclé, avant de débuter la rencontre sur le banc.

« Même s’il est moins actif, un joueur de ce calibre
vous donne des garanties »

Dès sa première entrée, vers la cinquième minute de jeu, les regards inquiets se croisaient en tribunes de presse. Mike James était hors de forme, loin du niveau d’excellence qu’on lui connaît. Et son jeu s’en ressentait : ne parvenant plus par exemple à créer une distance sur pénétration, l’Américain se contentait de passer, servir. Son maillot 32, à peine scotcher par une étiquette suspendue à la « poisson d’avril », rendait la scène cocasse. A chaque coup de rein, l’on parvenait à voir le nom du propriétaire ordinaire de la tunique. Un problème réglé à la pause. Parmi d’autres.

Le staff technique s’est lui-même aperçu du manque de tranchant du joueur. Après cinq minutes de pause, il fut le premier à retrouver le terrain pour des gammes de tirs, escorté par les jeunes Yssam Moungalla et Kyllian Michée. « Sa présence a donné de la stabilité. Avoir un gars de ce calibre sur le terrain, même s’il est moins actif, ça vous donne des garanties », soulignait Sergii Gladyr après le match.

C’est dans la dernière ligne droite que Mike James a rappelé qu’il était ce joueur racé, clutch. Du moins par fulgurance. Après s’être attaché à faire tourner, il a enfin daigné prendre un tir, à la 29e minute. Manqué. L’Américain a inscrit une seule flèche à 3-points (1/2 dans l’exercice) : pour redonner l’avantage aux siens (81-82, 33′).

Il s’est offert dans la foulée son 5e caviar de la soirée, en direction de Nemanja Nedovic (81-85). Ses coéquipiers ont fait le reste pour l’emporter 101 à 92, tandis que lui avait été logiquement cantonné à 23 minutes, pour 7 points et 7 passes.

Toujours est-il que Mike James est « out » (sur le départ) par une plus grande porte que le trou de souris qui se dessinait. Si la fin n’a pas était aussi heureuse qu’elle aurait pu l’être, il assure une dernière fois avoir fait « tout pour le gang, l’équipe » et ne vouloir « que l’amour ».

Depuis l’Adidas Aréna, Paris…

Image Arthur Puybertier
Arthur Puybertier est le journaliste rookie de BeBasket. Il suit de près l’actualité du basket, de la Nationale 1 jusqu'à la NCAA, NBA et WNBA ! Il analyse le jeu et les transferts avec une solide culture sportive et un regard éclairé sur les enjeux du sport. Cette saison, il couvrira également l'Euroleague et la Betclic ELITE depuis l'Adidas Arena et le Palais des Sports Maurice Thorez, pour vous faire vivre l'actualité au plus près.

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